Catch

Le bon côté des choses

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Leibniz, moqué dans Candide de Voltaire

 

Trois titres sur huit ont changé de mains dimanche dernier, et c’étaient exactement ceux qui devaient le faire. Jericho s’est fait un copain qui le protège des coups de soleil, et le Shaq nous a honorés de son imposante présence. C’est décidé: cette nalyse sera placée sous le signe du contentement béat.

 

 


Le contentement béat… C’est le propre du spectateur de catch, non?

 

 

Analyse de Smackdown du 24 juillet, de Night of Champions et de Raw du 27 juillet

 

Voilà, on s’est dit qu’on allait pour une fois se montrer aussi critiques envers la WWE que le Figaro envers le gouvernement français. Primo, parce qu’on a globalement beaucoup aimé ce weekend, qu’il s’agisse de Smackdown, de Raw ou du ppv qui s’est immiscé entre les deux. Carlito, parce que c’est assez marrant de se mettre dans la peau de Vince et de son équipe, qu’on suppose systématiquement très fiers d’eux.

 

 


Par contre, on n’aurait pas dû laisser le Big Show jouer au sonneur de cloches.

 

 

Le dernier Smackdown d’avant Night of Champions a donc été brillant, comme toujours. Placé sous le signe de la passionnante rivalité entre un punk qui ne boit que de l’eau et un émo qui plane dans tous les sens du terme, il a aussi recelé de grands moments de catch, à l’instar du quatrième affrontement en autant d’épisodes entre les Cryme Tyme et la Hart Dynasty (normal, il n’y a pas d’autres équipes au roster; ça a permis à la copine des CT, Eve, de coller un beau moonsault, quoique un peu botché, à la troisième Hart, Natalya), et de francs moments de rigolade offerts par la toujours hilarante séquence Word Up et par cet incorrigible chenapan de Pretty Ricky!

 

 


Mais pas du tout! Je ne suis pas en Pretty Ricky, là! Je suis normal, je suis R-Truth, je catche contre Charlie Haas, oh!

 

 

Hahaha, quel sacré déconneur quand même ce Ricky!
A part ça, le conquérant Dolph Ziggler a encore ajouté à sa légende en venant à bout du vétéran Finlay grâce à un stratagème diabolique, consistant à détourner l’attention du patriarche irlandais sur la croupe rebondie de sa bonne amie Maria. Ca marche à tous les coups.

 

 


Le temps que Finlay se rappelle comment on fait, Dolph aura eu le temps de l’assommer dix fois.

 

 

L’agile Great Khali nous a offert une nouvelle démonstration de technique en mouvement pour vaincre le terrifiant Mike Knox (il terrifie sa mère chaque fois qu’il rentre le soir dans la maison isolée qu’ils partagent depuis des décennies). Et que dire de la confrontation du regard entre ce même Khali et l’infernal Kane? Rien? Oui, c’est sans doute une bonne idée.

 

 


Toi, le petit con de 2.15m et qui a un oeil qui dit merde à l’autre. Va chercher Ziggler, j’veux sa meuf dans le Khali kiss cam.

 

 

Et naturellement, les combats opposant Jeff Hardy à Chris Jericho et CM Punk à Rey Mysterio ont tenu toutes leurs promesses, que ce soit en matière d’acrobaties, en termes de rictus maléfiques ou en nombre d’interventions extérieures.

 

 


– N’aie crainte, petit! Je t’emmène au pays Straightedge, ou coulent des rivières d’eau plate et d’eau gazeuse!
– Heu, vous avez des burritos?

 

 

A noter qu’on a appris cette semaine, après le refus clair et net (je cite: « Bwalawalawalwala wlawlalaalwalabwalalaala ») opposé par le géant indien, que le Great Khali ne serait pas le partenaire de Jericho pour Night of Champions! Un nom de plus à cocher sur la liste de « ceux dont on est sûrs qu’ils seront pas le partenaire mystère de Jericho »! Cette liste compte à présent deux noms: le Great Khali et Edge.

 

 


Toi là, Singh! Je t’achète ce géant pour un sac de verroteries!

