Catch

L’Histoire sans fin

Ne perdons rien du passé. Ce n’est qu’avec le passé qu’on fait l’avenir.

 

Anatole France

 

 

On peut discuter de la qualité comparée des rosters, des matchs et des storylines de la WWE et de la TNA. Mais il y a un domaine dans lequel la domination de la fédé de Stamford est indiscutable: la richesse de son histoire pluri-décennaire et sa capacité à l’utiliser pour alimenter ses récits. Cette semaine en a encore offert l’illustration.

 

 

 

 

 

Allez Mark, rappelle-lui pourquoi on t’appelait Sexual Chocolate dans le temps!

 

 

 

 

Nalyse de Raw du 8 et de Smackdown du 12 mars

 

 

L’Ultimate Warrior squashant Triple H comme une merde ; Chris Jericho contre Shawn Michaels à Wrestlemania XIX et contre Christian à Wrestlemania XX ; le segment Highlight reel, de ce même Y2J; la streak de l’Undertaker, avec des images de ses matchs contre Giant Gonzales, Diesel et autres Mark Henry ; la carrière de Shawn Michaels, retracée dans un nouveau DVD à sa gloire; les premiers TLC entre Edge/Christian, les Hardy et les Dudley; Edge contre Mick Foley; la montée en puissance parallèle de Cena et Batista au milieu de la dernière décennie ; la feud entre Rey Mysterio et Eddie Guerrero pour la garde du fils de Rey, Dominic; les Bushwhackers, le British Bulldog, Lex Luger…

 

Autant d’événements et de noms plus ou moins anciens qui ont été évoqués ces jours-ci, et on ne vous parle même du remâchage récurrent du Montreal Screwjob qui constitue le fil rouge de la feud McMahon-Hart. A l’approche de son solstice païen, la WWE se fait sérieuse, voire compassée, et met en perspective sa propre Histoire – une histoire que des montages efficaces et des promos finaudes transforment en véritable épopée. Son passé est si riche que, quand ses grands anciens refusent de rester sagement dans la vitrine à trophées et vont monnayer leurs rhumatismes et leurs derniers litres d’hémoglobine chez la concurrence, la WWE peut même se permettre le luxe de les rayer de son auto-célébration. Ainsi d’Hulk Hogan et Ric Flair (près de 120 ans à eux deux), qui se sont joyeusement saigné dessus à la TNA ce lundi. Ils n’apparaissent plus dans le générique de la WWE et Ric Flair, qui a affronté aussi bien l’Undertaker que Shawn Michaels à Wrestlemania, a été soigneusement effacé des vidéos hypant la revanche entre le mort et vieux beau.

 

 

 

 

 

Et la Pravda saura vous convaincre que Hogan et Flair n’ont jamais existé.

 

 

 

 

On a déjà souvent souligné la qualité des vidéos rétrospectives de la WWE, qui ne le cèdent en rien aux meilleurs trailers hollywoodiens. Celles destinées à faire monter la pression avant l’acte II de l’opposition Undertaker-Shawn Michaels sont particulièrement réussies, à la fois par les images choisies et par la musique de fond (un Johnny Cash particulièrement traînant). On se croirait dans un western désabusé à la Impitoyable… Cette fois, le statut légendaire des duellistes a été encore plus hypé par des images de plusieurs autres catcheurs faisant part de leur respect pour les deux vétérans. Images probablement tournées à la veille de l’acte I, si l’on en juge notamment par le menton glabre de CM Punk…

 

Michaels, présent à la WWF/WWE depuis 1988, et le Taker, dans la place depuis 1990, sont deux des principales icones de la fédération. Deux dinosaures dont l’aura, miraculeusement, est toujours aussi brillante après deux décennies de bons et loyaux services. Dans ce contexte, et spécialement après leur superbe premier match à Mania l’an dernier, la storyline s’écrit d’elle-même. Ici, pas besoin de ceinture, il n’est question que de prestige. D’ailleurs, quelqu’un a-t-il remarqué que l’Undertaker, qui était Champion du monde poids lourds en entrant dans l’Elimination Chamber, n’a jamais pensé à demander son rematch à Jericho? Il s’en fout du titre, le croque-mort. Il veut régler une bonne fois pour toutes le cas de ce nabot qui, étrangement, est surnommé Mr Wrestlemania à sa place.

