Catch

Finding my religion

Une religion, c’est une secte qui a réussi.
Ernest Renan.

 

Sous couvert de storyline parmi d’autres, la WWE nous met en garde contre les dangers de la religion. Enfin, de toute autre religion que celle dont le Dieu est Vince McMahon.

 

 


Avant James et Trevor, il y a eu Vince.

 

 

Nalyse de Raw du 11 et de Smackdown du 15 janvier

 

Le tableau global, confus il y a encore une semaine, s’est éclairci. On connaît désormais les first contenders pour tous les titres masculins sauf le titre IC. Le Rumble est dans deux semaines et tout cela semble plutôt bien parti. On reviendra plus loin sur le buildup encourageant des événements à venir mais commençons par un nouvel épisode de sur-interprétation. Qu’est-ce que la sur-interpétation? Eh bien, il s’agit d’une vraie percée dans le domaine des sciences sociales, imaginée par vos serviteurs. Ah, si Michel Maffesoli nous lit, qu’il n’hésite pas à nous plagier! La sur-interprétation, donc, représente une déformation volontaire des théories sociologiques post-modernes. Ca consiste à exploiter à fond la célèbre idée selon laquelle toute œuvre exprime bien plus que ce que son auteur avait en tête au moment de la composer. Imprégnée par l’air du temps, l’œuvre (que ce soit une chanson, un film, un roman ou une storyline), même quand elle n’évoque un sujet que superficiellement, doit être « sur-interprétée », car son véritable impact dépasse le concept initial de son ou de ses auteurs. L’œuvre est avant tout ce que le public en retire, même inconsciemment.

 

 


Ce spectateur, inconsciemment, ne veut pas se raser le crâne car il sait qu’il aurait alors froid aux oreilles.

 

 

Nous nous étions déjà adonnés aux joies de la sur-interprétation dans des articles présentant Jeff Hardy comme le totem freudien de l’adolescence ou affirmant que la storyline JBL-Shawn Michaels relevait d’une profonde prise de conscience sociale de la WWE. Pas de raison de ne pas en faire de même pour ce qui concerne la storyline la plus intrigante du moment, celle de la « Straightedge society » chère à CM Punk. Disons-le tout net: de même que la WWE a abordé de biais les bouleversements psychologiques et physiologiques propres à l’adolescence dans sa construction du personnage Jeff Hardy fin 2008/début 2009, de même qu’elle a dénoncé l’inextricable interconnexion entre l’Amérique et un capitalisme rapace dans l’histoire JBL/Shawn Michaels à la même époque, elle s’attaque désormais à une autre grande question existentielle: le rôle de la religion dans nos sociétés occidentales, rien de moins.
Le mode de vie straightedge, ici, n’est qu’un prétexte. Derrière la promotion de cette philosophie finalement fort ancienne, qui reprend l’antienne romaine « un esprit sain dans un corps sain », il y a désormais, chez CM Punk, tous les aspects d’un gourou en plein délire, en train de s’entourer d’une noria de fidèles zombifiés. Toute la finesse de l’histoire tient au fait que la WWE a eu le génie de faire un heel d’un type qui fait la propagande de valeurs tout à fait positives. On ne va pas revenir sur la vertigineuse inversion du Bien et du Mal permise par sa feud avec Jeff Hardy, on en avait déjà longuement parlé dans le papier Nuances de gris. Mais les événements ultérieurs éclairent la feud Punk/Hardy d’un jour nouveau. Ce qui avait permis à Punk, à l’époque, d’apparaître comme le méchant de l’affaire, c’est évidemment son attitude hautaine et non pas le contenu de son message (un message qu’un boy-scout comme John Cena pourrait parfaitement faire sien, d’ailleurs). Ce qui faisait de Punk un heel, c’était cette certitude absolue d’être supérieur à son antagoniste sur tous les plans car il était straightedge et Hardy, non. Cette certitude absolue d’être meilleur que les autres du fait de ses convictions, alliée à un prosélytisme envahissant, on la retrouve dans les excès de la politique et, surtout, dans ceux de la religion.

 

 


– Ciaime, regarde lui là! On est mieux que lui, pas vrai?
– Evidemment qu’on est mieux que lui, Luke. Il a un tshirt de John Cena.