 

Sans oublier que Melina s’est avisée qu’elle avait un match-revanche à prendre contre la tenante du titre Michelle McCool, et lui a annoncé qu’elle le ferait dès dimanche, avant de lui foutre des cosmétiques plein la figure! Quelle originale façon de procéder entre divas! Mais jugez plutôt!

 

 


Ah non, pardon, c’est pas ça.

 

 


Ah non, pardon, c’est pas ça.

 

 


Ah voilà! Je disais donc: comme c’est original!

 

 

Deux jours plus tard, le menu fretin avait sa soirée de libre: c’était la grande explication entre les champions et leurs challengers. Alors qu’on s’attendait à ce que le mystère sur le nom du mystérieux partenaire mystère de Jericho plane jusqu’au bout de la nuit, la révélation fut immédiate puisque le championnat par équipes fut le premier à être disputé. Jericho a fait un peu monter le suspense, avant de lâcher l’info: non, il n’avait pas choisi Santino Marella ou Jimmy Wang Yang, mais le Big Bad Show, qui arborait pour l’occasion une seyante tenue bleu ciel / bleu marine dont on espère que la WWE la met en vente telle quelle dans sa boutique Internet. En effet, McOcee n’a rien à se mettre cet été à la plage.

 

 


Collection été 2009: retour en force du bling-bling.

 

 

Après une bonne résistance des Priceless, les deux compères sont évidemment repartis avec l’or qu’ils avaient amené. Nous ne sommes pas de ceux qui déplorent ce Big Choix, bien au contraire. Il fallait à Jericho, petit gabarit souvent en difficulté face aux mastodontes du roster, un partenaire de taille, suffisamment imposant pour faire immédiatement de ce duo une vraie force dominante (et pas mauvais acteur par-dessus le marché). On entend d’ici les récriminations de James West: Ah, c’était l’occasion de pusher une jeune star en devenir! Mais non, James, nous écrions-nous de concert! L’urgence n’est pas d’élever quelque Jack Swagger ou autre Miz (une ou deux victoires en simple y suffiront, en plus): l’urgence, c’est de relancer la division par équipes, en déshérence depuis des lustres! Avec deux stars de ce calibre, elle retrouve des couleurs, c’est le moins que l’on puisse dire (et c’est ce qu’on disait déjà il y a trois semaines, quand Edge et Jericho déboulèrent au Bash pour piquer les ceintures au nez et à la touffe des Priceless et des Colon). Et comme le Big Show n’a pas pris part au match pour le championnat US qu’il devait disputer, le message est clair: il va se consacrer à fond à son titre en double. Espérons que Y2J en face autant, histoire que la DX trouve à qui parler au retour de Michaels… Le signal en a peut-être été donné dès le lendemain, quand Triple H a déclaré qu’il affronterait Rhodes et DiBiase à lui tout seul lors du Raw suivant (à propos, depuis quand il organise ses matchs lui-même? Ah ben oui, depuis toujours, bien sûr). Ca sent le DX / Priceless au retour du Kid, avant un DX / Jerishow de toute beauté!

 

 


– Ah parce que y a DX qui se reforme en plus?
– Ouais, et il paraît que quand le Taker revient, il reforme les Brothers of Destruction avec Kane.
– Ah. Tu crois qu’on peut demander notre transfert à l’ECW, genre avec effet immédiat?

 

 

Le match de championnat US, donc, a perdu 200 kilos d’un coup quand le Gros Show a été remplacé par le bondissant Primo. La qualité du combat y a nettement gagné puisqu’on s’est retrouvés avec six types rapides, qui multiplièrent les assauts aériens sur et en dehors du ring. Un combat très plaisant, dans lequel Primo s’est montré d’une bêtise abyssale en se laissant manipuler par son démoniaque frangin. Lequel n’a pas emporté son Backstabber au paradis, puisqu’un Trouble qui en venait a mis fin à l’orgie. L’autre KK du catch confirme à la fois ses qualités et sa bonne cote auprès des scripteurs. Ceux-ci iront-ils jusqu’à lui concocter une storyline digne de ce nom?

