Catch

Et Vince et versa

Merci patron, merci patron!
Ce que vous faites ici bas
Un jour, Dieu vous le rendra!

Les Charlots, Merci patron

 

Ce lundi, Vince McMahon nous a offert le pire de lui-même: un Raw lors duquel il était omniprésent, centré sur la prétendue humiliation qu’il a subie en rachetant l’émission à Donald Trump deux fois plus cher qu’il l’avait vendue une semaine plus tôt. Le problème, c’est qu’on se fout complètement de savoir que Vince aurait « perdu de l’argent » dans cette histoire. Pis: Trump avait fait miroiter une évolution de Raw qu’on ne verra donc jamais. Il ne nous reste que nos yeux pour pleurer… ou pour regarder Smackdown qui, lui, ne déçoit jamais.

 

 


Trop dégoûté, Donald Trump s’en va d’un pas décidé racheter la Playboy Mansion d’Hugh Hefner.

 

 

Analyse de Smackdown du 19 juin et de Raw du 22 juin

 

Il faut admettre que, à très court terme, la WWE a réussi son coup avec la météorique storyline Donald Trump: le Raw de ce lundi a attiré plus de 6 millions de spectateurs, soit le meilleur score obtenu depuis… mars 2002. Les gens voulaient voir un show sans pub, un Donald Trump inventif aux manettes et éventuellement quelques combats sympas. Ils ont été servis, mais il semble plus que probable que, dès la semaine prochaine, l’audience retombera à son niveau habituel.

 

 


Ah ben c’est sûr, hein, si on nous rembourse plus nos billets, on regardera ça à la télé!

 

 

Le cœur de l’émission a été une longue séquence qui vit les deux millionnaires s’affronter dans le ring, micro en main, Vince implorant « the Donald » de lui revendre son show, et obtenant finalement satisfaction en payant deux fois le prix auquel il l’avait vendu la semaine précédente. Sachant que Vince avait alors déclaré que Trump lui avait fait « une offre impossible à refuser », les dons de businessman du patron de la WWE laissent rêveur.

 

 


— Bon, Vince, pour l’invit’ à Davos ça va pas être possible, finalement. Mais si tu veux, paraît qu’ils ont besoin d’un gars pour distribuer les saucisses au forum social de Porto Alegre.

 

 

Le court passage de Trump aura donc été marqué par une générosité de milliardaire (remboursement des tickets au public et show dénué de pub) qui a mis en exergue la rapacité de Vince, copieusement hué par l’assistance. Le problème, d’un point de vue storylinesque, c’est que Vince est actuellement du côté du Face Triple H dans son interminable feud avec Orton, comme il ne s’est pas privé de le rappeler à Randy, auquel il a promis un combat en trois étapes contre The Game lors du prochain pay-per-view (The Bash, ce dimanche). Quand on y ajoute l’attaque par derrière de Trips sur Orton dans le parking à la fin du show, on se met à rêver d’un double turn prochain, qui verrait Orton reprendre le flambeau éteint de Stone Cold Steve Austin face aux McMahon-Helmsley… On n’en est pas là, mais cette éventualité est la principale raison de se réjouir d’un show d’une heure et demie certes sans pub, mais pauvre en matchs: cinq combats seulement, dont un trois contre trois issu de Smackdown.

 

 


Et les commentateurs de Smackdown se sont baffrés comme des porcs, en plus.

 

 

Si on a vu si peu de catch ce lundi, c’est avant tout parce qu’on a vu énormément de Vince. On connaît depuis longtemps son goût pour l’humour lourdingue et sa fascination pour des histoires de fric qui ne passionnent que lui, et on en a encore eu une bonne dose ce lundi. S’il a commencé de manière plutôt réjouissante, en se transformant littéralement en Louis de Funès lors de l’épisode de la panne de sa limousine, qui le vit tenter de rallier le stade juché sur le dos de son chauffeur comme Funès sur Bourvil dans la Grande Vadrouille, c’est ensuite allé de mal en pis.

 

 


Prochain combat à stipulation de la WWE: le Hue Dada match!

 

 

Ce qui fait marrer Vince, c’est des nains et des travelots et des chiottes et des débiles mentaux, et on a eu notre content, avec les apparitions de Santina (suivie de Santino dans une séquence qu’on croirait montée par deux gamins sur le caméscope familial), puis de Goldust et Hornswoggle (qui lui ont collé la perruque de Goldust sur la tête, lololol) et enfin de Festus, sortant des chiottes dans lesquelles le bureau de Vince avait soi-disant été transféré.

 

 


Je te laisse le Wall Street Journal, mais je te préviens, j’ai fini les mots croisés.

 

 

Et une fois toutes ces avanies subies, McMahon s’est donc lancé dans un marchandage absurde avec Trump, qui accepta finalement de lui revendre Raw pour le double de son prix. On conçoit que Trump, grand pote de Vince, ait accepté de lui donner un coup de main éphémère pour augmenter son audience, mais tout cela aurait pu être conduit de manière bien plus intéressante…

 

 


Bof, franchement, moi j’ai bien aimé ma soirée.