 

 

Une fois Hardy parti vérifier que l’herbe est plus verte et plus légale ailleurs, Punk s’est retrouvé, un temps, quelque peu démuni, puisqu’il fut envoyé dans une feud plus classique avec l’Undertaker, au cours de laquelle il put tout de même surfer sur la vague de ses succès estivaux en réalisant quelques superbes promos sur le thème Straightedge (promos n’ayant presque aucun rapport avec le croque-mort, d’ailleurs). Mais débarrassé de cette feud encombrante après sa défaite dans le Fatal Fourway de Survivor Series, il a pu repartir vers l’exploration de l’horizon que les Grands Architectes du Booking lui ont assigné: la dénonciation des mécanismes de soumission propres au fait religieux, rien que ça.
Ce qui est remarquable, dans la croisade de Punk, c’est qu’elle emprunte à tous les grands monothéismes, voire au-delà. Punk se présente aux foules comme le Messie (toutes les religions du Livre, à commencer par le judaïsme, reposent en bonne partie sur l’attente de ce sauveur). Dans une dialectique très catholique, il invite les brebis égarées à confesser leurs péchés et à accepter une pénitence. Il emprunte aux évangéliques l’exorcisme public quasi-hystérique que ses ouailles subissent au milieu du ring, devant des milliers d’yeux (ne manquent plus que les « Oh Happy Day » en gospel). Et il y a quelque chose de la rectitude propre à l’islam dans l’exigence morale adressée à son groupe: au-delà du rejet total de tout ce qui altère l’esprit (drogues ou alcool), que le straightedge partage avec l’islam, il y a aussi, dans le groupe punkien, une sorte d’appel au djihad (au sens initial d' »effort personnel », bien sûr, pas au sens dévoyé de « guerre sainte »). Enfin, on peut même lorgner du côté de la relation entre le maître et les disciples propre au bouddhisme zen quand on constate l’ascendant qu’exerce maître Punk sur son escouade de chauves.

 

 


Ben voilà! Maintenant, les poux ont plus nulle part où se cacher!

 

 

Punk est-il pour autant le prophète d’une religion? Certainement pas. Le straightedge n’est pas une cosmogonie doublée d’une éthique, il est bien moins que cela. Pourtant, dans ses promos, Punk met en branle toute la mécanique religieuse. Il ne se contente certainement pas de dire « Fumer, c’est mal, m’voyez ». Il veut carrément qu’on l’accepte comme notre rédempteur. Lui a atteint le salut et il peut nous sauver à notre tour si l’on se plie à ses indications. Pour cela, nous devrons rejeter non seulement nos errements passés, mais aussi notre entourage, qui n’a jamais su nous empêcher de nous adonner à nos mauvais penchants, voire qui nous a incités à nous y livrer. Nous devrons également solennellement reconnaître en Punk notre sauveur et effectuer un acte symbolique qui marquera durablement notre apparence (nous raser la tête) pour intégrer son groupe. Alors, nous serons nous aussi supérieurs à la masse. Bref, pour convaincre les gens de ne pas boire, fumer ou se droguer ce qui constitue tout de même, on l’a dit, un message très banal et plutôt gnagnan, on nous sort toute l’artillerie lourde de la manipulation mentale et de la transcendance religieuse. Le fond est religieux (péché, rédemption, salvation); la manière est sectaire (confrontation avec le monde, exigence d’abandonner la vie antérieure, soumission totale au gourou). La mise en équation entre religion et secte est établie, à notre subconscient de faire le lien.

 

 


And if you’re not down with that, we’ve got two words for ya: Au Bûcher!

 

 

Insistons sur le fait que la croisade straightedge est nettement connotée heel. Punk se permet d’insulter des foules entières, du haut de ses certitudes; il n’a de respect que pour ceux qui se soumettent à lui; il veut notre bien, il le veut si fort qu’il est prêt à nous faire du bien malgré nous.
Notre religion à nous est faite: en gonflant à ce point le concept de straightedge, en en faisant à la fois l’incarnation de toutes les religions existantes et de toutes les dérives sectaires, les bookers de la WWE attirent notre attention sur les risques du fait religieux et sur un mysticisme séducteur qui se propage un peu partout dans le monde et spécialement en Amérique, où le processus de transformation en « Born Again Christian » qu’ont connu, entre autres anciens bons vivants notoires, George W. Bush et Shawn Michaels, est assez similaire à celui vécu par James et Trevor sous nos yeux émerveillés. L’assurance d’une « nouvelle vie » offerte par Punk et ses copains est en réalité un cauchemar contre lequel les sages scripteurs cherchent à nous prémunir. Le comportement de Luke Gallows, incroyablement tactile (il passe son temps à tripoter Punk et surtout les jeunes recrues), est un autre indicateur. Gallows, doucereux mais inquiétant, est peut-être encore plus flippant que Punk. La folie n’est jamais loin de la certitude absolue, dans le doute est la sagesse, etc, martèlent nos bookers. Le message, débarrassé de ses oripeaux catchesques, est limpide: méfiez-vous de ceux qui vous promettent le ciel, l’enfer est pavé de leurs intentions.

