Catch

Shamy Awards


Le monde récompense plus souvent les apparences du mérite que le mérite même.
La Rochefoucauld

 

Disons-le tout net: le Raw spécial Slammy Awards a été catastrophique. Heureusement, quelques jours plus tard, Smackdown venait (un peu) sauver les meubles.

 

 


Cette année, les Slammy des meilleurs bookers ne seront pas attribués.

 

 

Analyse de Raw spécial Slammy Awards du 14 décembre et de Smackdown du 18

 

On sait bien qu’il est difficile de faire un show qui soit bon d’un bout à l’autre. Mais il est presque aussi difficile de réaliser un ratage complet, calamiteux tout du long. C’est pourtant l’exploit qu’ont accompli les bookers chargés de concocter le Raw de trois heures consacré aux Slammy Awards de lundi dernier. Ce cauchemar survenant quelques jours après un Impact tout aussi désastreux, c’est à croire que, à l’inverse de notre wishful thinking de la semaine dernière, la confrontation qui s’annonce entre la WWE et la TNA lundi 4 janvier paralyse les deux fédés au lieu de les inciter à multiplier les émissions inoubliables. Alors cher public, quel verdict pour les bookers?

 

 


LA MORT!

 

 

A vrai dire, Raw fut tellement mauvais qu’on se surprit, en le regardant, à ricaner nerveusement, voire à rire à gorge déployée. Il est probable que ce n’était pas là le but recherché par des auteurs sans doute certains d’avoir commis un épisode de très haute tenue. Pensez donc, un comique reconnu en guise de guest host, un tournoi visant à déterminer la superstar de l’année, des remises de prix valant rétrospective de 2009, des apparitions des catcheurs des trois brands, l’enfonçage définitif de tous les heels, des divas en robe du soir et Big Dick Johnson pour la bonne bouche, si c’est pas une bonne tambouille tout ça! Mais la vérité, c’est que tous les ingrédients étaient dégueulasses. Du coup, la soupe est indigeste.

 

 


Et le Slammy du pire show de l’année est attribué à… CE SOIR!

 

 

Commençons par le guest-host. De notre point de vue, Dennis Miller a été absolument atroce. On ne le cache pas, la profonde antipathie que nous inspirent ses vues politiques (cet humoriste déchu, reconverti après le 11 Septembre en héraut du néo-conservatisme, commentateur régulier sur Fox News chez l’abominable Bill O’Reilly, est un bushiste émérite, vanneur compulsif de l’administration actuelle, ultra-patriote-la-main-sur-le-cœur, et ainsi de suite) joue sans doute un rôle dans notre réaction. Cela dit, s’il n’avait pas passé son temps à nous faire part de ses vannes à deux balles sur Obama, sur Pelosi, sur Michael Moore ou sur le réchauffement climatique, ses opinions politiques n’auraient pas été discutées ici… Mais Miller était bien en service commandé. Alors que les guest host démocrates ou sympathisants démocrates qui l’avaient précédé (Al Sharpton, Jesse Ventura, Mark Cuban) s’étaient gardé de toute allusion politique ou presque, lui a fait feu de tout bois. La concomitance de cette performance et de la campagne sénatoriale de Linda McMahon est trop évidente pour ne pas être soulignée. Miller estime sans doute avoir été parfaitement équilibré vu qu’il a également montré un photomontage… où les sales gueules de Bush et Cheney étaient montées sur les corps musclés des deux DX. Paie ta vanne humiliante pour deux sexagénaires! Bon, au moins, il nous a évité un plaidoyer en faveur de la NRA, contre l’avortement ou pour l’enseignement du créationnisme, c’est déjà ça.

 

 


Et le Slammy du Screwjob de la décennie va à… Karl Rove, pour l’élection présidentielle de 2000! Bravo!

