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Bound for Glory: dernier triomphe avant liquidation?

HULK SMASH!
Hulk

 

En partenariat avec l’indispensable Ombre du Z, nous sommes heureux de vous présenter un compte-rendu de la cinquième édition de Bound for Glory, qui restera probablement dans l’Histoire comme le dernier pay-per-view de la TNA d’avant la Hulk-era.

 

 


Un rideau de fer tombe sur la TNA, désormais aux ordres d’un dictateur mégalomane à la célèbre moustache.

 

 

Analyse de Bound for Glory

 

Ce fut une édition passionnante de bout en bout et hautement symbolique : avec la dissolution de la Main Event Mafia et l’air de passage de témoin adopté par ce pay-per-view, l’ère Jeff Jarrett s’achève pour de bon tandis que la TNA nous laisse, exsangues, dans l’expectative de lendemains chantant la jeunesse et l’audace (Note de la rédaction: comme vous pouvez l’imaginer, ces lignes ont été écrites avant l’annonce de la signature de qui vous savez).

 

 


Incroyable: cet homme a été réanimé après avoir passé vingt ans dans la glace!

 

 

Trêve de lyrisme, entrons dans le vif du sujet avec la X Division, propulsée comme de bien entendu en ouverture de show dans le cadre d’un Ultimate X Match. Fraîchement couronné au détriment de Samoa Joe, Amazing Red y a défendu avec succès son titre contre cinq autres pointures de cette portion du vestiaire, non sans contrecarrer nos prévisions. Au regard du Super iMPACT! de 3h (immanquable, rien que pour le main event d’anthologie disputé par AJ Styles et Kurt Angle) ayant précédé cette soirée, on pouvait en effet s’attendre à ce que la fédération capitalise sur le charisme de maquereau pour nonnes de D’Angelo Dinero en lui permettant d’emporter le morceau. Pas de pot pour le transfuge de ECW, des problèmes familiaux l’ont tenu écarté du ring à la dernière minute et ce sont les Motor City Machineguns qui l’ont remplacé au pied levé. Il va sans dire que les spectateurs du Bren Events Center n’ont pas perdu au change. Bien que cantonnés depuis des semaines à des segments comiques, les deux gaillards composent toujours l’équipe la plus excitante du moment, même au débotté. Face à leur giant swing to dropkick, les autres compétiteurs n’ont pas démérité, loin s’en faut: Red a valdingué comme un bonhomme O-Cedar entre deux hurricanranas (dont un du sommet des cordes vers l’extérieur), Daniels a cueilli Homicide du câblage avec un Death Valley driver, Suicide a crapahuté au sommet de la structure d’acier avant de se prendre LE bump fâcheux du match en compagnie dudit Daniels (blessé au passage)…

 

 


C’est toujours pareil avec les suicidaires: c’est ceux qui essayent de les empêcher de se foutre en l’air qui finissent par faire une chute mortelle.

 

 

Des pirouettes, des cascades insensées et des prises dont on a vraiment l’impression qu’elles font des dégâts (ouch le Gringo Killa d’Homicide), voilà le lot commun de la X Division et la recette d’un opener réussi. Il y en a d’ailleurs un à qui cette effervescence doit manquer, le pauvre Samoa Joe, traité tel un vulgaire Kane, c’est-à-dire comme un type unanimement craint alors qu’il accumule les défaites. A Bound for Glory, c’est pour l’inénarrable Bobby Lashley qu’il s’est couché, au terme d’un Submission Match expéditif mais au demeurant honnête. Malgré l’apport indéniable de sa casquette de mixed martial artist dans le cadre d’une telle stipulation, j’ai une nouvelle fois peine à croire qu’un catcheur à mi-temps soit traité avec autant d’égard, à la Bill “All bow before my might” Goldberg. Enfin merde, c’est qui la Submission Machine? D’où elle s’évanouit en trois secondes? Si au moins le temps libre du père Lashley était mis à profit pour développer ses talents d’orateur…

 

 


Dernière tendance de la mode: le col en graisse de soi-même.

