Catch

Guest Host, le symbiote de Raw

Abondance de souverains nuit, il ne peut y en avoir qu’un, un seul Roi!
Hérodote

 

La formule du guest host a connu une apothéose émotionnelle en remettant en course Bret Hart à la WWE, mais cet exploit pourrait aussi être le chant du cygne du concept inventé par Donald Trump, si la fédération compte vraiment laisser le Hitman peser de tout son poids sur le show durant les mois à venir. Profitons en pour tirer un bilan d’une mesure qui devait renforcer Raw, et y parvient ponctuellement, mais le corrompt irrémédiablement de semaines en semaines. Et c’est notre ami graphomane Dauntless qui nous en parle.

 

Hornswoggle? C’est quand il veut, où il veut!

 

 

Le concept de Guest Host de Raw, la Nalyse.

 

Tout commença par la faute de l’horrible Randy Orton, qui, dans un accès de folie meurtrière, massacra, sans tronçonneuse, l’intégralité de la toute puissante famille McMahon… Toute ? Non, heureusement, un irréductible barbu, réincarnation de Thor armé de son inséparable masse parvenait in extremis, grâce à sa force surhumaine et à son courage inébranlable, à se sortir intact du guêpier, non sans lâcher au passage un « I’ll be back » porteur d’espérance pour tous les pourfendeurs du mal que nous sommes.

 

Reste que cette rivalité fleuve venait de décapiter Raw en le privant de sa général manager, Stephanie McMahon. Le patriarche, malgré tout encore en vie (les vieux sont toujours plus durs à cuire) ressortit de cet épisode si effondré qu’il s’est illico fait embobiner par le milliardaire Donald Trump, à qui il vendit son plus illustre joyau, le show rouge. Trump, à côté duquel McMahon ressemble à un petit épicier de quartier installé en banlieue populaire de Melun, optait pour la rupture en prévoyant d’appliquer plusieurs réformes ambitieuses, avant que McMahon, nous démontrant au passage son génie de la finance, ne rachète une semaine plus tard son Raw au double du prix de vente initial (avec des entrepreneurs au nez aussi fin, pas étonnant que les Etats-Unis soient plongés dans la crise économique.)

 


Et j’ai aussi refourgué Lehman Brothers à Vince pour 500M$

 

 

Mr le Président conservait tout de même un des concepts proposés par Trump, le fameux guest host tournant, démarrant en fanfare sous l’incarnation de Batista, top face fraichement blessé durant une rivalité avec la Legacy, qui devenait le premier grand patron d’un soir de Raw, s’appuyant franchement sur la force de dissuasion issue de son infini pouvoir d’être en mesure de licencier Randy Orton et ces acolytes si ceux-ci tentaient de poursuivre leurs méfaits. La nouveauté du guest host permettait un retour surprise de l’ex-champion d’un jour, et de délicieusement pourrir la vie de la stable d’Orton, alors au faîte de sa domination. La mesure ne pouvait mieux démarrer.

 

La semaine suivante, le bâton de maréchal échouait à Ted DiBiase Sr, campant lui aussi un excellent guest host: vétéran des rings ultra-charismatique avec son rire machiavélique et ses brouettes de dollars, qui plus est père de Ted « Danny Boon » Dibiase jr., Le sbire se voyait offrir par son père un push éclair sous forme de match de championnat, clairement pistonné mais pourtant déchirant et propice au face turn du petit, puisque le champion qu’il pouvait déposséder de son titre n’était autre que son second père, son maître vénéré, la Vipère. Ted Dibiase, le vrai, enfin le père, parvenait en deux heures à donner de l’épaisseur à son fils et lui faire catcher un de ses plus beaux matchs de l’année.

 


Tout ça pour subir la crise d’ado de son môme. Y’a plus de respect.

 

 

Puis arriva avec la troisième semaine l’épreuve de vérité, le guest host étranger au monde du catch: Seth Green, acteur mineur, au moins connu pour être le fils du Docteur d’Enfer dans Austin Power (saga cinématographique qui doit bénéficier d’un culte immodéré chez les créatives team de la WWE quand on y repense, et d’ailleurs HHH pourrait habiter une gimmick d’Austin Powers sans forcer son talent), débarquant en fanboy de catch crédible et qui, du haut de ses 50 kg tout mouillés, osera monter sur le ring pour participer, dans la mesure du possible, à un tag team match. Le résultat s’avéra satisfaisant.

