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ECW: un épisode de transition

I met my love by the gas works wall
Dreamed a dream by the old canal
Kissed a girl by the factory wall

The Pogues, Dirty old Town

 

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et sur laquelle s’abat actuellement une pluie de cotillons et autres confettis car il y a un évènement à fêter. Et on ne parle pas du fait qu’un type qui ressemble à un compagnon de biture de Shane McGowan se la pète en Main Event.

 

 


Irlande, le pays où le blanc est couleur.

 

 

Analyse de l’ECW du 2 septembre

 

La raison de festoyer, c’est que k’éternel loser de la ECW, Paul Burchill, a récemment gagné un match (dans l’épisode du de Superstars du 27 août 2009)! Et c’est un événement absolument exceptionnel tant il est rare (un peu comme Chris Jericho faisant une mauvaise promo, John Morrisson un mauvais match ou DX une blague drôle). Mais tout cela s’est bien évidemment passé à Superstars et, ici, on cause de la ECW donc passons plutôt à ce show du 1er septembre 2009, qui annonçait comme main-event une affiche dont tout le monde rêvait depuis des lustres, à savoir Sheamus-Goldust.

 

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le show a mal commencé puisqu’il a débuté avec la première confrontation individuelle de Zack Ryder et Shelton Benjamin. Si le match était sympathique et irréprochable en ce qui concerne ce qui s’est passé in-ring, j’avoue que j’ai du mal à voir où la WWE veut aller au niveau du booking de Ryder dans cette histoire. Bien plus qu’un Shelton qui semble effectuer un face-turn, l’ex-Edgehead avait besoin d’une victoire. Or il n’a tout simplement rien fait dans le ring depuis son très bon match avec Christian. En plus, jouant le rôle du Heel, les tricheries lui étaient permises. C’est dommage de le limiter dans ce domaine au fait de jeter son bandeau en éponge dans les yeux de son adversaire (ce qui fait quand même pas hyper mal, vous en conviendrez).

 

 


La prochaine fois, je lui ferai bouffer ma jambe de pantalon.

 

 

 

Mais bon, le match tenait la route et on ne va pas s’en plaindre, surtout quand on a le malheur d’assister au segment suivant: le Abraham Washington Show, où étaient invités à la fois Gregory Helms et Paul Burchill, acommpagné de sa gothique sista (rapport à l’événement historique auquel j’ai fait mention plus tôt et qui permet de continuer leur feud).

 

 


Helms, avec ton déguisement de super-héros, t’es vraiment has-been et ridicule… Le truc à la mode maintenant, c’est les pirates. Tu veux que je te prête ma panoplie ?

 

 

 

La WWE essaye encore de faire quelque chose d’Abraham Washington et lui a désormais adjoint Tony Atlas. Malheureusement, je doute que la présence du Hall Of Famer dans un rôle de faire-valoir soit efficace: pour rendre le segment d’Abraham intéressant, je ne suis pas sûr que même les talents conjugués de talkers légendaires comme Ric Flair et Dusty Rhodes suffiraient.

 

 


– Bon Abraham, on va tout reprendre depuis le début. On est à l’antenne, donc…
– Euh, je sais pas…
– Alors pour commencer, essaie de regarder la caméra en face de toi.

 

 

La bonne surprise du jour, ce fut le premier tag-team match d’Ezekiel Jackson et Vladimir Kozlov. Autant ces deux-là étaient barbants en individuel, autant leur équipe semble intéressante. Individuellement, ils n’avaient qu’une manière de détruire les jobbeurs locaux qu’on leur offrait. A deux, ils arrivent, grâce aux règles du tag-team, à varier les plaisirs et rendre intéressant un squash match basique. L’issue est connue d’avance mais les variations que la dynamique d’une équipe hyper-dominante offrent me semblent suffisamment riches pour que d’autres matches du même genre occupent l’antenne. Surtout si l’issue post-match est la même: confrontation des «méchants» avec les «gentils», puis bastonnade en règle des colosses par Christian et Dreamer grâce à des Singapore Cane. Basique mais toujours efficace.

 

 


Et maintenant les enfants, je vais taper le gendarme…
[voix en chœur] Guignol, guignol, guignol!

 

 

Venons-en au Main Event: Sheamus contre Goldust, donc, et sans disqualification par-dessus le marché. Si vous ne suivez pas régulièrement la ECW, je le répète: Sheamus contre Goldust sans disqualification. Oui, vous avez bien lu: le has-been peinturluré contre le rookie aussi bronzé qu’un lavabo en Main Event… C’est ça aussi, la ECW, des matchs de fin qui paraîtraient saugrenus à qui ne suit pas le show mais qui font sens au vu de la jolie petite feud que ces derniers ont menée et du résultat dans le ring. Sheamus est toujours aussi convaincant et Goldust l’a considérablement aidé à progresser dans ce domaine: l’Irlandais, en plus de la victoire, récolte un joli avenir à la WWE car il a parfaitement, à mon sens, réussi le test que le management lui faisait passer ce soir-là. Il est prêt pour aller plus haut dans la carte, que ce soit à la ECW ou ailleurs. La stipulation No-DQ était parfaite pour le faire passer à l’étape supérieure, donnant le sentiment d’un match qui clôt la rivalité des deux sans verser dans le surplus d’extrême (une stipulation Extreme Rules, bien que possible, aurait ôté au caractère spécial que revêtent ces matchs qui se doivent d’être rares pour avoir un attrait). Quoi qu’il en soit, l’Irlandais blafard peut dire merci au vétéran de la gay pride pour l’avoir consciencieusement mis over.

 

 


Encore une fois je tenais vraiment à te remercier pour tout ce qu’as fait pour moi. Sincèrement, c’était cool de ta part. Maintenant désolé, je vais devoir t’écraser la face par terre, ok?

 

 

Le fait que Christian n’ait pas combattu et que le Main Event du prochain PPV soit déjà défini (Christian-Regal pour le titre, à Breaking Point) n’y est certainement pas pour rien: cet épisode a été un ton en dessous des autres. Un bon opener, un bon Main Event mais, entre les deux, pas grand-chose (hormis un long montage du match Undertaker-HBK à WMXXV). C’était donc un show de remplissage mais les bookers en ont profité pour donner sa chance à Sheamus, ce qui est plutôt une bonne idée, meilleure en tout cas que d’en donner une énième à Abraham Washington.

 

 


Plus il voit d’épisodes de l’Abraham Washington Show, plus Vladimir se convainc du bien-fondé de la censure à la télévision.

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