Catch

ICWA, le renouveau du catch français

You’re my rock of empathy, my dear,
So come on let me entertain you …

Robbie Williams, Let me entertain you.

 

Nous vous proposons aujourd’hui une immersion dans le milieu du catch français, plus précisément dans celui d’une fédération que nous aimons bien, l’International Catch Wrestling Alliance (ICWA). Jusqu’à la fin de la semaine, nous publierons quelques articles, review de show, vidéos et interview, destinés à mieux vous faire connaitre cet acteur majeur du catch en France qui méritait largement cet hommage et ce dossier des Cahiers du Catch.

 

 

 

L’ICWA, la présentation et la nalyse

 

 


Avant propos de la Rédac’
Le chapeau de l’article parle de lui-même, nous avons eu l’envie pour une fois de traiter un sujet de façon un peu plus « consistante », par le biais de ce que nous appelons pompeusement notre dossier. D’ici la fin de la semaine, nous mettrons en ligne des articles de présentation du roster de l’ICWA, un peu de vidéo à eux, une review de show, une expérience de tournage de téléfilm et nous finirons en fanfare par une longue interview de Daniel Jalbert aka Booster, le fondateur et responsable actuel de l’ICWA. Vous l’aurez compris ou alors vous allez le comprendre maintenant, il ne s’agit pas de faire ici l’état des lieux du catch français, ce n’est pas le sujet. Notre intention est plus humble encore puisque notre seule ambition est de vous présenter cette semaine une fédération et une seule, l’ICWA. Pourquoi l’ICWA ? Parce qu’on les a découvert il y a un peu plus d’un an, en naviguant au plus profond de youtube et qu’on a accroché tout de suite au travail de leur équipe au point d’avoir envoyé un premier email lors des débuts des Cahiers du Catch. Et puis, il y a un concours de circonstances nommé Gordon, que son nom soit vénéré pendant dix générations. Il se trouve que ce charmant jeune homme est lui-même un fan et un fin connaisseur de la fédération de Booster et qu’il s’est proposé de les rencontrer, dans le cadre d’un forum d’associations si notre mémoire est bonne. Hop, le courant passe et on se dit « hey mais pourquoi on ne ferait pas un pur dossier avec eux ? Ça te branche Gordy, tu vois tous leurs shows toi, non? Pis on pourrait faire aussi une mega interview ! ». Et notre bon Artemiz de prendre son téléphone en guise d’appareil photo et d’arpenter sitôt son permis en poche les froides et surement glissantes routes du nord de la France avec la même énergie qu’un grand reporter enquêtant sur les trafics de drogues des tribus pachtounes, pour vous raconter aujourd’hui l’histoire de Booster et de son copain Agius, l’histoire de l’ICWA. On l’en remercie mille fois et nous lui laissons la parole. Et dire que s’il avait raté son permis, tout ceci n’aurait peut être jamais été possible.

 


-Cause, I’m Artemiz and I’m AWE…
-Oui c’est ça Gordy, mais finis d’abord ton « superstars » steuplait.

 

 

Lorsque l’on se penche sur l’histoire du catch, qu’il soit européen ou qu’il vienne d’outre atlantique, un point commun ressort immédiatement, lié à son origine. Ce « sport-spectacle » est né dans le milieu forain et puise ses racines tant dans le phénomène de foire que dans le monde du cirque. Le refrain est vieux comme la nuit des temps : il y a des colosses qui renversent tout sur leur passage, des rusés à la musculature avantageuse, des nains et des femmes, des gentils et des méchants et on joue à faire semblant, devant une foule qui a parfois du mal à distinguer le vrai du scénario. Le catch français n’échappe pas à la règle et c’est avant tout un divertissement aussi populaire que simple dans son expression qui est proposé aux premiers « fans » de catch en France. Certains ont encore en mémoire les exploits de l’Ange Blanc ou du Bourreau de Béthune, dans les années 1950 lorsque les affrontements entre stars françaises étaient commentés par Roger Couderc et Léon Zitrone, ces années où le catch était diffusé aux horaires nobles de l’ORTF et dont les spectacles faisaient le plein trois fois par semaine à l’Elysée Montmartre, cette époque bénie où l’ancien Vel d’Hiv réunissait jusqu’à 15.000 spectateurs autour d’une réunion de catch ! Cette discipline était si bien entrée dans les mœurs qu’elle trouva une place de choix dans les fameuses Mythologies, un recueil dans lequel le philosophe Roland Barthes mettait en évidence certains aspects particulièrement évocateurs de la modernité. Et puis, lentement, le public se désintéressa d’un sport-divertissement qui n’évoluait pas assez à son goût et qui, peu à peu, sombra dans l’oubli.

