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WWE: Cinq raisons d’y croire pour 2010

Always look on the bright side of life!
Monthy Python, La vie de Brian

 

Le sombre Major Tom nous a récemment fait part de ses cinq raisons de craindre pour l’avenir de la WWE en 2010. Prenons exemple sur le sage conseil des crucifiés les plus radieux de l’Histoire, et controns ce triste sire en examinant cinq bonnes raisons de croire à une année faste!

 

 


Puisqu’on vous dit qu’elle sera heureuse cette année, lamentable assemblée de dépressifs anxiogènes que vous êtes!

 

 

Cinq motifs de confiance pour la WWE en 2010

 

Le prophète de l’Apocalypse nommé Major Tom a mis en évidence cinq dangers planant sur la Fédé de Stamford lors de l’an de grâce 2010: l’aseptisation des matchs, Kidz Era oblige; l’importance disproportionnée donnée à un « Entertainment » souvent lourdingue; des storylines régulièrement banales; des catcheurs balancés dans la mare aux requins sans vraie préparation en amont et fréquemment jetés sans états d’âme avec l’eau du bain; et enfin un statut de superpuissance sans rivale qui permet à la WWE de ronronner tranquillement sur ses lauriers, faute de sentir dans sa nuque le souffle rauque d’une concurrence déchaînée.

 

 


Et je vois aussi des blessures terribles pour les meilleurs performers, plusieurs attentats à la bombe pendant les ppv et la mise en place d’une stable de nains conduite par Hornswoggle!

 

 

Loin de moi l’idée de contester la validité de l’analyse majortomienne: elle me semble tout à fait pertinente et, de toute façon, l’auteur assumait d’entrée de jeu son postulat pessimiste. Il n’empêche qu’à tout yin un yang, à toute nuit noire un soleil éclatant, à tout Eric Escobar un CM Punk: voici donc cinq éléments invitant à la foi dans l’avenir. Major Tom a fait la thèse, je ponds l’antithèse, à vous d’en tirer la synthèse, comme dans un plan de rédaction modèle.

 

 


Et je relève les copies dans quatre heures!

 

 

1. La TNA joue son va-tout

 

Certes, comme le souligne ma Némésis à la moustache blanchie sous le harnais (je me figure Major Tom comme une sorte de lord britannique distingué à l’œil d’acier), Impact est encore loin d’égaler les chiffres d’audience de Raw ou de Smackdown. Certes, la Hulkaïsation des esprits qui y est en cours pourrait la mener à sa perte. Certes, sa puissance commerciale et médiatique est indéniablement inférieure à celle de la WWE. Il n’empêche: jamais depuis dix ans un assaut frontal n’avait été mené contre l’organisation de Vince.

 

Qui plus est, cet assaut est conduit par une TNA constellée d’anciens de la maison « up north », terriblement revanchards et littéralement obsédés par l’idée de renverser VKM de son piédestal. Tous les stratagèmes sont bons, de la récupération immédiate des bannis de la WWE (Kendrick, Anderson/Kennedy et surtout Jeff Hardy) au recours aux vieilles gloires (Hulk, bien sûr, mais aussi Flair, Hall et compagnie) en passant par la référence explicite aux magouilles de l’ennemi (voir la récente reconstitution du Montreal Screwjob, mais aussi la naissance de « The Band » et bien d’autres événements similaires). Et surtout, à partir de début mars, la TNA devrait normalement déplacer Impact au lundi soir, face à Raw…

 

Tout cela invite évidemment les « powers that be » de Stamford à la réflexion et à la réaction. Ainsi, ce n’est pas un hasard si le retour de Bret Hart, dans les tuyaux depuis longtemps, a été organisé pile poil le 4 janvier, soir de la présentation de Hulk Hogan au peuple de l’Impact zone…

 

La WWE ne va évidemment pas renoncer d’un bloc à son rating PG pour se lancer tête baissée dans un remake de l’Ere Attitude (ce qui ne serait d’ailleurs pas nécessairement une bonne chose), mais il est indéniable qu’elle se sent aiguillonnée. Quand Impact proposera des segments avec Hulk Hogan face à Ric Flair ou à Sting, ou des matchs mettant aux prises des sommités du ring comme Kurt Angle, AJ Styles, Samoa Joe et autres voltigeurs fous, Raw ne pourra plus se permettre de diffuser au même moment dix minutes de Chavornswoggle. Il faudra un show plus nerveux, plus imaginatif, plus intrigant. On sait que les bookers de la WWE peuvent, quand ils s’en donnent la peine, pondre des storylines solides, voire originales et attrayantes, et mettre en place des matchs intenses. En 2010, ils seront bien obligés de ne plus se contenter du minimum syndical — d’autant que Vince McMahon, aussi vindicatif qu’un chien enragé, s’est sans doute juré non seulement de résister à la charge venue d’Orlando, mais aussi de remporter la guerre haut la main avant de piller les décombres de l’arrogant adversaire. Enfin, n’oublions pas que bon nombre d’ex-fans de catch se sont tournés vers la boucherie de l’UFC (une espèce de catch où les coups sont vraiment portés), phénomène qui pourrait lui aussi inciter Vince à sortir de sa léthargie.

