Podcast Catch’Up – TLC, la grosse analyse

Dans la vengeance et en amour, la femme est plus barbare que l’homme.
Friedrich Nietzsche

Salut les marks, salut les smarts et bienvenue dans  Catch’Up pour cette grosse analyse de TLC, le dernier PPV de l’année 2018. Après un Survivor Series qui avait fait la part belle au show rouge dans ses résultats à sens unique, Smackdown avait à coeur de faire bonne figure et à la surprise générale… d’absolument personne, c’est chose faite puisque c’est bien l’émission du mardi soir qui a crevé l’écran ce dimanche.

Comme prévu, RAW globalement à la ramasse

RAW était en assistance respiratoire depuis plusieurs semaines, parfois même de manière outrancière, en témoigne le dernier épisode avec un Seth Rollins cassant partiellement le « kayfabe » pour mettre les mauvaises performances de l’émission sur le dos de Baron Corbin. Les rivalités vivotaient et on peinait à s’intéresser réellement à un programme, pas même à celui qui devrait faire chavirer nos coeurs entre Dean Ambrose et ce même Seth Rollins. Non content de ne pas vraiment nous avoir enchanté au micro, ces deux là n’ont d’ailleurs pas franchement réussi à raviver la flamme entre les cordes ce dimanche. Bénéficiant pourtant du spot de second Main Event de la soirée avec un créneau de 25 minutes en fin d’émission, ils n’ont jamais réussi à le faire fructifier, servant une soupe fade à grands coups de prises au sol et de séquences parfois très convenues. On était bien loin de l’impression d’avoir face à nous deux ex frères d’armes, l’un trahi dans sa chair et l’autre totalement dément et transfiguré, se rendant oeil pour oeil et dent pour dent dans un combat sanguinaire. Une déconvenue certaine qui fait tâche.

Haha oui ! La feuille enveloppe la pierre, ça t’apprendra !

Le triptyque de la rivalité autour de Baron Corbin et ses laquais s’en tire un poil mieux, notamment grâce à une plus grande diversité de spectacle proposé. Si l’on aura que très peu de compliments à formuler sur le match de preshow entre Elias et Lashley, remporté par le guitariste au bout d’un Ladder Match qui n’en avait que le nom, les partitions des autres rencontres ont coché les bonnes cases et éviter des pièges faciles. Ainsi, Strowman était bel et bien là pour son match, mais diminué par la blessure il a trouvé le stratagème ultime. Profitant enfin des largesses d’une stipulation « No DQ » après des années de situations incongrues, un catcheur est arrivé à la conclusion que rien ne l’empêchait de réunir une véritable armée pour se défaire de son adversaire. Paradoxal que la lumière soit venue d’un gentil, qui plus est d’une grosse brute comme Braun, mais aux grands maux les grands remèdes et c’est ainsi que Apollo Crews, Gable & Roode et Heath Slater (en qualité d’arbitre) trouvent leur place sur la carte, accompagnés de Finn Balor et même du revenant Kurt Angle, entreprennent de « remplacer » le monstre parmi les hommes et dépècent feu General Manager Baron Corbin sous les vivats de la foules. Dans l’autre rencontre, Finn, encore lui, et Drew McIntyre nous ont proposé un quart d’heure de catch super solide avec une opposition de style toujours aussi efficace. Le virevoltant irlandais a rivalisé d’adresse et de rapidité pour venir à bout, à la stupeur générale, de l’ex Chosen One toujours aussi impressionnant physiquement. Un résultat mine de rien qui rassure sur le statut du Demon à la WWE face à prospect aussi chaud que l’écossais.

– Mais rhabille toi malheureux on est en direct à la TV bon sang !
– Mais.. vous êtes en slip depuis tout à l’heure les mecs !

