Catch

C’est NXTra

Une fois qu’on a goûté au futur, on ne peut pas revenir en arrière.
Paul Auster, Moon Palace

 

Bonjour à toutes et tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où je vous avoue que je suis bien content que l’ECW ait été remplacée par NXT. C’est en effet beaucoup plus facile de trouver un jeu de mots avec ces trois lettres-là pour le titre. D’autant plus plaisant d’ailleurs, quand on peut faire référence à Léo Ferré.

 

 


Bryan, futur champion du monde de «Je te tiens tu me tiens par la barbichette».

 

 

Review de NXT du 9 mars

 

Tiens, une fois n’est pas coutume, je vais aller droit au but et attaquer avec l’opener de ce show sans m’égarer en chemin : un tag-team match entre David Otunga et R-Truth contre le Miz et Daniel Bryan. Autant dire qu’on est rassuré côté build-up : il va y avoir de la storyline dans le ring. Entre Bryan, le babyface rookie du show et Otunga, son équivalent côté obscur, il y a, selon les principes fondateurs du catch, une certaine animosité. En plus, malgré une espèce de recadrage à Smackdown, il y a clairement de l’eau dans le gaz entre R- Truth et son protégé. Quant à la paire Miz-Bryan, c’est un binôme où l’un est le souffre-douleur de l’autre. Et puis pour terminer, Miz et Truth ne sont pas non plus les meilleurs amis du monde : l’un lorgne sur les ceintures de l’autre et cerise sur le gâteau, ils se sont mis sur la gueule la veille à RAW (dans un segment gentiment rafraîchissant que je vous conseille d’ailleurs de regarder si c’est pas déjà fait ; c’est si rare de voir des trucs pas trop prévisibles à la WWE).

 

 


Truth, je te préviens, le match commencera pas tant que tu ne seras pas en slip. Allez, hop, vire moi ce pantalon.

 

 

C’est d’ailleurs peut-être ce genre de trucs qui fait que la WWE vend NXT comme un concept révolutionnaire et novateur : il y a quatre mecs autour du ring et on a absolument aucune idée de qui veut taper qui et donc, encore moins d’indices sur qui va frapper qui. Ceci étant dit, l’axe du jour semblait être la discorde entre le Miz et Bryan, le pro mettant clairement en cause les compétences de son protégé dans sa promo d’avant-match. Il constate que Bryan est incapable de gagner et ajoute que l’enjeu du match de ce soir est vital pour lui. La victoire est impérative, il promet même de tout faire pour rayer son rookie du paysage de la WWE en cas d’échec.

 

 


David Otunga est si musclé qu’il peut porter un homme avec ses narines.

 

 

Bon, vous me connaissez, j’aime bien digresser et parler d’autre chose que du show donc pas de raison de changer et je vais vous causer de R-Truth. Autant le dire, j’avoue que le coup de la feud entre deux parrains qui se poursuit au travers d’un match à NXT, je l’avais pas vu venir (et soit dit en passant, c’est probablement pour ça que MVP a cédé sa place dans le show). Et parce que, mine de rien, j’avais pas encore bien réalisé ce qui se passait avec Truth qui a eu un sacré push ces derniers temps … Souvenez de lui cet été en train d’essayer d’imposer le personnage de Pretty Ricky, on ne donnait pas très cher de son avenir à ce moment-là. Mais depuis, il a réussi à se faire une place dans la carte et, très honnêtement, au vu de ses dernières performances, il la mérite : il est plus que légitime pour un match à Wrestlemania (même si je crains que le tag-match ne subisse le même sort que celui de l’an dernier). C’est un peu une tautologie de souligner ça mais je tiens vraiment à l’écrire parce que ses dernières mini-feuds, celle avec Punk et celle avec Jericho, ont été très souvent vues (et notamment dans les commentaires de ce site) comme des dépushs pour ses adversaires alors qu’elles étaient des moyens de l’élever lui vers l’upper-midcard.

 

 


Consternation : Otunga vient de réaliser que son mentor est Pretty Ricky.

 

 

Retour au match, qui était bien sympathique, ma foi, même si j’ai trouvé que David Otunga était un ton en dessous des trois autres. Au vu de son inexpérience et d’un booking qui ne lui a jamais vraiment laissé l’opportunité de porter le match, il est difficile de le blâmer, d’autant plus qu’il a gratifié le public d’un très beau slam réalisé à la volée sur Bryan. Mais, aucun doute, c’est l’ex-champion de la ROH qui a volé le show, notamment avec une série de kicks ravageurs et stiffs en diable sur ce même Otunga ainsi qu’un magnifique dropkick. Puis, la storyline arrive : Le Miz force le changement alors même que Daniel tient une belle soumission et avant que le Rookie du rappeur ne tape, le trouble s’installe alors dans le ring et Truth s’invite dans le dos de l’arbitre. Un, deux et trois, Miz est battu par Otunga et commence alors la longue farandole des reproches entre le champion des Etats-Unis et son « protégé ». Rien à redire donc sur le match, solide et qui arrive à remplir à peu près tous ses objectifs : vendre le tag-team match de Mania, continuer la feud Bryan vs The Miz et pusher Otunga qui, mine de rien, vient de river les épaules à un « pro ».