 

 

Heureusement, l’effondrement du reste de la Main Event Mafia, à défaut d’être à la hauteur du buzz entourant sa naissance et son essor, a été abordé avec un peu plus de bon sens: dans le cas de Kurt Angle et Kevin Nash comme dans celui de Booker T et Scott Steiner, c’est la relève qui a quitté Irvine le menton haut et le poitrail bombé. Prenez Matt Morgan. Le géant du Connecticut a beau avoir été à un poil pubien de l’emporter, il a pu asseoir, grâce au père Angle, son statut de néo-main eventer. Intense et imprédictible, le duel entre le leader de la MEM et celui qui tenta envers et contre tout de le servir n’a toutefois pas été à sens unique en termes de retombées. A la faveur d’une poignée de main, Kurt Angle a ainsi viré sa cuti en prévision de l’arrivée de Desmond Wolfe, alias Nigel McGuinness, Anglais porté aux nues par le public de la ROH et courtisé par la WWE, avant que la TNA n’emporte le morceau pour en faire l’un de ses top heels.

 

 


Pas facile pour Matt d’enlever ses bottes tout seul.

 

 

Kevin Nash, quant à lui, a travaillé à l’avènement de la World Elite en tant que faction dominante, en concédant son Legends Championship à Eric Young, désormais à des lieues de sa terne gimmick de bon petit gars bien sous tout rapports. Machiavélique et haïssable, l’ex-toutou de Jarrett a véritablement été transfiguré par son heel turn. A part ça, rien d’inoubliable dans ce Triple Threat, mais un build up solide (Young profitant de l’avarice de Nash pour l’extirper de la MEM avant de le trahir) et un investissement décisif de la part des trois protagonistes. Oui oui, même de Nash, dans un bon jour. Reste une obsédante question: que va-t-il advenir d’Hernandez, force de la nature dont je n’aurai de cesse de chanter les louanges tel le ménestrel de Sir Robin? Tiraillé entre le squash et la déroute, son halo de puissance risque de faner si le destin ne cesse de s’échiner à lui mettre une ceinture sous le tarin pour ensuite la lui reprendre, comme lorsque l’on tire sur la ficelle pour empêcher l’infortuné passant de ramasser notre billet de banque piégé.

 

 


Pas con, de s’être fait greffer des pointes sur la nuque.

 

 

Le cas de Steiner et Booker est un rien plus problématique. La faute au second qui, à force de faire sa drama queen en coulisses, a été invité à ne pas aider ses cadets ailleurs qu’à Orlando. Résultat: une blessure bidon venue casser un brawl des plus pimentés et, plus grave, une Main Event Mafia enterrée comme une branche dissidente des Alcooliques Anonymes, chaque perte de titre s’étant accompagnée d’une défection tacite. Dommage, mais pas assez pour dépolir ce Bound for Glory et, a fortiori, le Four Way Full Metal Mayhem pour l’attribution du TNA World Tag Team Championship et celle du IWGP Tag Team Championship. Chaises, tables, échelles, interventions de Rhino et Rob Terry, participation du guitariste Zakk Wylde (invité en début de soirée à massacrer l’héritage d’Hendrix en se paluchant sur l’hymne américain): on en a pris plein la vue, les huit belligérants en ont pris plein la gueule, de chokeslams briseurs de mobilier en double-suplexes fracasseuses de matériel de chantier. Côté performances, chapeau bas à Scott Steiner, généralement au rendez-vous des grands évènements (haaa le Frankensteiner), ainsi qu’aux trublions de Beer Money, irréprochables comme d’habitude. On saluera également l’étonnante rigueur narrative de ce spotfest dont le seul point noir réside finalement dans l’accord de la plus haute distinction à la British Invasion (le IWGP revenant en toute logique à Team 3D, bien mieux considéré au Japon que les lads de la World Elite). Place aux jeunes certes, mais pas aux jeunes chiatiques.

 

 


– YEEEEAAAAH!!!! J’ai pécho la ceinture!!!!
– T’enflamme pas mon pote, Hogan a prévu de la filer à Brutus Beefcake et Ric Flair, celle-là.

