Catch

Sexe, mensonges et téléphone

Les mots se meurent dans l’écouteur
Le téléphone pleure, ne raccroche pas
Je suis si près de toi avec la voix.

Claude François, Le téléphone pleure

 

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où, pour une fois, on va enfin pouvoir se défouler en parlant de catcheurs masqués et de guest-hosts, du manteau de fourrure de John Morrison et du tshirt de Jerry Lawler, des commentaires de Michael Cole et des promos de Jericho, des manipulations de Triple H et du téléphone de Shawn Michaels. Bon, pour le « sexe » dans le titre, on a un peu menti, vu que les divas seront traitées dans un article séparé, mais c’est trop tard, maintenant vous avez cliqué! En un mot, cette semaine, c’est à la Spanish Announce Table qu’on cause d’un SmackRaw 100% testostéroné. Et la semaine prochaine, on vire totalement McOcee et Axl de la Rédac des CdC, hé, hé, hé…

 

 


– Axl, c’est bon, le site s’auto-alimente maintenant.
– Parfait. L’essentiel, c’est que les Spanish, Tsuru, Gordon et compagnie n’apprennent jamais l’existence de notre contrat mirifique avec la WWE.

 

 

Analyse de Smackdown du 9 octobre et de Raw du 12

 

Commençons par écarter tout de suite la comparaison pourtant inévitable entre les deux shows puisque Smackdown et Raw se trouvent à deux stades différents au niveau temporel. Vendredi, Smackdown fermait la parenthèse Hell in a Cell tandis que Raw, ce lundi, ouvrait déjà le chapitre de Bragging Rights… Tant mieux, soit dit en passant, que ce genre de compétition soit invalide parce qu’il y avait entre Smackdown et Raw autant de différences qu’entre du champagne servi bien frais et de la bière tiède.

 

 


Ne parlez pas de bière tiède malheureux, Cole va encore me vomir dessus!

 

 

A Smackdown, on s’est contenté de matchs retours de Hell In a Cell ou de variantes de ceux-ci et d’un petit aperçu du main-event prévu à Bragging Rights, à savoir un Fatal Four Way entre l’Undertaker, Rey Mysterio, Batista et CM Punk. Rien d’exceptionnel donc, a priori, sauf que Teddy Long, General Manager, est dans de bien mauvais draps. Après avoir servi de sex-toy pendant une semaine à l’Undertaker et très souvent courbé l’échine comme un dégonflé devant un Vince MacMahon qui ne peut pas passer ses nerfs sur les Guest Hosts de RAW et se rattrape donc sur lui, il semble complètement perdu dans son rôle et ce n’est pas la présence backstage de Vickie Guerrero, dont la prestation en tant que GM de Smackdown fut mémorable, qui lui donne un sentiment de sécurité de l’emploi. Compte-tenu des énormes qualités et de l’expérience de Teddy, qui fut, je le rappelle, l’homme qui couronna Ricky Steamboat pour son premier titre, il y a là la matière nécessaire pour une storyline à long terme assez intéressante.

 

 


Punk, aide moi s’il te plaît. Je suis à bout, j’envisage même de démissionner pour aller bosser chez France Telecom…

 

 

Le truc cool, c’est que si la programmation des matchs était loin d’être originale, elle était loin d’être mauvaise, à commencer par l’opener qui, histoire de rebondir sur le Jerishow vs Reytista de dimanche, proposait un match entre Jericho et Rey Mysterio. Compte-tenu du fait que la feud entre ces deux-là finira probablement « Feud of the Year » à l’heure des bilans et que l’un et l’autre ont été absolument époustouflants dans le ring tout au long de l’année, on savait que leur match, pourtant booké comme un bouche-trou, serait un plaisir à suivre.

 

 


Rey porte-il toujours deux masques? Si oui, Jericho aurait-il dû le challenger fin 2001 lorsqu’il avait les deux ceintures mondiales WCW et WWF pour le démasquer complètement?