 

Les suivants sur la liste étaient ZZ Top, groupe de hardrock très connu pour les gimmicks de barbus rednecks de ses membres et une belle tripotée de tubes dans les années 1980. Le prestige de ces guest hosts annonçait encore un bon Raw… et là, ce fut le drame: deux vieux sucrant les fraises et jouant dans un playback si visible que c’en devenait presque drôle, initiant la pratique depuis devenue traditionnelle de la « diva bout de viande » se trémoussant backstage, et livrant une prestation très détachée, assurément décevante.

 

Ainsi, en à peine un mois d’application, Raw nouvelle formule venait d’alterner le meilleur avec le pire, annonçant la couleur pour le reste de l’année. Aujourd’hui, l’observation empirique de ces six mois nous révèle quels sont les pré-requis d’un bon guest host, mais aussi les avantages et inconvénients de la formule.

 

Un guest host doit être une célébrité afin d’apporter sa pierre à l’édifice de Raw. Il n’y a aucun intérêt à faire d’un inconnu un guest host, même s’il a du talent. L’inconnu sera testé et intégré dans le staff régulier et apportera une valeur ajoutée à long terme. Alors que le guest host, présent le temps d’un soir, a pour but, comme le dirait si bien Chris Jericho, de créer un impact. Chaque fois que la WWE parvient à faire venir à l’une de ses émissions une star, elle étire son territoire en permettant un mélange des genres entre l’univers du catch et le monde de l’invité. Sauf que dans la pratique, la WWE ne semble pas avoir les moyens de ses ambitions, ou alors couve des ambitions inférieures à son potentiel, car une grosse majorité des invités proviennent du petit vedettariat américain. L’Amérique a beau dominer la culture mondiale depuis plus d’un demi-siècle grâce au cinéma, à la musique, à ses grandes marques ou à sa prééminence politique, elle reste toujours malgré tout ce pays un peu isolationniste friand d’une étrange culture autochtone. Volontairement ou pas, la WWE a souvent raclé les fonds de tiroir du star-system local n’ayant jamais réussi ou voulu percer au-delà des frontières ricaines. La célébrité de ces invités suffit peut-être pour le premier public de l’émission, les Américains, encore que même de ce point de vue le parterre d’invités sent un peu la lose, mais alors dans un contexte de conquête des marchés étrangers, puisque le catch revient à la mode et pousse fort notamment chez nous, ces quasi-inconnus deviennent, vu par exemple de Paris, des tocards pénalisant l’émission… Wouah, le prochain guest host sera Cedric the Entertainer, trop cool! C’est qui au fait?

 


L’avantage avec le concept de Guest Host, c’est qu’on a enfin trouvé une utilité aux Bella Twins!

 

 

Il y a aussi les invités provenant d’autres franchises sportives. Là encore, America first, puisqu’on a eu droit à du basket-ball – jusqu’ici tout va bien car la NBA a réussi à arracher une reconnaissance mondiale depuis une vingtaine d’années -, mais aussi à du football américain et à du baseball, déjà bien moins universels, et même à du Nascar (vroum vroum je tourne en rond parce que les virages c’est compliqué)… Force est de constater que ces licences cartonnent chez l’Oncle Sam, mais se cassent les dents à l’export, notamment dans la vieille Europe. Nous revenons au constat numéro 1: un propriétaire d’équipe de basketball (Mark Cuban), un quaterback de football américain (Ben Roethlisberger), deux rookies boutonneux du Nascar (Kyle Busch et Joey Logano), le plat du jour est rarement en mesure de faire saliver d’autres téléspectateurs que les Américains sportifs (définition: qui regardent le sport à la TV une bière à la main). Une exception, Shaquille O’Neal, superstar du basketball de la décennie 1990, un des cinq noms venant à l’esprit du non-initié à qui on demanderait de citer des basketteurs connus, probablement la plus grosse star extra-catchesque que la WWE ait réussi à faire guest hoster son show, avec Mike Tyson. Quant à la boxe, justement, nous reviendrons sur son cas un peu plus loin, car elle présente plus d’intérêt qu’un simple hommage à une franchise sportive, et la connexion interdisciplinaire s’avère plus logique.