 


Ouais, à l’époque c’était l’équivalent de Kane/Khali tous les dimanches, et personne ne se plaignait.

 

 

Des bûcherons en slip

 

Voilà comment on pourrait qualifier le catch dans la France des années 90. Quelque chose qui a gardé une espèce de côté cirque, avec des mecs en slip rose et jaune ayant une force de bûcheron et manipulant trois pauvres prises (imaginez un Triple H ou un Cena et leurs traditionnels combos pendant 20 minutes…), qui s’opposent entre « big mens », peu de poids moyens évoluant alors, et encore moins de divas, avec en plus une frontière heel/face absolument pas définie, face à un arbitre dépassé sortant les cartons jaunes et disqualifiant à tour de bras dès lors que les règles de la lutte (oui oui, vous avez bien lu, les règles de la lutte) étaient violées. Rajoutons à cela une mauvaise structure de show se résumant généralement à : Combat simple entre deux big men, combat en équipe, Combat « déséquilibré » de type Hornswoggle/Khali » et a la fin, une bataille royale regroupant tous les catcheurs de la soirée.

 

 

 

Alors que le catch évolue à vitesse grand V aux Etats-Unis et gagne peu à peu de nombreux fans dans l’hexagone, il ne parvient en France ni à se renouveler ni à passer le cap de la professionnalisation, à devenir ce catch moderne qui s’éloigne de ses racines populaires (sans les renier), pour devenir peu à peu un spectacle familial et commercial. Ce regain d’intérêt pour la discipline, la diffusion des principaux shows US sur une chaine « grand public » (NT1) à une heure de grande écoute, tout le buzz qui entoure le catch depuis quelques années a tout naturellement suscité des vocations en France, et parmi toutes les fédérations qui sont nées de ce nouveau « catch boom », l’ICWA est certainement celle qui a su le mieux tirer son épingle du jeu.

 

L’ICWA, une histoire de passionnés

 

Même si les années 90 ont été marquées de l’empreinte de Divine Isabella et autres Flesh Gordon, célèbres catcheurs de la Wrestling Stars, le début du nouveau millénaire est définitivement celui du renouveau du catch français. Profitant de l’impact médiatique grandissant du catch US, on assiste alors à la création massive de fédérations de catch dans l’hexagone.

 

C’est en 2002 très exactement, que Daniel Jalbert, catcheur de son état, sous le pseudonyme de « French Pro Wrestling God » et de Pierre « Booster » Fontaine, monte son propre business, la fameuse ICWA, dans son patelin de Laventie, une bourgade du Pas-de-Calais ou vivent quelques 5.000 âmes.

 


5000? Bougez pas, j’arrive.

 

 

Il s’associe avec un autre passionné désormais mondialement connu, Christophe Agius, qui deviendra par la suite à la fois vice-président de la structure, commentateur officiel et conseiller artistique de l’école de catch. Magie du net aidant, Booster a rapidement rencontré quelques personnes lui permettant de réaliser son rêve. Ainsi, avec l’aide de son épouse Delphine, aka Bulla Punk, de Pierre-Yves Devroute (qui officiera sous la gimmick du Phoenix et deviendra chargé de communication de l’ICWA), et de Chris Agius, les idées fusent, et l’ICWA voit le jour en faisant d’abord le constat du délabrement du catch français qui ne répondait plus aux critères modernes du catch que nos lecteurs suivent avec passion toutes les semaines.