 

 

C’est peu dire que le roster de Raw n’a pas profité du temps d’antenne gagné par l’absence de pub (à l’exception des omniprésents baquets de poulet de chez KFC, que Lawler présenta d’ailleurs comme Kentucky GRILLED Chicken).

 

 


Kentucky Chicken… You’re FRRRRRIED!

 

 

Le quatuor de midcarders Kingston / Matt Hardy / Regal / MVP a été prié de rester chez lui, de même qu’un Kendrick qu’on désespère de revoir un jour ne serait-ce qu’en midcard. Au lieu de quoi, on a invité les stars de Smackdown à se livrer un match à six, histoire de bien souligner à quel point le show bleu était désormais le vaisseau amiral de la Fédération. Mais faudrait voir à ne pas trop tirer sur la corde: entre les ppv dominicaux qui se tiennent toutes les trois semaines, les enregistrements de Smackdown le mardi, les Superstars qui se tiennent le jeudi et auxquels ils participent régulièrement, et maintenant deux Raw consécutifs, sans oublier les house shows et les tournées à l’étranger, les catcheurs de Smackdown vont finir sur les rotules (ou, plus probablement, ils vont se gaver de painkillers encore plus que de coutume).

 

 


Ou alors on peut avoir recours aux sosies!

 

 

Leur combat à six n’en a pas moins été réjouissant, dans la foulée de l’excellent show de vendredi dernier. Trois Faces (Hardy, Mysterio et Khali) ont affronté trois Heels (Edge, Jericho et Ziggler) sous le regard du champion tweener Punk. Quelques spots sympas dans ce match, avec en point d’orgue un violent spear d’Edge sur Khali, qui s’était montré incapable, deux secondes plus tôt, de vendre un Codebreaker. Pas étonnant pour ceux qui l’avaient vu, vendredi, ne pas réussir à attraper la chaise lancée par Dolph Ziggler en un hommage à peine déguisé à Eddie Guerrero, passé maître dans cette manœuvre (lancer une chaise à l’adversaire puis faire le mort pour inciter l’arbitre à disqualifier ledit adversaire).

 

 


C’est ta faute Ziggler! La prochaine fois, lance un truc que je peux attraper. Genre un frigo!

 

 

La WWE semble danser sur une planche de fakir avec le cas Khali: voilà un type d’une taille exceptionnelle, mais totalement inepte dans le ring, et qu’il faut pourtant cajoler pour complaire aux millions de foyers indiens qui veulent voir en lui un héros positif. Il est donc engagé dans une feud étrange avec l’électrique Ziggler, qui multiplie les victoires volées, et sert de plongeoir aux catcheurs sachant catcher dans les matchs par équipe. Pas bête, mais combien de temps pourra-t-on tenir ainsi?

 

 


Des concurrents sérieux pour le Hue Dada Match.

 

 

De toute façon, Smackdown regorge tellement de talents en ce moments qu’on peut très bien accepter un Khali dans le lot. Vendredi dernier, on a encore assisté à un épisode épique, marqué par le chassé-croisé entre les feuds Jericho-Mysterio et Hardy-Punk. Ces deux matchs étant programmés pour The Bash, les bookers les ont intelligemment mixés, pour offrir un Hardy-Jericho et un Mysterio-Punk d’autant plus intéressants que Mysterio est intervenu dans le premier et Jericho dans le second. Les feuds progressent à grands pas, le turn progressif de Punk n’est pas brusqué, et on ne doute pas d’assister à deux matchs de haute volée issus du show bleu dimanche prochain.

 

 


De plus en plus agressif, le marketing viral de Pepsi Cola.

 

 

Deux, et peut-être trois, si vient s’y ajouter un Edge-Morrison. Les deux gars ont fourni ce vendredi un combat impressionnant, parfaitement booké: l’ex-Champion commençait par déclarer que Morrison n’était pas de son niveau et qu’il se sentait humilié de devoir l’affronter, avant de le mettre superbement over: dix bonnes minutes intenses, avant un spear inespéré qui offre la victoire à un Edge épuisé, lequel reste ensuite longtemps affalé au centre du ring. Morrison en sort renforcé, Edge a gagné clean, bref le BA-Ba du booking, chapeau messieurs.

 

 


De plus en plus agressif, le marketing viral du Kimberlizer.

 

 

On ne tressera pas les mêmes lauriers à la storyline mettant aux prises John Cena et l’ancien comparse de Morrison, The Miz — storyline qui contient pourtant des éléments intéressants: Miz s’en prend aux vrais défauts de Cena (films pourris, idole des gamins, gestuelle de cour de récréation, etc.)… et celui-ci abonde même dans son sens, rappelant ce lundi que des milliers de personnes scandent régulièrement à son égard « You can’t wrestle »— générant immédiatement un « You can’t wrestle » entonné par le public! Hélas, ce qui manque ici, c’est une construction du catcheur Miz: sauf erreur, il n’a pas gagné un seul match depuis son arrivée à Raw, son principal fait d’armes restant le tabassage de Goldust et l’exécution de Hornswoggle au bazooka la semaine dernière.