 

Quant à Shawn, pareil, rien à péter des titres, il a tout prouvé, tout gagné, il ne lui reste qu’une seule chose à faire, c’est défoncer le Taker à Mania. Pour rendre tout ça encore plus appétissant, la carrière de Shawn est cette fois en jeu, et le match sera Extreme Rules. Ce dernier point est la principale nouvelle de la semaine, et c’est une excellente nouvelle. Le combat n’aurait sans doute pas pu être aussi bon que celui de l’an dernier si cette règle féroce n’avait pas été ajoutée.
Ce lundi, les deux hommes ont encore livré une belle promo commune à Raw, Michaels apparaissant plus sûr de soi qu’il l’a jamais été. La forme (« t’as peur de moi », « toi-même d’abord ») importe peu. L’essentiel, c’est le fond: il s’agit d’une question de suprématie. Qui est le meilleur de cette glorieuse génération, Michaels ou le Taker? La question sera réglée de façon définitive à Mania, et si on aime le catch, on ne peut qu’être happé par cette histoire où la WWE joue à sa main, en convoquant l’Histoire, la Légende, l’Exploit et tutti quanti.

 

 

 

 

 

Le Taker n’est plus tout jeune, alors son opticien lui fait des tests d’acuité visuelle sur mesure.

 

 

 

 

La suprématie générationnelle est également au cœur de la feud Batista-Cena. Les deux pubs ambulantes pour stéroïdes ont démarré tous les deux en 2002. Cena est devenu la vitrine souriante et un peu niaise de la compagnie, Tista n’a jamais, malgré ses efforts, été aussi populaire, du coup il révèle maintenant sa vraie nature de brutasse. Là aussi, ça marche parfaitement bien, et on a l’intuition que ça marcherait tout aussi bien sans que le titre WWE soit en jeu.

 

 

 

 

 

Voyez-vous Josh, à l’issue d’un long mais fructueux exercice d’introspection, je suis parvenu à la conclusion que John représente, en réalité, ma Némésis spirituelle. Il m’incombe donc de me confronter à lui afin de mettre mon Moi en adéquation avec mon Surmoi. Vous suivez?

 

 

 

 

Ces deux feuds ne sont bien sûr pas les seules où une question d’honneur et de place dans l’Histoire prend le pas sur les préoccupations quotidiennes du genre gagner un titre, se venger de celui contre qui on l’a perdu, etc. Il y a aussi la guerre, en jachère depuis douze ans, entre Bret Hart et Vince McMahon. Là encore, c’est l’Histoire que l’on convoque, l’Histoire que chacun écrit à sa façon. Ces trois feuds marchent si bien car elles sont toutes crédibles. Oui, un suiveur peut croire que, après vingt ans à flamber dans les rings et à se forger une aura légendaire, Michaels et le Taker décident de se mesurer l’un à l’autre, au point que ça les obsède littéralement. Oui, l’opposition entre le bosseur et sympathique Cena et l’arrogant freak génétique Batista a aussi des accents de vérité. De même que la volonté de Bret Hart et de Vince McMahon de se casser mutuellement la gueule après des années passées à se dauber dessus dans les médias.

 

 

 

 

 

D’ailleurs, même les suiveurs les plus sceptiques se laissent prendre à ces storylines.

 

 

 

 

On peut même, avec un peu de bonne volonté, inscrire la feud naissante entre Triple H et Sheamus dans cette catégorie. Certes, cette histoire n’a pas l’intensité des trois précédentes, mais elle répond au samsara du catch (et même du sport au sens large): un jeune champion déboule et veut se mesurer au vieux mâle dominant de la place. Que va-t-il en sortir? Le vieux a-t-il encore assez de puissance pour défendre son territoire, ou bien devra-t-il courber l’échine? Tout cela a été ciselé par Triple H lors d’une excellente promo à Raw. Oui, Chichi, a-t-il dit en substance, j’ai été comme toi, un jeune connard déboulant de nulle part. Je voulais péter la gueule à tout le monde, montrer que j’étais le meilleur, etc. Ben ç’a pas été facile, et à mon premier Mania, je me suis bien ramassé. T’es sûr que tu veux tenter le coup, que tu veux essayer d’atteindre les cimes, là où l’air se raréfie? Tu serais pas mieux à te faire tranquillou une carrière en midcard avec les Masters, MVP et autres Chavo?
Evidemment, ça convient pas à Sheamus, donc ça fighte, donc ça va aller à Mania, et on verra si Trips est suffisamment pote avec le rouquin pour se coucher devant lui comme si c’était l’Ultimate Warrior. Mais la promo a été bonne, et quand Triple H la joue grand ancien qui sait de quoi il parle (il est là depuis 1995), et qu’il met over son jeune adversaire au lieu de l’enterrer six pieds sous terre (voir le sort réservé à la Hart Dynasty et à la Legacy dans les promos triplachiennes au cours des mois écoulés), hé ben quand il fait ça le prince consort est parfait dans son rôle. Cependant, peu de gens s’intéressent à cette affaire, et il aurait probablement été plus avisé de mettre le titre WWE sur Trips pour hyper un peu la feud.