 

Bien sûr, les débuts furent aussi obscurs que confidentiels. Ainsi, le premier show se déroula-t-il devant un petit public d’une centaine de personnes, lors d’une fête foraine en plein air, à Avenay-Val-d’Or, un petit village de la Marne. Mais, le bouche-à-oreille, la publicité, les nombreux partenariats conclus (comme par exemple avec des associations telles que « Fan de Catch »), l’appuis des commerces locaux servant de points de vente des billets pour les shows, la présence et la notoriété de Christophe Agius (gros vendeur de billet et signeur d’autographe) et le talent intrinsèque des catcheurs, le tout étant associé à une recette efficace dans le déroulement des spectacles, permettent de multiplier très vite les shows et le nombre de spectateurs. Ainsi, dès 2004 commencent à être organisés des shows qui deviendront récurrents, comme les épisodes de SmackDown que nous accompagnons chaque semaine. Et c’est ainsi à Rethel, le 2 avril 2004 et devant 900 spectateurs qu’a lieu la première édition de « Révolution ». L’histoire est en marche. Dès 2005, l’ICWA commence à voyager, offrant aux spectateurs suisses un spectacle intitulé « Catch and sexy ». Point d’orgue ou presque cette année 2005, Révolution 2, qui offre la présence du American Dragon, Bryan Danielson. L’année 2007, elle, marque le début de la reconnaissance nationale de l’ICWA. En effet, l’année débute fort puisque nos amis se produisent à l’Ile de la Réunion lors d’une tournée de 5 jours rassemblant plus de 10.000 spectateurs!

 


Lorsqu’un nordiste part en vacances, il n’oublie jamais sa tenue d’hiver.

 

 

Dès lors, et la médiatisation aidant, les succès s’enchaînent, l’ICWA devenant l’objet de nombreux reportages télévisés. Et le 20 décembre 2008, c’est la consécration : le meilleur show de catch français à ce jour, Révolution 5, qui a investi le Grand Palais de Lille pour offrir à près de 3000 personnes, trois heures de spectacle dont les deux combats majeurs furent une adaptation du Money In The Bank (l’échelle du temps), et un casket match en guise de Main Event, avec Gangrel en personne. Entre 2003 et 2008, pas moins de 70 spectacles sont organisés, pour plus de 50 000 spectateurs.

 

L’ICWA n’est bien évidemment et heureusement pas seule dans le monde du catch français. On note parmi les fédérations majeures, la Wrestling Stars, évoquée plus haut, et dirigée par Monsieur Jacky (depuis septembre 2009) et la FFCP-Fédération Française de Catch Professionnel, dirigée par Marc Mercier, et qui est présente sous sa forme actuelle depuis 2006. Entre ces trois acteurs majeurs de la scène française, la concurrence peut être assez féroce, mais elles n’hésitent pas à s’échanger leurs meilleurs catcheurs le temps d’une soirée pour le bonheur de tous les fans. Ainsi, Driss Djaffali, catcheur très aérien et symbole du renouveau du catch français, fut formé à la FFCP, et a également combattu sous les couleurs de la ICWA.

 

L’ICWA, au-dessus du lot ?

 

L’ICWA a le mérite de proposer quelque chose de différent de sa concurrence hexagonale. Le but n’est pas de faire du catch français, mais du catch à la française. La nuance pourra vous paraitre tenue mais elle est de taille. Il suffit d’étudier le fonctionnement des fédérations voisines pour mieux comprendre où nous voulons en venir. Celles-ci fonctionnent sur le principe du « Cocorico » : On forme des champions de France par catégorie de poids (comme en boxe), parfois une « équipe de France » (FFCP), et les catcheurs étrangers se disputent dans leur coin un « IC Title » sorti de nul part. Et cela ne va guère plus loin. C’est une vision qui peut sembler réductrice, mais qui assez symptomatique d’un certain catch français. A l’ICWA, on ne s’embarrasse pas de tout cela. L’ambition de son fondateur, Daniel Jalbert aka Booster, est de faire du catch selon des codes typiquement US, sans chercher à imposer des spécificités françaises au nom d’on sait quelle exception culturelle. Le point fort de l’ICWA réside dans un roster majoritairement français, composé pour partie d’élèves qu’elle a formés, mais surtout, toutes les ceintures sont « open » sans restriction particulière de poids. Un peu comme à la WWE, les meilleurs disputent le championnat poids-lourds, les autres lorgnant sur des ceintures secondaires. Enfin, l’ICWA ne se cache pas derrière des titres pompeux empruntés au monde du sport, tel que « Fédération » (au sens de la FFCP) ou « Directeur Technique National ». La fédération de Booster assume à fond son côté divertissement et ce d’autant plus que juridiquement parlant, les catcheurs sont des intermittents du spectacle, relevant du ministère de la Culture…

 


Non je regrette, je ne connais pas ce monsieur Booster.