 

 

Par-dessus le marché, le bonhomme – aussi charismatique qu’un chef comptable d’une boutique de pompes funèbres de Montbéliard présentant les comptes fiscaux pour l’année écoulée a été plutôt puant, prenant le public de haut et l’assommant avec des références relativement obscures et dont un certain nombre restèrent incomprises de la salle. Si une ou deux vannes firent quand même mouche (du genre « j’avais préparé tout un tas de répliques ironiques mais en fait il suffit que je gueule Suck It pour que vous vous mettiez tous à m’adorer »), Miller, qui lisait ses répliques, ce qui la fout mal pour un humoriste professionnel, sembla globalement hors du coup, déconnecté du public, qu’il ne parvint à enflammer qu’en mettant des trémolos dans la voix au moment de promouvoir l’assoce qu’il était venu mettre over, usacares.org, dont la raison d’être est d’amasser des dons et de les redistribuer aux familles des victimes du 11 septembre ou à celles des soldats blessés ou tués au combat en Irak.

 

 


Alors je vous explique le principe: on envoie l’armée faire la guerre au fin fond du Moyen-Orient pour une raison à la con, et quand nos soldats reviennent morts ou estropiés, on vous demande de faire des dons et on se fait passer pour des mecs au cœur d’or. C’est pas génial?

 

 

Enfin, prolongeant en cela une belle tradition de botchs lancée par Jeremy Piven (qui annonça la tenue du célèbre pay-per-view « Summerfest ») et entretenue par Cedric the Entertainer (« Randy Tornton ») et autres Ozzy Osbourne (« Kofi Johnson », « Evan Brown »), Miller présenta Triple H sous le surnom de « The Show ». Ce qui lui valut une belle remise en place de la part de Hunter, qui remercia « Denis Milburn pour cette superbe présentation ».

 

 


Et maintenant, on applaudit tous notre guest host, Saddam Huuuussein!!! Hein c’est pas ça? Sorry!

 

 

Dans une émission de trois heures, un guest imbitable est déjà un problème rédhibitoire. Hélas, le reste a été l’avenant. Quelques mots des matchs: il y en a eu quelques-uns mais ils ont tous été médiocres et trop courts. Le fait que l’on ait vu Khali et Kozlov se mesurer l’un à l’autre dans le ring en dit long… Si les deux béhémots nous ont enfin offert cette confrontation de nos rêves, c’est parce que Christian s’était trouvé deux alliés de circonstance pour affronter la Ruthless Roundtable de Regal: Khali et Kane, dont chacun s’efforce d’oublier l’horrible feud estivale, conclue en kayfabe par une sévère blessure infligée par le gros rouge qui tache à l’Indien. Avec un Christian vendant ses blessures du TLC, le combat valut surtout par son finish où une nouvelle dissension des chevaliers de William Regal valut à Kozlov de tomber victime du ridiculissime Giant Chop de Khali. Le match fut donc nul, mais il aura au moins permis d’exposer la Roundtable au monde et d’avancer un peu la feud Jackson-Kozlov qui allait s’accélérer significativement à l’ECW du lendemain.

 

 


Bon, comme personne ne veut vous voir catcher, on va plutôt jouer à la tomate.

 

 

Autre trois contre trois rapidement torché: l’étrange équipe Morrison-Henry-Tatsu est venue à bout du combo McIntyre-Miz-Ryder, le dernier nommé faisant naturellement le job à l’issue d’un segment rigolo où il chambra son condisciple japonais de l’ECW avant de prendre immédiatement un coup de pied à la tempe aui régla l’affaire. Bon, c’est pas comme si ç’avait pas déjà été fait, par exemple lors de la première apparition de Shelton à l’ECW, mais un soir comme ça on va pas faire la fine bouche.

 

 


Au moins, on a le droit à ce tshirt de bon goût de Morrison, faisant référence à un admirable poème classique de 1970.

 

 

Par ailleurs, la Legacy a rapidement battu l’enthousiasmante équipe Bourne-Kingston, profitant de la fatigue d’un Kofi strappé de partout comme Ramsès II.

 

 


Qui est le con qui a mis un aimant dans son plâtre?

 

 

Tout cela fut bien court, mais ce ne fut rien par rapport au scandale qu’a représenté le « 7 contre 7 » féminin. Habillées comme si elles se rendaient à un pot entre copines chez McOcee (robes du soir, talons hauts, coiffures sophistiquées) etc, les divas, divisées entre heels et faces, entourèrent le ring. On se pinça lorsque la petite Layla, engoncée dans une jupe longue et étroite sans doute pas à sa taille, ne réussit pas à monter sur le coin, ce qui obligea sa copine McCool à la soulever et à la rouler pratiquement à l’intérieur. Pour le reste, on eut droit à un court fight entre Mickie et Rosa (toutes deux pieds nus), naturellement remporté par la première sans que le moindre tag soit fait, au grand soulagement de nos potiches sans doute soucieuses de ne pas déchirer leurs précieuses étoffes. N’importe quoi.

