Catch

TNA: toujours plus haut

Que la lumière soit! Et la lumière fut.
Genèse 1:3

 

Après le controversé PPV de Genesis, deux opinions apparaissaient sur la TNA: d’un coté les réalistes, 90% de la populace catchesque française, confiants en la stabilité de la WWE, persuadés de voir la TNA couler dans les méandres d’une gestion Hoganiene. De l’autre, des fous d’Allah, croyant en la destinée de la TNA Hogan/Bischoff Era, constitués de quelques nostalgiques de la WCW et d’un pigiste ultra-subjectif des CdC, Tsurugimi. Cet IMPACT va permettre à certains de voir que mon optimisme n’est pas que de la folie ou un refus d’une réalité abyssale pour la TNA. Ou alors faudra m’enfermer.

 

 


Maintenant que les CdC croient que je suis cool, je deviens champion TNA et je passe la ceinture Knockout à ma fille, Brother!

 

 

Review Impact du 21 janvier

 

On commence par un match qui semble définitivement asseoir la team MorGuez comme champions par équipe. Les deux big men gagnent facilement leur match contre les Brits, après une incompréhension entre Williams et Magnus, reprochée à leur vassal Rob Terry. Ca doit faire la 54ème fois qu’ils nous font le coup depuis trois mois, faudrait peut être trouver autre chose pour les Brits. Je propose la solution « virer Terry », ça serait simple et efficace. Revenons aux catcheurs, aux vrais, Magnus et Williams: les écarter ainsi du titre semble brutal après leur bon règne, et je dirais même leur bonne année en tant que team à la TNA…

 

Même sanction pour Eric Young: défaite en compagnie de Kevin Nash contre les Nasty Boys! Match correct de Young qui a fait le boulot pour deux en étalant sa vivacité et sa technique. Quant aux Nasty Boys, ils étaient… Nasty. Vu leurs tronches, leurs embonpoints, et surtout les critiques que j’ai entendues sur leur style à l’époque ou ils étaient en activité, j’ai eu peur… Je m’attendais à un truc tellement horrible, level Jimmy Snuka à Mania 25, que finalement la dragée est plutôt bien passée. Victoire expéditive des Nasty Boys sur Young/Nash, donc, mais vivement que les Dudley défoncent ces deux types.

 

Ces deux défaites pour les membres de la World Elite illustrent un constat indéniable: la World Elite est complètement effacée depuis quelques semaines. J’entends déjà venir les rumeurs sur le désamour qu’Hogan porterait à Young, et à Magnus, et à Williams, et à Homicide, mais l’explication est ailleurs pour moi. Le problème ne vient pas des individus et d’un hypothétique désamour d’Hogan envers eux qui les dépusherait avec la férocité qui convient, mais de la World Elite elle-même. Oui, c’est la stable le problème. Elle était puissante et utile contre la MEM, simplement puissante après la MEM, à présent avec les clans à la TNA elle est passée du statut « inutile » à « gênante ». C’est ballot pour les membres de la stable, Young en premier, qui se retrouve chef d’un clan invisible…

 

21h34, Hall et Waltman sont reconduis à la frontière par le Ministre de l’immigration Eric Bischoff, pour cause de « non possession de contrat avec la TNA ».

 

 


Ecoute Kevin, j’ai rien contre Scott, mais tant qu’il viendra bourré, fringué comme ça, en gueulant « Razor Ramon is the true Tony Montana », ça pourra pas le faire.

 

 

Arrive un match qui fera beaucoup parler: D’Angelo Dinero vs Orlando Jordan. Le Pope nous gratifie encore une fois d’une excellente promo avant le combat. Mais le match est court, gagné au dégoût général par Orlando Jordan…
Oui, c’est énervant que le Pope soit stoppé dans son ascension vers le Main Event par un mec considéré comme un des plus bidesques du 21ème siècle. Quid de Jordan? Est-ce qu’un poste dans le cabinet de JBL et un surpush peut-être top précoce est bon pour l’image d’un catcheur? Je ne pense pas. Le match était moyen, et même sur quelques minutes le Pope dégage bien plus de choses que Jordan, mais bon, laissons lui une chance…

 

 


Et puis au moins, Orlando Jordan, ça nous rappelle de bons souvenirs.

 

On a droit à de petits segments audio entre Bubba The Worst Sponge et JJ pendant tout le show, nous en reparlerons en conclusion.
Angelina Love fait son retour officiel sur le ring, en squashant Madison Rayne avec un kick bien stiff sur son ancienne amie. Les deux autres Beautiful People arrivent alors pour passer à tabac Angelina, qui est laissée pour morte au centre du ring quelques secondes plus tard. Segment efficace, et plus subtil qu’il n’en n’a l’air: c’est en lisant un article du PWI que je me suis rendu compte qu’aucune catcheuse n’était venue aider la pauvre Love… Coïncidence ou booking intelligent qui fait que les faces n’oublient pas la tyrannie passée de Love, mystère…

 

 


Pétons-lui la gueule, elle est vraiment trop vulgaire.

