Catch

Turning Point 2.0

Orlando enjoys wearing the skin of the people he murders.
Description d’Orlando, personnage de The Invisbles de Grant Morrison

 

Comme vous le savez, les CDC font la place belle au pluralisme. Deux avis valent mieux qu’un, comme disent les voix dans la tête de Randy Orton. Et comme la Wrestling Internet Community s’extasie bruyamment de l’exceptionnel Turning Point fourni il y a peu par la TNA, nous ajoutons, à la récente review de notre expert maison Tsurugimi, qui a livré ici sa vision enthousiaste de Turning Point, celle de l’ami Djobi, dont l’Ombre du Z s’étend progressivement sur le monde. La TNA, plus adulte et plus sombre que la WWE, s’incruste de plus en plus sur nos pages, et ce n’est que (hard) justice. Tremble, étoile noire de Stamford!

 

 


Tu peux te cacher les yeux gamin, rien n’y fera! La TNA est dans la place!

 

 

Turning Point, vu depuis the shadow of the Zède

 

Turning Point est, statutairement parlant, un pay-per-view mineur de la TNA, mais cette année il s’est payé le luxe de caresser les cimes tutoyées par Slammiversary et Bound for Glory. Ah qu’il est doux cet air de changement soufflant sur Orlando!

 

 


Trop puissant, le vent du changement.

 

 

Et qui l’incarne mieux que Amazing Red, champion légitime d’une section où les actes valent plus que les mots, j’ai nommé la X Division ? Peu importe finalement que son mic skill soit celui d’un sourd et muet bâillonné (d’autant que Don West assure plus d’une canette en tant que manager et porte-parole), he’s amazing et ses hurricanranas ne sont que la partie immergée d’un iceberg de moves foudroyants. Homicide en a fait les frais lors d’un opener des plus consistants, non sans en imposer par son aisance dans le registre du thug à la rafale de phalanges facile, par son t-shirt des Misfits et par la variété et la fermeté de ses attaques. Red et son challenger ne sont évidemment pas les seul fiers représentants de la renaissance de la fédération présidée par Dixie Carter. Tout aussi symbolique est le coup de projecteur dont a bénéficié Desmond Wolfe dès son arrivée. Engagé au nez et à la barbe de la WWE après six ans de (très) bons et loyaux services à la Ring of Honor sous le nom de Nigel McGuinness, cet Anglais aux clotheslines outrageusement brutales et à l’énonciation délicieusement fielleuse est en effet entré par la grande porte en cherchant des noises à Kurt Angle, ex-dirigeant de la Main Event Mafia devenu en à peine un mois un parrain bienveillant pour la jeune génération. Pour leur première confrontation d’importance, ces deux ténors du ring n’ont pas déçu. Old school, âprement disputée et fondée sur les tactiques d’usure qui font les grands matchs, celle-ci a surtout laissé entendre que la suite de leur prise de bec serait encore plus mémorable.

 

 


Rien à foutre Angle, il me reste encore une jambe!

 

 

Dans le genre mémorable, la carrière de D’Angelo Dinero s’annonce elle aussi sous de très favorables auspices. Une condition physique irréprochable, une gimmick aussi singulière que stylée, mélange de prêtre, de pimp et de justicier blaxploitation, une tchatche pas possible, ce garçon a tout pour lui, y compris le soutien inconditionnel du public. De fait, il fut incontestablement la star du 6 Man Tag Team Match l’unissant à Matt Morgan et Hernandez contre les anciens de la ECW, à savoir Team 3D et Rhino. Pas transcendant dans l’ensemble, la faute principalement à un booking maladroit (pas de coopération, des dissensions internes trop vagues pour être compréhensibles), ce clash des générations a néanmoins parfaitement rempli sa mission : mettre over les trois espoirs avant de les remettre à leur place d’une rouerie à la chaise. A l’inverse de cet espèce de relais, le Triple Threat pour le TNA Tag Team Championship a pour sa part promu de fort belle manière la richesse et l’intensité du catch par équipes. Au-delà du plaisir de revoir les Motor City Machineguns se défoncer pour un titre et tirer en quelques secondes la couverture à eux, c’est à une véritable démonstration que ce sont livrés les trois binômes. Dommage que cette générosité en matière de manœuvres bicéphales ait été un chouïa terni par la victoire des gentlemen de la British Invasion sur une intervention de Kevin Nash, promu depuis enforcer officiel de la World Elite d’Eric Young. Y a pas à dire, quand les officiels ne savent pas quoi faire d’un catcheur, ça vous saute aux yeux tel l’encre d’une pieuvre affolée.

