Catch

NXT: lever de rideau

Je m’intéresse à l’avenir car c’est là que j’ai décidé de passer le restant de mes jours.
Woody Allen

 

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où Wendi Richter a fait plein de cochoncetés dessous.

 

 


Cette image n’a absolument rien à voir avec le reste de l’article mais c’était juste pour manifester ma joie.

 

 

Review de nXt du 23 février

 

Allez, tiens, on va commencer par ce hors-sujet là. Wendi Richter intronisée au Hall of Fame. Cette chère Wendi qui a, à une époque, été l’épouse d’Hugo Savinovitch, commentateur espagnol de la WWF, mais a surtout été le symbole du renouveau du catch féminin aux Etats-Unis. Bien plus athlétique, technique et glamour que Moolah (et aussi bien meilleure camarade que cette vieille carne, à ce qu’il paraît), elle avait réussi à s’imposer comme une actrice incontournable du business avant que Vince McMahon ne lui joue un sale tour en réalisant à ses dépens le tout premier Screwjob de sa carrière.

 

 


Ceci dit, moi, je lui préfère quand même Katie Lea mais bon, c’est un autre problème …

 

 

Cette pauvre Wendi, bookée pour conserver sa ceinture contre une certaine SpiderLady au MSG en 1985, s’est retrouvée victime d’un tombé impromptu et compté très vite par l’arbitre avant de découvrir que son adversaire n’était pas une Japonaise masquée et inconnue comme prévu mais cette grosse vache déjà sexagénaire de Moolah, toujours en quête d’un moment de gloire immérité.

 

 


The Fabulous Meuhhla, membre du Hall Of Fame.

 

 

Il est donc aussi surprenant qu’ironique qu’elle entre au Hall Of Fame au moment même où la WWE a sorti du placard le Montreal Screwjob. Mais on ne peut que se féliciter de l’y voir, surtout au côté de Moolah qui, avant d’être la grand-mère assez sympathique que certains ont appréciée durant l’Attitude Era, était, autant le dire, aussi forte en intrigues backstage que Triple H, aussi velue que Mike Knox, aussi bedonnante que Matt Hardy et aussi peu impressionnante dans le ring que les Bella Twins.

 

 


Votre serviteur avait prévu de faire une blague sur Bret Hart, l’inventeur du match de l’échelle à la WWF et Wendy Richter mais à la place, vous aurez juste une photo d’Earthquake (qui étrangement n’a jamais pris part à un match à l’échelle).

 

 

Trèves de bavardages, causons donc maintenant de NXT et de ses quelques petits ratés au démarrage, notamment les promesses non tenues de la WWE: on nous avait annoncé MVP comme mentor pour un rookie nommé Skip Sheffield mais ce sera finalement William Regal qui tiendra ce rôle, pour des raisons qui n’ont pas été expliquées à l’antenne. C’est toujours idiot de vendre un truc et d’en donner un autre mais bon, la WWE nous a habitué à bien pire et je ne suis pas sûr qu’on perde au change.

 

 


D’ailleurs, dites à ce loser de MVP que je suis aussi le seul membre du roster à avoir fait un match contre Antonio Inoki.

 

 

Autant le dire tout de suite, NXT semble avoir été uniquement construit pour permettre à Bryan Danielson, renommé Daniel Bryan pour l’occasion, de briller. Les autres vrais gros espoirs de la FCW (que ce soit Brett, le frangin DiBiase ou Joe Hennig, le fils de Mr Perfect, voire même Kaval, au passé déjà riche sous le nom de Low-Ki) ont été laissés en réserve et seul le champion en titre Justin Gabriel a été convoqué.

 

 


Et il a l’air sacrément bien parti.