 

 

Autre argument de poids en faveur de nos amis, la fédération de Booster & Co cherche en permanence à se renouveler. Ainsi l’ICWA a-t-elle décidé de se lancer dans la création de ses segments « backstage », d’éditer des dvd, d’innover sur les stipulations de match, et surtout de quitter la cadre associatif pour créer sa propre structure professionnelle en mai 2008 en devenant la « première et unique structure professionnelle d’organisation de spectacle de catch en France. ». L’ICWA jouit également depuis Revolution 5 d’un statut officiel: elle est reconnue par la NWA (National Wrestling Alliance), qui lui abandonne certains titres (championnat d’Europe, championnat poids moyens) et avouons-le, avoir Christophe Agius est un avantage concurrentiel évident. Et puis L’ICWA a parfaitement compris que le catch français était prisonnier de son passé forain. Ce fut la première (et selon nous la seule) à offrir de réels gimmicks, modernes et subtils. En comparaison, la Wrestling Stars propose aussi des gimmicks claires, mais bien trop basiques et caricaturales pour soulever l’enthousiasme des foules. On pense à « Jimmy Gavroche, le gamin de Paris », entrant sur le ring avec sa baguette et son béret, ou « Axe Man, le Kaporal Allemand », pour ne citer qu’eux.

 


Et après on s’étonne que les ricains se foutent de notre gueule.

 

 

L’ICWA, elle, a su mettre en avant le côté « identification du public », en proposant à ses fans des gimmicks bien plus fins et surtout, dans l’air du temps. Le Hooligan du PSG, l’échappé de l’asile, le Big Man inquiétant, le prétentieux mondain (l’ICWA compte dans ses rangs Roméo, catcheur présenté comme « le petit ami de Paris Hilton »), mais surtout des mecs doués au micro. Il faut oser, en étant heel, devant une foule de 200 a 2000 personnes, faire une promo en Alsace en évoquant le conflit de la Seconde Guerre Mondiale, ou balancer froidement à un public nordiste «Il paraît que y’a des fans du RC Lens ici, profitez en, ce soir vous allez voir du sang et de la pisse !». Cela pourra vous paraitre basique, dit comme ça, mais face à un public souvent composé de marks, ça fait son petit effet et a le plus souvent pour conséquences de galvaniser un public pas toujours au fait des codes spécifiques de la discipline. Et cela semble fonctionner plus que bien, merci pour eux puisque l’ICWA a cessé de fournir des rouleaux de papier-toilette à balancer sur le ring, tant certains se faisaient bombarder par une assistance ravie de se prêter au jeu…

 

Un Roster qui peine à se renouveler.

 

Le roster de la fédération (qui fera l’objet d’un article spécifique) compte une trentaine de catcheurs réguliers, dont très peu de filles. En effet, le roster féminin ne semble composé que de trois catcheuses « made in ICWA »: « Bad News » Bulla Punk (madame Booster à la ville), sa rivale Kym Kaycee et une nouvelle catcheuse française formée à Atlanta, j’ai nommé Amy Morgane. De fait, la ICWA a souvent eu recours à des catcheurs venus de l’extérieur, tant pour les combats masculins que féminins. Ceci a permis d’accueillir quelques «légendes » telles que Bryan Danielson, Rene Dupree, Gangrel ainsi que … Serena Deeb que les suiveurs de SmackDown et de la SxE connaissent bien. Mais si roster est correctement fourni (rien ne sert forcément d’avoir 100 catcheurs, si c’est pour que la moitié ne soient jamais exposés), il se renouvelle peu. L’ICWA dispose certes depuis peu de sa propre école et forme à tour de bras mais, il faut un certain temps (8 a 12 mois pour un catcheur, 6 a 8 mois pour un arbitre, qui eux au moins, savent vendre le show, particulièrement lors des matchs par équipe.) pour faire d’un élève un prétendant crédible à un titre, même mineur. En attendant on retrouve toujours les mêmes têtes dans la course aux ceintures et les conséquences de cette faiblesse relative de roster ne sont pas négligeables. Ainsi certaines confrontations sont elles parfois pour le moins déséquilibrées, tel catcheur de tel poids n’ayant pas d’opposant de son niveau, ou d’opposant de son gabarit. Résultats? Des matchs parfois assez bizarres entre des catcheurs au physique longiligne, et d’autres bien plus massifs (exemple de la rivalité Phoenix/Hooligan Beef), avec tout ce que cela implique comme de prises difficiles à porter, ou volontairement botchées pour permettre de les porter.