 

 

Après un retour en demi-teinte de Miiiiisteerrr Ke… Kennn… Andersoooon (je vais y arriver) à Genesis, partagé entre bonne pop et match médiocre, Anderson avait l’occasion de se rattraper dans le domaine où il excelle: le micro. Heel grace à sa victoire dirty contre Abyss, le public est mitigé à son égard lors de son arrivée, et son discours est puant de mauvaise foi, puisqu’il dit l’exact contraire de son discours de Genesis, ajoutant même une connotation anti WWE dans son message en disant qu’ici Hulk lui donne la chance qu’on ne lui a pas donnée *hum hum* ailleurs. Le shot au micro est doté d’un élément comique qui se trouve être Abyss, qui se glisse discrètement derrière Anderson et nous offre ses grimaces les plus marrantes, jusqu’à ce qu’il se décide à l’attaquer. Anderson se sauve de justesse, mais Abyss n’échappe pas aux remontrances de Bischoff qui lui reproche d’attaquer des catcheurs toutes les semaines. Bischoff a plus important à faire: il accepte de recevoir en entretien privé Mick Foley, entretien houleux : des cris se font entendre alors que la caméra se retire du bureau.

 

 


Et je vous raconte pas l’odeur du pantalon en cuir d’Abyss, ça fait 2 mois qu’il a le même!

 

 

Passons au plus important: le champ’!

 

Il arrive en Limo en compagnie de Flair et de trois « demoiselles ». Une fois sur le ring, Flair annonce d’emblée qu’il haït Hulk Hogan, puis il se met à vanter les mérites d’AJ, qu’il qualifie de nouvelle Légende du catch, et même de « Meilleur Champion de tous les temps » (nous verrons dans la suite de la review que c’est loin d’être fou…). AJ s’empare du micro, part dans un trip d’imitation du naitch’ boy en parlant de virées en Jet, en Limo, de suites d’Hotel, de « Woooo ». Il joue à la perfection son personnage émotif du jeune type piégé par Ric Flair, il est à moitié ridicule mais il ne s’en rend pas compte. Kurt Angle arrive alors, accompagné par Hogan. Pas un mot d’Angle pendant tout ce segment, le Hulkster se chargeant du blabla: il annonce que la tricherie à la fin du match de Genesis est inacceptable, et que Angle aura le droit à son dernier title shot ce soir, avec Flair banni du ring side, en concluant par le « it’s damn real » de Kurt Angle.

 

 


Mais bon, me demandez pas de faire un Ankle Lock, hein.

 

 

Le match a lieu en Main Event. Comme d’habitude avec les deux hommes, les moves s’enchaînent bien, et au bout de quelques minutes Angle place son Ankle Lock, mais AJ parvient à le contrer et à placer soi-même un Ankle Lock. Earl Hebner gesticule, la cloche sonne, AJ s’échappe du ring sous les cordes, Flair le rejoint, Hogan arrive quelques secondes plus tard se joindre à eux.
Orlando Screwjob 2010.

 

 


On le savait déjàç mais maintenant c’est confirmé: Captain America est une sacrée raclure.

 

 

Oui, Papy Earl a fait sonner la cloche au moment ou AJ renversait l’ankle lock. Angle est fou de rage, on ne sait pas qui est à l’origine de ça mais pour lui c’est sûr: il se dirige vers Hogan, lui crache au visage, crie « I quit » et annonce qu’il va retourner à la WWE.
Alors que l’Olympic Gold Medalist s’acharne sur la table des commentateurs en cassant les sièges, Eric Bischoff descend la rampe, du sang s’écoulant de son cuir chevelu. Expression de fureur sur son visage, il se dirige en marchant nerveusement vers le ring et n’y dit que cinq mots: « Mick Foley, You Are Fired. »

 

What a weekly! Quelle claque! Seulement 16 minutes de catch mais que de rebondissements et surtout d’audace dans le booking. Refaire le screwjob… Ca pourrait ressembler à une mauvaise idée vu que la WWE a déjà fait le coup à Breaking Point, mais au lieu d’être une simple « reprise », c’est une vraie attaque contre la WWE et une surenchère par rapport au srewjob de Breaking Point. Il a de la gueule ce finish, non seulement c’est énorme de le faire en weekly, mais ils sont allés jusqu’au bout, Angle détruit la table des commentateurs comme Bret Hart en son temps, Angle dit qu’il va se casser comme Bret Hart en son temps, Angle crache dans la gueule d’Hogan (rien que le fait de cracher sur Hogan est mythique en soi vu son statut de légende) comme Bret Hart avait craché sur Vince en son temps, c’est toujours Earl dans le ring, il n’y a pas de « redémarrage foireux » de match par Teddy Long… Et Bischoff, que l’on avait presque oublié dans l’histoire qui se ramène pour voler la catch-phrase de MacMahon, « You’re fired »…