 

 

 

 

 

Emotion sur Pandora quand Triple H rencontre pour la première fois son Avatar.

 

 

 

 

Les autres feuds n’ont rien de déshonorant, mais ce sont, disons, des feuds traditionnelles. Edge et Chris Jericho auraient pu avoir le reflet, côté Heel, de la guerre des Faces Cena-Batista. Eux aussi ont eu des carrières plus ou moins parallèles, sauf qu’ils ont passé plus de temps à jouer les heels que les faces. Ils ont donc employé les moyens les plus scandaleux pour grimper dans la hiérarchie, et auraient pu, au moment de feuder, se livrer une guerre venimeuse de super-heel à super-heel. Mais les bookers ont choisi de suivre la voie traditionnelle sur ce coup-là (les anciens partenaires qui se disputent, l’un des deux en profitant pour opérer un turn). Le talent des deux hommes est de toute façon tel qu’ils nous feraient avaler n’importe quelle storyline ou presque, alors on va déjà savourer la feud sans nourrir de regrets excessifs quant à la banalité de sa construction. De toute façon, ces mecs là rattrapent tout. Ainsi de l’argument assez con de Jericho, accusant Edge de s’être montré « égoïste » en se blessant; Edge l’a retourné en expliquant que oui, il avait un catch à risques, donc il lui arrivait de se blesser, car il était toujours à fond. On préfère voir un Face obtenir de la pop comme ça (d’autant que c’est justifié, en l’occurrence), qu’en faisant bêtement applaudir l’équipe de basket de la ville où se tient le show… De même, on avait commencé à grincer à force d’entendre Edge insister lourdement pour forcer le public à gueuler avec lui « Spear spear spear! » Mais la seule scène de conclusion de Smackdown – Jericho debout au-dessus d’Edge KO, se fendant à son tour, sur un ton suintant un mépris magnifique, d’une dizaine de « spear » comme autant de crachats – aura suffi à justifier tout ce qui a précédé.

 

 

 

 

 

Qu’est-ce que j’entends? Est-ce un… soupir?

 

 

 

 

La feud Orton-Legacy, elle, ne vaut pratiquement que par le degré de turn du Legend Killer qui en résultera. Car sincèrement, y a-t-il encore quelqu’un qui s’intéresse à Rhodes et DiBiase? Qu’ont-ils gagné, ces deux-là, en s’associant à Orton il y a plus d’un an? Beaucoup de taloches et deux title shots (ratés) pour les titres par équipes. Ca fait maigre. Sont-ils devenus des catcheurs plus dangereux? Un peu, mais un peu seulement. Leur victoire sur DX à Breaking Point avait marqué les esprits, mais rien n’avait suivi. Bref, ils ne sont là que pour permettre à Randy de turner délicatement, du moins espérons-le. Ce lundi, Orton leur a bravement résisté, sans perdre son heelisme pour autant (à commencer par son attaque dans le dos des esclaves affranchis lors de leur entrée). Il a bien entendu fini par succomber à la loi du nombre, mais il est difficile de dire que les Legacy en sortent renforcés.

 

 

 

 

 

Z’auraient mieux fait d’apprendre à faire un RKO ou un Punk Kick.

 

 

 

 

La feud manque de rage, étant donné les mois d’humiliations infligées par Orton à ses sbires. Ceux-ci devraient lui déclarer une guerre totale et sans merci, à présent qu’ils ont décidé de se rebeller! Mais non. A la fin du match, lundi, ils laissent Orton au sol au milieu du ring et s’en vont tranquillement, au lieu d’en profiter pour le bousiller… Quoi qu’il en soit, le match à handicap Orton-Legacy, on vient de le voir, et il est donc peu probable qu’on le revoie tel quel à Mania. Plusieurs options sont ouvertes. Un nouveau handicap match contre la Legacy, cette fois sans disqualification ou en cage; un match en tag team, Orton s’associant à un Kofi Kingston qui n’a toujours rien à faire à Mania pour l’instant, et scellant ainsi un face turn pur et simple; voire, comme le suggère Kevin Eck, la fusion des storylines Orton-Legacy et Triple H-Sheamus, pour un étrange match à handicap deux contre trois à Mania, entre d’une part Orton et Trips, de l’autre Sheamus et les nabots. Un tel scénario serait rendu possible par le combat entre Orton et Triple H prévu pour ce lundi. Un run-in des adversaires actuels des deux grands ennemis de 2009 pourrait les pousser à passer une étrange alliance… Ajoutons à toutes ces spéculations une autre: et si le turn d’Orton n’était qu’apparent? Après tout, il n’a jusqu’à présent rien fait de spécialement Face… Et si Vince McMahon se souvenait de la proposition de Randy de tuer la légende Bret Hart? Ca date d’il y a quelques semaines, mais Orton, alors encore pleinement heel, avait proposé à Vince d’accrocher le scalp de Bret à sa poignée de porte… Bref, qui vivra verra mais une chose est sûre: l’avenir d’Orton se joue là, et c’est le seul aspect de cette feud qui suscite véritablement l’intérêt.