 

 


Vous ne me reconnaissez pas? Je suis Jack Nicholson à la fin de Vol au-dessus d’un nid de coucou!

 

 

En attendant que la storyline évolue (après James et Trevor, peut-être une jeune fille la prochaine fois? Et à quand de nouvelles prises dans le roster?), Punk et Gallows vont tourner leur regard clair vers les titres mondiaux par équipe détenus par DX. Sans avoir semblé le désirer (les deux hommes n’ont jamais parlé de leurs ambitions d’équipe, et Punk venait de déclarer qu’il avait pour but de gagner le Royal Rumble), les deux straightedge boys sont devenus les premiers challengers aux titres de DX, à l’issue d’un match à quatre équipes tenu ce vendredi à Smackdown. Les autres concurrents étaient l’étrange association Matt Hardy / Great Khali (une espèce de nightmare team à nos yeux), les Cryme Tyme et la Hart Dynasty, qui apparaissait comme les grands favoris. On sait que tonton Bret va revenir très vite, et de toute façon les trois autres équipes ne paraissaient pas devoir être propulsées dans le DX Universe.
Mais non, Punk et Gallows ont été soudain parachutés dans la United Tag Team Titles Picture et on se demande bien ce que donnera leur confrontation avec DX (une confrontation dont on ignore si elle aura lieu au Royal Rumble ou plus tôt). De deux choses l’une: soit la WWE va vraiment pousser à fond derrière Punk et Gallows et leur permettre de venir à bout de DX dans le ring et, plus important encore, en promo. Alors, l’équipe sXe sera l’un des points focaux de la fédération et pourra balader dans tous les shows sa brillante propagande. Soit la DX va les soumetre au régime habituel fait de blagues grasses et d’humiliations diverses, et les deux preux chevaliers repartiront la queue entre les jambes. On prie pour que la première solution soit retenue et on y croit assez, d’autant qu’on se dit que, Wrestlemania approchant et Bret Hart étant dans les parages, la DX pourrait bien finir par splitter et donc par lâcher ses titres au préalable.

 

 


– Bon, Trevor, t’as bien compris ton rôle dans notre feud à venir contre DX?
– Oui maître! Dès que je vois Hornswoggle, je me précipite dessus avec ma ceinture d’explosifs!
– C’est bien. Et n’oublie pas de crier Straightedge en appuyant sur le détonateur.

 

 

On connaît également, désormais, l’identité du premier challenger au titre WHC détenu par l’Undertaker. Surprise: il s’agit de Rey Mysterio, qui a gagné un surprenant Steel Cage Match contre Batista pour obtenir ce droit, alors qu’on se disait qu’un Triple Threat au Rumble était inévitable. Certes, un nouveau twist est encore possible, mais en tout cas, ce développement a redonné du tonus à la storyline, d’autant que le combat fut servi par un storytelling classique dans ces circonstances mais toujours efficace. Alors qu’il avait Rey à sa merci, quasi KO, Batista préféra continuer de s’acharner sur lui au lieu de sortir tranquillement de la cage. Il aurait pu se souvenir que lui-même avait bénéficié d’un similaire péché d’orgueil la dernière fois qu’il avait livré un match de ce type: à Extreme Rules, Randy Orton était sur le point de s’échapper de la cage avant d’y revenir pour tenter de lui porter un punt kick. Batista avait évité le coup de pied fatal et gagné le match (et le titre de Champion WWE qui allait avec). Cette fois, il se retrouva dans la peau d’Orton: alors qu’il allait le pasteuriser pour de bon, Rey eut un sursaut et escalada la cage à la vitesse d’un gibbon mordu aux fesses par une guêpe. Le temps de reprendre ses esprits, et le stupide Animal se précipita vers la porte, qu’il ouvrit juste à temps pour que Mysterio, passé entretemps de l’autre côté, la lui referme dans la gueule. Tout cela tint du Tom et Jerry (ou plutôt du Itchy et Scratchy) et fut fort réjouissant.