 

 


Sacré bordel à l’ouverture d’Uniqlo.

 

 

Enfin, il y eut la désignation de la superstar de l’année, via un système débile: un tournoi entre les quatre sélectionnés, le vainqueur obtenant le titre. Ca les gars, c’est le titre de « superstar de la soirée », pas celui de l’année… Evidemment, après sa déconvenue au TLC, Cena ne pouvait pas ne pas gagner, d’autant que, dans l’une de ces insupportables promos hurlantes dont il est spécialiste, il nous a promis qu’il ne perdrait plus un match d’ici à ce qu’il ait remis la main sur son titre WWE. Bizarrement, on est plus enclin à le croire lui quand il fait ce genre de serments qu’à croire Swagger quand il proclamait, il y a quelques semaines, qu’il ne perdrait plus un match avant la fin de l’année… Et quand Cena ajouta « my road to Wrestlemania starts now », il a semblé annoncer que ce n’est que là-bas qu’il redeviendra enfin champion… Bigre, ça en fait des squashs à venir.

 

 


Beuuaaaarrrh!

 

 

Le slammy le plus convoité, celui de superstar de l’année, fut donc désigné pour des raisons de storyline immédiate, et non pour tirer le bilan des douze mois écoulés. De notre point de vue, les slammy devraient être « sérieux », c’est-à-dire qu’ils devraient représenter une sorte de mini-Hall of Fame. Désigner, chaque année, qui a le plus impressionné, qui a fait le plus de grands matchs, qui a été le meilleur au micro, etc… S’ils étaient vraiment organisés régulièrement, tous les ans et avec toujours les mêmes récompenses! ils commenceraient à signifier quelque chose. On en est très loin. Tenus en 1986, 1987 puis 1996 et 1997 avant d’être réhabilités en 2008, ils n’ont pas vraiment d’histoire au sein de la WWE. Et ce n’est pas ainsi qu’on en établira une. Les quatre candidats au titre de « superstar de l’année » étaient donc Cena, Orton, Punk et le Taker, qui s’affrontèrent d’abord dans des demi-finales où Cena fit passer Punk pour un jobber en le forçant à l’abandon en moins de deux minutes (super!!!! John Cena est over, ouf!) et où Orton se débarrassa du Taker par contout suite à l’intervention de la Legacy (naturellement, impossible que le Taker perde clean), avant que la morale ne soit sauvée, le croquemort dégageant DiBiase et Rhodes du ring puis chokeslammant Randy pour la route. Soit dit en passant, ce lundi fut un « feel-good show » particulièrement insistant, tous les heels en prenant plein la gueule tandis que les faces triomphaient.

 

 


Hey j’ai gagné mon match moi! Take a look at greatness!

 

 

L’issue de la finale (meilleur match de la soirée, mais c’était pas difficile) ne faisait guère de doute. Cena s’impose évidemment et exulte avec sa statuette, Sheamus apparaît au bout de la rampe d’accès au ring, Cena l’invite à venir se battre et le show s’arrête là. Soit dit en passant, si Cena était si chaud pour se cogner Sheamus après avoir démoli Punk et Orton, pourquoi ne pas invoquer sa clause de rematch à ce moment-là? Ah pardon, on a encore essayé de chercher de la logique là-dedans.

 

 


N’y tenant plus, le booker en chef de Raw a décidé de s’installer discrètement dans le public.

