Catch

Un divorce et plein d’enterrements

« I quit! »
Vickie Guerrero, Raw, 8 juin 2009.

 

Comme toutes les trois semaines, le weekend a été chargé, avec un pay-per-view dominical coincé entre un Smackdown et un Raw. Et c’est peu dire que la tendance a été respectée: Smackdown a été excellent, Raw a été pourri, et à Extreme Rules, les combats de Smackdown ont largement surpassé ceux de Raw. Raw est désormais six pieds sous terre, tout comme Umaga, dont on a appris le renvoi. Mais si nos cœurs saignent aujourd’hui, c’est parce que les tourtereaux préférés de l’Amérique, Edge et Vickie, divorcent, et qu’on ne reverra sans doute pas de sitôt la Castafiore de la WWE…

 

 


Mais sache que tu seras toujours la bienvenue sur notre canapé, Vickie.

 

 

Analyse de Smackdown du vendredi 5 juin, d’Extreme Rules et de Raw du lundi 8

 

 

Smackdown ne déçoit jamais

 

L’épisode de vendredi soir de Smackdown a parfaitement lancé le pay-per-view. Edge et Jeff Hardy s’y sont livrés à un amusant dialogue perchés sur deux échelles, comme dans une pièce de théâtre d’avant-garde. Umaga et Punk y ont livré un nouvel épisode de leur affrontement dont on connaîtra sans doute jamais la raison profonde, le golgoth samoan ayant été semble-t-il pris la main dans l’armoire à pharmacie. A voir maintenant si on va le retrouver aux côtés de Samoa Joe à la TNA…

 

 


De toute façon, ne vous inquiétez pas pour Umaga, il pourra toujours ouvrir une boutique de cordonnerie le cas échéant.

 

 

Chris Jericho, magistral de sang-froid face au vibrionnant R-Truth, a encore tenu le haut de l’affiche. Son expression au moment où le chanteur-catcheur lui a tendu le micro en demandant «What’s up?» était formidable de dédain. Aussi fans que nous soyons d’Edge et de Randy Orton dans leurs styles respectifs, Jericho est pour nous le heel ultime, grâce à sa maîtrise parfaite du vocabulaire le plus complexe, à une mimique minimaliste mais parfaitement efficace et à un style toujours aussi détonant dans le ring. Quel homme. En speedo ou non, il passe toujours, au sein de la masse joviale de la WWE, pour Brummel en vadrouille à une rencontre de fans de Nascar.

 

 


– R-Truth, les grotesques simagrées accompagnant ton assourdissante entrée en scène s’apparentent à quelque cri primaire voué à rallier à ta cause saugrenue une assistance dont le panurgisme égale la Schadenfreude.
– Heu, quoi ça?

 

 

La soirée a été conclue en beauté par un enthousiasmant combat entre le champion Heavyweight, Edge, et le tenant du titre Intercontinental, Rey Mysterio. Comme un avant-goût de ce qu’il allait subir dimanche, Mysterio, après un bon quart d’heure d’acrobaties, a fini humilié : il a asséné son 619 à Edge, sans que ce dernier ne juge utile de vendre le coup. Au contraire, le Canadien s’est relevé dans la seconde et a étalé Rey-Rey d’un méchant spear. Sa prise principale étant ainsi dévaluée, il restait encore à Rey son titre et son si précieux masque… On espère qu’il en a bien profité au cours des deux jours suivants.

 

 


Rhaaa! Tranche-moi la gorge si tu veux mais pitié, ne m’enlève pas mon maaaaasque!