 

 

 

 

 

Tain les boulets, je vais finir par devoir m’incruster au Money in the Bank pour aller à Mania, moi.

 

 

 

 

Une autre feud qui, hélas, ne parvient pas vraiment à prendre de la hauteur, c’est celle entre CM Punk et Rey Mysterio. Rien n’est perdu, mais le chemin pris jusqu’à présent n’est pas très encourageant. La semaine précédente, Punk avait centré une énième brillante promo sur les parents dont les gosses sont fans de Mysterio. Ca tombe bien, ce vendredi, Rey a ramené toute sa famille idéale dans le ring. Madame (une tête de plus que lui), fiston Dominic, rescapé d’une storyline über-vaseuse avec Eddie Guerrero il y a quelques années (une demi-tête de plus que papa) et fillette Aaliyah, neuf ans ce jour (un peu plus petite que lui, ouf, l’honneur est sauf). Quand les Mysterio sortent en famille, on dirait les Sarkozy. Rey était venu ici (à Seattle) pour expliquer aux spectateurs présents qu’ils étaient tous, eux aussi, une partie de sa famille, qu’il les gardait là, bien près de son cœur, et que comme ça manquait un peu de guimauve, on allait à présent chanter tous en chœur « Happy Birthday » pour sa gamine. Le public s’exécuta de bonne grâce, la fillette souriait, les yeux de Papa Mex brillaient, Maman Mex jouait la desperate housewife idéale avec beaucoup de naturel, Fiston Mex était heureux d’être là et CM Punk brisa cet instant de pur bonheur bourgeois en apparaissant, avec sa famille chauve à lui, plus flippant que jamais… et se mit en demeure de chanter à son tour « Happy Birthday » avec un ton de serial killer défoncé à la benzédrine. Jusque-là, c’était parfait!

 

 

 

 

 

Joyeux anniversaire! Joyeux anniversaire Aaliyah! Luke, Serena et moi on va te couper en morceaux et te jeter aux porcs! Joyeux anniversaire! Crève!

 

 

 

 

La suite, hélas, ne serait pas au niveau. Au lieu de laisser libre cours à sa maestria oratoire sur le thème « Rey, père indigne », Punk se contenta de proposer à Rey un match à Mania et un autre ce soir. Certes, il le fit magistralement, s’adressant à tour de rôle aux trois autres Mysterio: mets la main devant les yeux, femme! Bouche-toi les oreilles, enfant! Etouffe les cris sortant de ta bouche, fillette! Car ce soir, votre père va déguster! Punk invita donc la famille mystère à prendre cette allure-là:

 

Rey eut peur, serra sa famille dans un coin du ring, puis s’éclipsa avec les siens, non sans donner un coup de pied de rage dans les marches du ring. Séquence plutôt réussie, mais pour Punk, c’est un peu léger, tout ça. Il a fait une promo de heel finalement assez classique, sans que filtrent ces éléments de gourou straight edge qui font son génie. Bon, on est peut-être un peu trop exigeants, mais on craint que cette storyline soit au final à ranger dans la même catégorie que celle opposant Punk au Taker (sympa mais oubliable) plutôt que celle contre Jeff Hardy (historique)… Quant à la fonction de pater familias outré qui semble dévolue à Rey, on doute qu’il la tienne avec l’intensité mise par Triple H l’an dernier dans le même rôle.

 

 

 

 

 

Ca c’est mon couillon de fils, Dominic, dont j’ai obtenu la garde en battant Eddie Guerrero dans un Ladder Match. Tain, j’aurais mieux fait de me péter une jambe ce jour-là! Haha, je plaisante fiston, je t’adore.