 

 

Nous ferons plus tard un post avec nos propres récompenses de l’année; en attendant, quelques mots sur celles attribuées par la WWE. La plus ridicule de toutes, et de loin, est évidemment celle de « Diva de l’année » offerte à Maria par le vote d’un public sans doute nostalgique du temps où elle faisait des photos chez Playboy. Une bonne dizaine de candidates méritaient cette distinction plus que la rouquine (dans le désordre: McCool, Phoenix, Mickie, Melina, Maryse, Alicia, Gail Kim, voire Jillian qui fut championne, Kelly qui eut un title shot ou encore Layla et Eve). En fait, de tout le roster féminin, on peine à trouver une catcheuse qui ait moins marqué l’année que Maria, dont le seul rôle notable en 2009 aura été celui de copine débile de Dolph Ziggler. Mais bon, ça apprendra à la WWE à faire voter la plèbe. La remise du prix fut toutefois sauvée par une réplique bien naze mais rigolote dans ce contexte de Goldust, réplique que vous pouvez voir dans nos « quotes », à droite là.

 

 


Mon Dieu! Je suis émue! Je n’aurais jamais pensé que je gagnerais un hot d’or!

 

 

Jeff Hardy fut mentionné à plusieurs reprises et reçut même le prix du « moment le plus extrême » pour sa Swanton sur Punk à Summerslam (alors que la séquence où Hornswoggle déguisé en cowboy se battit contre Chavo déguisé en vache ne fut même pas citée!). Rien d’étonnant à ça, sachant que la WWE a toujours son DVD à promouvoir. Par contre, on tique encore en voyant Matt jouer les frangins modèles, venu recevoir le prix de Jeff comme si de rien n’était. A Smackdown vendredi, Matt fut même décrit comme « living for the moment »… Son face turn post-feud fratricide a été à coup sûr l’un des tournants les plus pourris de l’année, et Carlito eut beau jeu de le faire remarquer. La suite, avec les pecs de Masters, et Eve disant au Caribbean Cool qu’il ne découvrirait jamais si elle sait faire pareil, fut plutôt rigolote, avant l’inévitable droite carlitesque sur le fade Matt et le masterlock qui s’ensuivit.

 

 


Désolé, mais Jeff n’a pas pu venir. Figurez-vous qu’il est tombé de moto dans son hôtel parce que la pyrotechnie lui a sauté à la figure. Oui, un terrible coup de pas de chance.

 

 

Punk, quant à lui, est toujours aussi intense au micro, ce qu’il confirma en recevant son « shocker of the year » (mais perdre dans la foulée en deux minutes contre le super-Marine ne fait pas beaucoup pour sa légende). On passera rapidement sur le « Oh my! » moment offert à Michael Cole pour avoir vomi sur Chris Jericho, si ce n’est pour souligner que l’année dernière, du fait de la présence de Joey Styles, un commentateur spécialisé dans le cri « Oh my God! », cet award s’intitulait justement « Oh my God ». Faut-il voir dans la suppression du mot « Dieu » une précaution supplémentaire de la WWE à un moment où les ennemis de Linda au sein du parti républicain scrutent de près les productions de Stamford, ou bien sommes-nous en train de tomber dans la parano? Vite, une photo de Big Dick Johnson pour se convaincre que Linda ne siégera jamais au Sénat et que la WWE pourra revenir au blasphème et aux gros mots!

 

 


Vous savez pourquoi on m’appelle Big Dick? Parce que j’ai une grosse bite!!!

 

 

L’un des rares moments plutôt drôles fut la « Kanye » d’un Batista vêtu d’un polo rose du plus bel effet, venu interrompre le speech de remerciement de Maria pour gueuler qu’il aurait dû devenir champion WHC la veille. Cependant, il aurait été plus rigolo de voir Zack Ryder jouer ce rôle et expliquer que c’est sa Rosa qui aurait mérité l’award…

 

 


Désolé d’interrompre, t’es bien sympa et tout, mais je veux seulement dire que c’est Melina qui aurait dû avoir le Hot d’Or.

 

 

A part ça, on reste interdit devant le choix de Bob Barker en guest-host de l’année, mais la lecture de Kevin Eck nous convainc que l’Amérique voue un véritable culte à ce vieux bateleur, qui a enregistré un message de remerciement depuis sa maison de retraite entre deux parties de bingo. Tant pis pour l’Amérique. En revanche, le « Breakout star » de l’année est assez logiquement allé à Sheamus. Le « match de l’année », comme prévu, était celui entre l’Undertaker et Michaels à Mania (mais que foutait le Raw vs Smackdown de Bragging Rights dans la liste des quatre meilleurs matchs de l’année???). Etrangement, c’est le perdant qui est venu accepter le trophée, le vainqueur ne se déplaçant pas pour de telles conneries. HBK en profita pour défier le Taker pour une revanche à Wrestlemania 26.