 

 

Les grands moments de cet épisode ont été si bons qu’on passera sous silence le combat féminin par équipes qui vit l’insupportable Layla obtenir un tombé surprise sur la féline championne Melina, ainsi qu’une nouvelle étape de la querelle Khali-Ziggler, qui semble aller tout droit vers un combat à stipulation au Bash. On se plaindra d’autant moins de ce Smackdown qu’on a aussi pu admirer une nouvelle fois Morrison et Benjamin en action l’un contre l’autre, en rêvant à un jour où ces deux-là s’affronteront pendant vingt minutes pour un titre suprême à Wrestlemania… Soit dit en passant, il faut applaudir l’intelligence avec laquelle est conduit le push de Morrison. Comme la semaine précédente contre Umaga, le beau gosse a mis en avant sa résistance et sa capacité à surmonter la douleur, et non pas ses talents de gymnaste, désormais reconnus de tous. Pour apparaître comme un candidat sérieux à un grand titre, il lui faut absolument adjoindre à son image un peu légère cet aspect-là, et il en prend le chemin. Un Last Man Standing ou quelque chose de ce genre au Bash serait le bienvenu.

 

 


Par contre, il sera gentil de rendre sa robe de chambre à McOcee.

 

On est donc arrivé à Extreme Rules avec la quasi-certitude que les trois combats estampillés Smackdown (Edge–Hardy, Mysterio–Jericho et Punk-Umaga) seraient bons, de gros doutes, pour ne pas dire plus, sur les quatre matchs issus de Raw (Orton-Batista, le match à quatre pour le titre de champion des États-Unis, Cena-Big Show et la balade dans la porcherie Vickie-Santina), et un bon pressentiment sur le match à trois pour le titre de l’ECW. Les événements allaient nous donner raison, et c’est notre ami extrêmiste SpanishAnnounceTable qui nous en parle.

 

 


Allez Spanish, lâche ta bière et viens nous raconter Extreme Rules.

 

 

Extreme Rules, le compte-rendu

 

S’il n’y a qu’une chose à noter en guise de bilan à Extreme Rules, c’est sans aucune contestation possible le fait qu’un PPV censé être l’héritier de la tradition hardcore de la ECW de Paul Heyman se déroule sans qu’une seule goutte de sang soit versée. Certains trouveront ça amusant, voyant dans ce constat un signe des temps, d’autres se désoleront d’une navrante trahison d’un esprit qui a changé la face de la lutte professionnelle. Prenez-le comme vous voulez et ne comptez pas sur moi pour vous asséner mon avis pour ma première participation aux Cahiers du Catch.

 

 


C’est pourtant pas faute de lui enfoncer des copeaux de bois dans le dos, mais rien à faire : Jack Swagger étant intégralement constitué de chewing-gum, il ne peut pas saigner.

 

 

A propos de la ECW, justement, quelle que soit votre opinion sur cette grève des lames de rasoir, il est quand même difficile d’imaginer que les fans de la première heure aient été déçus par le Triple Threat Extreme Rules match qui a mis aux prises Jack Swagger, Christian et Tommy Dreamer. Rien d’exceptionnel en soi dans ce match qui a joué la stipulation extrême a minima – mais peut-on vraiment faire le maximum quand les trois participants ne peuvent se permettre une blessure et doivent assurer le show les jours suivants? – mais une affaire rondement menée. Swagger et Christian disposent toujours d’une bonne alchimie entre eux, même si elle semble un peu émoussée et n’atteint plus l’excellence de leurs premières oppositions, et l’ajout de Dreamer à leur affrontement a été intelligemment mené, tant au niveau du build-up (si Dreamer perdait, il devait prendre sa retraite) que du booking même du match. Voir Dreamer choisir comme arme de prédilection lors de cette confrontation la Singapore Cane est évidemment un clin à son glorieux passé au sein de la ECW, car c’est sous les coups de bâton du Sandman qu’il a connu la célébrité. La victoire remportée par l’Innovateur de la Violence a permis à tous les fans de la ECW première mouture de bénéficier d’un vrai «feel good moment», d’autant plus que Tommy l’a célébré avec toute la conviction nécessaire, comme s’il avait battu Triple H dans un main-event de Wrestlemania.

 

 


On reconnaît un vrai catcheur hardcore au fait que quand il décroche une ceinture, il se râpe le front dessus de toutes ses forces.

