Catch

Vers un monde meilleur

Vanité que vouloir changer le monde. Le monde change à son heure, malgré ceux qui veulent le changer.
Robert Marteau, Mont-Royal.

 

Dans une période qui voit la concurrence (concurrence qu’on ne citera pas dans un papier dédié à la WWE) partir dans tous les sens et se métamorphoser complètement, la fédération de Vince McMahon semble plutôt miser sur des recettes éprouvées et une certaine stabilité. Trop peut être?

 

 


– Luke, tu as bien révisé ton texte pour tout à l’heure?
– Ben, c’est la troisième fois qu’on fait exactement le même, ça commence à rentrer.

 

 

Nalyse de Raw du 18 et de Smackdown du 22 janvier

 

Après une longue rupture sans PPV depuis TLC, la route vers le Rumble semble être bien balisée. Deux semaines avant l’événement, on avait déjà une idée très nette de ce qui nous attendait, et on a cette semaine une carte presque définitive. Pour le Rumble lui même, un nombre de prétendants impressionnant est déjà déclaré. Bref, tout est en place (même si une surprise n’est jamais à exclure), ce qui laisse du temps pour étoffer les storylines et faire le teasing du deuxième PPV le plus important de la WWE!
Ainsi cette semaine de shows rouge et bleu a vu la pression monter entre les prétendants pour les titres mondiaux, de nombreux catcheurs se déclarer pour le Rumble et une forme de ronronnement se mettre en place.

 

 


Et moi, et moi!!!

 

 

…ainsi que deux guest hosts très intéressants. J’ai tendance à être un peu moins sévère que bon nombre de commentaires que je lis sur les guest hosts de manière générale, mais force est de reconnaitre que ceux de lundi ont été excellents. Les deux acteurs ont joué leur rôle à la perfection et ont été très complémentaires. Don Johnson, pour commencer, à su être un face idéal. Sa présence au côté des DX sans entrer dans les rituels habituels du suck it ou des pyrotechnies a été visible tout en étant discrète. L’ancien flic de Miami a su porter une image classe sans en faire trop. Et que dire de Jon Heder? J’ai toujours peur de ce profil de guest host heel, qui peut être tenté de se mettre en avant au mépris du show. Or je l’ai trouvé très bon et complètement intégré dans RAW. Son décalage a permis d’apporter des moments assez amusants sans y passer des heures. Le saut dans les bras du Big Show avant de l’embrasser m’a fait mourir de rire, le segment avec Miz et le world’s largest athlete qui lui offrent une tenue (« no one can extinguish the flame! ») tenait parfaitement la route, et sa présence dans le main event où il se fait humilier avait une saveur entertainment indiscutable. Bref, à mes yeux, une partition menée sans faute, et permettant de mettre en valeur un show qui a su nous divertir tout en répondant à ce qu’on attendait de lui.

 

 


Il a également su répondre aux attentes de Sarah-Gatina.

 

 

Entre deux morceaux d’entertainment, quelques storylines se sont également étoffées. On commence par la principale: le build du match pour le titre WWE entre Sheamus et Orton. Le build entre deux heels est toujours quelque chose de particulier (à l’image de celui entre deux faces, comme on le verra dans la partie concernant SD!) et oblige les bookers à marcher sur des œufs. Aucun des deux protagonistes ne doit perdre son image de méchant, il est dangereux de trop faire passer un des deux pour une victime. Ainsi on a vu ce soir le champion et son challenger roder en ringside pendant le match de leur futur adversaire, remportés respectivement contre Evan Bourne pour l’Irlandais et contre Chris Masters pour la vipère. Le masterpiece a d’ailleurs plus que résisté, plaçant son masterlock et le maintenant 45 longues secondes avant que Randy attrape les cordes et effectue un RKO out of nowhere lui offrant la victoire. Après quoi Sheamus est entré sur le ring et a étendu le légend killer d’un big boot. Que tirer de tout ça? Le champion est mis encore plus over. Randy va surement jobber au Rumble. Et il joue le rôle du tweener dans cette story, le public huant clairement l’Irlandais. J’en profite pour exprimer une nouvelle fois mon sentiment là-dessus (on sait jamais que la WWE tombe dessus par hasard…): Randy est moins un heel qu’un tweener à mes yeux, il a des produits dérivés, un moveset simple et spectaculaire le rapprochant d’un face avec une part du public toujours derrière lui. Avec la destruction de Legacy promise pour le Rumble, une nouvelle vie s’offre à lui. Il se trouve que son grand pote hors ring, John Cena, est quasiment dans le même cas de figure: pop de tweener, fin de cycle et avenir très ouvert. La team tweener Attitude RKO serait à mon avis un coup énorme, positif à tous niveaux (rafraichissement du main event, storylines inédites, division tag team tirée vers le haut, maintien du prestige des ceintures unifiées). Wait and see…

