Catch

Vieux pots et bonne soupe

Il faut laisser le temps au temps
François Mitterrand

 

Le Royal Rumble, c’était la nuit dernière. Pour faire patienter nos lecteurs jusqu’à l’analyse du pay-per-view et ses inévitables débats et controverses, nous publions de bon matin une review que nous avons voulu un peu différente, marquée par l’absence d’Hornswoggle, plus courte que d’habitude et pas seulement par fainéantise.

 


Non non Axl, ne t’en fais pas, je n’ai pas oublié la review. Je suis en réunion de conseil d’administration là, je te rappelle plus tard.

 

 

Nalyse de Raw du 25 et de SmackDown du 29 janvier

 


Une fois n’est pas coutume, la WWE a eu tout le temps nécessaire pour construire les feuds qui feront le storytelling du pay-per-view de ce dimanche et le succès des prochains épisodes de Raw et de SmackDown, avec déjà en ligne de mire Wrestlemania XXVI. Si la fédération de Stamford est habituée au travail en urgence, obligée qu’elle est d’accompagner ce rythme dingue d’un PPV toutes les trois semaines, elle a eu l’occasion cette fois-ci, grâce à la trêve des confiseurs et au délai considérable entre le TLC du 13 décembre et le Royal Rumble du 31 janvier, de laisser le temps au temps, de travailler sur la durée, ce qui tranche un peu avec ce qu’on a l’habitude de voir sur nos écrans. Ce ralentissement relatif est parfois efficace, comme dans le cas du buildup du Rumble mais on a aussi le sentiment que certaines storylines patinent un peu, peinent à décoller dans les brands rouge et bleue. La faute aux acteurs? Au manque d’inspiration relatif de l’équipe créative ? A un événement, le Royal Rumble, qui cannibalise le quotidien des deux shows et monopolise l’attention des bookers? Au road to Wretlemania déjà lancé? Il doit y avoir un peu de tout cela.

 


Oui, c’est peut être aussi un peu de leur faute.

 

 

Pour ceux qui se poseraient encore la question, le doute n’est plus permis: la WWE a défini sa stratégie et s’interdit pour le moment toute surenchère aux feux d’artifice de la concurrente TNA qui a décidé d’en mettre plein les yeux, au risque d’y perdre son âme. Non, Vince, lui, reste droit dans ses bottes et déroule son programme tranquillement sans céder à la tentation de répondre directement à la TNA, ce qui lui donnerait une importance qu’elle n’a pas encore. Réagir brutalement aurait été reconnaître la capacité de nuisance de l’adversaire et aurait traduit une certaine forme de fébrilité. Non, au lieu de cela, Vince laisse le temps au temps et semble déjà préparer le terrain à la route vers Wrestlemania. Ainsi en est-il de la conduite de sa feud personnelle avec un Bret Hart que l’on n’a pas revu à Raw depuis le 4 janvier, date de son agression par le boss de la WWE. Vince enchaîne depuis les promos assez brillantes et semble prendre son pied à prendre son temps. Lundi dernier, il a une fois de plus excellé dans son rôle de manager impitoyable et a trouvé cette fois-ci sur sa route, après HBK, Triple H et l’Undertaker, un John Cena au meilleur de sa forme et comme d’habitude très l’aise micro à la main, reprochant peu ou prou à son patron de ne penser qu’à remplir son portefeuille et l’accusant en gros de faire du fric sur le dos des catcheurs avant de les jeter brutalement lorsque leur valeur marchande n’est plus assez élevée aux yeux du chef du clan McMahon. Cette confrontation verbale entre le Marine et son patron était particulièrement réussie comme c’est souvent le cas lorsque la WWE joue avec la vie réelle dans ses storylines, avec en point d’orgue une belle interaction entre Vince et son public. Cena qui dénonce la cupidité de son patron et lui balance ses quatre vérités sur la façon dont la fédé traite ses anciennes gloires, ça sonne juste à nos oreilles et c’est bien pour cela que ça fonctionne si bien. Et comme il fallait bien y venir un jour ou l’autre, le segment s’est terminé sur un Vince hors de lui, touché dans son orgueil et annonçant d’un air bravache le retour de Bret, ce qu’il excluait encore quelques minutes plus tôt. Si la confrontation entre ces deux-là devrait avoir lieu dès la semaine prochaine, à moins que Vince ne se terre dans son bureau, nul doute que tout ceci culminera lors du Grandest Stage of Them All.

 


Le déguisement des fans fait partie du folklore de la WWE. Ici, Mister McMahon et un fan de Matt Hardy.