 

 


En attendant, son carnet de commandes ne désemplit pas, et ses clients se font de plus en plus insistants.

 

 

Les storylines, ce n’est pas ce qui manque à l’ECW, comme l’excellent Spanish nous le narre de semaine en semaine. Celle du vétéran valeureux touchant enfin au Graal a pris fin ce dimanche, après un match plutôt réussi entre un Dreamer volontaire et un Christian très affuté. Quand Kozlov et Jackson auront fini de se faire les yeux doux, ils joueront à la courte paille avec Shelton l’honneur d’être la victime de Champion Charisma à Summerslam.

 

 


Hé, Vlad, Ezekiel! C’est lui qu’il faut taper maintenant!

 

 

Les filles, de leur côté, n’ont pas déçu, surtout celles de Smackdown pour tout dire. Car McCool et Melina dégagent une féroce animosité dans le ring, ce qui a conféré à leur combat une intensité assez saisissante. On les reverra sans doute l’une contre l’autre, et on ne s’en plaindra guère.

 

 


Le conseil du jour de Véronique et Davina: Travailler ses adducteurs en faisant le grand écart, c’est bien. Travailler en plus les abdos, c’est mieux. Demandez donc à une amie de vous tacler dans le ventre à ce moment-là!

 

 

En revanche, le train semble passé pour Maryse, vu l’abondance de biens question Divas à Raw. Beth, Gail et leurs copines attendent leur tour, et la Québecoise, larguée par the Miz avant d’avoir consommé le moindre contact (prenez-en de la graine, messieurs! On peut prendre vent sur vent et pourtant sortir de l’histoire comme un prince, la tête haute et le cœur fier), semble reléguée quelques crans plus bas. Trop limitée dans le ring pour faire illusion face à une Mickie James certes un peu replète mais encore très électrique, Maryse a essayé de compenser sa technique défaillante par un style de « brawler » qui ne lui convient guère. N’est pas Triple H qui veut…

 

 


Un sledgehammer aurait peut-être été plus efficace.

 

 

Le combat Intercontinental a été comme prévu excellent: en la personne de Ziggler, Mysterio a trouvé un adversaire presque aussi rapide et tonique que lui. Dolph a dominé tout le match, et s’il s’est respectueusement incliné en fin de parcours sur le classique combo 619-splash, il a montré qu’il avait les épaules pour ce genre d’événement et la carrure pour ce genre de ceinture. On s’attend à le revoir à l’œuvre face à Mysterio, et on se porulèche les babines d’avance en espérant une revanche à Summerslam.

 

 


Ca devait finir par arriver. A force d’embrasser des dizaines d’enfants tous les soirs, Rey Mysterio a attrapé la lèpre.

 

 

On attendait beaucoup du combat Punk / Hardy, mais pas nécessairement une victoire de l’Enigmatique Enigme. Surtout après un Go to sleep d’école! Mais quand on sait que Jeff va pousser jusqu’à Summerslam, le fait de lui remettre le titre paraît très logique. Le combat fut bon, mouvementé et marqué par un comportement de plus en plus heelish de Punk, qu’on n’avait encore jamais vu aussi sûr de soi et ricanant, dans la foulée d’une promo brillante dans laquelle il s’en prit avec véhémence au public, coupable à ses yeux de ne pas assez prendre soin de soi et de ses gosses.

 

 


– J’ai raté le discours de Punk, il a dit quoi?
– On s’en fout. T’as bien mis trois sucres dans mon Coca?