 

 


Voire: wait and can’t see me…

 

 

A propos de Cena, il était associé cette semaine à Kofi contre la Legacy. Le match a été agréable à voir, entre ces athlètes habitués à construire des matchs efficaces. Les faces l’ont emporté et Kofi a signé le compte de trois, la Legacy se disputant à la fin du match. L’explosion est proche chez les boys d’Orton et devrait amener une feud entre les deux anciens Priceless après le Rumble. Dans ce match, j’ai aussi beaucoup aimé le comportement de Cena qui bosse clairement pour Kofi ces dernières semaines. Je pense qu’il y a un petit effet compensatoire envers le Ghanéen après ce qu’il a pris dans la figure par Orton la semaine dernière. Par contre j’ai toujours du mal à voir ce qui l’attend tant l’upcard semble saturée, un passage à SD! au prochain draft pourrait être une option.
Autre point de satisfaction et une fois n’est pas coutume: les divas de RAW n’ont pas été ridicules. Les demi-finalistes du tournoi diva s’affrontaient dans un tag team match heel contre face, et là encore on a vu celle qui avait le plus besoin d’être mise over emporter la victoire, en la personne d’Eve. Le match a eu une construction intéressante et un bon rythme, un nombre limité de botchs pour un match en live et plusieurs moves inhabituels chez les divas. Les heels spécialement nous gratifiant d’un beau backbreaker chacune (Maryse en puissance et Alicia Fox en agilité) ainsi qu’un changement agréable. Côté face, Gail Kim a sorti un match correct et Eve a conclus sur une soumission, chose rarissime chez les divas. Bref malgré la courte durée du match, le contenu était présent, et on se voit mal cracher sur ce segment. On espère cependant que la qualité du match en entrainera d’autres aussi corrects et plus longs, accompagné d’une amélioration du traitement de la division féminine après ce qui ne reste qu’un premier pas.

 

 


Kong, viens avec nous et les bookers te feront une super storyline « Elephant Kong vs Piggy James »!

 

 

Au delà des segments ring toujours trop courts de RAW mais agréables cette semaine, la majorité des storylines a tourné autour du Rumble. Jack Swagger s’est une fois de plus vu humilier par Mark Henry qui l’a sorti du ring en moins de trente secondes sous l’œil moqueur de Santino. Est-ce que le All-American American se retrouve dans une storyline à la MVP avec une spirale de lose qui va entraîner un face turn et un rebond? On espère pour lui, mais on le voit quand même bien mal parti. Cena, le Big Show et les deux DX se sont également déclarés candidats à la victoire au Rumble pendant le dernier angle du show. Si leur présence n’a rien de surprenant, la façon dont ça a été amené ouvre beaucoup de possibilités.
Ainsi l’émission s’ouvrait sur un segment de Vince McMahon à destination de Bret Hart, qui fait vivre la feud latente entre les deux hommes, et qui devrait prendre de la puissance avec le temps. Le Taker est intervenu très vite dans le speech pour donner sa réponse à Shawn Michaels, après avoir envoyé balader le chairman (qui plus tard dans la soirée se fera pourrir par HHH dans un segment inattendu où le beau-fils dit que les McMahon veulent toujours avoir le dernier mot, Steph appréciera…). La confrontation entre les deux adversaires de WM25 a eu lieu sans échanges de coups, mais dans l’atmosphère très particulière qu’on obtient quand deux légendes se croisent. Le Taker a refusé l’offre du Kid, les yeux dans les yeux. Ce dernier n’a qu’une option pour obtenir sa revanche: gagner le Rumble. Naturellement aucun des autres candidats ne l’entend de cette oreille…

 

 


– Han, haaan gnaa haaa graaaa!
– Shawn, le fils de Vince ici présent dit qu’il va gagner le Rumble et qu’il te sortira du ring avant de défier le Taker à Mania. Des objections?