 

 

Pour le reste, nous n’avons pas grand-chose à dire de ce Raw ronronnant, ultime rampe de lancement avant le Rumble de dimanche. Malgré un Guest Host, Dule Hill, plutôt sympa et qui a bien tenu son rôle (même si nous avouons avoir dû, comme The Miz, googler son nom pour savoir de qui il s’agissait), le show n’a rien offert de remarquable, se bornant à rappeler les enjeux du pay-per-view de la nuit dernière: la DX, bien que soudée, mettra son esprit d’équipe entre parenthèses tant la volonté de s’imposer des deux compères est forte, et a profité de son temps d’antenne pour se défaire de la Legacy; et Randy Orton est venu mettre un terme au combat entre Sheamus et Cena (alors que le Marine était en bien mauvaise posture) rappelant à l’Irlandais champion en titre qu’il faudrait compter sur lui pour la ceinture WWE avant que Superman Cena ne mette tout de le monde d’accord en faisant le ménage sur le ring comme pour mieux souligner son rôle de favori au main-event du ppv. Rien que de très classique, on fait passer du catcheur par-dessus la troisième corde pour préparer le public au main event de dimanche. Classique et efficace.

 


Aussi classique et efficace que d’être pote avec le Guest Host.

 

 

Il est également difficile de s’enthousiasmer face à la conduite des storylines secondaires. Malgré une nouvelle promo opposant les deux hommes, la construction de la feud MPV – The Miz n’a guère avancé, l’ex-taulard se faisant méchamment détruire par le Big Show, le nouveau pote de Mister Awesome, avant de prendre sa revanche en coûtant la victoire au Miz lors de son combat contre Kofi Kingston, après une très classique apparition en ring side distrayant le champion US en titre. Une recette éculée; pour le développement de la storyline, on verra ça à partir de la semaine prochaine et on a hâte d’y être tant l’eau nous est venue à la bouche le lundi précédent.

 

Sans surprise, Maryse a confirmé son statut de favorite du tournoi pour la ceinture des Divas laissée vacante par Melina, en se défaisant d’Eve et en rappelant au passage qu’elle est presque aussi nulle in ring que micro à la main. Mais les bookers ont une arme en or pour faire oublier la débilité du jeu d’acteur de la blonde bimbo: ils la font s’exprimer en français, personne ne capte rien et le public adore… Son DDT, lui, nous a paru particulièrement violent (et surtout raté) et la pauvre Eve n’a certainement pas eu à forcer son talent pour simuler le KO en fin de combat. Gail Kim s’est de son côté débarrassée d’une Alicia Fox que l’on pensait pourtant en mesure de disputer le titre contre Maryse. La longiligne Alicia – auteur d’une fort belle claque dans la tronche du Guest Host, parfaitement vendue par Dule Hill — rentre donc dans le rang et sa défaite souligne un peu plus le retour en grâce de Gail Kim qui semble revenue dans les petits papiers des bookers et a délivré une solide prestation lundi dernier. On ne va pas s’en plaindre même si l’on trouve ce tournoi terriblement poussif et sans grand intérêt. Sans doute parce que nous en connaissons déjà l’issue et que celle-ci ne nous plaît pas, et c’est un euphémisme que de l’écrire.

 


Une nouvelle stipulation pour les Divas: le combat en apesanteur.

 

 

A SmackDown, on s’est également appliqué à conclure le buildup du Royal Rumble et malgré un show plutôt costaud et de bons segments micro en main, il faudra attendre la semaine prochaine pour que les storylines redécollent. La soirée a pourtant démarré de la meilleure manière, par une promo de très bonne facture opposant la DX, Rey Mysterio et la SxE de CM Punk. Les promos brillantes du champion straigthedge sont devenues une habitude, la DX, lorsqu’elle est dotée d’un bon script et d’un bon angle, a toujours été très à l’aise dans l’exercice et avouons que pour une fois, Rey Mysterio s’en est sorti de façon plus que convenable. Il n’a certainement pas la gouaille d’un Triple H ou le talent d’un Ciaime mais reconnaissons que sa promo de vendredi dernier était aussi crédible que solide. Ce qui ne l’empêchera pas de perdre contre le Taker dimanche.

