Catch

AJ, ain’t it good to be alive?

They wanted to be men and do some fighting in the street
No surrender, no chance of retreat.

Arctic Monkeys, Red Light Indicates Doors Are Secured

 

Bonjour et bienvenue sous L’Ombre du Z., qui lance auhjourd’hui un partenariat que l’on espère fructueux avec les CDC. Penchons-nous sur le cas No Surrender, dont l’édition 2009, à défaut d’être irréprochable, fut une sympathique mise en bouche dans l’expectative de l’incontournable Bound for Glory.

 

 


Eh toi là, avec ton drapeau à feuille d’érable! Tes papiers!

 

 

Analyse de No Surrender

 

Démarrons par le sexe prétendument faible. Il se trouve que mon aversion pour les batailles de bimbos s’est mue en curiosité et que le traitement réservé à la branche Knockout est assez caractéristique de la schizophrénie qui peut s’emparer d’une fédération de pro wrestling. Surtout lorsque celle-ci est en pleine restructuration, changeant ses agents et scripteurs comme on remplace des fusibles sur la foi d’une bête histoire de fesses (Jeff Jarrett, le fondateur, se tapant l’ex-femme de Kurt Angle, sorte de Triple H local en terme d’influences et de mégalomanie). En ce 20 septembre, deux combats étaient consacrés à la gent féminine: l’un au tout nouveau titre par équipe et l’autre à la ceinture solo. Sans grande surprise, c’est le premier qui s’est montré le plus intéressant, non seulement grâce au fantastique popotin de Velvet Sky et à la moustache hitlérienne de l’arbitre Earl Hebner, mais aussi et surtout parce qu’il a entériné, si besoin était, la suprématie du catch féminin made in TNA par rapport à celui proposé par la WWE. Dire qu’il y a de cela quelques semaines, on se demandait pourquoi la compagnie recrutait de la donzelle bagarreuse à tour de bras. L’idée de voir davantage de talentueuses athlètes récompensées pour leurs efforts et leur impudicité, un tournoi Tag Team âprement disputé pendant les enregistrements d’iMPACT! et une finale portée à bouts de collants par Taylor Wilde et Sarita auront suffi à dissiper nos doutes. Au vu de la complémentarité de ces deux-là, ne reste plus qu’à espérer qu’on leur accorde régulièrement l’opportunité de défendre avec succès leur bien. A l’inverse de cette consécration, c’est à un sabotage en règle que s’est livré l’équipe créative en laissant ce bouffon de Cody Deaner concourir pour le TNA Women’s Knockout Championship. Heureusement, la mascarade a pris fin avec la victoire d’ODB, au terme d’un duel aussi drôle qu’une vasectomie au sécateur. Comme quoi, on se lasse même des coupes mulet. Le plus triste, c’est que pendant ce temps, l’avis de recherche lancé suite à la disparition des feux de projecteurs dédiés aux Motor City Machine Guns ne donne rien.

 

 


Obama, au taquet sur la réforme de la santé.

 

 

Schizophrénie toujours, avec le sort réservé à Hernandez et ses airs de buffle dealer d’herbe. Dixie Carter, présidente de la TNA, avait en effet déclaré que le Mexicain, AJ Styles et Morgan représentaient l’avenir de l’iMPACT! Zone et qu’ils allaient être traités en conséquence. Promesse tenue aux deux tiers, on va y revenir. En revanche, difficile de cautionner la façon dont est utilisé l’ex-gros bras de Latin American Xchange. Relégué au bas de la carte contre Eric “je parle comme Stephen Hawking sans l’aide d’un synthétiseur” Young, Hernandez a une nouvelle fois disposé d’un temps de ring aussi réduit que le temps de parole d’Europe Démocratie Espéranto. Certes, rien de tel qu’un squash pour promouvoir les capacités physiques hors-normes d’un catcheur, à condition de ne pas utiliser cette vieille ficelle à chaque événement. A la décharge des officiels, on saluera l’effort fait pour utiliser à bon escient la destruction de Young: plutôt que d’être humilié comme Rob Terry à Hard Justice, il a pu renforcer son aura de vilain en apparaissant en costard et bien décidé à ne pas lever la main sur son «frère»… avant de ruiner son title shot. Souvenez-vous, il y a bien longtemps (2008), dans une galaxie pas si lointaine (Final Resolution), Hernandez avait décroché le droit de mettre une branlée au détenteur du TNA World Heavyweight Championship où il le voulait, quand il le voulait. Imaginez donc ma joie quand, avant que ne débute le main event, mon poids lourds favori est apparu pour tenter sa chance et a commencé à mettre une correction à Kurt Angle sous le regard entendu des autres belligérants. Imaginez maintenant ma déception lorsque Eric Young est venu le mettre hors-course d’un piledriver foiré, histoire de le condamner à se friter encore plusieurs fois avec les losers de la World Elite. Déjà meurtri par le règne d’une semaine d’Homicide à la tête de la X Division, je me languis désormais d’explications quant à l’intérêt de mettre en jeu des briefcases si c’est pour les gâcher de la sorte.

 

 


Phénoménal! Le seul homme à s’auto-sucer en plein vol!