 

 


… le premier de nous deux qui rira, aura une tapette.

 

 

D’ailleurs, et c’est promis, c’est le dernier aparté … J’adore la catchphrase d’Otunga : « Google me » : simple et efficace. En fait, je l’aime tellement que j’ai même réellement tapé dans mon moteur de recherche favori (au moins pour censurer l’information en Chine, n’oubliez pas que Google, c’est comme Microsoft pour tout geek et comme Vince McMahon pour tout fan de catch: l’incarnation d’un Satan impérialiste). J’ai eu 226 000 résultats, soit légèrement plus que quand je tapais le nom d’un ancien champion de la ROH récemment rebaptisé par la WWE et qui est pourtant la coqueluche d’Internet.

 

 


Alors comme ça, t’es le fils caché de Garcimore et Mireille Mathieu?

 

 

La séquence suivante, celle destinée à terminer le build-up du match Slater/Carlito était par contre assez bizarre. Un long clip de promo vidéo qui se continue en une interview de Slater qui raconte avec force détails ses réactions suite à son anicroche avec Carlito et sa pomme. C’était une promo assez réussie de la part de Slater mais complètement ratée parce que le format même de son intervention ne marchait pas … Passer deux minutes à expliquer pourquoi se faire cracher une pomme au visage est humiliant, c’est ridicule, surtout filmé dans une ambiance qui rappelle un film documentaire. Je comprends que la WWE essaye de faire télé-réalité pour donner à l’émission une touche inédite mais, là, la réalisation, excellente au demeurant, l’interprétation du catcheur, réussie, et l’histoire racontée n’allaient tout simplement pas ensemble…

 

 


Il a l’air bien, le nouveau clip de Mylène Farmer.

 

 

NXT se cherche encore en ce qui concerne la manière de rendre à l’écran le côté real TV que la WWE veut insuffler au produit et c’est dommage parce que les deux autres segments backstage (Darren Young et la Straight Edge Society ou Matt Hardy et Justin Gabriel) sont eux bien au point et les rookies sont autant à l’aise devant les caméras que des vrais pros.

 

 


En choisissant comme catchphrase 1.9, Michael Tarver annonce la couleur : il est 1,633 fois moins bien que Steve Austin qui lui allait jusqu’à 3.16.

 

 

Le match entre les deux était pas mal, assez long, bien construit et pour tout dire digne de ce que la WWE nous sert couramment à Superstars : un bon match de midcard qui permet aux gabarits pas forcément profilés Main-Event de s’exprimer. Rien d’exceptionnel, il aurait aussi peut-être gagné à avoir un peu plus de fluidité. J’ai eu l’impression que l’alchimie entre Carlito et le rookie dans le ring n’était pas vraiment au rendez-vous. Mais, ça n’a pas vraiment handicapé le combat et, pour tout dire, c’est plutôt bon signe. Si Slater fait ce genre de mauvais match avec quelqu’un avec qui ça ne clique pas vraiment, j’attends avec impatience qu’il trouve un partenaire avec qui il a des atomes crochus.

 

 


Je, je suis libertine, je suis une catin.

 

 

Pour les amateurs de résultats, Slater, pourtant plutôt dominé, bat le «pro» lui aussi. Grâce à un roll-up qui suit une petite distraction de Christian à base de pomme. Sa victoire est suffisamment clean pour être incontestable et la perturbation de son mentor assez légère pour ne pas ternir le prestige du tombé, permettra sans doute de rebondir avec un Christian/Michael Tarver.

 

 


T’appelles ça repasser ? J’aurais mieux fait d’aller au pressing…

 

 

En guise de main-event, on a eu droit à un match entre Justin Gabriel, la bondissante sensation sud-africaine et Wade Barett, le britannique protégé de Jericho. Et, là encore c’était un match bien consistant et solide, qui faisait le job dans tous les domaines. Comme les précédents, on pourrait lui reprocher de manquer de ce petit plus qui transforme les bons matchs en très bons matchs. Malgré le finish en forme de 450 Splash qui donne la victoire à Gabriel, notamment pour mieux permettre aux heels de l’assaillir après. Le petit gabarit du Sud-africain permettra même à Jericho de placer un LionTamer en guise de final au show.

 

 


Kama-sutra Jericoholique : aujourd’hui, la brouette ontarienne.

 

 

En guise de conclusions de ce show, je crois qu’il n’est vraiment pas inutile de rappeler que ça a été le meilleur de cette, pour l’instant, courte saison de NXT, au moins en terme de catch. Il ne manquait que deux ou trois petits détails pour que le show soit parfait : de meilleurs promos, éventuellement un ou deux moves plus spectaculaires dans le ring et surtout des précisions de la part de la WWE sur le show lui-même (la durée d’une saison, le nombre de « gagnants », etc …). Mais peu importe, car la saison de NXT n’est pas encore finie et ce soir tous les rookies ont marqué des points en produisant un catch solide et efficace. Je serais même prêt à parier que si la WWE ne donne sa chance qu’à cinq des rookies de NXT sur des shows majeurs, ce seront ceux-là.

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