 

 

 

 

Plus tard dans la soirée, Gallows affrontait Kane. A Raw, ce match aurait probablement duré quarante secondes mais ici, les deux big men eurent le temps de construire un combat sympathique et énergique. Au final, Kane claqua le Chokeslam, Punk intervint, entrainant la disqualification de son disciple, et porta un joli GTS au Big Red Machin. C’est alors que Mysterio fonça sur le ring, en chassa Punk, le poursuivit derrière les balustrades et le passa littéralement à tabac! Plusieurs arbitres réussirent à maîtriser Super Mex, pendant que CM Punk, le terrifiant gourou, l’homme qui venait de mettre un putain de Go To Sleep à Kane… s’enfuyait à toutes jambes vers les coulisses, pris de panique.

 

 

 

 

 

Bon Dominic ça suffit, tu rends son masque à papa.

 

 

 

 

Alors entendons-nous bien, on est prêts à voir Rey Mysterio prendre le dessus dans une bagarre avec Punk, mais à ce point-là… Punk s’est enfui comme une chamelle en chaleur devant un Great Khali en rut. Y a intérêt que la semaine prochaine, Rey paie enfin, et cher. Sinon, la réputation du leader charismatique straight edge en aura pris un sacré coup…

 

 

 

 

 

Putain!!! C’est Rey Mysterio!!! TOUS AUX ABRIS!!!

 

 

 

 

Le buildup du match par équipes, lui, se passe harmonieusement. Lundi, Truth et Morrison ont voulu montrer de quel bois ils se chauffent en se faisant intentionnellement disqualifier face à leurs futurs adversaires de Mania pour mieux leur péter la gueule en ringside; vendredi, on a vu deux matchs individuels qui ont remis les pendules à l’heure. Certes, Truth a battu le Miz, mais seulement à cause de l’intervention de Daniel Bryan, rookie rebelle de ce dernier. Puis le Show a battu assez facilement Morrison, renouant avec son côté monstre indestructible, qui avait été quelque peu mis en doute la semaine précédente, quand il s’inclina sans faire grande impression face à Edge. Classique et efficace, pas grand-chose à redire.

 

 

 

 

 

– Je te lâche contre un pass gratuit au Palace of Wisdom! J’ai envie de tâter de la meuf!

 

– Accordé.

 

 

 

 

Dernier élément annoncé jusqu’à présent de Wrestlemania, le Money in the Bank match comptera finalement dix participants, et non huit comme les trois années précédentes (les deux premières éditions n’avaient réuni que six catcheurs). Cette évolution est tout à fait logique. Le MITB permet de trouver quelque chose à faire à de nombreux midcarders, et avec un roster pléthorique comme l’est aujourd’hui celui de la WWE, il est difficile de caser tous les gars méritants. Il ne serait pas étonnant que, de même que par exemple le championnat d’Europe de football, passé de quatre équipes en phase finale en 1960 à vingt-quatre en 2016, le MITB connaisse une inflation continue (cela dit, l’incorporation d’un ppv à thème « MITB » pourrait carrément ôter ce match de la card des prochains Manias).

 

 

 

 

 

– Génial! Si le match passe à 50 catcheurs, j’y serai peut-être, yep yep yep!

 

– Dans un monde idéal, les seules marches que tu grimperas seraient celles menant à l’échafaud, erreur de la nature.

 

 

 

 

Avant les shows de cette semaine, on connaissait sept qualifiés: Christian, Benjamin, Kane, Ziggler, MVP, Matt Hardy et Swagger. Le huitième (que l’on croyait alors dernier de la liste) fut Evan Bourne, qui vint à bout de William Regal en deux minutes à Raw. Ca valait bien le coup de les faire répéter à Superstars la semaine précédente, tiens. La qualif de Bourne est en tout cas une excellente nouvelle pour les amateurs de gros spots. Un Shooting Star Press du haut d’une échelle est pratiquement garanti à Mania, et on peut déjà prendre les paris sur le moment « Oh my god » de l’année…

 

 

 

 

 

Ouais, parce que ce Shooting Star Press, c’est moi qui l’effectuerai! Ban fucking zaï!

 

 

 

 

