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ECW: l’éternité en huit secondes

L’éjaculation précoce est la préoccupation sexuelle masculine la plus répandue (…). Environ un tiers des hommes consultant en sexologie se plaignent de cette difficulté.
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Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où l’on va même dire du bien du match de championnat entre Christian et William Regal à Summerslam.

 

 


Le Roi des Britons, en habit d’apparat, entouré de ses esclaves maure et cosaque, reçoit l’ambassadeur de la Nouvelle-France.

 

 

Analyse de l’ECW du 25 août

 

 

Ce Christian-William Regal de seulement 8 secondes a déjà beaucoup fait parler depuis dimanche, notamment parce que nombreux sont ceux qui voient dans cette courte durée l’illustration du manque d’intérêt de la WWE pour la marque de l’extrême. Ils sont d’autant plus faciles à comprendre, ces déçus, que ce n’est pas la première fois que le match de l’ECW est escamoté lors d’un PPV. En plus du mémorable affrontement entre Chavo et Kane à Wrestlemania (gong-Chokeslam-fin du combat), deux autres matchs de championnat avaient déjà connu un traitement équivalent: CM Punk vs Big Daddy V et Mark Henry vs Matt Hardy. Il y a donc de quoi se poser des questions sur ce match aussi court que la jambe de pantalon gauche de Zack Ryder. Mais il y a quand même du positif dans ce qui s’est passé à Summerslam.

 

 


Honnêtement, depuis quelques années, les défilés Jean-Paul Gaultier, ça a beaucoup baissé…

 

 

D’abord, contrairement au MVP-Jack Swagger présent sur la carte, c’était un match complet et intelligible par les fans sans qu’une piqûre de rappel soit nécessaire. Pas besoin de promo qui remémore à tout le monde pourquoi ces deux gars se battent, le titre en jeu y suffit. Ensuite, à l’opposé du Kane-Khali, c’était un bon match: très court, certes, frustrant quand on connaît les talents impliqués mais pas ennuyeux comme l’affrontement d’un vétéran proche de la retraite et d’un monstre de foire originaire du Brahmapoutre qui peut à peine marcher. Enfin, c’est un match qui a fait avancer le schmilblick en termes de construction des personnages: Regal et ses nouveaux amis ont mis a profit ce match pour montrer qu’ils formaient un gang soudé et surtout Christian a retrouvé cette roublardise qui lui avait tant servi lors de ses affrontements avec Jack Swagger. Le Canadien est l’un des rares éléments de la WWE qui a actuellement cette capacité à tricher régulièrement pour gagner des matchs de championnat sans que cela ternisse son prestige. Ce dernier point constitue un détail pour le moment mais il pourrait fort bien devenir crucial dans les mois à venir et permettre à l’ex-pensionnaire de la TNA de s’incorporer aisément dans d’autres shows lorsque le temps sera venu pour lui de conquérir d’autres titres.

 

 


Non, mais là, faut vraiment qu’il arrête Jean-Paul Gaultier…

 

 

Ceci dit et écrit, il y a quand même un vrai problème à la WWE, qui abuse un peu trop systématiquement de squash matches quand il s’agit de l’ECW et il est plus que regrettable de voir un match de championnat durer cinquante fois moins de temps que l’entrée de DX. Fort heureusement, les frustrés d’action in-ring ont pu se rattraper ce mardi 25 août avec un match Regal/Christian avec la stipulation qu’une victoire du perfide Britannique lui offrirait un nouveau title shot. C’est en tout cas ce qui est ressorti de la promo introductive du show de ce soir et des décisions de Tiffany qui, soit dit en passant se sort extrêmement bien de son rôle de manager générale de la ECW. Suffisamment présente et appliquée pour être crédible, la WWE a réussi son coup en lui donnant ce rôle plutôt que d’en faire une énième poupée Barbie qui catche.