 

 


Et si je reperds, on fait la belle l’année d’après, OK?

 

 

Autant le dire tout de suite, on n’y croit pas du tout. Le Taker a toujours eu des adversaires différents à Mania et il n’y a aucune raison de lui faire faire deux fois de suite le même match, d’autant que le temps lui reste en ce monde est limité. Il est bien plus probable qu’au prochain WM il affronte Cena, Jericho ou bien quelque star en devenir du genre Morrison ou McIntyre. En plus, on ne voit pas bien ce qu’une relance de la feud Michaels-Taker pourrait avoir de nouveau. Et puis, la carrière de Shawn allant elle aussi vers sa fin, on pourrait bien avoir dès Mania ce combat intra-DX qui ne s’est jamais produit dans ce cadre prestigieux.

 

 


Sauf qu’un combat intra-DX, ça serait un Triple Threat.

 

 

Dernier élément allant à l’encontre d’un Taker-Michaels au prochain Mania: la réapparition surprise de Bret Hart. En froid (c’est une litote) avec Vince, Triple H et Michaels depuis le Screwjob de 1997, le Hitman a donc mis sa rancune de côté en signant un contrat courant du 1er janvier à la mi-avril (soit deux semaines après Mania). Dennis Miller avait « spontanément » demandé à Vince de faire guest-hoster le Hitman un de ces quatre, ce que VKM a balayé d’un revers de la main. On savait donc que ça allait se produire et on s’attendait à ce que ça se produise en ce fameux 4 janvier. Mais un contrat de trois mois et demi, c’est très surprenant. A 52 balais et après plusieurs traumatismes crâniens et une attaque, le Canadien le plus célèbre de l’Histoire ne catchera sans doute pas. Mais il jouera évidemment un rôle éminent dans le buildup de Wrestlemania et, qu’il ait aplani ou non ses problèmes avec Michaels en coulisses, les deux hommes vont évidemment se retrouver en feud à l’écran. Rappelons enfin que Michaels a dit à plusieurs reprises souhaiter être intronisé au Hall of Fame par Hart, que la cérémonie a lieu la veille de Mania, que la Hart Dynasty est le prochain challenger de DX pour les titres… Bref, y a de quoi faire d’ici fin mars.

 

 


Shawn, Bret Hart revient. Vite, bois la ciguë avant qu’il te trouve!

 

 

Enfin, naturellement, l’award de la meilleure équipe a été décerné aux fantastiques Jerishow. Ceux-ci invoquèrent immédiatement un rematch contre la DX, que la DX accepta… et perdit par DQ après avoir poussé l’arbitre avant le premier coup de gong. Résultat, expliqua un Triple H très fier de lui: maintenant, le rematch a été disputé, et comme les titres ne changent pas de mains sur disqualification, c’en est fini de la feud DX-Jerishow. Et par-dessus le marché, c’en est fini de la présence à Raw de Jericho, affilié à Smackdown. Apparurent immédiatement plusieurs catcheurs fringués en DX, qui jetèrent Jericho dehors. Tout cette séquence fut scandaleuse: d’une, le public est privé d’un super match X-Jerishow, qui n’aurait certainement pas nui à ce show cauchemardesque. De deux, la règle débile qui voit les champions retain par DQ a encore été appliquée, et cette fois non plus par un heel dans une situation désespérée (comme Orton frappant l’arbitre alors que Cena s’apprête à lui porter un AA), mais par des faces juste soucieux de se débarrasser rapidement de cette formalité. Règle absurde et ridicule, mais toujours en vigueur depuis des lustres.

 

 


Haha, dire que y a des cons qui sont venus au stade en pensant nous voir catcher!