Les femmes de RAW restent sur un constat mitigé, peinant à nous faire lever de nos sièges malgré quelques idées louables. Ruby Riott et Natalya notamment étaient venues avec une vraie histoire et de bonnes intentions. Certes, très exagéré, voire carrément « cheesy » pour certains avec les signes vers le ciel, les rappels à Jim « The Anvil » Neidhart… Nattie a proposé un match de babyface valeureux, seule contre toutes, des plus efficaces. L’utilisation de la stipulation avec les tables fonctionnaient, les rebondissements proposés avec les « éliminations » de Liv Morgan et Sarah Logan aussi. Ruby constituait une plutôt bonne méchante pour lui donner la réplique et l’angle final avec cette powerbomb dévastatrice était du plus bel effet. Le même match avec 5-6 minutes de moins et on tenait quelque chose de bon acabit. De même pour la rencontre entre Ronda Rousey et Nia Jax. La championne continue d’impressionner et sort de sa zone de confort en proposant un match où elle est globalement dominée. La force brute de Nia est bien mise en valeur et le match propre, on nous propose notamment de très jolis mouvements de Ronda qui ne cesse de confirmer en PPV. Mais là aussi encore une fois, on aurait aimé un match plus condensé pour que les bons ingrédients ne se perdent pas dans une soupe un peu tiède

BOING!

Et Smackdown sauve la soirée

Alors attention, Smackdown n’a pas tout bien fait non plus, et on pense surtout au match des chaises entre Rey Mysterio et Randy Orton. Dire qu’on en attendait beaucoup plus serait exagéré, la rivalité étant avant tout un programme de remplissage. Mais pour deux vétérans comme eux, un peu plus d’innovation et de spectacle semble être une requête raisonnable. Si on aura apprécié ce splash sous la première corde d’un Mysterio utilisant une chaise comme une planche de surf, c’est peu ou prou tout ce qu’on aura eu à se mettre sous la dent, peinant à distinguer la cruauté et le vice du Randy de ces derniers mois, ou bien la maestria du mexicain depuis son retour.

En revanche, les trois matchs pour les ceintures sont sans surprise des matchs à ne pas manquer. Eclipsé par le reste de la soirée, le triple menace entre The Bar, les Usos et le New Day est une nouvelle fois une magnifique réussite. Réunissant ce qui se fait sans doute de mieux dans la scène tag-team WWE en ce moment, les 6 hommes ont su se défaire d’une stipulation parfois peu lisible (deux équipes dans le ring, la troisième devant se tag elle même) pour proposer du très lourd.

Pour l’opposition sans stipulation entre Daniel Bryan et AJ Styles pour le titre WWE, pas de surprise là non plus, les deux hommes ont une nouvelle fois fait l’étalage de tout leur talent. Sans doute un peu trop sage à mon goût, presque trop propre, trop soigné, il reste néanmoins difficile de ne pas s’émouvoir de la précision des coups, de la vitesse des enchaînements et de la diversité des contres qui sont autant de rappels à leurs affrontements passés. Le nouveau Daniel Bryan réinvente son catch sans le dévoyer, permettant ainsi au public de rester impliqué pendant ses périodes de dominations (« heel heat ») sans pour autant lui apporter son soutien. Ainsi, il remplace habilement ses coups de pieds et dropkicks par des coups de boule vicieux et des soumissions douloureuses, ou bien adapte son timing sur ses mouvements « signature » pour ne laisser aucune marge de manœuvre à la foule. Là où de nombreux catcheurs se brident purement et simplement lors d’un passage du côté obscur de la force, le barbu se réinvente et s’adapte. Le tout n’a pas convaincu badkarma, mais peut être que cela aura fonctionné sur vous chers auditeurs.. et lecteurs!

Ah enlève moi ça malheureux quelle horreur ! C’est en cuir de vachette !