 

 


Ah-ah connard! Fallait me tuer quand t’en as eu l’occasion!

 

 

Moins réjouissante fut la promo en mode pilotage automatique de l’Undertaker. Si les observateurs qualifiés considèrent généralement que, en prenant de l’âge, le Taker s’est amélioré dans le ring, il est en revanche toujours médiocre au micro. Il faut dire qu’il n’est pas servi par des textes tellement répétitifs qu’on croirait le voir décrypter des vieux polycopiés bleuis par les années. Bref, le fond, c’est que le Taker se fout éperdument de savoir qui il affrontera au Rumble, et que c’est pour ça qu’il a convoqué son amie l’obscurité la semaine dernière pour, vêtu de son manteau de nuit, terrasser Batista et Mysterio qui se disputaient le privilège de lui refiler leur âme. C’est sa manière de souligner son indifférence, quoi. Bon, d’accord. Remarquons que, cette fois, précautionneux, les scripteurs ont fait combattre Batista et Rey dans une cage. Le Taker a beau avoir des super-pouvoirs diaboliques, se matérialiser dans une cage, il peut pas test.

 

 


Ben ouais, je risquerais de m’encastrer dans le grillage, merci bien, t’imagines le ridicule quand la lumière revient?

 

 

Par ailleurs, notre héros de Six Feet Under préféré a parlé de Shawn Michaels, qui saoule tout le monde depuis quelques semaines en exigeant un rematch à Wrestlemania. Bon, le Taker n’a pas donné sa réponse (pas fou, il réserve ça pour Raw, aux ratings trois fois plus élevés). Aura-t-on droit à un rematch entre les deux hommes? Cela paraît peu probable. D’une parce qu’un tel match n’a de sens que s’il est tenu pour l’honneur, or le Taker a pour l’heure une ceinture de champion du monde poids lourds qui devra jouer un rôle central dans l’équation si Taker-HBK II se tenait. De deux parce que Michaels sera sans doute impliqué dans la feud Hart-McMahon ou, à défaut, dans les aventures de la DX. De trois, parce que le temps de l’Undertaker est compté et qu’il lui reste encore plusieurs adversaires frais qu’il n’a jamais affrontés à Wrestlemania. A ce propos, il a dit dans sa promo, à propos de son score de 17-0, que « 17 hommes » s’étaient dressés face à lui. Faudrait que quelqu’un finisse par lui dire que le Kane qu’il a affronté à Wrestlemania 1998 et 2004 était le même mec, mais c’est vrai que la première fois, c’était dur à savoir, vu qu’il avait un masque. Quoi qu’il en soit, on voit mieux le Taker se fader à Mania un Chris Jericho (si celui-ci ne feude pas d’ici-là avec un Edge revenu face) ou un John Cena que de se lancer dans une redite de sa feud avec Michaels dont un second épisode ne pourra certainement pas égaler l’original.

 

 


Le sombre esprit de l’Undertaker a faim d’une nouvelle proie… Une âme aussi noire que la nuit, que je me ferai un plaisir de m’approprier… Mystiques effluves des cauchemars obscurs, je te mande, démon des profondeurs, créature de la terreur, ange de la panique, Hornswoggle!

 

 

Le reste de Smackdown fut plutôt bon: Dolph Ziggler et Kane se sont encore livré un match énergique, au terme duquel le géant rouge égalisa à un partout. Pendant que des Drew et des Sheamus se pavanent avec des titres après à peine quelques matchs à la WWE, Dolph fait patiemment ses gammes. En près d’un an, il aura feudé contre un nabot (Mysterio), un mec de son gabarit (Morrison) et deux colosses (Khali et maintenant Kane). Le moment de vraiment monter en grade venu, il sera prêt à parer à toute éventualité et à tout adversaire.

 

 


Voilà. Je pourrai donc gérer aussi bien Shad Gaspard à Superstars que R-Truth en dark match à Smackdown. Yeah.