 

 

Enfin, on n’attendait pas grand-chose du Triple Threat Orton-HHH-Cena, et on avait tort. Le match fut d’un excellent niveau, constellé de renversements de situation de dernière seconde, et s’est terminé dans une explosion de joie chez tous les adorateurs du Mal puisque le sublime démon a étalé Monsieur Costaud, qui venait d’installer le fidèles Rhodes sur ses épaules, d’un RKO appelé à entrer dans les bestofs (ironiquement, le RKO le plus célèbre d’Orton jusqu’à présent le met également en présence de Cena et de Cody Rhodes, mais ce jour-là Cena avait lancé Rhodes en l’air pour qu’Orton le cueuille d’un RKO irréel). En fait, dans un match où sont présents Cena et Triple H, il faut attendre patiemment que lesdeux hommes aient fait leurs mouvements classiques, ceux que la foule a payé pour voir: un High Knee, un Spinebuster et éventuellement un Figure Four Leglock pour le premier; une série de coups d’épaule suivie d’un écrasement, d’un U Can’t C Me et d’u Five Knuckle Shuffle pour le second; ensuite, ils font éventuellement leurs prises de finition mais, tant qu’elles n’ont pas été portées, il peut y avoir du combat. Cette fois, la stipulation « sans disqualification » a permis d’emmener le match longuement à l’extérieur, et de justifier la traditionnelle incursion des Legacy. N’empêche, si c’est « sans disqualif », pourquoi ne sont-ils pas arrivés dès le début? Pourquoi HHH ne s’est-il pas pointé avec un sledgehammer? Pourquoi Cena n’a-t-il pas appelé à la rescousse un bataillon de Marines? Ah, trop de questions ne règlent rien. Randy a gagné, c’est bien l’essentiel. Et en plus il nous a encore régalés de mimiques dont lui seul à le secret.

 

 


Putain mais… j’ai un grain de beauté sur le nez!!!

 

 

Le spot le plus fameux du combat a été ce moment où Orton, bloqué à la fois dans la prise de soumission de Triple H et dans celle de Cena, a abandonné, mais l’arbitre n’a su que faire et, dans le doute, a ordonné la continuation du combat. Une faille dans le règlement finement exploitée par Orton, dont on aurait aimé qu’il s’en gargarise le lendemain à Raw, mais le lendemain à Raw, tout le monde l’avait oublié, puisque c’était Shaq day!

 

 


Petit problème de logique: Raw is Shaq, or Raw is War; donc Shaq is War, du coup est-ce que War is Cash?

 

 

A 2m16 et 140 kilos, et à peu près 200 fois plus rapide que le Great Khali, le Shaq ferait un catcheur du tonnerre! En attendant, il a fait un guest host très correct, surtout après le fiasco ZZ Top la semaine précédente. Même si on est déçu de ne pas l’avoir vu exploser la gueule de MVP pour usurpation d’identité, il s’est amusé avec Horny et avec le Big Show (comme tous les guest hosts) et joué au Scrabble avec Santino, et on lui pardonnera même d’avoir ramené les Cryme Tyme, vu que cette fois c’était pour catcher, et d’avoir essayé de casser Chris Jericho en le traitant de « Christina ».

 

 


– Ben si c’est comme ça, moi je t’appellerai Shakira.

 

 

La grande affaire de la soirée, c’était le « Beat the Clock » pour déterminer l’adversaire d’Orton à Summerslam. Après la victoire inaugurale de Mark Henry sur Carlito, MVP (bloqué par le revenant Masters) et Swagger (battu à la régulière par Bourne, ça lui apprendra à se détourner du divin Randy, tiens) ont évidemment buté sur les obstacles qui leur étaient proposés. Dieu merci, Rhodes a réussi à retenir HHH assez longtemps pour éviter un énième épisode de HHH / Orton, mais évidemment Cena a de nouveau squashé le Miz en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « You can’t see me » et se retrouve donc propulsé challenger officiel. Mais il reste encore quatre semaines d’ici Summerslam, et bien des choses peuvent se passer (clique ami! Clique!) d’ici là.

 

 


Booyaka booyaka! Ah ben non.

 

 

On a fini avec un duel de béhémots entre le Shaq et le Big Show, qui affrontait là son troisième adversaire « hors catch », après Akebono et Floyd Mayweather, pour toujours le même résultat, naturellement. Pas grave, l’affaire a été évoquée dans les magazines sportifs aux USA, donc le pari est gagné. Quoi de plus normal à l’issue de ce weekend de rêve?

 

 


Alors, les Blancs ne savent pas sauter, bitch?

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