 

 

Un petit bémol quand même: la participation de Mysterio au Fatal Four Way pour le WHC a été annoncée juste avant ce combat. Du coup, il était évident que le Mexicain allait gagner. Pourquoi ne pas avoir fait de ce match un qualifier pour le Fatal Four Way? L’issue aurait été la même mais le suspense aurait été bien présent… Cela étant posé, le combat, même s’il n’a pas atteint les sommets de leurs affrontements de ce printemps, a été excellent, comme de juste.
Pour les mêmes raisons, le rematch entre John Morrison et Dolph Ziggler pouvait difficilement être mauvais: bien exécuté dans le ring et magnifiquement conclu par l’absence d’interférence de Maria. L’écervelée, venue supporter son amoureux, a réalisé une magnifique performance de manageuse babyface et candide, annihilant le stratagème de Dolph pour remporter le match et le faisant succomber à un Chuck Kick ravageur du Guru of Greatness. Le booking et l’interférence laissent Ziggler suffisamment fort après quatre échecs successifs pour la ceinture et le finish de Morrison est juste exceptionnel.

 

 


Allez, fais pas cette gueule! Regarde, moi, bonne que je suis, depuis le temps que je suis là, j’ai jamais eu aucune ceinture…

 

 

Parce que, oui, avouons-le, il y en a marre des babyfaces qui finissent toujours leur match de la même manière et par la même séquence. Le Starship Pain est un mouvement absolument magnifique mais il n’en est que plus spectaculaire quand JoMo n’en a pas besoin à chaque fois. Il a le Chuck Kick, le standing SSP et une palanquée d’autres power-moves à son arsenal et conclure chacun de ses combats par le même mouvement, c’est juste pas drôle. C’est Mick Foley qui disait à propos de Jimmy Snuka que ce qui rendait vraiment son Superfly Splash excitant, ce n’était pas uniquement l’exécution mais aussi le fait que c’est un mouvement que Superfly n’avait pas toujours besoin de placer pour gagner un match. Il en devenait d’autant plus rare que redouté. C’est dans cette optique que j’ai adoré ce match et son finish.

 

 


Soucieux de ne pas altérer son bronzage, John Morrison se tourne en toutes circonstances vers les puissants projecteurs des salles où il se produit.

 

 

Toujours au chapitre revanche du dimanche précédent: le tag-team match entre les baby-faces de Caroline (Matt Hardy et R-Truth) et les heels venus respectivement de « Parts Unknown » et d’Ecosse, ce qui revient un peu au même (Kane et Drew McIntyre), qui prolongeait par la même occasion l’affrontement du gros Matt et du Big Red Monster à Superstars. Nettement un ton en dessous des deux combats précédents, le match a cependant eu le mérite de montrer une belle cohésion de l’équipe de heels, qui sortira victorieuse. Le build-up de McIntyre se poursuit donc doucement, même s’il commence à être temps que le nouvel espoir de Vinnie Mac nous délivre un match référence pour nous convaincre.

 

 


The Brian Kendrick a fait une bonne cure de stéro et revient pour tout casser.

 

 

Avant d’aborder le main-event, qui nous propose un Batista-Punk, on a droit à quelques segments de promo. D’abord, dans le ring, un petit laïus de l’Undertaker, plutôt réussi si on considère qu’il a évité de bafouiller mais pas exceptionnel vu que son personnage est abonné au galimatias gothico-effrayant (« blabla je vais vous prendre vos âmes, gnagnagna »; depuis le temps qu’il promet de buter tout le monde, il est miraculeux que sa réputation ne soit pas celle d’un gros mytho). Plus intéressante fut la confrontation dans les vestiaires entre Rey Rey et Batista, une fois qu’ils eurent appris que leur affrontement serait le main-event de la semaine suivante, une sorte d’avant-première du fatal-four way de Bragging Rights. Sympa et original cette idée des tag-team partners qui s’affrontent, non?

 

 


Rey fait le plein de stéroïdes par absorption cutanée.