A Smackdown, quelques jours plus tard, on apprenait que la défaite de Drew la semaine précédente avait été, pour la seconde semaine de suite, annulée par Vince (ce qui n’empêche pas son vainqueur, le sculptural Matt Hardy, de conserver sa qualif). Le Chosen One avait une troisième chance de s’incruster au Money in the Bank, cette fois contre un adversaire choisi personnellement par le big boss. Teddy Long, cette vieille lavette, mit un point d’honneur à préciser que si Drew perdait, il perdrait également son titre IC, pour la peine. Bravo Teddy, maintenant retourne te planquer, faudrait pas que Vince te voie. A ce stade, on savait de toute façon que McIntyre affronterait quelque adversaire pathétique. On s’attendait à découvrir Horsnwoggle, voire une pauvre diva, ou alors Michael Cole… Mais non, on eut droit à un local competitor, et le doute nous étreignit même un instant en voyant arriver un mec à l’allure carrément sportive et présenté comme un champion de MMA et de lutte. Et si la WWE nous ressortait un Milan Miracle? Mais non, faut pas abuser. Drew squasha le jobber et jubila comme s’il venait de faire le tombé sur Drax le Destructeur en finale du Tournoi des Champions. Il va aller se prendre des coups d’échelle lui aussi au MITB, youpi! Striker, très pince-sans-rire, ne se fit d’ailleurs pas prier pour mettre over cette superbe victoire du champion intercontinental.

 

 

 

 

 

Avez-vous remarqué qu’en levant les bras, Drew bande simultanément les muscles des biceps pour avoir l’air plus costaud? C’est la marque d’un grand champion!

 

 

 

 

Le dernier spot dans le MITB paraît réservé à Kofi Kingston, et son inclusion si tardive, si elle a lieu ce lundi, pourrait être plutôt un bon signe pour lui… En attendant, Christian (qui a assuré le coup au commentaire du match de Bourne lundi dernier) apparaît comme le grandissime favori du match. Kofi, lui, cache bien son jeu, enfin espérons pour lui. Ce lundi, il est apparu pendant environ dix secondes, dans la jouissive séquence du gang bang sur John Cena ordonné par Vince McMahon. On ne peut pas dire que l’intervention du Ghanéo-Jamaïcain ait été particulièrement impressionnante. Si c’est tout ce que Cena a comme sidekicks, ça fait un peu léger… Kofi s’est fait dérouiller en moins de deux par Batista, qui l’a renvoyé en midcard d’une powerbomb avant de s’occuper plus avant du cas Cena.

 

 

 

 

 

Kofi a encore quelques progrès à faire pour maîtriser le You can’t see me.

 

 

 

 

Reprenons le cours chronologique des événements. Lundi d’avant, Vince McMahon annonce à Bret Hart qu’il défiera John Cena en personne sept jours plus tard. Le jour dit, évidemment, Vince révèle le vice: ça sera un Gauntlet Match, enfin pas vraiment, enfin ça sera un match où il sera en tag team avec tout un tas de sales connards qui rêvent de casser du Cena. Et le premier sur la liste est… Vladimir Kozlov! Double scoop: Vlad est à Raw, et Vlad est redevenu heel! Au temps pour le nice Vlad entrevu dans les dernières semaines de l’ECW. Mais le scoop, en fait, est triple. Car notre aboyeur favori est revenu en mode monster heel, comme à ses plus belles heures fin 2008! Kozlov a en effet attaqué Cena le premier, quand ce dernier était encore parfaitement frais et sur ses gardes et… il l’a écrasé. What? Si, si. Vladimir Kozlov est entré dans le ring, a attaqué John Cena à la loyale, en un contre un, et l’a pulvérisé comme s’il avait affaire au premier jobber venu. En une trentaine de secondes, il lui a tout fait, y compris sa prise de finition.

 

 

 

 

 

– Vlad, qu’est-ce que tu fous, t’étais censé jobber!

 

– Gueule toi! Cette fois, Vlad sérieux!

 

 

 

 

Cet épisode inimaginable annonce-t-il un nouveau push de Kozlov? On n’en mettrait rien du tout à couper mais au moins, on voit que la WWE est cohérente: le Russkoff n’a pas été vidé, donc il faut l’utiliser, et quitte à l’utiliser, autant que ce soit dans son meilleur rôle. A suivre…
En attendant, Kozlov a fait le tag avec Vince avant de se barrer (pourquoi s’est-il barré d’ailleurs? Dans un Gauntlet Match, normalement, seuls les vaincus doivent partir…). Vince tente le tombé sur Cena, Cena se dégage. Normal. La suite est tout aussi normale, avec McIntyre et Swagger venant à leur tour cogner le super-héros, qui se dégagera chaque fois (et résistera même à Swagger avant de lâcher prise). Mark Henry, rameuté lui aussi, portera à contrecœur son Slam à Cena, mais refusera de lui écraser le crâne avec le gong du ring malgré la supplique de Vince, ce qui incitera Batista à le renvoyer d’un spear au vestiaire.

 

 

 

 

 

– Bon, tape-le avec le gong.

 

– Non, Mr McMahon.

 

– Comment ça, non?

 

– Vous n’avez pas dit « s’il te plaît ».