 

 

Passons maintenant à RAW, histoire de garder le meilleur, Smackdown donc, pour la fin. On a déjà pu le constater depuis le Draft, le show numéro 1 de la WWE s’enlise dans des storylines pas vraiment réussies et des matchs loin d’être des classiques. Ce pay-per-view en est d’ailleurs la parfaite illustration avec un constat assez clair: le meilleur match que le show a proposé était le match des midcarders, le Fatal Fourway entre Kofi Kingston, MVP, Matt Hardy et William Regal. Croyez-moi, ce n’est jamais signe de bonne santé. Un match assez ordinaire en plus, un peu trop court et émaillé de plusieurs prises manquées, mais qui avait au moins le mérite d’être assez rapide dans son rythme et suffisamment incertain pour bien lancer le show et chauffer la salle avec un résultat approprié, à savoir Kofi gardant sa ceinture US.

 

 


Toujours d’humour festive, Kofi continue de danser en tapant dans ses mains pendant que ses trois adversaires s’écharpent.

 

 

Passons rapidement sur le Hog-Pen Match entre Vickie Guerrero et Santino/Santina pour le titre de Miss Wrestlemania. Sérieusement, vous ne pensiez quand même pas qu’un comedy match qui se déroule dans du lisier de porc pouvait être réussi ? Il n’y a rien à en dire d’autre que c’était littéralement un match de merde et rien à en conclure. Hormis peut-être l’acharnement d’une Vickie Guerrero qui n’aura, durant son passage à la WWE, reculé devant aucun angle, aussi dégradant et stupide soit-il. Demeure aussi la question récurrente du catch féminin à la WWE, à savoir: vaut-il mieux assister au spectacle d’une quadragénaire bedonnante et d’un travesti se roulant dans la fange ou à celui de bombasses siliconées se roulant dans du pudding comme par le passé? J’avoue que j’ignore ce qui est le plus pénible aussi bien pour le spectateur que pour ceux qui réalisent la «performance»…

 

 


Arrête Vickie, ce n’est pas bon, c’est du caca.

 

 

Cena / Big Show ne mérite pas beaucoup plus de commentaires. La seule idée du match reposait sur le fait qu’un affrontement avec du storytelling et de la psychologie doit se faire à deux à l’heure. Le combat se voulait intense et il fut… intensément long, surtout que ces deux-là ne font pas vraiment d’étincelles dans le ring ensemble. Big Show a plus que jamais mérité son surnom de Big Slow et Cena s’est fait encore plus d’ennemis à cause d’un énième booking de super-héros. Et le botch sur le final du match (le pied du géant ayant glissé hors des cordes) n’arrange rien à l’affaire.

 

 


En partenariat avec rotten.com, nous vous présentons l’image gore de la semaine: la langue de John Cena. Bon appétit!

 

 

Orton / Batista, placé juste avant dans l’ordre chronologique, ne fut guère meilleur. Pourtant, tout avait bien commencé avec une entame de match de bonne tenue, Randy jouant la carte de l’évasion expresse comme seule échappatoire. L’idée était bonne et le début de match aussi, le principal problème de ce combat en cage était en fait que l’affrontement tout entier tenait dans cette bonne entame, conclue abruptement par une Batista Bomb au bout de seulement huit minutes. Certes, Batista n’a pas eu le temps de baisser de régime, comme il le fait d’habitude, mais bon, c’est le genre de rencontre qui laisse dans la bouche un sale goût d’inachevé, de bâclé même, et à laquelle il manque au moins un bon quart d’heure. Messieurs, la prochaine fois qu’on vous interpellera sur des problèmes d’éjaculation précoce, pensez à la frustration que vous laisse ce match et vous comprendrez tout le sens de ce mot. On apprendra le lendemain que Batista devait se faire opérer du biceps et ne pouvait donc pas livrer un long combat, ce qui explique la courte durée de sa participation à Extreme Rules et la destruction qu’il subira à Raw des mains de la Legacy, suivie de son évacuation en ambulance. Le temps de vendre sa blessure au bras gauche, il soignera en réalité son bras droit. Soit, mais dans ces conditions, était-il bien utile de le faire gagner dimanche?

 

 


Encore un qui s’interroge pensivement sur le booking de la WWE.