 


Vous vous demandiez s’il était possible d’avoir l’air plus con qu’un footballeur en interview? Vous avez la réponse.

 

 

Un guest host doit avoir un talent de showman, le fameux mic’skill si souvent évoqué pour estimer la valeur des catcheurs sur les pages de ce site. Pourtant ces derniers peuvent aussi s’appuyer sur leur physique, leur technique ou leurs prises de risques pour mener leurs performances. Le guest host, lui, doit organiser, faire vivre mais surtout animer la soirée, dans des segments produits face au public, face aux catcheurs, ou les deux à la fois. Alors quand on découvre que ledit guest n’est pas capable de réveiller la foule autrement qu’en lançant l’ultra-classique et réchauffé « Est-ce que vous êtes là? Plus fort, j’ai rien entendu! » (Timbaland récemment… soupir), on ressent soudainement l’envie de se pendre au premier radiateur venu… Heureusement qu’ils sont brûlants en cette ère de refroidissement climatique.

 


Toi aussi rejoins les CDC dans leur combat pour l’interdiction du port du bas de survet’ en public.

 

 

L’invité est un corps étranger plongé dans l’univers riche et construit au fil des années de la WWE. Il a peut-être pour but d’apporter une touche d’exotisme à l’émission, mais il est quand même primordial qu’il ne soit pas remarqué dans le mauvais sens du terme en faisant tache. Or les célébrités en pleine promo, souvent faibles et convenues mais qui ont accepté l’invitation de Raw dans la perspective d’obtenir quelques minutes de publicité, sont des boulets pour la cohérence et l’intérêt de l’émission. En France, on connait aussi ce système donnant-donnant qui cannibalise le PAF en laissant les clés de toutes les émissions de la semaine à la même poignée d’invités en promo. Ils sont là pour vendre leur came, et les scénaristes louvoient autant que des alcooliques parkinsoniens et épileptiques conduisant sur une route de montagne verglacée pour rentrer chez eux le soir du réveillon, juste pour essayer d’intégrer les promos dans l’émission, infligeant au passage de véritables calvaires aux martyrs que sont les Bella Twins ou Chavo (ils sont payés pour), et plus grave, aux téléspectateurs (on n’avait rien demandé). La promotion accouche au final de perles psychédéliques, tel papy Bob Barker tabassant Chavo d’un seul simili atémi devant une énorme pile d’autobiographies…

 


Non, non, aucun problème avec Chavo, il feude déjà avec Hornswoggle, il n’est plus à ça près.

 

 

De plus, la promo n’est pas toujours une garantie contre le je-m’en-foutisme menant parfois à des vacances du pouvoir, obligeant alors les catcheurs à se prendre en main pour faire vivre leur show, au premier rang desquels HHH, roi nu devant les accusations d’autobooking.

 

Autre facteur déterminant dans la réussite d’un mandat de guest host: sa participation physique à un show dont la composante athlétique est non négligeable. Un guest host doit présenter une condition physique potable et un minimum de bagage technique pour offrir une prestation personnalisée sur le ring. Le catch, sport spectacle, aime confronter ses puissants lutteurs à des individus plus ou moins normaux, de la star de cinéma bodybuildée à la jeune demoiselle frêle mais déterminée, peut-être un vestige de la lointaine époque des foires et des affrontements entre le champion et un anonyme issu du public. Si un guest host parvient à briller dans une confrontation verbale avec les lutteurs, c’est déjà pas mal, mais le fin du fin est de voir le guest host attaquer un catcheur, ou à l’inverse prendre des coups, voire, top de l’implication, participer à un match par équipe. Seth Green avait montré l’exemple quand, premier guest host non catcheur, il s’était booké dans un match, se mêlant courageusement à plus de 500 kg de barbaque de guerre. Jeremy Piven ne recula pas devant la perspective de grimper sur la troisième corde et de se kamikazer en crossbody contre le roc John Cena, pendant que son irascible acolyte souffrait d’une réception botchée et embrassait douloureusement le tapis de sol entourant le ring. Mark Cuban acceptait lui de se faire projeter à travers une table, mais la palme de l’implication physique revient à Maria Menounos, même pas vraie guest hostess ce soir là qui, à force de se moquer de Beth Phoenix, participera activement au match de divas de la soirée, prenant plusieurs coups et plaçant des moves tout à fait respectables. Sans oublier les professionnels du combat que furent les boxeurs guest hosts. Depuis le cultissime Rocky III, tout le monde sait que catch et boxe sont de lointaines cousines, et la stipulation catcheur versus boxeur a acquis le statut de fantasme. Ricky Hatton profita de son passage à Raw pour offrir au public un match de ce genre, malheureusement trop court pour dépasser le stade de l’anecdote, mais l’initiative reste à saluer, et si chaque semaine le guest host en faisait autant, Raw ne s’en porterait pas plus mal.