 

 

John Morrison et Chris Jericho ont également eu un très bon match, ce qui n’a rien d’étonnant. Morrison a fini par perdre suite à une distraction fournie par Drew McIntyre, le champion intercontinental en titre, dont on se demande un peu ce qu’il foutait là. La semaine précédente, il avait pourtant expliqué à Morrison qu’il n’avait plus rien à lui dire et que leur feud était finie. La bagarre qui s’était ensuivie a dû le faire changer d’avis…

 

 


Rampe Gollum! Toute façon tu l’auras pas ton precious, fallait pas me faire chier.

 

 

Chris Jericho arborait en début de soirée un énorme hématome soigneusement fabriqué par les maquilleurs de Smackdown, suite à la pêche assénée par Mike Tyson quelques jours plus tôt. Comme le fait remarquer Kevin Eck, il peut paraître curieux que les catcheurs n’aient jamais de bleus suite à leurs matchs entre eux, mais qu’une droite de Tyson laisse sur le visage jerichien une trace digne d’une balle dum-dum. A ce compte-là, les malheureux ayant encaissé le fameux Knockout Punch du Bug Show devraient ressembler à Double-Face… Quoi qu’il en soit, Y2J a promis que Smackdown, au moins, n’en a pas fini avec lui, et qu’on le verrait défoncer tout le monde au Royal Rumble. Que les Dieux l’entendent.

 

 


Subite poussée d’eczéma bien crade? Faites comme Chris, dites que vous avez pris une droite de Mike Tyson.

 

 

Enfin, côté filles, le métronome Phoenix penchait ce vendredi du côté heel: Beth a lancé une attaque ultra violente sur Mickie James lui valant disqualification, avant de laisser pendre son adversaire à un coin du ring comme un bout de barbaque dans un abattoir et de s’éloigner majestueusement tandis que s’approchaient les charognardes Lay-Cool…

 

 


Le moment érotique de la semaine: Michelle McCool en pantalon déchiré et pieds nus, dans une position équivoque avec la Cochonne.

 

 

A prévoir next week, un Beth-McCool histoire de rééquilibrer l’affaire. En attendant, on s’interrogera longuement sur le tshirt de la semaine de la Layla, proclamant « Lover, not a fighter ». On avait cru s’en rendre compte…

 

 


– Dis Layla, c’est ton mec qui t’a offert ça?
– Non, c’est Mickie, avec un vieux clin d’œil salace.

 

 

Quelques jours plus tôt, Raw s’était également mis en mode avancement de storylines. Démarrons par le moment fort du show. Ce ne fut pas le passage de Mike Tyson en guest host, ni (n’en déplaise à Spanishannouncetable, son amoureux transi) le match de Katie Lea Burchill, ni le Triple Threat désignant le first contender au titre WWE, ni même le discours de Vince sur Bret Hart. Non, le meilleur moment nous fut offert par deux midcarders qu’on laissa pérorer à leur guise. Ce n’est un secret pour personne que le Miz et MVP sont deux beaux parleurs. Mais ils ont parfois eu tendance à se perdre, l’un dans des promos mécaniques constellées de trop nombreux « Really? » et « I’m awesome », l’autre dans un rôle de face sympa sans vraie envergure. Pourtant, MVP avait déjà montré dans quel rôle il serait un face du tonnerre. C’était il y a quelques mois, durant sa courte feud avec Jack Swagger. Le All-American American, fils bien nourri de la bourgeoisie blanche, toisait avec mépris MVP qui évoquait alors ouvertement son passé de braqueur et son repentir sincère. Hélas, cette feud, dont on se pourléchait les babines début juillet, a duré ce que durent les roses. Mais la WWE semble décidée à s’engager de nouveau dans cette voie pour la rivalité entre MVP et le Miz autour du titre US de ce dernier. Cette fois, donc, la séquence a démarré avec une promo très personnelle du Miz, narrant ses malheurs à la WWE, où personne ne le prenait au sérieux à ses débuts (et surtout pas cette enflure de JBL) et où il était arrivé, à force d’abnégation et de talent, au sommet. Presque une promo de Face, en somme, avant que survienne MVP, en costard bling bling (ce qui colle moyennement avec le repentir du braqueur, mais bon, on peut pas abandonner totalement le gimmick non plus), qui alla cracher ses souvenirs de taule, où apparemment c’était le Royal Rumble tous les jours dans les douches. Tout cela fut très intense et, cerise sur le gâteau, le Miz ne joua pas le heel lâche qui s’esquive avant la baston: il s’engagea dans l’inévitable bagarre et même si MVP en sortit vainqueur ce coup-ci, le champion n’apparaît pas comme un pleutre, ce qui ne fait qu’augmenter l’intérêt de cette affaire, dont on suivra avec appétit la suite. Il y a là de quoi faire grandir les deux hommes, si c’est intelligemment mené.