 


Des prises volontairement botchée? Steph, appelle les pour voir si ça les interesse de récupérer Khali.

 

 

Pourtant, ca ne choque pas plus que ca. Face à un public peu connaisseur, l’important n’est pas la quantité de prises effectuées mais la qualité du spectacle proposé, en termes de variété, de rebondissements lors des matchs, de storytelling… Et de ce côté on est relativement bien servis. Si comparaison n’est pas raison, lorsqu’on assiste à un énième John Cena vs Randy Orton, ou qu’on voit Ted DiBiase Jr se faire laminer par Triple H six fois en deux mois, cela provoque une certaine lassitude, le fan exigeant sommeillant en nous fait la fine bouche, mais on s’éclate quand même lorsque l’on nous raconte une belle histoire. Le processus est le même à l’ICWA, le plus important étant la façon de bien vendre un combat.

 

Evidemment, les critiques existent, notamment sur le booking qui veut que les mêmes têtes aient toujours les mêmes ceintures, que le merchandising soit centré sur 3-4 catcheurs… Mais Business is business et il est logique que la fédération mise sur ses valeurs sûres. Et surtout elle est capable d’assurer un show avec uniquement des catcheurs formés en France. Et à une époque où l’on cherche à redorer le blason du catch en France, c’est un point important.
Pourtant, l’ICWA ne cherche pas à créer un catch spécifiquement français. Elle fait du catch, avec des français, mais ses influences viennent clairement d’outre atlantique.

 


Steph, raccroche et dis à Beauster d’aller se faire foutre. Appelle notre avocat pour voir si y’a moyen de se faire du fric en leur collant un procès.

 

 

WWE Inside

 

La ICWA ne l’a jamais caché, elle s’inspire très clairement du catch à l’américaine, les moyens en moins. Cela donne un fonctionnement assez intéressant. Tout d’abord, au niveau de l’organisation des spectacles : l’ICWA dispose de son propre générique (« Let me entertain you » de Robbie Williams), mais au fil du temps elle a surtout construit deux types de shows majeurs qui pourraient correspondre, pour l’un, à Wrestlemania, le truc de l’année, et pour l’autre à quelque chose d’exclusif, puisque c’est un show récurrent se déroulant toujours au même endroit (une sorte de PPV qui aurait lieu en permanence à Stanford), les shows itinérants ne portant pas, eux, de marque de fabrique spécifique. On parle ici des shows Army (6e édition à venir), se déroulant exclusivement sur les terres d’origine de l’ICWA (à Laventie, dans le Pas-de-Calais), et des shows Révolution, qui correspondrait donc à notre grandest stage of them all et qui étaient surtout organisés dans l’est de la France lors des premières années. La cinquième édition de Revolution, qui a eu lieu à Lille et a rassemblé 3.000 personnes venues observer un spectacle sans précédent commenté par Agius et Chereau, entrera certainement dans les annales du catch français. L’ICWA proposa notamment un match de l’échelle dont le principe rappelait étrangement celui du Money in the bank, associé à un Scramble match (« Sept lutteurs vont entrer sur le ring. Deux entrent immédiatement, puis un catcheur toutes les minutes. Les catcheurs ne pourront tenter de décrocher l’objet suspendu uniquement lorsque tous les catcheurs seront rentrés sur le ring. Le vainqueur dispose d’un match de championnat d’une durée de dix minutes, pendant un an. ») ou encore un casket match avec Gangrel en guise de main-event, comme nous l’expliquions plus haut. En effet, Revolution est généralement l’occasion de voir évoluer une guest star reconnue dans le monde du catch mondial.