 

 

Un bon guest host est naturellement motivé par sa participation à l’émission, libre de toute promo, présent pour la beauté du geste. Il est probablement payé, mais on sent qu’il a des atomes crochus avec la discipline, y a déjà laissé un petit passif ou a carrément fait partie du business. Nous avons trop vu d’hosts complètement à côté de la plaque, massacrant les noms de catcheurs pourtant ultra-connus (pas des Jamie Noble ou des Tyler Recks!) alors que connaitre le nom des protagonistes présents durant la soirée est quand même moins que le minimum syndical, ou perdus face aux stipulations et règlements, il est vrai parfois illogiques, régissant un match de catch (Bob Barker avait ainsi littéralement buggué devant le concours d’enfourchements opposant le Big Show à Santino, pour la simple raison qu’il ne savait pas ce qu’était un enfourchement). Si au contraire Shaq a marqué les esprits, ce n’est pas seulement parce qu’il est très connu, mais parce qu’il n’avait pas l’air perdu au milieu d’un ring et nageait comme un poisson dans l’eau dans l’univers de la WWE. Il savait qui était son interlocuteur en la personne du Big Show, connaissait sa réputation de brute fière de son gabarit, et décidait en conséquence d’accepter une confrontation verbale pleine de tension et même de porter un shoulder block au colosse. L’échange paraissait naturel, et c’est le plus important pour crédibiliser ce mariage contre nature.

 

Pour caricaturer, un bon guest host, c’est… la plupart du temps, un catcheur retiré des rings, pour cause de blessure ou en raison de son âge. Ces vétérans combinent les qualités précitées. Ils sont connus du public de la WWE, puisqu’ils ont participé à son histoire et qu’elle a pour très grande qualité de savoir entretenir son patrimoine et le transmettre régulièrement à ses nouveaux fans, ont déjà fait leurs preuves comme showmen et sont des valeurs sûres, car sinon pourquoi la fédération ferait encore appel à leurs services? Ils ont évidement une parfaite connaissance des habitudes de la maison, trempent dans le catch depuis des années, voire des décennies et ne seront pas perdus devant les noms de leurs successeurs, des stipulations de matchs ou des prises, n’ont pas besoin d’être en promo pour être convaincus de venir assurer la fonction, et, à moins d’avoir étés physiquement détruits par le métier, restent largement assez frais et affutés pour s’impliquer dans des segments physiques, voire de véritables matchs. Ainsi, parmi les meilleurs moments issus de ces six mois de guest hosting, on peut citer le Sergent Slaugter chauffant la salle comme jamais en titillant la fibre patriotique canadienne, les combines des deux pères DiBiase et Rhodes pour favoriser leurs pleutres de fistons, les retrouvailles entre Trish Stratus et Chris Jericho suivies de sa confrontation de prestige avec la Glamazon, Jesse Ventura humiliant le président McMahon en lui rappelant un passé douloureux avant de heel turner au détriment de John Cena, ou dernièrement, le retour tant attendu et annoncé de Bret Hart à la WWE. Le principal crédit que l’on peut accorder à la formule des guest hosts est donc de créer des conditions favorables au retour, au moins provisoire, de lutteurs ayant écrit les belles pages de la WWE et pouvant encore rendre de fiers services par leur aura ou de jouer un rôle clé dans la résurrection d’anciennes rivalités.

 

Pourtant, au delà de la qualité individuelle et hebdomadaire de l’invité, le guest host trahit des faiblesses certaines, nuisant à Raw dans sa comparaison avec Smackdown. Le show rouge est devenu moins crédible, homogène et cohérent que son homologue bleu. En effet, la succession de guest host hebdomadaires crée une sensation de chaos et de bordel ambiant, et la maison Raw semble ne plus avoir aucune politique éditoriale, mais se contenter d’acter les délires successifs des divers guest hosts.