Les femmes frappent très, très fort

Mais que dire du Main Event de la soirée… Main Event a bien des égards et pas uniquement de par sa place honorifique à la toute fin de la carte, ce match était bien celui que tout le monde était venu voir ce dimanche à San Jose en Californie. Et depuis combien de temps n’a-t-on pu affirmer qu’un public de PPV se déplaçait pour venir voir en attraction principale un match pour un titre féminin ? Moi même je l’avoue je ne suis pas fan de catch ou bien de sport féminin tout court, mais il était pour moi impensable que ce match ne constitue pas le point focal de la soirée.

Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elles ont été à la hauteur. Charlotte notamment a encore fait une démonstration magistrale de son talent en étalant toute sa puissance et sa science du ring, en étant au cœur de quasiment tous les gros spots de la rencontre. Au travers d’une table sur une descente de la jambe de Becky Lynch, dans les airs sur son fameux Moonsault à l’extérieur du ring ou sur un saut périlleux avant sur Becky allongée sur une table… Dévastatrice avec son spear qui a absolument découpé Asuka au travers de la barricade… Juste impressionnante. Becky a également éclaboussé le match de son charisme, utilisant plus les armes et le décor à son avantage avec notamment quelques Becksploder bien sentis, tandis qu’Asuka jouait avec brio la partition de l’insubmersible challenger qui réveille la foule à chaque embardée, par son style de brawler ou lorsqu’elle monte sur les échelles.

Ce qui devait néanmoins arriver arriva. Alors que Flair et Lynch, éternelles rivales, se bagarrent au sommet de deux échelles pour le prix ultime, Ronda Rousey descend la rampe vers le ring sous un murmure d’excitation d’une foule, qui se tient debout depuis de longues minutes maintenant face au spectacle proposée. La championne de RAW pousse l’échelle et fait tomber ses deux ennemies qui finissent assommées à l’extérieur du ring. Fière de son effet, même si on aurait pu voir une occasion d’un passage à tabac plus costaud, elle s’en va, laissant le champ libre à une japonaise qui gravit les échelons de la gloire devant un public en fusion. Asuka décroche le Graal sous les hourras des spectateurs et avec un sourire qui nous fait fondre de bonheur. Ainsi s’achève un Main Event qui fera date et servira certainement de match référence à l’heure des comptes dans la carrière des trois protagonistes.

Trois femmes au sommet de leur art, une ceinture au centre des débats, du mobilier dévastateur autour et une ambiance de folie, voilà les ingrédients d’un match qui restera dans les annales, non pas parce que la WWE aura martelé que les femmes traçaient le sillon de l’histoire avec un grand « H », mais juste parce qu’on a laissé ces mêmes femmes développer leurs personnages et leur histoire des semaines durant pour culminer à cette rencontre. Nul doute que ce match aura fait beaucoup plus de bien au catch féminin que les sempiternelles tentatives de nous vendre le premier ceci ou le premier cela de l’histoire.

OH MON DIEU COREY REGARDEZ C’EST LA PREMIÈRE DESCENTE DE LA CUISSE SUR LA TABLE DES ANNONCEURS PAR UNE FEMME DE L’HISTOIRE !! HASHTAG FIRSTWOMENLEGDROPEVEROUTOFTHEKITCHEN !

Avec tout cela nous n’avons pas parlé du très bon match des Cruiserweight en preshow entre Buddy Murphy qui conserve son titre face à Cedric Alexander, ainsi qu’un opener réjouissant mettant aux prises R-Truth et Carmella contre Alicia Fox et Jinder Mahal. Un coup de chapeau également à la multitude de petites promos coulisses qui ont donné du liant à un PPV qui finit par nous fait 12 matchs éparpillés sur 4 heures ! Un bien beau tour de force pour une soirée au final bien plus digeste que ce que laissait présager le programme.

Comme toujours, merci de nous écouter et on vous donne rendez-vous pour le récap de la semaine à venir !

 

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Non mais je ne vais quand même pas me laisser battre par une nana qui met un string par dessus son slibard c’est pas possible