 

 

Généralement, cette règle insensée est adoucie par le fait que, après qu’un heel se soit conduit de cette façon, apparaît un GM, un GH, un chairman, peu importe, qui proclame qu’il y aura rematch et que cette fois, si le champion est disqualifié, il perd son titre. Mais rien de tel n’est survenu ce lundi. La WWE semblait super contente de démanteler sa meilleure équipe de l’année 2009 et de virer du building son meilleur performer au nom de son interdiction de participer à Raw. Le dernier clou dans le cercueil de la cohérence fut enfoncé par le choix des hommes chargés de cette basse besogne: Christian, Shelton, les Cryme Tyme, Finlay… bref, que des types extérieurs à Raw! Ils n’auraient pas pu confier cette tâche aux catcheurs de Raw, au moins? Tout cela est si nul qu’on en vient à se demander si la WWE n’a pas décidé, par intérêt sportif, à se tirer une balle dans le pied avant le 4 janvier, date où elle affrontera la TNA…

 

 


Dégage, Chris, t’es beaucoup trop bien pour ce show pourri!

 

 

Enfin, sur trois heures d’émission, le tout nouveau champion, ce mec qui vient de nulle part et qui a donc besoin d’une exposition maximale, n’a été vu que quelques minutes durant, et n’a pas catché. Super, beau boulot les gars!

 

 


– J’ai gagné, je suis le meilleur, je…
– OK le temps imparti est écoulé, casse-toi.

 

 

Après une telle bouillie, Smackdown ne pouvait que représenter un vrai courant d’air frais. Le show n’eut rien d’exceptionnel, mais il fut correct, avec plusieurs bons matchs et quelques avancements de storylines. C’est déjà beaucoup! Si l’on peut regretter que si peu de cas ait été fait autour du triomphe du nouveau champion IC Drew McIntyre, qui n’eut droit ni à une promo, ni à une interview, ni même à une promesse de JoMo de reprendre son bien, on a quand même vu une émission bien cohérente. Drew, accompagné du duo straightedge, affronta d’abord Morrison, R-Truth et Matt dans un match sympathique, encore illuminé par le charisme de Punk, qui finit par faire le tombé sur Matt après l’avoir… frappé avec son slammy. Quel homme!

 

 


Jésus et Saint-Luc viennent prêcher la bonne parole, et si vous êtes pas d’accord, ben c’est la même.

 

 

Côté filles, Beth Phoenix a remis les pendules à l’heure en massacrant la « diva de l’année » Maria. Beth, elle-même diva de l’année autrement plus convaincante un an plus tôt, a été la grande gagnante de la soirée: après avoir engueulé les deux faces Maria et Mickie, qui jouaient à Raw vs Smackdown au lieu de s’entraîner, elle a également envoyé bouler les deux heels Michelle et Layla, dont la vanne « pauvre Maria, depuis qu’elle traîne avec Piggy James, elle crève sans doute de faim vu que Piggy doit tout manger » était pourtant excellente. Quand on y ajoute que Beth catche sans heeler (pas de coups dans le dos de l’arbitre, pas de vice, pas d’aide des cordes, juste de la puissance pure), on voit qu’on a là une tweener de premier ordre, une Stone Cold au féminin qui n’est pas là pour se faire des potes, qui trace sa voie sans se retourner. Prions pour que ça annonce de vraies storylines pour les filles, au moins du côté de Smackdown.

 

 


Maintenant qu’elle est morte, je peux récupérer son slammy?

 

 

Une storyline qui ne nous intéresse pas outre mesure, c’est celle mettant aux prises Escobar et Vickie. Chaque semaine, le désormais face Escobar enchaîne sans talent les blagues macho tellement nulles qu’on les croirait sorties d’un chat nocturne des CDC. Ca ne va pas plus loin que « t’es grosse, t’es moche, t’es moche, t’es grosse et heu, heu, t’es vieille et tu pues ». Rien de nouveau, les mêmes vannes avaient été sorties par Cena et Edge il y a quelques mois, et tout ça n’explique pas ce que ce con d’Escobar faisait avec ce tromblon censément si immonde. De notre point de vue, c’est une femme de la classe de Vickie qui s’abaissait en consentant à offrir son cœur et son corps à cet ersatz de Razor Ramon. Quoi qu’il en soit, après avoir été passé à tabac par Jerishow puis par la Hart Dynasty les semaines précédentes, Eric a été cette fois donné en pâture au seul Kane, qui n’a pas re-turné heel pour autant au vu du regard haineux qu’il lança à Vickie quand il vint à cette dernière l’idée saugrenue de l’encourager.