 

On dirait depuis six mois que la Révolution a éclaté à Raw, que ses dirigeants ont étés liquidés et que le show vit au jour le jour, dans une autogestion maladroite. Chaque semaine, un étranger débarque de nulle part, organise officiellement les combats simples, mais, aussi d’autres concernant le choix de challengers n°1, les matchs pour les ceintures, et même les affiches de Pay Per View, avant de disparaitre aussi soudainement! Certains ont même mené des mini-drafts impliquant les autres brands, ou viré des catcheurs (le Miz a ainsi été banni de Raw suite à une défaite de trop contre Cena, avant de revenir aussi sec). Si un show traditionnel comme Smackdown reste à peu près crédible sous réserve que l’on ne mène pas d’enquête sur les dessous du catch, en tant qu’univers clos géré par un manager général supposé expérimenté, familier de la lutte et compétent, imaginer les divers championnats de Raw dépendre de la volonté d’une bande de profanes dont la moitié ne parviennent pas à masquer leur ignorance de ce qu’est une corde à linge (ou un enfourchement…) devient un véritable défi à la logique et à la vraisemblance! Vince McMahon laisse carte blanche à des peoples moins qu’amateurs, leur confie la préparation de l’affiche de ses fructueux PPV et se frotte les mains de l’excellence de leur travail alors que simultanément, Teddy Long vit en perpétuel état de probation car son management n’est pas parfait, et se retrouve fliqué par une Vickie Guerrero en embuscade, prête à dénoncer le moindre de ses faux pas? Et les lutteurs spoliés par les tirages de Raw ou les heels ayant perdu un titre sur combat décidé par un guest host n’ont jamais brandi comme source de réclamation le manque de légitimité de leur manager général d’un soir afin de sauver les meubles? Et Stéphanie McMahon, elle est paralytique depuis qu’elle a connu les joies du DDT Ortonien? Vous imaginez Luc Besson administrer le Grand Prix de Monaco ou Philippe Lucas organiser les huitièmes de finales de la coupe du monde de football, avant de laisser leur place respectivement à Arthur et Miss Pays de Loire 2004 pour la suite de la compétition?

 

Ce manque de crédibilité se répercute dans la légitimité des rivalités de Raw, initiées, entretenues, envenimées par les Guest Host. Alors que le côté cirque itinérant d’une tournée de catch laisse facilement imaginer que les lutteurs, mais aussi techniciens, commentateurs, annonceurs, présidents et managers généraux cohabitent ensemble à longueur de semaine, ne serait-ce que pour mener les entrainements et les préparations du show, et que cette petite communauté nomade soit naturellement génératrice de feuds en pagaille se poursuivant IRL entre deux émissions, l’intrusion soudaine d’un élément extérieur, le guest host, grippe la mécanique et rend n’importe quel rebondissement de rivalité bien plus improbable: Cedric the Entertainer se pointe à l’émission, et décide qu’à son tour, il va humilier Chavo car il a grandi dans la même ville qu’Hornswoggle, évidement! Et Mark Cuban a compris que Sheamus était une sale brute albinos menaçant la ceinture de champion de son idole de toujours, John Cena! Les rivalités sont des successions de combats dont la variation des stipulations répond à une certaine logique, à un art de la mise en scène. Le manager général connait les subtilités du catch et sait monter en puissance ou corriger une triche en puisant dans l’immense stock de stipulations possibles. Cette intuition lui permettant de choisir en l’espace de quelques secondes, alors qu’il constate que deux lutteurs commencent à se la mettre, le type de match qui conviendra parfaitement à la gestion de la crise, parait complètement hors de propos de la part d’un guest host gérant sa première soirée de show. Et pourtant ils récitent leur texte par cœur et annoncent leurs décisions sans sourciller.

 

Si l’on retire les prestations de ces anciens catcheurs, le bilan des guest host prend un sérieux coup dans l’aile, et voilà un paradoxe sur lequel la fédération devrait méditer: alors qu’elle a voulu élargir Raw à d’autres horizons, elle a surtout convaincu lorsqu’elle a puisé dans son propre héritage et en se contentant d’élargir le champ de sa photo de famille. Finalement, le guest host est au catch ce que le trou est au gruyère: plus il y a de Raw, plus il y a de guest hosts, et malheureusement, plus il y a de guest hosts, moins il y a de Raw…

 

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