 

 

 

 

Batista avait promis, au préalable, qu’il ne se mêlerait pas de cette affaire, donnant même sa « parole de champion ». Evidemment, on savait donc qu’il allait intervenir… ce que Cena, interviewé avant-match, avait d’ailleurs appelé de ses vœux. Un mot sur cette courte interview de Johnny. Comme relevé par les gars de 411mania, le Champ y a été excellent, loin de ses habituelles promos « humour pourri / HURLEMENTS SOUDAINS POUR MONTRER SA MOTIVATION ». Il a admis que ce que Batista avait dit la semaine précédente, c’était pas faux, et notamment que c’est Big Dave qui lui avait pété le cou, et que jamais il n’avait réussi à battre l’Animal. Le tout sur un air sérieux, laissant transpirer à la fois une once de doute mais aussi une résolution sans faille. Quand il la joue comme ça, on n’a rien contre Cena, d’autant que, le soir venu, on n’a pas eu droit à un numéro de superman du genre j’éparpille Kozlov, Drew et Swagger d’une main.

 

 

 

 

 

Et la semaine prochaine, pour entériner ma transformation en gars friable, je perds un bras de fer contre Evan Bourne.

 

 

 

 

Finalement, donc, après s’être débarrassé de Kofi, Batista se fit éjecter par un Cena quelque peu ragaillardi, qui enchaînait ensuite en empoignant McMahon, qu’il prépara pour un AA avant de prendre un spear qui mit fin à sa résistance. La Batista Bomb suivit, de même que le tombé triomphal réalisé par Vince. Comme à Smackdown quelques jours plus tard, le show s’acheva sur l’image du champion brandissant sa ceinture au-dessus du challenger vaincu. De la belle ouvrage. Vince apparaît de nouveau comme le machiavélique patron heel qu’il a campé aux plus beaux jours de l’Ere attitude, Batista est une brute calculatrice qui frappe toujours au meilleur moment, Cena est un valeureux Face en péril, rien à redire.

 

 

 

 

 

Haha, je kiffe! Tiens, je vais faire la même au guest host de la semaine prochaine!

 

 

 

 

Les matchs de Mania s’annoncent donc bien, forts de storylines solides, voire saisissantes. Il reste à dire quelques mots de ces malheureux qui, apparemment, devront regarder tout ça à la télé. Naturellement, en période de préparation du Grandest of them all, le menu fretin ne sert qu’à remplir quelques segments très secondaires et à nourrir les grands fauves qui s’expliqueront dimanche 28. Ainsi de l’énième mouture du match Cryme Tyme / Hart Dynasty, sans doute le combat vu le plus souvent en 2009, et qui connut ce vendredi un nouvel épisode… écourté par l’Undertaker en personne! Eh oui, lui aussi en a marre de voir ce match. Au bout de deux minutes, alors que Shad et DH Smith n’avaient pas encore eu le temps d’entrer dans le ring, la patience du croque-mort était déjà à bout. Gong, obscurité, apparition au milieu du ring, vous connaissez le topo. Suivit un massacre en règle des quatre malheureux, qui eurent droit chacun à une prise de finition différente, histoire de rappeler que, avec le Chokeslam, le Last Ride, le Hell’s Gate et le Tombstone, l’Undertaker possède un arsenal aussi létal qu’unique.

 

 

 

 

 

Heu, c’est bien maintenant que je tire la langue?

 

 

 

 

Le coup de sang du Taker étant passé, on a pu s’intéresser à sa meuf. Et la néo-championne a du mouron à se faire, puisque ça y est, Beth Phoenix est passée du côté lumineux de la force. La soirée avait commencé par une discussion amicale entre Tiffany et ce vieux sagouin de Teddy Long, qui n’eut pas le temps de faire valoir son droit de cuissage, car Vickie se mêlait à cette affaire, prévenant la blondasse qu’ici, c’était pas l’ECW, que d’ailleurs Tiffany avait coulé l’ECW, et qu’elle, Vickie, était bien accrochée à son poste de vice-general manager et que si Tiffany voulait devenir califette à sa place, excuse me j’ai pas terminé, ben elle allait devoir ravaler sa dentition de pub pour Colgate! Le temps pour la Guerrero de reprendre sa respiration, la Playboy Girl et l’Oncle Tom expliquèrent que Tiffany n’était là qu’en tant que catcheuse. Belle progression pour une fille qui était encore GM de tout un show il y a peu… Quoi qu’il en soit, Vic la booka contre McCool, histoire de lui montrer d’entrée de jeu que le roster féminin de Smackdown, c’est autre chose que celui de l’ECW (qui se résumait à la seule Rosa Mendes).