 

 

Passons maintenant aux deux successions les plus significatives. La première concerne Mick Foley, vieille gloire hardcore dont le masochisme semble inassouvissable, et le mastodonte encapuchonné Abyss. Je vous l’ai répété au moins 624 fois, l’extrême et moi, c’est comme 1+1, ça fait deux. Las, il me faut encore une fois concéder le ressenti d’un plaisir coupable à la vue de la dévouée Daffney se prenant un chokeslam au travers d’une table tressée de barbelés et à celle du Dr. Stevie se mangeant un Black Hole Slam sur un lit de punaises. Au-delà de ces bumps incroyables, la routine l’a emporté, si l’on excepte un raté ahurissant au niveau de l’arbitrage. Et vas-y que je débute le décompte de la main gauche, ah non zut je suis droitier je recommence, oula mais Abyss ne se dégage pas de ce ridicule coup de taser je vais attendre un peu avant de taper un quatrième coup… L’horreur.

 

 


Mick Foley, testeur de fils barbelés depuis 1980.

 

 

A ce propos, ne vous étonnez pas si vous croisez ça et là l’appellation Botch for Glory: cette cuvée a effectivement été marquée d’une quantité indécente de ratages, approximations et autres dérapages plus ou moins scriptés. Là encore, pas de quoi atténuer l’enthousiasme vivifiant des spectateurs ayant fait le déplacement (ça change des grises mines d’Orlando). Le mien non plus, surtout au regard de l’apothéose de cet équivalent indy de Wrestlemania, à savoir la rencontre tant attendue entre Sting et AJ Styles. J’ai beau ne pas être des plus cléments à l’égard des récentes prestations de l’hommage vivant à Brandon Lee, j’avoue que le plaisir pris par ce dernier lors de cet adoubement était pour le moins émouvant. Sans parler de son speech en forme d’adieu hésitant et de l’accueil chaleureux qui lui fut réservé. Styles semble pour sa part décidément incapable de se prendre un gadin, au point que je ne vois personne lui succéder au sommet de la fédération avant de longs mois (Note de la rédaction: comme vous pouvez l’imaginer, ces lignes ont été écrites avant l’annonce de la signature de qui vous savez).<. Et ce n’est pas le retour annoncé de Tomko le mégalo sur son chemin qui me fera changer d’avis: AJ est, comme le fut Bret Hart, “the best there is, the best there was, and the best there ever will be“.

 

 


Un massage cardiaque efficace.

 

 

On termine rapidement par la division Knockout, elle aussi méritante. Du côté du titre par équipes, on retiendra le physique sculptural de Lacey Von Erich, nouvelle (et dévouée, vu sa façon d’embrasser ce vieux cochon d’Earl Hebner dans le vain espoir de le corrompre) recrue des Beautiful People et, plus sérieusement, la synergie de Sarita et Taylor Wilde. Rien de neuf depuis leur dernier affrontement donc, une équipe est payée pour faire saigner les premiers rangs du nez, l’autre pour faire applaudir ceux qui ne voient rien d’en haut. En revanche, il est clair qu’Awesome Kong, ODB et Tara ne sont pas là pour jouer les potiches. Très bien scénarisé (du final scellant la disparition de Raisha Saeed à l’accrochage embarrassant de Tara et d’une fausse fan, en l’occurrence la mixed martial artist Kim Couture) et peu avare en bons moves (un moonsault de Tara, un samoan drop d’ODB sur Kong…), leur 3-Way Dance a indéniablement tenu ses promesses, en dépit de la petite baisse de régime liée à la disparition temporaire de l’amie des araignées. En conclusion, je n’irai pas par quatre chemins: this was awesome, brother.

 

 


– Axl, paraît que la TNA, ça déchire, ça te dit qu’on regarde le prochain Impact?
– Heu, ça va pas être possible, y a Raw qui commence, je veux pas rater ça, paraît que y aura Chavo-Hornswoggle.

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