 

 

Le main-event, loin d’être mauvais, n’a pas forcément été exceptionnel, vu la contrainte qui faisait que le monstrueux babyface devait être over, retour de blessure oblige. Un match bon et intense qui a insisté sur les atouts des deux compétiteurs: puissance du côté de Batista et finesse du côté de Punk qui sort vainqueur grâce à un count-out. S’il y avait clairement une volonté de préserver les deux compétiteurs et un résultat ouvert en vue du PPV, il y avait suffisamment d’action et de storytelling in-ring pour remplir la fonction d’un main-event.

 

 


Le propriétaire de la 104 blanche garée en double file devant mon corbillard serait gentil de la déplacer, merci.

 

 

Du côté de Raw, le point positif résidait dans la présence d’un thème majeur dans le show, à savoir les qualifications des membres du roster pour le match Smackdown versus Raw de Bragging Rights. Avec la présence de Chris Jericho, capitaine de la team Smackdown venant craner dès le pré-générique, on se prenait à rêver d’un show animé de main de maître, laissant de côté les deux guest hostettes du soir.

 

 


Jeune péronnelle, la blondeur factice de ta chevelure ne laisse guère de doute quant à tes capacités cognitives. C’est pourquoi je suggère fermement que… tu ne comprends rien à ce que je dis, n’est-ce pas?

 

 

Et dès la promo introductive, tout est parti en sucette… parce que le capitanat de la team Raw était confié à DX, or HBK n’était là qu’au téléphone. S’il est pénible de voir à la télé un catcheur faire une promo au téléphone, je n’ose même pas imaginer le niveau de frustration que ça doit générer dans une salle… Dommage, d’ailleurs, parce qu’au lieu de voir un très bon premier segment de RAW, on n’a vu qu’un segment dont on savait pertinemment qu’il aurait été encore meilleur si le Heartbreak Kid avait été là pour semer la discorde dans Jerishow et convaincre le Big Show de rallier la team RAW. Quoi qu’il en soit, le Big Show, convoité par Jericho pour la team Smackdown, s’est rebiffé devant l’arrogance de son partenaire et a décidé de se battre dans la team Raw. Naturellement, Triple H, assumant de plus en plus ouvertement son rôle de booker en chef, décida que la question se réglerait dans un match opposant Show à Jericho, parce que c’est sympa et original cette idée des tag-team partners qui s’affrontent, non?

 

 


Tu te rebiffes, esclave? Tu veux que je te renvoie sur l’île aux monstres?

 

 

La WWE n’envisageant pas de briser l’association Show-Jericho tout de suite, le match en lui-même fut le meilleur possible compte-tenu des circonstances et s’il raconta une belle histoire (Jericho fuyant l’affrontement pour prendre son partenaire par surprise), au niveau qualité dans le ring, ce ne fut quand même pas le nirvana malgré un finish astucieux où Jericho se faisait prendre à son propre piège de la victoire par Count-Out.
Le second qualificatif joignait l’utile à l’agréable, puisqu’il s’agissait d’un match qualificatif pour l’équipe Raw et en même temps d’un élément du build-up du main-event de Bragging Rights d’une heure entre Cena et Orton. John Cena vs Cody Rhodes vs Ted DiBiase dans un Triple Threat où chacun des membres de la Legacy pouvait, s’il gagnait, avoir la joie de représenter le show rouge lors du pay-per-view à venir. Ainsi, en plus de l’opposition entre Cena et les acolytes d’Orton, s’ajoutait une querelle intestine au sein de la Legacy, parce que c’est toujours sympa et original, cette idée des tag-team partners qui s’affrontent, non?

 

 


Toujours aussi créatif, John nous propose une façon originale de faire ses abdos.