 

 

L’association géniale de Bryan avec le Miz a permis de générer du buzz Internet sur lequel la WWE a su rebondir lors de l’Elimination Chamber et même à RAW. La communauté des internautes fans de la ROH (celle-là même qu’on surnomme ROH Bots) est tombée dans le piège tendu à sa destination à Stamford comme le mark de base, s’indignant qu’un « Rookie » comme Danielson ait pour mentor un gaillard comme le Miz, pur produit de la télé-réalité et à l’expérience dans le ring bien moins longue que celle de son nouveau protégé. Autant dire donc que NXT est déjà sur de bons rails en ce qui concerne son build-up grâce à ça; il reste maintenant à assurer au niveau de l’émission elle-même.

 

Et le show a finalement plutôt bien fait le boulot. Mais commençons par décrire le dispositif de l’émission. Première bonne nouvelle, ce n’est absolument pas un Reality Show mais un vrai show de catch où les segments backstage sont assez importants et où les matchs ont lieu « en direct ». Aux commentaires, Michael Cole & Josh Matthews, assistés de Matt Stryker dans le rôle de l’intervieweur backstage.

 

 


Bon, les nouveaux: leçon numéro 1, trouvez un slip avec votre nom marqué dessus et enfilez-le.

 

 

Chaque paire Rookie/Pro fonctionne sur la base de binômes qui m’ont l’air plutôt efficaces. Commençons par Darren Young, le protégé de CM Punk qui s’est copieusement fait squasher ce soir sous le regard indifférent de son mentor. Le match était sans intérêt mais il fait avancer une storyline qu’on voit arriver gros comme une maison: il ne pourra briller dans le ring qu’une fois son immonde coupe de cheveux rectifiée. Son adhésion totale à la Straight Edge Society le transformera alors et il pourra enfin faire payer la monnaie de leur pièce aux gros balèzes qui vont l’écraser dans les semaines à venir.

 

 


Désolé pour le spoiler, mais si ce type garde une telle coiffure jusqu’à la fin du show, c’est que je ne comprends rien au catch.

 

 

Ce Darren Young a d’ailleurs été squashé par David Otunga, l’un des atouts majeurs de la WWE pour NXT. Il est intrigant, ce jeune homme, avec son gimmick de cocky heel qui se la pète grave. C’est vrai aussi qu’il a tout pour lui: un diplôme d’avocat à Harvard (ce qui devrait lui assurer un mic-skill pas totalement naze), un bon look avec des gros biscotos et surtout une femme actrice qui a reçu un Oscar. D’ailleurs, fait exceptionnel, ce people a même eu le droit de conserver son vrai nom alors que la WWE attribue un nom de scène à tout nouveau catcheur depuis les débuts de CM Punk.

 

 


Il paraît qu’il y a aussi des photos d’Hornswoggle et de Sarkozy qui circulent sur le web.

 

 

Mais le plus intéressant risque bien d’être son appariement avec R-Truth, bien différent dans son gimmick et babyface. Une bonne storyline entre les deux pourrait à terme faire des étincelles. Reste à savoir si Otunga est au niveau dans le ring, parce que c’est pas avec un squash match de 2 minutes qu’on pourra le juger. En tout cas, ses débuts ont été efficaces.

 

 


Bon, leçon numéro 2: ça, là-bas, c’est un ring.

 

 

Par contre, j’avoue que je suis assez circonspect sur le filleul de Chris Jericho, Wade Barrett. J’ai évidemment tendance à bien l’aimer, étant assez fan des catcheurs issus de la perfide Albion. Il a un vrai look de Heel, beaucoup de talent au micro paraît-il (il a fait quelques temps le commentaire de la FCW avec Dusty Rhodes) mais voilà, il y a un hic énorme… Il ressemble beaucoup trop à un jeune William Regal, autant dans son attitude que dans ses vêtements. Evidemment, il y a pire comme modèle, Regal étant un Wrestler’s wrestler, le genre de type qui, comme Finlay, est le catcheur préféré des catcheurs. J’espère qu’il saura assez vite se trouver une personnalité propre parce que la comparaison pourrait bien lui être fatale.