 

 

Au final un RAW très distrayant quand on prend en compte sa limite au niveau du catch. Les guests hosts ont assuré, les storylines se sont étoffées et on a évité les très mauvais segments qu’on a parfois. Il y a énormément de pistes possibles pour l’avenir, spécialement quand on sait que c’est les Elimination Chambers qui suivent le Rumble, et la route vers Wrestlemania du côté de RAW s’annonce prometteuse.

 

Smackdown!, de son côté, m’a légèrement déçu. J’ai toujours plus d’attente envers le show bleu que le rouge, ceci explique sans doute cela. Malgré tout, l’épisode de vendredi a été plus pauvre en catch que d’habitude (en quantité et en qualité), et je pense que ça lui est préjudiciable. Comme pour RAW, le Rumble a été l’axe principal de la soirée, même si on ne s’est pas limité à ça. Ainsi par exemple, la straight edge society s’est enrichie d’un nouveau nom. Si le segment a été la copie conforme des deux précédents, c’est une jeune fille qui a rejoint le gourou punk ce coup-ci. Or cette jeune fille qui se nomme Serena Deeb est une catcheuse de la FCW. Et si on peut déplorer qu’elle ait perdu sa splendide chevelure, la straight edge society gagne un membre qui pourrait les suivre et sonner le début d’une véritable stable! Ce qui est encore plus important quand on entend les rumeurs qui parlent de Danielson dans cette stable…

 

 


– Haha, personne se doute que je suis catcheuse en vrai! Et pour James et Trevor, personne ne sait que c’est d’anciens Marines surentraînés qui viennent de passer deux ans dans le donjon des Hart! Les tronches qu’ils feront quand on détiendra tous les tit…
– Oui ma chérie, bien sûr, en attendant t’es gentille, tu restes discrète quand mon micro est branché.

 

 

Bref cette story pourrait bien durer une bonne partie de 2010 et nous amener des segments extrêmement porteurs, spécialement quand on voit la qualité des lutteurs impliqués. Je ne pense pas que DX perdra ses ceintures contre Punk et Gallows vendredi prochain; malgré tout cela reste possible, et si ça devait se faire, ça serait un énorme coup de projecteur sur la straight edge society!

 

 


Si jamais tu me fais perdre le titre, je poste sur youtube la sextape où je défonce belle-maman au sledgehammer…

 

 

Question d’équilibre et contrairement à d’habitude, cet épisode commençait par un segment catch et finissait par un segment micro. Comme pour RAW, on a eu un effet de boucle avec une intervention faisant le lien entre le premier et le dernier segment. Si c’est HBK qui avait fait le pont pour RAW, c’est Batista qui a tenu ce rôle à SD! En effet après une ouverture où il a détruit Finlay (se faisant DQ au passage et en profitant pour annoncer sa participation au Royal Rumble), il est intervenu dans le segment final pour tabasser Rey Mysterio avant de reculer devant l’Undertaker. Le segment micro entre les deux faces qui avait précédé avait tenu la route. Comme pour le match WWE, le match WHC est particulier du fait de l’opposition de deux baby faces. Les codes dans ce genre de cas sont particuliers, et la gestion toujours intéressante à mes yeux: ainsi ces oppositions donnent des discours respectueux où chaque duelliste vante autant les mérites d’un adversaire pour lequel il a du respect qu’il met en avant sa motivation personnelle.
Le simple fait de sortir des sentiers battus apporte une certaine satisfaction, et cet angle entre le Deadman et le petit Mexicain a tenu la route, malgré le discutable mic skill des deux faces. L’intervention de Batista me laisse perplexe malgré tout: on a longtemps parlé de lui pour un triple threat match, mais il semble de moins en moins se profiler (même si une surprise est toujours possible). Le dernier SD! pré-Rumble va apporter beaucoup d’enseignements, décidément.

 

 


Merde, un peu trop forcé sur l’écran de fumée, du coup je vois rien à ce qui se passe sur le ring… Tant pis, prenons l’air menaçant.