 

 

 

 

 

– C’est ta nouvelle pute, Teddy? T’es pas un peu vieux pour ces conneries?

 

– Rappelle-moi quel âge avait Eric Escobar, déjà?

 

– Je ne sais pas de qui tu parles.

 

 

 

 

Tiffany vint au match en jupette de cheerleader, ce qui suscita un instant l’intérêt de la Championne. Alors que McCool avait accueilli l’entrée de la blonde en baillant ostensiblement, elle se mit en demeure, une fois celle-ci dans le ring, de lui soulever sa p’tite jupette, domino-mino, domino-minette. Apparemment déçue par ce qu’elle y vit, elle entreprit de démolir la nouvelle venue, mais évidemment, il ne pouvait en aller ainsi. Mickie blessée, Maria virée, Beth pas encore face avant le début du show, Tiffany était mécaniquement bombardée Face numéro 1 de Smackdown. Du coup, c’est elle qui, à coups de cordes à linge et de dropkicks à hauteur de genou, chassa la Flawless en chef du ring, la poursuivit à l’extérieur et gagna le match par disqualification quand Vickie, n’y tenant plus, vint lui coller, en hommage à son ex, un SPEAR! Enfin à peu près.

 

 

 

 

 

Après le succès de Kelly Kelly, les laboratoires McMahon présentent leur nouvelle création, Kelly Kelly Kelly.

 

 

 

 

S’ensuivait un beatdown de la nouvelle, comme dans toutes les bonnes cours de récréation. Beth déboulait alors, dégageait McCool et Layla, mettait une mandale à une Vickie qui n’en menait pas large et s’apprêtait à finir celle-ci d’un Grand Slam avant que les Flawless ne la sauvent. Alors que Vickie fonçait vers sa loge, en pleurs, et que les chipies rampaient à sa suite, Beth s’approcha de Tiffany, la releva et scella son face turn en lui levant la main au lieu de l’écraser comme un insecte. Normal: Beth a besoin de soutien face aux trois autres. Eclater Tiffany dans ce contexte aurait été stupide, or la femme fatale du XXIème siècle, comme l’appela Matt Striker (qui ne doit pas connaître McOcee), est non seulement sexy et powerful, mais aussi méchamment smart.

 

 

 

 

 

Hé, McCool! Moi aussi j’ai un bouclier humain maintenant!

 

 

 

 

Passons rapidement sur le trois contre trois féminin à Raw. Pour un match de divas de Raw, il fut très correct, avec peu de botchs et un final qui, pour la seconde semaine consécutive, voit Eve triompher, cette fois après une nouvelle démonstration de son étrange prise de finition, une espèce de projection depuis la troisième corde qui s’achève par une prise de soumission… Quoi qu’il en soit, Eve a fait abandonner la championne Maryse, et devrait normalement prétendre au titre assez vite. Tant mieux pour elle, et tant mieux pour nous, la Torres est pas trop mauvaise en ring et, évidemment, pas désagréable à regarder.

 

 

 

 

 

Par contre, pour Gail Kim, rien de nouveau.

 

 

 

 

Un dernier mot sur le guest host de Raw, un pitre nommé Criss Angel. Cet épigone de David Copperfield n’est pas spécialement connu de ce côté de l’Atlantique, et on se demande pourquoi à la vue de son formidable charisme et des tours époustouflants et novateurs qu’il nous a concoctés! Bon, en vérité, il a été chiant, nul et même dégueulasse avec un premier tour qui faillit faire vomir les Bella et Hornswoggle, pourtant habitués aux guest hosts les plus crades: Angel se fit passer un collier de la bouche à l’œil, beurk. Suivirent d’autres skits débiles avec Jillian, Regal/Sheffeld puis Santino, et enfin une apparition dans le ring à la fin pour… annoncer les entrées de Cena et McMahon, avant de disparaître. OK, merci le magicien, nous qui rêvions que tu envoies Hornswoggle dans le soleil…

 

 

 

 

 

Hop! Eh voilà, je vous ai transformé en jobber! Allez, salut!

 

 

 

 

Résumé en quelques mots: des storylines qui, globalement, sont bien menées, quelques combats sympathiques et quelques menues faiblesses facilement pardonnables. Cette semaine, a été marquée par l’irruption de la TNA le lundi soir; la WWE a répondu en mettant l’accent sur son incomparable passé, gage d’un présent et d’un avenir souriants. Et la venue de ce lundi en guest host de l’une des plus grandes figures tutélaires de ce passé glorieux devrait être mémorable…

 

 

 

 

 

Heu, comment on fait un doigt d’honneur en PG, déjà?

 

 

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