 

 


Tain, plus jamais tu me fais chier quand je suis dans une cabine d’essayage, bordel!

 

 

Tiens, à propos de Swagger, il est tombé bien bas, le petit. Il est même tombé du ring, tiens, alors qu’il avait défié quiconque à venir le faire passer par-dessus la troisième corde, en prélude au Rumble, qu’il s’est engagé à gagner, comme de juste. Quiconque vint: il s’agissait de Santino, qui sut éviter une charge de Swagger si bien que le blondinet se retrouva au sol, à l’extérieur. Comme une grosse merde.

 

 


A présent, le boulot de Jack Swagger, c’est de faire marrer les petites-filles de Vince McMahon à leur anniversaire.

 

 

Allez, ce gars-là est trop bon pour ne pas tâter du main event rapidement, on ne se fait pas trop de souci pour l… oh tiens, je viens de voir passer un Shelton Benjamin.
Le reste du show ne fut pas désagréable, loin de là, avec quelques surprises et quelques fausses surprises. La fausse surprise, c’est bien entendu Mike Tyson révélant son tshirt DX lors de son match en compagnie de Jericho contre DX, avant de mettre Chris KO et de célébrer ça à force de Suck it en compagnie de Shawn, Hunter, Horny et de son propre fiston, sans doute trop heureux d’apprendre ainsi une belle leçon de vie. Oui, malheureusement, on voyait venir à des kilomètres le « bon tour » joué à Jericho par un guest host de plus, d’autant que c’était là le reflet exact du fameux jour où Tyson, prétendument proche de Michaels à l’époque, a arbitré le fameux Michaels-Austin de Wrestlemania 14.

 

 


Ben fa chanfe de Mickey Fourke…

 

 

Plus généralement, Mike Tyson, malgré le tatouage facial qui le fait ressembler à Samoa Joe, est aujourd’hui bien loin de l’homme qui inspirait une vraie terreur à toute l’humanité. Regard éteint, corps apparemment empâté, petite voix doucereuse, Iron Mike, incarnation pendant dix ans à la fois de la puissance physique et de la rage des ghettos américains, s’est bien assagi. C’est sans doute heureux pour lui, mais ce le fut moins pour le show, à l’heureuse exception près d’une menace sidérante de violence soudain éructée à la face de Hornswoggle (voir la rubrique « quotes », à droite là). Cet instant-là fut génial mais, hélas, pas suivi d’effets.

 

 


Quoi, quoi, tu vas me faire quoi Tyson? Me mordre l’oreille? J’ai un casque, corniaud! Allez, va te noyer, crevard.

 

 

La grande affaire de janvier, c’est le Rumble. Et le Rumble, c’est évidemment « every man for himself », n’est-ce pas. Rien de tel pour semer la discorde dans les tag teams les mieux rodées. Ted DiBiase (qui aura tourné The Marine 18 avant de tourner face, au rythme où vont les choses) s’est donc joint à la liste de ceux qui annoncent leur victoire, sauf que Cody n’était pas trop d’accord, alors ils se sont un peu vannés entre eux (toujours étonnant de voir à quel point la WWE permet à ses propres catcheurs de se moquer de ses propres films, cf. encore une fois la partie quotes) avant de se rabibocher pour venir à bout de la team de super-jobbeurs Bourne-Henry. N’empêche, comme avec Orton, le ver est peut-être bien dans le fruit…

 

 


– Putain mais vous êtes Ted DiBiase!!! L’acteur de The Marine II!!! Je peux avoir un autographe?!!! Quand mes potes verront ça!!!
– Ca va Cody, t’es lourd.