 

 

 

Mais ce serait s’endormir sur ses lauriers que de tout miser sur ces deux shows. L’ICWA a le mérite d’innover, proposant nombre de stipulations « à l’américaine ». Ainsi, après avoir organisé des TLC, Ladders, MITB, la fédération de Booster & Co a poussé le bouchon encore plus loin en organisant pour la première fois un match en cage, à Elouges (Belgique). Elle fit encore « mieux » par la suite, en créant le premier titre Hardcore, intitulé « XTC » (pour X-Treme Championship ), titre gagné par Booster lui même, au cours d’un tournoi dont les matchs, uniquement Hardcore, ont permis d’utiliser des Kendo Sticks, des punaises, des tables, des chaises, et des objets enflammés.

 


Même le logo en jette plus que la défunte ECW.

 

 

Mais surtout, l’ICWA se distingue par un booking de qualité. Comme on le disait plus haut, le catch en France souffrait d’un certain mauvais booking. L’ICWA présente la particularité d’offrir un booking basique, mais évident. Citons par exemple le match inspiré du MITB. Il aurait été simple de penser que le match aurait été cashé avant le ME. Mais la construction du match (cash après une victoire d’un heel sur un « ami » face du challenger) était potentiellement intéressante et a permis de mettre en bouche comme il fallait le public pour le clou du spectacle. Dans le même esprit lors du show du 14 juillet, en plein air à Merville (59), la moitié des champions par équipe (Heel) menace d’agresser Chris Agius, avec une chaise pour inciter le champion face à accepter un match de championnat du monde… et lors du main-event, le titre reste entre les mains du face, sur intervention avec une chaise d’Agius pour contrer une prise dans le dos du champion en titre, pendant que l’arbitre était au sol… Vous voyez? Simple mais efficace, et la foule a ce soir là parfaitement réagi. Comme l’a déjà dit plusieurs fois Christophe Agius lorsqu’il parle de l’ICWA, «Notre « booking » n’est définitivement pas le plus évolué mais Daniel et moi sommes d’accord sur le fait que la simplicité est synonyme de succès ».

 


Burp! Tout pareil pour mon gimmick!

 

 

Le futur, que leur réserve-t-il?

 

Comme toujours, l’ICWA cherche encore et encore à grandir et à solidifier son édifice. La structure « entreprise » permet de rêver de développement et surtout, depuis le 21 septembre, l’ICWA dispose de son propre centre de formation. En effet, jusqu’à aujourd’hui, les cours et formations avaient lieu dans un Dojo (de judo, donc) à Laventie. Mais, la demande croissante des apprentis catcheurs, le souhait de développement, la volonté de rester au top, ont incité Booster et sa troupe à investir, et à créer l’ « Institut National de Formation au Catch. ». L’INFC est le seul centre d’entraînement en Europe ouvert toute la semaine, de manière continue. Ce lieu n’a qu’un seul et unique but : former des catcheurs, des catcheuses, des managers, des valets, des arbitres, … bref tous les métiers que compte le monde du catch.
Doté de matériel dernier cri (tatamis, ring, espace vidéo) son but est clairement affiché: former les catcheur et créer le business de demain, tout en assurant des conditions optimales de formation, en toute sécurité, la lutte contre le backyard wrestling étant l’un des chevaux de bataille de l’ICWA, qui a même fait une campagne photo et vidéo contre ce danger public. On ne se fait pas trop de soucis pour eux, le futur devrait être souriant.

 

 


A demain car je suis Arthemiz Gordon et j’ai encore envie de vous parler de catch français!

 

 

Les prochains Shows ICWA

 

le 6 Mars à Langan (35), le 26 Mars à Rennes (35), sont deux dates confirmées, mais la ICWA a prévu de nombreux shows courant Mars-Avril, et seront bientôt annoncés Army et Revolution. Consultez régulièrement le site de l’ICWA pour trouver d’autres dates de shows.

 

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