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ECW: en rouge et noir

J’ai construit tant de châteaux qui se réduisaient en sable. J’ai construit tant de noms qui n’avaient aucun visage.
Jeanne Mas, En rouge et noir

 

Bonjour à toutes et tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où, plus que régulièrement, de valeureux lutteurs se font exploser la tête contre le laptop de votre serviteur.
Cet incident technique majeur, lié à des DDTs ravageurs sur un ordinateur portable, a bien évidemment empêché votre consciencieux scribe de rédiger sa colonne régulière sur la ECW. A présent, une fois le disque dur réparé, il est temps de résumer ce qu’il est advenu dans le monde de l’extrême depuis que Christian a ravi la ceinture à Tommy Dreamer.

 

 


Aux grands maux les grands remèdes: cette fois, Spanish a opté pour un ordinateur indestructible.

 

 

Analyse de l’ECW juillet-août

 

 

Avant de commencer, et puisque le mot ravi a été prononcé, permettez deux petits apartés indispensables. Le premier, évident, pour dire tout le bien que j’ai pensé du match de championnat Jeff Hardy-John Morrison, qui démontre que la ECW ne faillit pas toujours dans son objectif principal, qui est celui de fabriquer de futurs main-eventers. Le second, passé inaperçu, s’est déroulé juste après le calamiteux RAW dont Jeremy Piven était l’invité: l’interview radio de Ken « Ne m’appelez plus Kennedy » Anderson pour le PWR Show. Son écoute est clairement indispensable pour qui est anglophone et amateur de shoot interviews.

 

Mais revenons à la tétralogie de l’extrême avec le fil rouge de ces dernières semaines, à savoir la guerre des gros costauds en slip rouge, Ezekiel Jackson et Vladimir Kozlov, qui, semaine après semaine, ont fait le même numéro: l’un détruit consciencieusement mais néanmoins rapidement un local jobber, puis l’autre amène sa tronche sur le ring et place son finisher histoire de démontrer que lui aussi est puissant. L’idée n’est pas mauvaise, l’exécution dans le ring assez efficace mais la répétition du truc a sérieusement lassé. Je n’ai rien contre les slow build-ups mais là, mais quand il s’est finalement passé un truc concret dans le ring entre Ezekiel et Vladimir, tout le monde avait déjà considéré leur segment hebdomadaire comme le moment idéal pour aller se vider la vessie.

 

En bref, on pourrait résumer le show du 28 juillet à celui de l’établissement de nouveaux lutteurs. Tyler Reks l’a emporté sur Paul Burchill pour la seconde fois de suite. Le match ne m’a personnellement pas convaincu mais son objectif était clairement de démontrer les qualités du surfeur de la ECW. Sheamus, au contraire, a fait le nécessaire face à Goldust dans un match disputé et l’Irlandais semble plein de promesses. Il a le potentiel d’un bon lutteur dans un style plein de rudesse, il ne lui reste plus qu’à étoffer son personnage.

 

 


C’est officiel : Zack Ryder a piqué la veste de Sonny Crockett.

 

 

Mais c’est du côté du main-event que les plus belles promesses d’avenir se sont profilées: Christian et Zack Ryder ont livré un match plus qu’intéressant. S’il n’y a aucune surprise quand le champion en titre est excellent dans le ring, c’est bien plus qu’agréable que Ryder et son demi-pantalon aient livré tous deux un bon match. Il a démontré là tout son potentiel et justifié largement son ascension dans la carte. L’ex-Edgehead devrait prochainement continuer dans cette voie en se frottant à des lutteurs à la fois plus renommés et solides dans le ring.

 

A l’inverse, le show du 4 août a été plutôt mauvais: un segment avec Abraham Washington trop long (j’y reviendrai plus tard), suivi du récurrent affrontement sans contact entre Ezekiel et Kozlov, ce n’est vraiment pas le meilleur moyen de commencer un show. Le deuxième volet de l’affrontement entre Sheamus et Goldust, dans le même esprit que le premier, relevait le niveau, surtout par sa conclusion avec Goldust qui, bien que vaincu, ne baissait pas les bras et frappait l’Irlandais après la cloche. Jolie preuve de combativité, ce qui est essentiel quand on a comme lui un rôle de jobber.

 

 


Alors mon mignon, c’est vrai ce que m’a dit Finlay : tous les Irlandais sortent toujours avec leur Shillelagh ?

 

 

Mais c’est le main-event, un match de championnat extreme rules entre Christian et Tommy Dreamer, qui valait réellement le coup. Les deux vétérans ont assuré et donné le maximum pour sauver le show de la débâcle que laissait présager le début. Un bon match extrême, brutal juste ce qu’il faut pour ajouter de l’imprévu et de la violence sans tomber dans le grand-guignolesque, il s’est conclu par des assauts à l’aide d’une portière de voiture et une victoire du champion en titre.