 

 

Orton, justement, ne sera pas dans la bataille royale du Rumble, puisqu’il sera occupé à regagner son titre WWE. Surprenante issue que celle du Triple Threat pour le statut de first contender l’opposant à Kofi et Cena. Tout semblait pencher pour un Kofi-Sheamus: au Royal Rumble, ce qui intéresse les gens avant tout, c’est le Royal Rumble Match, d’où la possibilité, en théorie, d’organiser un match de titre avec des mecs qui ne sont pas des superstars établies. Mais Kofi, une fois de plus, finit les quatre fers en l’air (et, en plus, il aurait été copieusement insulté par Orton pendant la dernière séquence du match, pour un botch difficilement décelable à l’œil nu). Le brave Kingston paraît bien s’être cogné au plafond de verre, et son push hivernal (ah, cette bagarre au Madison Square Garden avec Orton!) ne l’a pas mené bien loin, jusqu’à présent…

 

 


Eh merde, encore perdu au bonneteau.

 

 

Orton sera donc le challenger de Sheamus au Rumble, à moins d’un renversement lors des deux Raw restants d’ici-là. On n’a rien contre un match heel / heel, au contraire, et le champion, ne le cachons pas, nous plaît de plus en plus. Car même s’il n’a pas catché ce lundi, Sheamus s’est parfaitement comporté au micro. D’abord dans son segment face à Mike Tyson, où il nous rappela un instant le courageux Kevin McBride, un Irlandais limité jeté en pâture à Iron Mike lors de l’un de ses innombrables retours… et qui avait alors mis KO la terreur des rings, à la surprise générale et à la grande consternation des fans du « Baddest Man of the World ». Ce lundi, Sheamus fut envahi par l’esprit intrépide de son compatriote. Tyson ayant fait mine de lui décocher une droite, il recula, surpris, avant de se reprendre en un clin d’oeil et de coller son front à celui de Tyson en crachant « Next time, you’d better make contact ». Une vraie réplique de bagarreur de bar, qui nous le rendit tout de suite crédible. Ce type est une brute de deux mètres de haut, il est champion WWE, et heel ou pas heel, il n’a pas à être intimidé. Par la suite, il tint également son rang face à Cena, Orton et Kofi, qu’il laissa se démerder entre eux pour déterminer qui aurait le droit de l’affronter. Sheamus est souvent critiqué, mais ce qu’il a à faire, il le fait plutôt bien, à notre avis. Ouais, comme le slogan de McDonalds.

 

 


Ne ratez pas la grande exposition du Musée du Quai Branly: le yin et le yang à travers les cultures.

 

 

Niveau féminin, il y eut un avancement dans le tournoi pour le titre des divas, puisque Eve Torres battit Katea Lee Burchill, nouvelle arrivante dans le show rouge (miam!) sous les yeux d’une Maryse exquise aux commentaires. Entre deux filles athlétiques comme Eve et Katie Lea, le match fut un peu décevant, surtout le finish: un pauvre roll-up venu de nulle part, alors qu’on espérait qu’Eve avait perfectionné ses moonsaults depuis la dernière fois qu’on l’avait vue catcher…

 

 


Le problème d’Eve Torres, c’est que parfois le marionnettiste tire les ficelles un peu trop fort.

 

 

L’autre match du tournoi féminin se solda par la victoire d’Alicia Fox sur Kelly Kelly et fut marqué par plusieurs moments rigolos en ring, notamment celui où Kelly 2 tournoya pendant trois heures autour de son adversaire. Heureusement que les Divas se font vomir avant d’entrer en ring, sinon les spectateurs des premiers rangs repartaient avec un souvenir.

 

 


– On en est à combien de tours là Alicia?
– J’en sais rien, je croyais que c’était toi qui comptais!
– Bon, tant pis, on redémarre à zéro.

 

 

Enfin, terminons par la promo de Vince McMahon qui, face à un public encore plus con que celui qui, deux semaines plus tôt, avait constellé sa promo sur Bret Hart de « what? » (cette fois, ce fut un « booooring » aviné qui descendit des travées lors d’une promo pourtant courte et, surtout, très importante), affirma qu’il avait soldé ses comptes avec le Hitman la semaine précédente et qu’on ne reverrait plus jamais ce pitre dans un ring de la WWE. Il sera intéressant de voir comment le retour de Bret (passé en mode kayfabe sur son facebook, sur le thème « salaud de Vince, j’ai pas dit mon dernier mot! ») sera organisé. En attendant (stimulée ou non par la TNA), la WWE a repris un rythme de croisière plus qu’appréciable, et on espère qu’elle le tiendra toute l’année!

 

 


Trop classe, la couverture du nouveau Largo Winch.

 

 

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