 

 

Ce match à trois ne fut pas mauvais, juste exagérément long et sans réel storytelling, Legacy attaquant toujours Cena dans la plus parfaite harmonie pour mieux lui permettre de faire un come-back à la Superman. Rien d’original, donc, même pas dans le finish où Orton arrive pour faire interférence, distrait un Cena appliqué à porter un STF sur DiBiase mais aussi ce cher Teddy, à peine relevé, qui va subir le tombé sur un roll-up de Cody Rhodes. L’ensemble crée évidemment un chaos sans nom dans le ring, Cena veut s’en prendre à Orton tandis que Ted et Cody s’engueulent, ce qui permet à la GM du soir, Nancy O’Dell, de prendre les choses en main pour le main-event qui sera un match par équipe entre Orton et Cena contre DiBiase et Rhodes. Une riche idée qui permet encore une fois de voir des tags-team plus ou moins destinées à s’entre-déchirer, ce qui est toujours sympa et original, non? En tout cas, ça plonge dans une vraie transe un obscur candidat aux municipales de Memphis, Tennessee.

 

 


Nouveau à la WWE: le message le moins subliminal du monde.

 

 

Parlons-en d’ailleurs de Nancy O’Dell, ainsi que de sa copine Maria Chépakoi. Jolies mais assez absentes, elle ont assez peu pesé sur le show, au moins dans sa partie masculine, hormis une interaction avec Santino. C’est dommage car l’intervention de Nancy sur la partie divas a été loin d’être ridicule (on évoquera le séisme de la division féminine dans un article séparé); on aurait aimé voir les GH plus souvent, par exemple au détriment de ce segment où Triple H converse avec un HBK en carton-pâte et un téléphone à haut-parleur. Et ce n’est pas la conclusion de cette séquence, avec un Hornswoggle déguisé en Shawn, qui a relevé le niveau d’une promo effectivement en carton-pâte: un nain déguisé qui prend le gimmick d’un catcheur, sérieusement? Combien de fois que la WWE nous sort-elle ce truc chaque année?

 

 


J’ai une idée géniale: la semaine prochaine, tu vas faire Hornswoggla, ta sœur jumelle!

 

 

Les autres matchs qualificatifs ne méritent pas trop qu’on s’y attarde: Jack Swagger/MVP a été trop court, la victoire du All American American était inéluctable vu l’angle d’invincibilité entamé la semaine dernière, mais MVP aurait mérité de faire meilleure figure, histoire de capitaliser sur le regain de popularité de son personnage et les jolies prestations dans le ring réalisées après sa feud en équipe contre Jerishow. De la même manière, le match Kofi Kingston/Evan Bourne était bon mais trop court. Quand on voit tous les mouvements que ces deux-là ont réussi à placer en moins de trois minutes, on se demande vraiment pourquoi, ils n’ont pas droit au double de temps d’antenne.

 

 


Nouvelle stipulation à la WWE: le saute-mouton Match! Evan ouvre le score, 1-0!

 


Magnifique égalisation de Kofi qui remet les compteurs à zéro!

 

 

Le main-event fut à peine meilleur que son prédécesseur dans la carte avec les mêmes acteurs, manquant définitivement du petit plus qui fait les grands matchs. Dominé un Cena qui taggue Orton de force, l’obligeant à catcher un moment contre Rhodes, il ne bascule que quand The Viper se retourne contre Superman (pourquoi si tard?), ce qui permet à Ted DiBiase de le piéger avec un roll-up à l’arrière-goût de trahison, de revanche vis-à-vis de Cody et d’implosion de la Legacy.

 

 


Le saviez-vous? John Cena est capable de s’injecter des stéroïdes dans le pectoral à la vitesse lumière.

 

 

En deux shows, la WWE a réussi à accumuler tous les défauts et toutes les qualités possibles: l’un sans réel fil conducteur a offert de grands matchs tandis que l’autre avec une jolie cohérence interne a raté le coche, avec des matchs trop courts et trop nombreux pour être bons. Si on ajoute à cela l’idée de centrer deux segments sur un personnage absent de l’écran qui n’est là qu’au téléphone et celle qui consiste à réutiliser la brouille au sein d’une tag-team 3 fois dans le même show, alors que l’angle avait déjà été abordé à Smackdown, ça fait beaucoup de désavantages pour ce Raw.

 

 


En plus de celui-ci, bien sûr.

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