 

 

Fort heureusement, la soirée s’est accompagnée de son lot de réjouissances, à commencer par le sacre d’AJ Styles et la petite sauterie façon Le plus grand cabaret du monde qui lui a succédé. Depuis le temps que le visage du prodige de Gainesville devrait figurer sur le logo de la TNA, ce n’est pas trop tôt. Un bonheur n’arrivant jamais seul, le Four Way (and a half) Match précédant cet avènement a été des plus primesautiers. En dehors de Sting, décidément trop vieux pour ces conneries, chacun y est allé de sa petite performance et de son signature move, apportant sa pierre à un suspens intenable. Cerise sur le gâteau, les storylines n’ont pas été oubliées sur le bord de la rampe d’accès. On s’achemine ainsi vers un pas de deux entre le lunatique Matt Morgan et Kurt Angle dont le géant devrait ressortir grandi, tandis que la façon dont Sting a laissé Styles l’emporter laisse peu de doutes quant à l’identité de l’adversaire du premier dans le cadre de son Retirement Match à Bound for Glory.

 

 


En voilà un zoo atypique.

 

 

Ces enjeux étant traités, on retiendra la prestation de Samoa Joe, lequel a abordé le X Division Championship avec la logique réfléchie des grands techniciens. Ses derniers méfaits et ceux de Daniels ne laissaient pas augurer d’une bataille à la hauteur de leurs premiers heurts, mais force est de constater qu’ils ont fait le nécessaire pour en raviver la flamme. Victoire logique et prometteuse de Joe, et vivement une feud contre un mec plus charismatique que le sosie imberbe de Fu Manchu. Autre bonne surprise, le Falls Count Anywhere Match de Suicide et D’Angelo Dinero, agréable bien que programmé à la dernière minute et, de fait, un peu erratique (la séquence en golf cart à la Benny Hill), mais riche de trois confirmations. Primo, celui qui fit ses débuts à la WWE sous le nom d’Elijah Burke a la classe (ça fait longtemps qu’une gimmick excentrique ne m’avait parue si réussie) et les capacités nécessaires au suivi d’un beau parcours au sein de la TNA. Deuxio, Suicide n’est bon qu’à effectuer une cascade par apparition, rendez-nous Kaz. Tertio, Tazz au micro à la place du braillard Don West, ça le fait. Alors qu’il vient à peine de prendre ses fonctions, sa complicité avec Mike Tenay est frappante et sa répartie sans commune mesure. Question entente, impossible de ne pas louer une énième fois celle des deux larrons de Beer Money, bien installés au sommet de la branche Tag Team masculine suite à leur triomphe, en compagnie de Team 3D, sur la Main Event Mafia et la British Invasion. En soi, ce Lethal Lockdown d’ordinaire réservé au show du même nom n’a pas été démentiel, surtout que les bookers n’ont pas jugé bon de capitaliser sur la promo raciste de Scott Steiner à l’encontre des Britanniques et sur les tensions intestines de l’alliance MEM/WE. On se gardera toutefois de trop faire la fine bouche, notamment en mémoire du double suplex appliqué au sommet de la cage et du trop rare Frankensteiner.

 

 


Bobby Lashley est tellement chiant que l’arbitre, n’en pouvant plus, lui assène un bos gros DDT.

 

 

En revanche, un conseil, ne gaspillez pas de précieuses minutes à assister au retour de Bobby Lashley. Focalisé sur sa carrière en MMA, le descendant d’Ahmed Johnson (musculature invraisemblable, charisme de roue de vélo) est probablement destiné à assurer le minimum syndical, comme il l’a fait contre Rhino et sa mobilité de souche d’arbre. Histoire de bien vous dissuadez, sachez que le finisher de Bobby n’est autre qu’un coup de poing. Un coup de poing sans doute plus sec que tous ceux qu’il balance avant, mais un coup de poing quand même. On termine sur le Legends Championship, auquel j’attribue la médaille d’argent du pugilat le plus naze de ce No Surrender. La faute en incombe à Kevin Nash, tellement rouillé que l’exécution de son Jacknife Powerbomb a la fluidité d’une épreuve d’haltérophilie. Conséquence de cette illustration des méfaits de la rallonge de la durée de cotisation pour la retraite, Abyss n’a pu donner la pleine mesure de sa puissance, hormis lors d’un Black Hole Slam d’anthologie sur la pauvre Daffney. Remarquez, c’est toujours ça de prix en attendant l’inévitable (et formidablement original) Mick Foley Vs. Abyss qu’on nous fait miroiter depuis des plombes.

 

 


Non Monsieur, je suis désolé si votre balai à chiottes raye l’émail de vos toilettes, mais sans ticket de caisse nous ne pouvons pas vous rembourser.

 

 

En définitive, si l’objectif était de nous mettre l’eau à la bouche en amont de la principale manifestation de la TNA, il est atteint. Le statu quo s’effrite peu à peu grâce au sacre de Styles, d’autres judicieux échanges se profilent (Beer Money en Tag Team, Team 3D pour le IWGP), bref, un pay-per-view de transition comme on les aime, sans lutteur de MMA pour décridibiliser ce noble divertissement. Je parle bien sûr de Frank Trigg et de ses mamours avec Styles l’an passé, mamours qui lui on valu de se faire violemment doser à l’UFC 103 pour son retour. Bien fait. Ouais il en faut des bollocks pour balancer ça. Et si vous saviez ce que j’ai envie de dire à Jean-Marie Bigard à propos de ses vidéos mystificatrices dédiées au 11 septembre, vous ne foutriez plus les doigts ici.

 

 


La TNA a trouvé son Hornswoggle. Non, ce n’est pas celui en vert.

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