 

Malheureusement, Nash n’est pas le seul à être traité comme un bibelot de trop. C’est aussi le cas de Scott Steiner, condamné à occuper l’intérimaire Bobby Lashley et à délirer dans son coin sur l’immortalité de la Main Event Mafia. Pour éviter que l’assistance ne roupille dès l’entrée en scène des deux tas de muscles, la TNA n’a eu d’autres choix que d’opter pour une stipulation barbare. D’où un combat à la hauteur des capacités limitées des deux rivaux, regardable mais anecdotique, dont la plus grande réussite réside finalement dans la défaite de l’invincible Bobby. Ce qui n’a pas empêché la compagnie de le propulser number one contender pour le TNA World Heavyweight Championship deux semaines plus tard… De quoi flipper comme un œuf à la vue d’une mouillette pour qui se souvient de l’évanouissement express de Samoa Joe entre ses gros bras huilés.

 

 


Entre potes, on est toujours prêt à se faire mutuellement plaisir.

 

 

Ce dernier a de son côté eu l’occasion de redorer son blason, au cours d’un main event à inscrire dans les annales. Mise à jour de ce que d’aucuns considèrent comme le plus grand combat de l’histoire de la TNA (lors du pay-per-view Unbreakable, en 2005), le pas de trois entre Joe, Daniels et AJ Styles fut tout simplement dantesque. Grâce aux qualités athlétiques des trois compères bien sûr, Daniels étant revenu après de longues semaines d’errance au meilleur de sa forme, mais aussi grâce à leur complicité, à leur connaissance des comportements et spécialités de chacun. Difficile en revanche, face à un tel festival de suicides dives, spots collectifs et autres moves sophistiqués, de ne pas regretter son build up précipité et, plus encore, la façon dont sont conçues les promos de Styles. Là où d’autres avant lui furent présentés à force de ruses, de discours débordant d’assurance et de raclées comme des champions légitimes, Styles apparait plus comme un lauréat de transition, pas vraiment taillé pour ce rôle et dont le moindre title match peut signer la fin de règne. En gros, tout le monde lui met la misère au micro et les rixes accessoires tournent systématiquement en sa défaveur. Pourvu que cela ne dure pas.

 

 


Est-ce un oiseau? Non, c’est un manchot.

 

 

Reste à nous intéresser aux demoiselles. Ce sera rapide, comme d’habitude, en raison d’un trois contre trois sans grand intérêt une fois la plastique des Beautiful People (Lacey Von Erich en tête) retirée de l’équation. Par contre, on ne peut que souhaiter le retour dans la course aux titres de Tara et Awesome Kong tant leur duel en cage fut impressionnant, à des lieux des Bra and Panties Match dont on se gargarise à Stamford. Gageons que les sous-fifres de Vince McMahon l’ont eu mauvaise en voyant l’extraordinaire Tara aligner une powerbomb du haut des cordes, un standing moonsault et un splash du sommet de la structure d’acier, eux qui l’estimaient autant qu”une tranche de jambon siliconée. Trêve de persiflages, je passe la parole à l’éminent George B. pour la synthèse de cette revue : “Tout est bon chez ce Turning Point, y a (presque) rien à jeter, sur l’île déserte il faut tout emporter“.

 

 


I need your clothes, your boots and your motorcycle.

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