 

 

D’un autre côté et comme toutes les semaines maintenant, Smackdown a sauvé la mise. D’abord en tirant le meilleur d’une stipulation toujours pourrie, celle du strap match entre CM Punk et Umaga. Certes, voir ces deux-là jouer aux quatre coins comme dans le préau de la cour d’école (ce qui au passage me permet de faire une pub aussi éhontée que clandestine pour les Chibis wrestlers de Kapaeme ) était loin d’être exceptionnel mais, bon, c’était pas pénible et autant l’avouer, c’était loin, très loin d’être gagné d’avance. Mais les deux hommes ont tiré le meilleur de la stipulation, n’hésitant pas à sortir du ring et à y rentrer sans faire un seul nœud avec les cordes, avant une victoire finale agrémentée un GTS, histoire de détruire la crédibilité de Monster Heel d’un Umaga avant son renvoi.

 

 


Rien n’égale l’intensité d’une partie de deli-delo.

 

 

Puis vint le très bon Chris Jericho-Rey Mysterio, dans un No Holds Barred match qui a tenu toutes les promesses de leur récent affrontement en PPV. L’excellente promo d’avant-match de Jericho, commencée dans le stand de merchandising, a permis de placer le masque de Rey comme l’enjeu principal du combat. Et l’affrontement dans le ring fut à la hauteur du build-up de cette feud qui fait un bien fou au titre intercontinental: parfaite utilisation du move-set de Rey-Rey pour dynamiser le match, contres spectaculaires d’un Jericho toujours aussi exceptionnel en heel, jusqu’à un dénouement inattendu qui voit l’inimaginable arriver: un méchant qui réussit à faire toutes les horreurs qu’il avait annoncées et, surtout, un Rey Mysterio démasqué au milieu d’un ring de la WWE. Aussi inimaginable qu’imprévisible, un véritable enchantement, donc… A noter que Jericho pourra faire ses gorges chaudes de la réaction du Mexicain une fois qu’il lui avait arraché son masque: au lieu d’essayer de casser le tombé qu’il subissait, Rey s’est couvert le visage des mains. La perte du titre était donc pour lui moins importante que celle de son masque, ce qui en dit long sur sa psychopathie (d’autant qu’il a longtemps catché sans masque à la WCW). Les amateurs de Watchmen ne manqueront pas d’évoquer le souvenir de Rohrschach hurlant «Rendez-moi mon visage!» après avoir été démasqué…

 

 


Heureusement que Chris n’a que deux mains, sinon Rey repartait à poil.

 

 

Mais c’est le main-event de Smackdown qui a fait l’événement, sans surprise d’ailleurs, car on ne pouvait pas imaginer un mauvais match de l’échelle entre deux des spécialistes du genre, à savoir Jeff Hardy et Edge. Et ces deux-là ont assuré comme jamais avec une virtuosité rare: beaucoup de moments impressionnants dans un match au rythme parfait. Et c’est vraisemblablement ce qui fait le plus souvent défaut aux matchs à l’échelle: entre les moments où tout s’emballe et où on a l’impression qu’on assiste à une spotfest, et ceux où les athlètes préparent le spot suivant en réalisant d’improbables échafaudages, l’intensité de ce genre de matchs est, en général, très inégale. Mais pas cette fois. Le rythme a été parfaitement maintenu et où on a vu toutes sortes de mouvements: ceux qui étaient prévisibles (une chute commune sur une échelle posée horizontalement à l’extérieur du ring), ceux inattendus (une cage thoracique pulvérisée sur une échelle posée à l’envers), ceux qu’on croyait attendus mais qui se sont révélés inattendus (un magnifique contre en Twist of Fate sur un spear aérien de Edge…).

 

 


Faut avouer qu’un match de l’ascenseur aurait probablement été moins specactulaire.