 

 


Ka… méha… méha… méha…

 

 

Le premier match de la soirée fut un nouvel épisode de la rivalité entre Goldust et Sheamus. Pas un match exceptionnel, comme à l’habitude entre ces deux-là, mais un affrontement convaincant quand même, comme toujours. Rien d’étonnant à cela, Sheamus est encore jeune, il est clairement là pour apprendre dans le ring sous l’aile d’un vétéran et, pour l’instant, aucun de leurs matchs n’a déçu. La double disqualification par décompte extérieur indique d’ailleurs clairement que la WWE a décidé que ces deux-là travailleraient encore au moins une semaine de plus et c’est tant mieux pour nous, pour Sheamus qui se bonifie match après match et pour Goldust qui a du temps d’antenne.

 

Cependant, une fois n’est décidément pas coutume, je poserais une réserve sur le commentaire, pourtant excellent, de Matt Stryker qui n’a cessé de mettre en exergue l’aptitude naturelle de Sheamus à se comporter comme un vétéran dans le ring. J’ai vu l’objectif du truc mais je demeure persuadé que, double disqualification oblige, ce n’était pas le soir où il fallait mettre en avant sa faculté à combattre comme s’il faisait ça depuis des années…

 

 


Eh, ouais, Zack, au bout de trois ans de bons et loyaux services, il semblerait qu’on ait enfin une storyline pour moi… Ben quoi, t’as l’air sceptoque?

 

 

Le deuxième moment fort de la soirée fut un nouvel épisode de l’énigme qui nous intéresse tous, à savoir: Shelton Benjamin va-t-il effectuer un face-turn ou non? Ce soir, la réponse était oui: il était clairement et définitivement un bon gars dans son segment backstage avec les Bella Twins et son association avec Zack «Woo Woo Woo you know it» Ryder contre Yoshi Tatsu et Tyler Reks. Leur match a d’ailleurs été très bon en ce qui concerne le storytelling: les deux membres de l’équipe qui n’arrivent pas à travailler ensemble, se donnent des ordres pour mieux ne pas les respecter, se font des blind tags dans le dos l’un de l’autre, se projettent dans le ring, se jettent l’adversaire à la face… Toute la panoplie y est passée. Dommage cependant qu’en si peu de temps, il n’ait pas été possible de faire un match plus impressionnant. Heureusement, le joli coup de pied de Yoshi a conclu le match par une victoire clean pour les faces et, surtout, une fois la cloche sonnée, un Paydirt absolument parfait sur Zach Ryder a terminé le match sur une jolie note.

 

 


Ca c’est un Enzuiguri! Eh ouais, mec, je fais des progrès en japonais, Woo woo woo you know it!

 

 

Quant au Main Event entre Christian et William Regal, il n’a pas déçu et délivré exactement ce qu’on était en droit d’attendre de ces deux-là: un sacré bon match de catch au timing impeccable qui mettait en valeur l’opposition de styles entre Regal, rude sur l’homme et technique, et le champion, plus aérien mais néanmoins expert en lutte. Le final, évidemment, fut au bénéfice de l’Anglais grâce à l’aide extérieure d’un de des deux molosses qui étaient postés au bord du ring (Kozlov, en l’occurence). Intelligemment booké, il rendait au champion un peu de la monnaie de sa pièce de dimanche, lui faisant payer cher un mouvement d’humeur inutile sur le Moscovite.

 

 


Bonne nouvelle pour Vlad, de nos jours, la constipation n’est plus une fatalité.

 

 

S’il est exagéré de dire que cet épisode de la ECW a été un bon show, il faut quand même reconnaître que son déroulement hyperclassique était agréable. Avec un premier segment qui rebondit sur les résultats du PPV, un main-event qui rattrape les lacunes de ce même événement et l’absence de promos aussi longues qu’écartées du sujet principal d’un show de « rassling », à savoir ce qui se passe dans un ring quand deux types font semblant de se tabasser (euh, est-ce que je ne parle que de l’absence d’Abraham Washington Show cette semaine?), c’était une jolie démonstration de ce qui doit être fait pour obtenir un bon show de catch. Et c’est déjà pas mal.

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