 

 

Et même plus d’enseignements encore quand on tient compte de la feud pour le titre intercontinental couplée à l’actualité. Ce vendredi, un match initialement booké par Vickie Guerrero comme un match à handicap pour John Morrison contre Chris Jericho et Drew McIntyre s’est transformé en tag team match classique après l’intervention de Teddy Long et l’ajout de R-Truth au combat. La feud Long/Guerrero avance doucement et intelligemment, et ça nous offre le seul vrai match de la soirée. La construction du match a été très spectaculaire et originale, voyant les heels dominer jusqu’à ce que John Morrison ne triche (entrainant les cris désemparés de l’excellent Matt Striker, toujours prompt à supporter les heels: « They’re cheating! »), ce qui permit à son partenaire du soir d’obtenir le compte de trois sur Y2J.

 

 


Le saviez-vous? R-Truth est son propre prompteur.

 

 

L’alchimie dans les deux tag teams a été très convaincante et ce genre de match en milieu de show apporte une plus-value énorme, le souci étant que ça a été le seul match de la soirée… La semaine prochaine devait nous proposer un alléchant no disqualification match pour le titre IC entre Morrison et McIntyre. Or j’emploie le passé car il semblerait que Drew se soit blessé à la rotule lors du tournage. Aucune annonce concernant la gravité de la blessure n’a été faite, mais habituellement les dislocations de rotules provoquent un arrêt de quelques mois. Si le diagnostic est confirmé, le titre sera forcément vacant. Ce qui ouvre une nouvelle fois de nombreuses possibilités, votre serviteur croisant les doigts pour voir un Ziggler-Morrison de quinze à vingt minutes se concluant sur une victoire riche en émotion de Mr. Perfection.

 

 


Moi, vous êtes sérieux, vous voulez dire que je ne vais pas perdre une dixième fois?

 

 

Les autres segments ont été plus ou moins bons: Charlie Haas (welcome back!) échappé d’un camp de travail avec un look très straight edge (il a dû servir de premier test à Punk dans un segment coupé au montage) faisait équipe avec Mike Knox contre les Cryme Tyme depuis une minute quand Kane est entré sur le ring pour en dégager les quatre catcheurs dans l’optique d’une silencieuse promo en vue du Rumble. Les matchs par équipe étant la thématique du soir, on a aussi revu l’improbable association entre Matt Hardy et le Great Khali, contre la Hart Dynasty. Au temps pour ceux qui voyaient les Canadiens pushés, ces derniers se sont fait humilier en quelques minutes par le moins svelte des frères Hardy, alors que le géant niais était en train de se faire envouter par une Natalya dont la taille de bonnet n’a d’égal que le talent inexploité.

 

 


Hé, Natalya… Dis camion.

 

 

Heureusement la storyline entre les divas a sauvé le tout. Malgré la thématique Piggy James qui peut être douteuse, le segment du soir à enfin vu la belle brune se défendre dans un speech remarqué et remarquable, spécialement son « this is what real women look like ». Le segment a duré dix bonnes minutes, chose rarissime pour les divas, avec une intensité croissante. Le match au micro McCool-Layla vs Mickie-Maria a basculé en catfight équilibré, avant l’arrivée d’une Beth Phoenix prenant le parti des heels après une intense réflexion. La fin de l’angle voyait une Mickie humiliée en larmes, impressionnante par ses talents d’actrice une nouvelle fois. Le match entre Mickie et Michelle McCool qu’on aura au Rumble est véritablement le mieux construit, même si la victoire de Mickie semble obligatoire (ou alors son départ de la WWE en cas de défaite). Cette feud a terriblement d’intensité, il n’est pas impossible que Beth se rajoute au match, et pour la première fois, j’espère que les belles auront du temps en PPV pour faire un combat à la hauteur des efforts investis jusque là.

 

 


McCool wins… Flawless victory… Fatality!

 

 

Ce qui donne un SD! assez hétérogène avec des points très intéressants comme des bides complets, et pas assez de catch pour rattraper le tout. J’attends avec impatience la semaine prochaine à SD! (deux title matchs et une inconnue sur la présence de Batista dans le WHC) sans trop savoir ce que le RAW nous réserve. Le Rumble qui viendra dans la foulée offre tellement de suspense que je le suivrai rien que pour savoir ce qui en accouchera! En bref, la WWE fait comme d’habitude un très bon travail général, avec une carte de PPV établie bien à l’avance, des feuds ouvertes et simples à suivre, et un grand nombre de développements possibles. De ce point de vue, elle est toujours très en avance sur la concurrence.

 

 


– Il parle bien de la TNA là?
– Shawn, espèce d’abruti, on avait dit qu’on ne les mentionnait pas…

 

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