 

 


Ah oui, il a aussi joué à « Tire sur mon doigt » avec Maryse.

 

 

Or pour qu’il paraisse avoir une chance face à Cena dimanche prochain, il faudrait au moins qu’il ait remporté quelques victoires impressionnantes au préalable. Ou alors qu’il passe une alliance de revers avec le Big Show, ennemi attitré de Cena et catcheur autrement plus dangereux. Mais rien de tel ne se produit, et Miz fonce vers son premier ppv individuel comme un moustique vers un projecteur. Si bien que, pour le combat Miz-Cena, il apparaît rigoureusement impossible de voir le premier nommé gagner clean. Ne restent que deux options: soit une victoire tronquée (probablement par interposition du Big Show, dont la bonne forme actuelle fait d’ailleurs plaisir à voir), soit une victoire de Cena. Or un bon booking doit laisser planer les trois possibilités (victoire clean du face; victoire clean du heel; victoire volée du heel). Oui, on sait, on en demande trop.

 

 


Arrête de sourire, ordure. Tu sais qu’Antoine Adam est entré en dépression après avoir vu The Marine en intégralité?

 

 

On en demande trop, aussi, pour le « Three stages of hell » de dimanche entre Orton et HHH. Car ce qu’on voudrait, c’est qu’enfin, enfin, Orton en finisse avec l’insubmersible Hunter, qui lui a encore pedigré la tête lors du Last Man Standing de lundi, en dépit d’une jambe censément brisée. Le combat fut d’ailleurs plutôt bon, et un cameraman a pris encore plus cher que son collègue qui avait reçu sur la gueule les 130 kilos de l’Undertaker à Wrestlemania. Mais l’issue — les deux hommes ne se relevant pas à dix — était absolument prévisible puisqu’ils avaient un énième combat prévu pour dimanche.

 

 


Et après The Bash, tu affronteras Triple H dans un I Quit Match au Raw du lendemain! Et un Ladder Match la semaine d’après! Et un Iron Man Match au ppv suivant, suivi d’un First Blood, puis un Casket Match, puis un… hé tu m’écoutes connard?!

 

 

Dimanche, c’est aussi le jour où Rhodes et DiBiase essaieront de choper les ceintures par équipes de Primo et Carlito, dont on ne peut pas dire que les frangins aient fait grand usage jusqu’ici. La victoire de Rhodes face au moins chevelu des Colon (lesquels s’étaient signalés avant le combat par quelques remarques vaguement homophobes qui ont sans doute fait rugir Vince de plaisir), ce lundi, vient opportunément rappeler que Ted et lui ne servent pas seulement à laver les slips d’Orton. Une Legacy tout d’or vêtue à l’issue du Bash nous remettrait à l’heure bénie de l’après-Royal Rumble, quand rien ne semblait devoir résister à l’ascension de Randy et de ses sbires.

 

 


Et le Slammy Award de la meilleure imitation de la Legacy est attribué à…

 

 

Au final, pour reprendre les mots de Philippe Val, on a « identifié le problème » de la WWE. Le problème ressemble à un toon colérique qui serait comique s’il n’avait pas autant de pouvoir. Depuis plusieurs mois, Vince McMahon — dont il ne faut pas oublier qu’il supervise tout le booking — a consciencieusement pourri Randy Orton, qui devrait pourtant, si le monde était bien fait, être le porte-étendard de la WWE des années 2010. En encaissant un méchant punt kick, Vince avait pourtant beaucoup fait pour l’aura de RKO. Mais ensuite, Randy a pris des dérouillées non seulement des mains de Triple H mais aussi de celles des McMahon père et fils et de Ric Flair. Combien d’humiliations un super heel peut-il subir avant d’être complètement vidé de sa substance?

 

 


Eh, Orton? J’ai mangé de l’ail exprès. Kheeeeeeeu.

 

 

De même, McMahon nous a laissé croire qu’il avait pris conscience du désastre dans lequel s’enfonçait Raw, quand il a appelé à l’aide Donald Trump, dont les premières décisions (mettre fin au sketch Santina, lancer un programme sans pauses pub toutes les deux minutes et peut-être apporter un vent de fraîcheur avec l’idée des « celebrity hosts » toutes les semaines) pouvaient s’apparenter à une salutaire piqure d’adrénaline… avant de reprendre illico presto son bien. Bref, Vince tourne en rond dans ses recettes éculées, peine à faire éclore de nouvelles stars, repasse sans cesse les vieilles feuds et alimente le tout d’un humour de corps de garde qui ne saurait être efficace qu’à petites doses.

 

 


Je sais ce qu’il manque au roster. Un pétomane.

 

 

Il y a près de trente ans, le jeune Vince McMahon avait repris la pépère WWWF à son daron pour en faire la toute-puissante WWF. Shane ou Stephanie sauront-ils pousser l’imitation jusqu’au meurtre du père? Et gagnerait-on au change? La question reste ouverte.

 

 


Pour finir sur une note plus joyeuse, voici « l’objet de merchandising qu’on n’achètera jamais » de la semaine: les nouvelles lunettes de JTG! Avec l’intégralité des répliques de Shad Gaspard écrites dessus!

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