 

Malheureusement, nous avons vite déchanté. Alors que l’on nous annonçait un alléchant DX vs. SxE pour le titre unifié, Teddy Long a bouleversé le programme du soir en transformant cet affrontement attendu entre les deux Tag Teams en deux combats en un-contre-un: HBK contre Rey Mysterio et Triple H contre CM Punk, les deux combats se concluant par des disqualifications histoire d’éviter tout booking de loser avant le Rumble. Si les fans que nous sommes furent évidemment déçus par ce changement de plan, les brillants analystes qui sommeillent en nous acceptent sans mal cette déprogrammation de dernière minute. Il était difficile pour les bookers d’organiser un tel combat juste avant le Rumble. Si l’idée est de donner la ceinture au clan straightedge, il aurait fallu pour cela que CM et Gallows passent sur le corps de The Game et de HBK, nuisant à leur crédibilité de prétendants à la victoire finale lors du Royal Rumble. Il fallait les booker forts, très forts et ces deux un-contre-un étaient certainement le meilleur moyen d’y parvenir. La SxE n’en sort pas affaiblie (Serena est à notre sens une recrue de choix et on espère voir cette solide catcheuse monter en puissance au sein du show du vendredi soir en allant taquiner un peu le reste du roster féminin) et on devrait les revoir très vite opposés aux clowns de la DX, pour notre grand bonheur. Frustrés nous fumes, mais compréhensifs nous sommes. Et remplis d’espoir pour la suite nous demeurons. Les combats eux-mêmes furent loin d’être mauvais (quel sweet chin music de HBK pour contrer le finish de Mysterio!), le show se terminant dans la confusion la plus totale. C’est tout d’abord Batista qui est intervenu pour se payer Rey et HBK avant de trouver sur sa route le Game venu à la rescousse de son partenaire. L’Animal et HHH se sont neutralisés en passant tous deux par-dessus la troisième corde, comme une ultime répétition avant le Rumble de dimanche, et il était alors temps de faire place au Taker, venu mettre tout le monde d’accord avec un double chokeslam porté sur HBK et son adversaire d’un soir. Un peu plus tôt dans la soirée, le match entre le Game et CM Punk s’est lui aussi terminé par une DQ après l’intervention de Serena et de Gallows et la tentative avortée de raser le crâne du King of Kings, secouru par son pote Shawn.

 


Si je vous file la gamine en échange, on n’en parle plus?

 

 

Mais le moment fort de la soirée fut sans aucun doute le très bon combat entre John Morrison et Drew McIntyre. On croyait l’histoire réglée entre les deux hommes mais le Chaman of Sexy a de nouveau eu sa chance pour le titre Intercontinental vendredi dernier dans un match sans disqualification qui a tenu toutes ses brutales promesses. L’Ecossais, le Chosen One, le protégé de Mister McMahon, a conservé son titre, ce qui nous semble cohérent pour la construction du personnage de Drew qui a certainement encore besoin d’être mis over en se défaisant d’adversaires de la trempe du Guru of Greatness. Maintenant que c’est fait, on aimerait bien le voir partir vers de nouvelles aventures, contre un nouvel opposant. Pourquoi pas contre Jericho, à qui il va bien falloir trouver un os à ronger et que l’on préférerait voir jobber contre McIntyre plutôt que contre R-Truth comme ce fut le cas vendredi dernier.

 


Exclusif: Jericho, au moment où il prend connaissance du script de Smackdown.

 

 

Enfin, nous terminerons ce papier par quelques mots à propos du segment Piggie James qui s’est ouvert sur une promo brillantissime de la non moins brillante Michelle McCool, qui a prouvé une fois de plus la raison pour laquelle elle est championne depuis de si nombreuses semaines. Elle doit être la seule diva heel de la fédération capable de provoquer un tel heat pendant une promo, ce qui est structurellement le point faible des méchantes filles. Michelle y est parvenue avec une facilité déconcertante. Elle sait décidément tout bien faire et nous la trouvons parfaite dans son nouveau rôle de chipie faussement ingénue qui n’est pas sans nous rappeler Elisa, la sournoise heel de Candy que les plus vieux d’entre nous n’ont sans doute pas oubliée. Le reste de la séquence fut bien sûr bien plus contestable, avec une Layla grimée en Mickie James obèse pour un simulacre de combat évidemment remporté par McCool. Oui, on sait, c’est bête et méchant, ça vole au ras des pâquerettes et tout ce que vous voudrez. Tout ça, on le sait pertinemment. Ce qui n’a pas empêché l’auteur de ces quelques lignes de rire de bon cœur en voyant Layla ainsi déguisée se rouler sur le sol et se goinfrer de cookies. Oui, je sais, je ne devrais pas, c’est mal et j’en avais bien conscience face à mon écran. Mais c’est plus fort que moi et c’est sûrement tout un passé de chipie qui est remonté à la surface, à moins que ce ne soit l’effet de substances que CM Punk se plaît à critiquer. Toujours est-il que le résultat est le même: j’ai gloussé comme une Diva de base à la vue de ce segment qui marque sûrement la fin de la storyline Piggie James mais pas, nous l’espérons, la fin de l’association réussie entre Layla et McCool.

 


Promis McOcee, la semaine prochaine j’amène mon coussin péteur! On va bien rigoler!

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