 

En plus d’être une attaque qui à mon sens est parfaitement réussie contre la WWE (dose de second degré, surenchère « we cross the line »), cette fin permet de révéler pas mal de choses. Hogan a mené Angle par le bout du nez, lui accordant son rematch, utilisant sa catch-phrase… Hogan montre son coté sombre: c’est lui qui « rules TNA », pour le meilleur comme pour le pire (sa tournée australienne sur-pushée, la Band qui est tolérée…). Mais ce que beaucoup de gens oublient… c’est que c’est kayfabe. Oui, croyez vous vraiment que Dixie aurait confié SA compagnie, SON bébé, à Hogan? Non, évidemment. C’est la convergence d’individus qui ne s’aiment pas mais qui ont un point commun: ils veulent se faire McMahon, et le tout est dirigé par Dixie/Bischoff.

 

Beaucoup croient que Hogan ne pense qu’à sa gueule et qu’il va pusher ses potes, et c’est vrai… mais uniquement en kayfabe. Et ça va sûrement provoquer un heel turn général (écoutez bien ce que dit Anderson, « c’est Monsieur Hogan qui m’a fait venir car il connaît mon talent… »). D’où la nécessité d’avoir un public qui soit pour les faces, même s’ils viennent du clan Hogan (Morley). On va me dire que je spécule, mais c’est la seule direction possible vu le rôle de face dévolu aux opposants à Hogan (Foley/Angle/Jarrett).

 

Parlons-en de Jarrett, ses segments avec Bubba Love Sponge sont énormes par la perche tendue vers les fans, pour que ceux-ci commencent sérieusement à douter de Hogan/Bischoff: JJ demande les noms de ceux qui ont coulé la WCW: la Band et Bischoff. Simple, efficace.
Angle, top face, emblème à la fois pour le fan de la TNA et pour le mec qui découvre la fed, devra cohabiter avec JJ, qui est son pire ennemi depuis que Karen, son ex-femme, s’est mise avec lui! Même chose de l’autre coté, Hogan et Flair seront dans le même clan, mais ils se détestent… Sans oublier Sting, qui a un long passé avec Flair, mais qui ne rejoindra sûrement pas le clan des heels…

 

 


– Woooooo! Woooooo! Woarghr!
– Laisse papy t’es crevé je vais le faire.

 

 

Pourquoi alors laisser une situation floue, qui fait peur aux gens à cause de l’éviction de Joe, de Daniels, de la X Division (notons que ces deux-là font les trois quarts des Main Event en house show)? Parce que la TNA veut tout simplement griller Wrestlemania. En un show, on a autant de spectacle et de rebondissements que dans tous les RAW depuis le 4 janvier. Where is Bret Hart? Nulle part. Impact refait une audience de 1.3 , ce qui est très bon, et ce qu’il se passe donne envie de suivre le show, préoccupation première à la TNA qui était mauvaise dans sa gestion du « désir » des spectateurs. Bref la TNA va sûrement accroître son audience pendant la « Road To Lockdown », PPV dont le système de cage sera excellent pour des combats entre gangs. Ce show a renforcé ma confiance en la direction actuellement prise par la TNA.

 

Enfin, petit point sur AJ, qualifié par Flair de « meilleur catcheur de l’histoire ». Certes c’est kayfabe, mais AJ est effectivement en train d’entrer dans le cercle des « légendes » du catch. Il y a encore un an, AJ Styles était considéré comme un des meilleurs au monde in ring (peu de gens le contesteront je pense), et comme une « légende » de la TNA (présent depuis le premier show et unique grand slam champ’ de la compagnie). Mais avec son règne actuel, AJ passe un cap. Beaucoup pensaient qu’il ne porterait la ceinture que deux ou trois mois, en tant que champion de transition après la MEM, mais non. Il est champ’ depuis 4 mois, et ça fera au moins cinq mois si il ne perd pas sa ceinture dans un show weekly.

 

Pendant ce règne, il est passé du « gosse » de la TNA, qui gagne le titre pour le ramener au peuple (au sens propre, avec le public qui monte sur le ring), au disciple qui devient plus fort que le maître en battant Sting, à l’homme trahi par son ami, au maestro qui arrive à battre Kurt Angle, mais surtout au mec qui devient heel et qui est managé par un des plus grands de l’histoire, Flair. Il est le champion de la compagnie au moment où celle-ci entre dans le mainstream, il est le catcheur qui enchaîne les MOTY, et surtout, le public hors-TNA commence à se rendre compte de son talent. Nous sommes dans une époque historique du catch: si la TNA arrive à grimper, ça sera avec AJ à la proue du navire, et ça, Bischoff l’a bien compris.

 

 


Et il arrive même à soulever Mjolnir.

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