 

Avant d’entamer le résumé du 11 août, parlons d’Abraham Washington. La WWE a beau faire tous les efforts pour améliorer le gimmick, notamment les panneaux Applause et Laugh sur le titantron, je ne vois vraiment pas ce qu’Abraham apporte au produit ECW. Abraham n’est pas mauvais au micro mais il n’est clairement pas assez bon pour permettre à ce genre de segment de mettre over des novices dans le domaine. Sa parodie de Late Night Talk Show n’est pas drôle, elle est trop américano-centrée pour pouvoir fonctionner à l’international, les blagues d’Abraham sont mauvaises, les textes écrits pour les catcheurs invités pire encore. Organiser un concours de chant et faire parler Shelton Benjamin en smurf, la version anglaise du schtroumpf?? Sérieusement, ça ne me fait pas du tout schtroumpfer, au contraire, ça m’en schtroumpfe une sans faire schtroumpfer l’autre. Abraham a peut-être un avenir à la WWE en tant que personnage qui ne lutte pas, mais pas avec ce gimmick et pas avec de tels auteurs qui écrivent ses textes.

 

 


D’accord, la porte, c’est par là, donc…

 

 

Ce sont des segments comme ceux d’Abraham et la suite des aventures de Big Zeke et Big Vlad qui ont pénalisé le show du 11. Ils ont monopolisé trop de temps sur l’heure hebdomadaire de la ECW et n’ont pas permis au match de Zack Ryder et Shelton Benjamin d’atteindre les sommets qu’on aurait pu espérer: 3 minutes trente entre ces deux-là, c’est trop peu. Ils mériteraient au moins le double, ce qui aurait été très facile à faire, en supprimant par exemple le très dispensable et mauvais squash match de Tyler Reks sur un jobber local, visiblement plus aimé par le public que le surfeur.

 

 

A défaut, on aurait aussi pu utiliser du temps pour le main-event entre Tommy Dreamer et son successeur au rang de number one contender, William Regal. Leur match, très rugueux, n’aurait pas souffert d’une petite rallonge pour en rajouter sur le côté stiff de l’Anglais, qui est sorti du match vainqueur.

 

Mais l’événement de la soirée fut britannique puisque Paul Burchill, mon jobber préféré, a enfin trouver de quoi s’occuper avec un nouvel adversaire – advertsaire devrais-je écrire même – en l’occurrence The Hurricane, qui a effectué son grand retour pour sauver Yoshi Tatsu d’une correction que l’Anglais allait lui infliger après avoir été disqualifié pour cause d’intervention de sa sœur. Ce segment, rondement mené, a permis de conclure le retour du super-héros des rings, à la plus grande joie du public. Et il m’a aussi permis de fantasmer quelque peu sur la chance du Japonais qui s’est fait tanner la peau du dos à grand coups de ceinture par Katie Lea, qui a un véritable profil de dominatrice, mais ce n’est pas là le propos…

 

 


Si tu es docile, Yoshi, la semaine prochaine, j’apporterai ma cravache.

 

 

Le 18 août, dernière étape avant Summerslam, était un meilleur show, ouvert par le match entre Paul Burchill et The Hurricane. Un très bon match, d’ailleurs, qui a démontré les qualités des deux lutteurs. L’Anglais, très rugueux, a dominé une bonne partie de l’affrontement, se permettant même une très jolie acrobatie pour planter ses deux pieds dans la face de son adversaire. Hurricane Helms, pour son retour, a remporté le tombé et, par la même occasion, prouvé qu’il n’était pas trop rouillé pour un catcheur qui revient après une longue interruption mais surtout démontré qu’un lutteur avec un booking de super-héros pouvait avoir des matchs intéressants quelque chose que Batista, Triple H et John Cena devraient méditer.

 

 


Hardy voulait que je m’appelle Super H mais finalement, j’ai préféré m’appeler Hurricane.

 

 

Passons rapidement sur le match entre Yoshi Tatsu et Zack Ryder, conclu par un Woo Woo Woo victorieux. Trop rapide, comme celui de la semaine d’avant entre Zack et Shelton et, comme la semaine d’avant, il aurait mérité de passer la barre des trois minutes trente, notamment en épargnant au public un autre épisode du Abraham Washington Show avec comme invités Goldust et Sheamus. Sans être ridicule, le segment était insipide et bien moins efficace pour la construction des personnages que le très bon affrontement entre eux deux lors de Superstars.

 

Comme à l’habitude, et la présence de Christian n’y est certainement pas étrangère, c’est le main-event qui a donné du piquant au show. L’affiche annoncée, Chritian et Dreamer contre Regal et Kozlov, fut très vite compromise, l’ECW original se faisant décocher dans la tête un punt signé William Regal mais que Randy Orton n’aurait pas renié. Christian fut donc contraint de se trouver un partenaire de dernière minute, en l’occurrence Ezekiel Jackson. Sa participation au match fut astucieusement bookée, petit sourire au départ, comme tout babyface qui se respecte, main tendue constamment vers son partenaire en péril, intervention lorsqu’il est victime de surnombre et exécution en règle dès que le champion a le dos tourné. Voilà donc une excellente manière de conclure l’épisode Kozlov/Jackson bien mal engagé et très bonne astuce que d’utiliser trois hommes pour mettre à terre le champion avant le prochain PPV. Les fondamentaux du catch, bien interprétés font toujours leur effet et là, ils ont été scrupuleusement respectés puisque les couleurs traditionnelles des heels sont bien évidemment le rouge et le noir, on le sait depuis Stendhal.

 

 


Que tous les gros bâtards dans la salle LEVENT LES BRAS!

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