 

Côté tag match, on a eu droit à un Christian & son filleul Heath Slater contre Michael Tarver et son mentor Carlito. Le match, tenait la route, vu le temps qu’il a eu et s’il n’avait rien d’exceptionnel, ce qui est normal vu la durée qui lui était impartie, il a permis de montrer que les équipes semblaient bien huilées et que les rookies avaient ce qu’il fallait dans le ring. Leurs deux gimmicks, en revanche, ne sont pas hyper convaincantes: Slater est une espèce de Brian Kendrick version Babyface et Tarver une brute épaisse black, ce qui est assez redondant avec un Ezekiel Jackson. Il faut donc ajouter de la profondeur à tout cela dans les semaines qui viennent.

 

 


Carlito, si on lui pique sa coiffure, il se fâche.

 

 

Bon, et puis, il y a eu Bryan… Daniel Bryan, Bryan Danielson… Appelez-le comme vous voulez, ça ne changera rien: c’est lui la star du show. Un segment d’intro backstage où le Miz le pourrit. Une promo in-ring pour débuter le show, pas trop mauvaise d’ailleurs… Il est clairement le centre de gravité du truc et sa relation avec le champion des Etats-Unis risque bien d’être le fil conducteur de toute la saison de NXT. Et au cas où vous ne l’auriez pas compris, c’est lui qui assure le main-event du show contre le champion WHC en titre: Chris Jericho en personne.

 

 


Que tous ceux qui reçoivent un mega-push lèvent le doigt.

 

 

Danielson a été à la hauteur de tout ce que la WWE a investi en temps d’antenne sur lui. La promo in-ring était solide, j’ai particulièrement aimé sa remarque: « J’aurais voulu avoir Regal au lieu du Miz comme mentor », une petite phrase qui rend grâce au public mark et à l’immense talent de Regal. Et il s’est mieux que bien débrouillé lors du Main-Event.

 

C’est sûr que Jericho est loin d’être le plus mauvais de tous les partenaires quand il s’agit de réaliser un bon match mais quand même, il y avait de quoi s’amuser… Une séquence est déjà un petit bonheur. Jericho est hors du ring et a la tête juste à la bonne place pour un joli baseball slide les deux pieds en avant. Bryan rebondit dans les cordes opposées et s’avance. Jericho recule pour esquiver le coup. Le rookie finit en Tope Suicide, le champion fait un pas de côté et profite de son élan pour placer un tour de hanche qui envoie Daniel Bryan se fracasser les reins sur la table des commentateurs.

 

 


Ask me!

 

 

La victoire revient à Jericho grâce à des Walls des grands soirs, magnifiquement portés dans leur version la plus destructrice, celle qui plie en quatre l’adversaire, mais non sans que Bryan ait auparavant tenté de placer une prise de soumission de son cru. Globalement, si vous aimez les souplesses, les clés de bras, les tours de hanche, enfin tout ce qui fait que le catch est un peu technique, ce match vous fera le même effet que celui qu’un bon porno a sur Rocco Siffredi.

 

Tout ça a bien évidemment conclu un show qui était plutôt bon mais qui a, quand même, un drôle de parti-pris en termes de production. Les techniciens de la WWE semblent parfois se forcer à cadrer mal et à monter à la serpe pour donner un côté Real TV à l’ensemble. Les commentaires sont assez discutables et je ne suis pas sûr que Michael Cole qui a endossé toute la soirée le rôle de l’annonceur Heel, ait les épaules pour une telle place, surtout s’il est censé être le même gars fade avec le King le lundi soir. Et puis, le show était finalement assez moyen pour tout ce qui ne concernait pas Daniel Bryan et la WWE devra aussi construire le show autour d’un concept plutôt que d’un talent… ne serait-ce que pour être sûre de faire une seconde saison.

 

 


Il est des nôooootres, il a pris son bump comme les auuuuutres!

 

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