 

 


Recule, femme. Mon cœur appartient à jamais à Katie Vick.

 

 

Escobar n’est donc plus ce lutteur si dangereux qu’il fallut lui mettre deux tag teams de suite dans les pattes pour le vaincre. Cette fois, le big red jobber le fit tout seul. Quoi pour la prochaine, Vickie triomphante annonçant à Eric: « Cette fois, connard, je vais te faire affronter Jimmy Wang Yang! »? L’hypothèse n’est pas si farfelue! Car le redneck chinois, associé à un autre fond de tiroir en la personne de Slam Master J (l’ex-Jesse pour ceux qui n’ont pas suivi; ah, vous ignorez aussi qui était Jesse?), a eu du temps d’antenne ce vendredi, dans la foulée de l’apparition de cette team de winners à Superstars huit jours plus tôt, déjà face aux Hart. Eh bien, force est de constater que les deux undercaders s’en sont fort bien sortis, spécialement Wang Yang, que le match fut sympa avec notamment un bodyslam de Natalya sur SMJ, et que les losers forment une sympathique équipe de cruiserweights qu’on verrait bien continuer son chemin, par exemple pour une mini-feud avec Punk-Gallows histoire que l’ex-Festus puisse écrabouiller l’ex-Jesse pour le compte. Heu, wait a minute, on est bien en train de souhaiter au fantasmagorique CM Punk une feud avec Jimmy Wang Yang et Slam Master J? Bon, mettons qu’on a rien dit.

 

 


– Allez Jimmy! On défonce ces deux cadavres, après on prend les ceintures à DX, on splitte dans la foulée, et notre combat fait la clôture du prochain Mania!
– Yeeha!

 

 

Après leur victoire, les Hart, transfigurés par l’annonce du retour de tonton Bret, prient le micro chacun son tour pour annoncer que la semaine prochaine, ici-même, ils défieraient DX pour les titres. Hein, les titres? Et Jerishow alors? Ben ouais, rien pour eux. Leur « rematch » a donc bel et bien eu lieu lundi à Raw, et les ex-champions l’ont donc dans le baba. Résidant dans des brands séparées, ils sont désormais censément coupés l’un de l’autre et c’est un Jericho au bord des larmes qui vint en ce vendredi connaître une soirée sordide, confiant le désarroi s’étant emparé de lui étant donné l’absence de sa « seconde moitié » avant de devoir se fader le Great Khali, pour un match qu’il quitta au beau milieu, dégoûté. On se demande que faire du monstre indien maintenant qu’il a déjà feudé avec Kane. Probablement une feud paresseuse avec Knox? Des tag de temps à autres avec les Truth et Hardy? Quelle misère…

 

 


Une feud de deux mois? Tope-là, Chris.

 

 

Pour Jericho, si tant est que sa période en tag team est vraiment terminée, la seule voie de sortie est vers le haut, vers le titre IC ou WHC, en attendant le retour d’Edge pour une feud qui devrait nous emmener au moins jusqu’à Mania. En attendant, le WHC est toujours la propriété du Taker, qui n’a pas daigné se montrer ce vendredi, et Batista est encore plus furieux qu’auparavant. Mais à présent, changement de programme: Mysterio, lui aussi furax, est venu réclamer à Teddy Long un match désignant le challenger du Taker, match qu’il a obtenu et gagné contre Batista à l’issue d’un excellent combat conclu non pas par une disqualif ou un countout comme on le craignait, mais par un très beau petit paquet. Merci aux scripteurs d’avoir eu l’intelligence à la fois de faire gagner Rey clean et de ne pas forcer Batista à s’incliner sur le combo 619-splash, peu crédible sur un tel monstre. Tout cela est bien vu, et la semaine prochaine on aura un Rey-Taker alléchant, quoique dénué de suspense, pour le titre.

 

 


Du coup, cette semaine, Rey a commencé à s’entraîner à recevoir des chokeslams.

 

 

Bref, après un Raw d’autant plus affreux que pour une émission thématique de trois heures les attentes étaient élevées, un Smackdown correct nous a un peu redonné la foi. Et une ombre rose et noire plane sur 2010…

 

 


Même que the best there is, the best there was, the best there ever will be?

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