 

 

Le tout est couronné d’un final à la hauteur où Edge, emprisonné les bras en croix dans une échelle, ne peut qu’assister impuissant à la victoire de Jeff Hardy. Une conclusion parfaite donc, pour un excellent match qui réserve encore une surprise puisqu’à peine le nouveau champion couronné, CM Punk profite de sa fatigue pour encaisser sa mallette en deux temps trois mouvements et récupérer le titre après deux GTS, faisant montre d’un opportunisme qu’on ne lui connaissait pas pour conclure sur une bonne note ce PPV assez inégal.

 

 


Le fan qui brandit depuis deux minutes la pancarte en bas à droite aura une sacrée surprise une fois qu’il l’aura baissée.

 

 

Inégal, ce PPV ne l’est d’ailleurs pas uniquement au niveau de la qualité des matchs. En effet, certains de ses nombreux changements de titre (cinq dans la même soirée, sans compter la couronne de Miss Wrestlemania) laissent sceptique. Si Kofi avait besoin d’une victoire pour consolider son statut et qu’on voyait mal quelqu’un lui prendre sa ceinture (MVP est aspiré vers le haut de la carte, Regal est vieillissant, Hardy est blessé), Batista, surtout voué à une nouvelle absence longue durée pour cause de blessure, n’avait pas besoin d’une ceinture. Dreamer avec la ceinture de la ECW fait sens au niveau scénaristique mais Tommy devrait quand même songer à raccrocher ses bottes de jobber (surtout au moment où des places de General Manager sont disponibles). Quant, à Punk, si son heel-turn se confirme, espérons qu’on lui laisse plus de chances de briller avec la ceinture que précédemment ou qu’à Jeff Hardy.

 

 


Haha, Edge, t’es vraiment un loser, ton règne n’a duré que quelques semaines, pitre!

 

 

Larmes amères à Raw

 

Ce lundi, Raw a été triste à pleurer. Au sens propre comme au figuré. Un Randy Orton hagard a vacillé vers le ring jusqu’au nouveau champion, Batista, qui venait enfin de faire son coming out homo-gérontophile: «I love you, Ric.» Quelque peu déstabilisé par sa propre révélation, l’Animal n’opposait qu’une faible résistance à la Legacy et finissait le bras gauche réduit en charpie, hurlant de douleur sur une civière puis dans une ambulance quittant la salle à tombeau ouvert.

 

 


Animal blessé, vétérinaire triste.

 

 

William Regal prenait la suite, toujours aussi sinistre, pour se faire plier en moins de deux par Kofi et repartir vers les bas-fonds de la fédération. Prochaine étape pour lui : catcher en équipe avec Kendrick, apparemment voué à se prendre déculottée après déculottée face à Goldust, Hornswoggle et maintenant Festus.

 

 


Tu vois ce type Jamie? C’est William Regal. Le laisse pas t’approcher, il a un mauvais karma, il ferait de toi un jobber tout pourri!

 

 

Une qui pourrait bien se mettre à pleurer bientôt, c’est Lilian Garcia, qui présente Kingston, champion des États-Unis, comme «champion Intercontinental». C’est vraiment si dur comme job, annoncer les catcheurs et leurs titres?

 

 


[Voix de Lilian Garcia] Oh! Voici venir le champion WWE et le champion ECW!

 

 

Larmes encore avec un MVP-Matt Hardy qui rappela de très loin l’époque où leur rivalité était fraîche et énergique, il y a deux bonnes années de ça. Entre un Matt toujours aussi dépressif et un MVP dont on n’arrive décidément à comprendre ce qu’il apporte (et putain, il va comprendre un jour que son baaaaallin à la con suivi d’une pauvre descente du coude ne lui rapporte JAMAIS une victoire?), le combat a été bref, mais pas assez à notre goût.

 

 


Franchement, Matt, t’aurais pu au moins baisser le pantalon de MVP avant.

