Catch

ECW: quand les bookers prennent leurs RTT

You will not be able to stay home, brother.
You will not be able to plug in, turn on and cop out.
You will not be able to lose yourself on skag and skip,
Skip out for beer during commercials,
Because the revolution will not be televised

Gil Scott Heron, The revolution will not be televised

 

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où cette semaine les scripteurs de la WWE se sont murgés pour fêter les dix ans de Smackdown au lieu de bosser.

 

 


– Heu salut, je cherche les bookers de l’ECW…
– Nul ton stratagème, bouffon, on t’a dit que t’entrerais pas.

 

 

Analyse de l’ECW du 29 septembre

Le fil conducteur de cet épisode du 29 septembre au niveau storyline était l’absence de Tiffany, remplacée pour un soir par William Regal. Ce dernier comptait d’ailleurs faire un main-event handicap où le champion devait combattre quatre adversaires mais a dû finalement céder devant un board of directors qui a converti cette idée en match à 4 contre 4. L’idée de storyline d’un soir n’est pas mauvaise en soi mais, hélas, elle ne peut pas fonctionner.

 

 


Mais ils se gardent bien de mentionner les Cahiers du Catch!

 

 

Déjà, au niveau du personnage de Regal: je ne suis pas sûr que faire céder aussi facilement l’ancien manager tyrannique de RAW soit la meilleure chose à faire pour construire son image, surtout que la semaine dernière, il était déjà apparu peu à son avantage. S’il y a bien un intérêt à avoir un «heel flagorneur» dans un roster, c’est qu’il arrive à ses fins. Or, en trois semaines, Regal a essayé d’user deux fois du pouvoir pour prendre un avantage sur Christian sans aucun bénéfice ni pour lui ni pour l’autorité (puisque le refus venant de deux personnes différentes, ça ne permet même pas de mettre over un GM babyface).

 

Et puis, surtout le vrai souci réside dans le rôle même d’Interim General Manager qu’il a endossé. Si le rôle du General Manager est toujours un peu flou dans le catch, il l’est d’autant plus cette semaine. En effet, Teddy Long, à Smackdown a été absent, enlevé par une machine à fumer violette. Quant à Raw, le personnage du GM y est au pire inexistant, au mieux considéré comme aussi jetable que le rasoir 5 lames de John Cena.

 

 


Salut, moi, je suis le Shaman of Sexy, le Guru of Greatness, le Honcho of Hotness et j’ai un nouveau T-Shirt cool à vendre et toi, tu fais quoi dans la vie ?

 

 

Le premier segment, l’Abraham Washington Show, était plutôt réussi mais, là encore, il y avait plein de trucs qui clochaient. D’abord, comme toujours avec Abraham Washington, il y a un problème avec le personnage. Si le show était agréable à regarder cette semaine, c’est probablement parce que c’est celui où il a eu le moins de temps d’antenne et le moins de temps de parole. Entre Tony Atlas qui prend une part de plus en plus importante dans le show et un John Morrison invité assez détendu et convaincant au micro, ce n’était pas l’idéal pour Abraham.

 

 


Il apprend le business en portant mon sac, Morrison.

 

 

Mais tout cela n’est qu’un détail, le vrai problème résidait dans ses invités: John Morrison et Dolph Ziggler. Difficile de mieux souligner qu’au prochain pay-per-view la ECW ne sera pas représentée. Compte tenu des progrès d’Abraham au micro, je n’ai plus réellement de problèmes avec son show tant qu’il permet de faire avancer des feuds à la ECW. Cette fois, ce n’était pas le cas, malgré le retour au bercail du Guru of Greatness. Ce segment était donc une perte globale de temps qui aurait bien plus eu sa place à Superstars, le show où toutes les franchises de la WWE sont représentées.

 

 


Ne t’en fais pas Katie Lea, les bookers pensent à créer le titre « Valet Championship » pour que toi et Natalya catchiez enfin.

 

 

Heureusement, les bookers de la ECW n’avaient pas totalement pris de congés et il y a eu une storyline qui a avancé: celle du face-turn de Shelton Benjamin, booké contre Paul Burchill, le jobbeur officiel des babyfaces à la ECW, et joyeusement assailli avant le match par Sheamus, le guerrier celtique et néanmoins blafard. Le match a eu lieu quand même et ne fut pas trop mauvais même si je n’ai pas particulièrement apprécié. En effet, avec un Shelton diminué, c’était à l’Anglais de porter le match de bout en bout et s’il y a réussi, ce fut au détriment de la qualité de ce qu’il présente habituellement in-ring. En effet, pour conserver la crédibilité de la victoire d’un Gold Standard amoindri, il n’a pas pu placer les gros moves qui font désormais partie de son arsenal et son adversaire n’avait pas non plus à briller. Donc, sans être mauvais, le combat, handicapé par l’angle de cet assaut d’avant-match, n’a pas pu atteindre le maximum du potentiel de ces deux-là.

 

 


Que je jobbe toutes les semaines OK, mais c’est pas une raison pour que l’arbitre me tape en plus!

 

 

Quant au main event, je passerai assez vite dessus. Ce n’est pas qu’il était mauvais, ni que je n’aime pas les matchs quatre contre quatre, mais je considère que la performance délivrée ne mérite ni reproche (c’était plutôt bon), ni louanges (ce genre de matchs est tellement monnaie courante en house show qu’on pourrait presque dire que c’est le minimum syndical que de les réussir). Chacun a eu son petit moment pour briller, même les vieux (Dreamer, Goldust, Regal) et les jeunes (Ryder, Tatsu, Ezekiel) et, au final, comme souvent dans ce cas, personne n’est sorti du lot, pas même Yoshi qui a obtenu le tombé sur Regal mais qui n’est pas encore assez haut dans la carte pour prétendre à un titre de #1 contender.

 

 


Je tiens à démentir toutes les rumeurs: je ne suis pas le fils illégitime de Giscard et de Lady Di.

 

 

En conclusion, il faut bien dire que la ECW a fait le meilleur show possible dans le cas d’une grève des scénaristes à la WWE… ce qui n’est pas le cas et en dit donc beaucoup sur la qualité globale de ce show qui se défend du côté de l’action in-ring mais a laissé complètement en arrière-plan les storylines et la course au titre. A part l’avancée décisive dans le face-turn de Shelton, rien ne s’est passé et ce n’est certainement pas étranger au fait que le prochain ppv ne verra aucun match de la marque de l’extrême. Un épisode dispensable, donc.

 

 


– Tiens bon petit, je t’emmène de ce pas à l’infirmerie pour qu’ils te donnent des hormones de croissance!
– Mais lâchez-moi, je vous répète que je ne suis pas Hornswoggle!

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