 

Bref, en menant une attaque à bride abattue, l’escouade kamikaze de la TNA va forcer le colosse assoupi à se fendre d’une réponse brutale. Celle-ci devrait passer par un soin particulier porté aux storylines et aux combats. Et nous autres suiveurs de nous pourlécher à l’avance nos babines velues.

 

 


Alors Faust, prêt à vendre ton âme au Diable pour triompher dans cette vie?

 

 

2. Girls gone wild?

 

50% de la population mondiale, 25% du roster de la WWE, 10% du temps d’antenne. Oui, avoir des chromosomes XX n’aide pas à se faire une place sous les projecteurs du côté de chez Vince. Pourtant, et même si cela relève un peu du wishful thinking, en 2010, la division féminine pourrait bien sortir de son marasme.

 

Plusieurs indices récents vont dans ce sens. La réunion à Smackdown des divas les plus talentueuses du roster a vu naître une storyline peut-être un peu space, mais qui eut le mérite de livrer, de longues minutes durant, le ring et les vestiaires à ces demoiselles. A Raw, même si le tournoi pour la ceinture des divas a jusqu’à présent été pour le moins pénible, on semble également s’avancer vers une ébauche de storyline, comme l’a attesté lors du dernier show en date un segment backstage où Maryse essaya de faire ami-ami avec Gail Kim.

 

Mieux: grillant la politesse à une dizaine de midcarders mâles établis, l’oiseau de feu Beth Phoenix a déclenché dans le dernier Royal Rumble un début d’incendie appelé à se propager. Ajoutons-y le fait que Natalya, dont le talent in ring ne fait aucun doute, et Serena Debb, paraît-il solide entre les cordes et déjà géniale en dehors, sont pour l’heure en réserve de la république mais pourraient bien être appelées à en découdre un de ces quatre, et on comprend que l’année s’annonce sous d’encourageants auspices. Et on ne mentionne même pas la rumeur qui envoie la magnifique Awesome Kong, contrite de devoir bosser pour la même boîte que le dégueulis humain nommé Booba The Love Sponge, rejoindre Beth et ses copines. Kong ne correspond pas exactement aux standards kellykelliens qui semblent indispensables aux yeux de la WWE, mais celle-ci pourrait-elle ne pas sauter sur l’occasion si la géante finissait par brûler les ponts avec la TNA?

 

Bref, la WWE paraît vouloir miser un peu plus sur ses divas, ce dont on ne peut que se réjouir, et pas seulement parce qu’on aime se rincer l’œil (pour ça, il y a les feds de Naked Wrestling dont tonton Reune Jacquot est un grand spécialiste).

 

 


Quant à Kelly Kelly, elle va se reconvertir en sémaphore sur les pistes d’atterrissage de l’aéroport d’Omaha, Nebraska.

 

 

3. La refonte de l’ECW

 

L’ECW va mourir, vive NXT (comme Next mais sans le e pour faire plus street cred, sans doute). Si on a bien compris, d’ici trois semaines, le show du mardi ne s’appellera plus « ECW » (ce qui calmera enfin les fans de trépanation en direct, outrés de voir leur sigle favori vidé de sa substance Extrême) et sera le terrain de jeu des stars d’avenir (originaires de la scène indy ou de la FCW).

 

On ignore encore les détails du projet, mais il semble assez alléchant, même si on aurait préféré voir cette case horaire réservée à la renaissance de la division Cruserweight. Par ricochet, l’immense Christian va sans doute se retrouver à Raw ou à Smackdown, à la grande satisfaction de ses nombreux peeps. Reste à savoir ce qu’il adviendra de la quinzaine de midcarders qui font le tout-venant de l’Icideub: iront-ils grossir les rangs des bouseux de Raw et Smackdown, resteront-ils sur place pour résister aux nioubies, doit-on s’attendre à quelques licenciements? Peu importe. En tant que « troisième show », l’ECW peinait à tenir la route de façon consistante, se reposant trop sur Christian et se nourrissant de feuds peu glorieuses. NXT, à condition d’être bien géré (ce qui impliquera probablement d’y reverser certains jeunes de Raw et SD, comme par exemple Ziggler et Bourne), pourrait offrir un spectacle de bon niveau.

 

Bref, un show qui traînait un peu la patte, la faute à un concept mi-figue mi-raisin (rookies plus vieux midcarders moyennement populaires, plus une grande star) va évoluer et permettre à de nombreux jeunes de se tester dans les conditions du réel. Ca sera peut-être une cata, mais ça peut aussi être un carton.

 

 


Photo prise à Wrestlemania 26, lors du premier title match de l’histoire de NXT.