 

 

Mais ce n’était rien par rapport à la mer de désespoir qui allait s’abattre sur la malheureuse Vickie Guerrero dans une séquence si humiliante qu’elle en devint gênante. Huée comme jamais par une foule lobotomisée et sans doute avide de revoir des profanations du catch féminin comme le nullissime combat Maryse / Kelly Kelly (dire que c’était pour le titre…), la veuve courage, encore une fois parfaite tragédienne, a livré une performance de premier plan achevée par une annonce de départ absolument déchirante. Mais elle n’était pas au bout de ses peines… La veille, on s’en souvient, alors qu’elle avait été vaincue par la truie Santina, Vickie avait eu une violente dispute avec Edge, qui lui avait du coup annoncé sa volonté de divorcer.

 

 


Attends, t’es pas comme d’habitude… T’as changé de couleur de cheveux, non?

 

 

Et ce lundi, voilà que le beau blond débarque dans le ring après l’annonce de la démission de son épouse, la laisse croire un instant qu’il va la consoler et revenir sur sa décision de divorce… avant d’abattre sur elle un torrent d’insultes, expliquant qu’il ne l’a épousée que pour son pouvoir, qu’elle l’a toujours dégoûté par sa laideur, que chaque baiser le révulsait et que Dieu merci, le mariage n’avait pas été consommé (en plus d’un an de mariage, ça doit être une sorte de record). Fermez le ban.

 

 


Et en plus, il a dit que mes gigots étaient toujours trop cuits!

 

 

Autant le dire, on a trouvé ça absolument déplorable. S’il était clair d’entrée de jeu qu’Edge l’opportuniste ne s’était marié à Vickie que pour profiter de son statut, et qu’un jour ou l’autre le couple imploserait, pourquoi infliger à la femme Vickie Guerrero une telle humiliation fondée sur des remarques désobligeantes sur son physique? Surtout au lendemain de l’atroce séquence dans la boue, surtout sous les vivats d’une foule ravie qui l’aurait probablement lapidée si elle avait eu des canettes et non des verres en plastique à la main, surtout qu’avec ses talents d’orateur Edge a vraiment fait passer cette scène pour une scène crédible… La morale de cette histoire, la rirette, la rirette, la morale de cette histoire, c’est qu’les hommes aiment les bimbos. Et qu’une femme ne répondant pas aux critères de modelage des Kelly Kelly est tôt ou tard estampillée truie, obèse et sale. Tant que Vince et ses semblables se gondolent…

 

 


Joe le redneck ne pardonnera jamais à Vickie de ne pas être une blonde gaulée comme une guitare.

 

 

Enfin, c’est le spectateur qui versera les dernières larmes de la soirée, de dépit cette fois. Orton a été une nouvelle fois ramené plus bas que terre après la résurrection de Triple H, l’autre Superman de la WWE. Plus rageant encore, l’arbitre qui faisait le décompte dans le rematch pour le titre Orton-Batista, alors qu’il était en train de compter jusqu’à dix pour pouvoir accorder à Randy le titre par forfait, s’est brusquement arrêté de compter au moment où une ambulance est réapparue sur les écrans. C’est dans quelle règle, ça?

 

 


Six… sept… huit… Hey je vois un mec qui bouge au fond de la salle! On arrête tout!

 

 

En tout cas, au temps pour ceux qui rêvaient d’un turn de HHH et une évolution de la storyline. Pour la x-ième fois, l’homme-marteau s’est vengé d’Orton en détruisant la Legacy au passage, en attendant la suite — Cena étant occupé par le Big Show et le Miz, Batista étant sur le flanc, c’est bien entre Randy et Triple que va se jouer la couronne, à moins que le terne MVP ne vienne s’en mêler.

 

 


Psst! Sois un pote, explique-moi ta technique pour rouler des pelles, Stephanie en est toujours pas revenue…

 

 

Histoire de redonner de l’intérêt à ce show misérable, dont on ne sauvera que la victoire des Priceless sur les Colon comme augure de lendemains meilleurs, le Raw de la semaine prochaine durera trois heures et verra non seulement l’intronisation d’un nouveau GM (retour de Stephanie, en attenant Flair?) mais aussi la défense des trois ceintures principales (ECW, WHC et WWE). Il fallait bien ça pour nous inciter à le regarder…

 

 


Allez la Creative Team, la pause-bouffe est terminée, on retourne au boulot.

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