 

 

4. Un passage de témoin?

 

Et si le Royal Rumble, où la hiérarchie fut scrupuleusement respectée, n’avait été qu’un trompe-l’œil? Et si la WWE décidait cette année de promouvoir sensiblement sa jeune classe? En 2009, plusieurs jeunes futurs main-eventers en puissance ont fait parler la poudre: Jack Swagger, John Morrison, le Miz, Zack Ryder, Kofi Kingston, Cody Rhodes, Ted DiBiase, Dolph Ziggler, Sheamus, Drew McIntyre, Ezekiel Jackson… Tous ces gars âgés d’à peine 30 ans, voire moins, n’ont pas été pushés avec la même vigueur, mais ils ont tous posé des jalons pour l’avenir. Or cette année, il s’agit de continuer à préparer la relève des générations. L’Undertaker, Shawn Michaels, Batista, Kane et Triple H ont passé la barre des 40 piges et, du moins pour les deux premiers, la retraite n’est plus très loin. La génération intermédiaire, celle des à peu près 35 ans, est mince niveau main-eventers: Edge, Christian, Mysterio et Big Show, auxquels on peut éventuellement ajouter un Y2J qui mine de rien va fêter cette année son quarantième anniversaire. Les autres représentants de cette génération (Shelton Benjamin, Mark Henry, R-Truth, MVP, Charlie Haas, Chavo Guerrero, le Great Khali et autres Matt Hardy) ont laissé passer le bon wagon.

 

Alors bien sûr, d’ici Mania, les grands noms trusteront l’avant-scène, d’autant qu’il s’agira précisément, pendant ces semaines cruciales, de repousser l’attaque de la TNA. Mais ensuite, l’espoir est fort de voir les jeunes marquer leur territoire. Les types cités ci-dessus feront, avec quelques autres catcheurs déjà établis (à commencer par Cena, Orton et Punk) ou bientôt dans la place (comme les très attendus Danielson et Kaval), la WWE des années 2010. Vince le sait, Hunter aussi, et même si ce dernier continuera probablement à fesser des adversaires plus jeunes de vingt ans jusqu’à son dernier souffle, l’instinct des décideurs devrait les conduire à faire de plus en plus de place à la nouvelle génération.

 

Bref, la WWE compte une génération remarquable de djeunzes arrivés au cours des trois ou quatre dernières années, et 2010 devrait voir plusieurs de ces gars-là encore monter dans la card. Depuis la scission du titre WWE en deux (WWE et WHC) en 2002, on a vu chaque année au moins un catcheur gagner pour la première fois l’un des deux titres majeurs (Goldberg en 2003; Eddie Guerrero, Chris Benoit, Randy Orton et JBL en 2004; Batista et John Cena en 2005; Rey Mysterio, Booker T, Edge et Rob von Dam en 2006; le Great Khali en 2007; CM Punk et Jeff Hardy en 2008; Sheamus en 2009). En 2010, les candidats ne manquent pas pour s’ajouter à cette liste…

 

 


Cours camarade, le nouveau monde est devant toi!

 

 

5. La StraightEdge Society

 

Il est peut-être excessif de considérer cette stable comme une raison en tant que telle d’avoir foi en 2010. Après tout, rien ne dit qu’elle ne va pas exploser en un mois. La WWE nous a déjà appris à ne pas trop nous enflammer devant des débuts en fanfare de storylines qui allaient s’achever en eau de boudin. N’empêche, on a envie de croire que cette fois, c’est différent. La secte de Punk est génialement pensée et interprétée, et le potentiel qu’elle offre est énorme, aussi bien pour ce qui concerne son développement interne (il est probable qu’elle soit appelée à s’élargir rapidement) que pour son impact sur le reste de Smackdown voire, en cas de mainmise sur les ceintures par équipes, sur la WWE entière. La naissance d’une stable provoque presque automatiquement la naissance d’une autre stable, voire de plusieurs autres stables, ce qu’on n’a plus vu depuis assez longtemps à la WWE, et qui pourrait, si c’était bien mené, nous offrir des mois passionnants.

 

 


Regardez-moi ça! La stable des ivrognes du dimanche, avec Jericho, Matt et Helms!

 

 

Bref, de grandes histoires s’amorcent dans la foulée du charismatique Punk, et cela alors qu’Edge est de retour, que Jericho est Jericho, qu’Orton paraît débarrassé de ses larbins, que Batista campe un heel effrayant, que Shawn Michaels pète les plombs, que les jeunes ruent dans les brancards… Ne manquerait qu’une vraie relance de la division par équipes, qu’on ne voit pas venir pour l’instant; mais voilà en tout cas cinq motifs qui, je l’espère, consoleront un peu tous ceux que la lecture des noires prédictions de Major Tom avait plongés dans la dépression nerveuse.

 

 


Sérieux, Hunter, c’est quoi cet accoutrement? 2010 sera classe ou ne sera pas!

 

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