Catch

iNXTinguible faim de charisme

La personnalité créatrice doit penser et juger par elle-même.
Albert Einstein, Comment je vois le monde

 

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où cette semaine, on va parler de bouffe plutôt que de catch (oui, j’ai décidé d’innover).

 

 


Et dès qu’on parle de bouffe, devinez qui rapplique …

 

 

Review de NXT du 16 mars

 

Vous connaissez ma propension à parler aussi de tout autre chose que le show et cette semaine, je vais vous parler des Chicken Wings. Non, pas des ailes de poulet frites que vous pouvez trouver dans votre fast-food préféré, mais de la prise de catch. C’est un mouvement qui est tombé en désuétude, une prise de soumission où l’agresseur, placé derrière, comprime les poignets de son adversaire l’un à l’autre dans son dos et le hisse en hauteur. Cette prise de soumission est nommée ainsi parce que l’anatomie de la victime, les omoplates saillantes dans le dos et les bras recourbés en arrière, ressemble effectivement à deux ailes de poulet frites. Elle a longtemps été utilisée dans les années 1980, notamment dans la très belle (et très longue) feud entre Ric Flair et Ricky Steamboat, mais elle est malheureusement tombée dans l’oubli. C’est, en effet, une prise de soumission assez peu télévisuelle depuis que Bret Hart a révolutionné le catch en préférant taper pour signifier son abandon plutôt que de dire à voix haute à l’arbitre qu’il voulait cesser le match. Mais il arrive qu’on voie encore ce mouvement, notamment dans la préparation de certains moves plus spectaculaires.

 

 


Eh ouais, taper pour abandonner, de même que le match de l’échelle à la WWE, ça aussi, c’est moi, et en plus j’ai fait le meilleur match de tous les temps à Wrestlemania, ouais, en toute humilité.

 

 

Retour à la cuisine pour dire que les Chicken Wings, c’est, à l’origine, un plat de pauvres, préparé avec des bas morceaux qu’on jetait et que c’est dans l’Etat de New-York, à Buffalo, au Anchor Bar, qu’il a été inventé. Quel rapport, me direz-vous? Pourquoi la SpanishAnnouceTable se pare-t-elle d’une nappe à carreaux et fait dans la critique gastronomique? La réponse est évidente: parce que le diable, en catch comme ailleurs, est dans les détails. Il n’existe actuellement qu’une personne à la WWE qui est annoncée comme venant de Buffalo, New-York: c’est Beth Phoenix. Et si vous regardez bien son Glam Slam, vous remarquerez qu’il commence par des Chicken Wings. Pour être tout à fait complet et causer comme Wikipedia, le Glam Slam est un Elevated Double Chickenwing Wheelbarrow Facebuster.

 

 


Tu crois que je dois ajouter une T-Bone Supplex à mon move-set pour l’appeler la Ice T?

 

 

Cet interlude passé, venons en à NXT, un épisode assez bizarre, en fait, puisqu’une fois encore, la WWE a changé de subterfuge pour nous faire croire qu’on avait affaire à un show de télé-réalité. Cette semaine, pas de Matt Striker backstage pour faire des interviews, juste une réalisation plus cheap de d’habitude réalisée au grand angle, ce qui a eu pour résultat de nous donner l’impression que les participants étaient sur un ring plus petit. Une seule intervention de Striker, au début, pour nous dire que dans deux semaines (soit juste après Mania), les pros allaient procéder à un vote. Mais on ignore s’il y aura un deuxième tour et si Frédéric Lefebvre sera convoqué pour nous éclairer de ses lumineuses analyses. Et dorénavant, les rookies arrivent avec le report de leurs victoires et défaites. Ces petits aménagements et la suppression des segments backstage nous permettront d’ailleurs d’avoir droit à quatre matchs et non trois comme à l’habitude.

 

 


Non, Matt, on a dit quatre, pas deux.

 

 

On va commencer avec le plus court: celui qui verra Daniel Bryan s’incliner face à un adversaire spécialement choisi pour lui par son mentor, le Great Khali. En général, il n’y pas grand chose à dire d’un squash match, encore moins quand il est réalisé par le Great Khali. Mais voilà, c’est Daniel Bryan qui s’est fait aplatir comme une crêpe… Et il avait encore une fois lacé ses bottes avec la ferme intention de montrer ce dont il était capable. Il a donc fait le maximum et joué à fond la partition, pourtant hyper connue ; du David contre Goliath, du catcheur léger et vif contre un lutteur plus grand, plus puissant et plus lent. J’ai beau fouiller dans ma mémoire, je n’ai pas le souvenir de quelqu’un ayant tiré un aussi bon match du colosse du Penjab.

 

 


Malgré les tentatives de mise au point de Daniel Bryan, les chiottes du Penjab sont quand même largement moins pratiques que celles à la turque.

 

 

Malgré ses efforts, Bryan finira vaincu et plutôt deux fois qu’une, même, puisque le Big Show arrivera à peine le tombé effectué pour l’aplatir une seconde fois. S’il y a une petite chose qui me chagrine à propos de ce match, c’est l’emploi de Khali, ici booké en heel, qui pourrait m’attrister si j’étais fan du playboy sub-himalayen. Et puis, il faut aussi parler du rookie: Bryan a maintenant un palmarès de 0 victoires pour 4 défaites et même s’il a toujours combattu vaillamment, je crois qu’il est temps de lui donner maintenant le droit d’avoir le bras levé par l’arbitre à la fin d’un match. Cela devrait arriver assez vite avec l’imminence des votes, pourquoi pas la semaine prochaine…

 

 


– Dis, Carlito, et toi t’en es à combien au palmarès?
– 0-127, je crois. Ouais, c’est pas brillant, je sais, mais c’est toujours mieux que mon petit frère.

 

 

Continuons notre revue dans le désordre avec le Main Event entre Wade Barrett et Skip Sheffield. Un match assez bizarre essentiellement parce que l’Anglais a un personnage bien défini mais que le cowboy semble, lui, plus difficile à cerner pour le public… Il semblerait que la WWE ait décidé de faire de Sheffield, un reneck un peu simplet mais sympa. Le genre même du jeune qui en veut mais qui n’a pas tiré le bon numéro avec un parrain comme Regal. Le match en lui-même n’a pas été mauvais avec un Barrett très bon dans son rôle de Big Man qui déroule les fondamentaux du heel au style anglo-saxon: dur sur l’homme, toujours prêt à exploiter une faiblesse chez son adversaire. Sheffield, lui aussi est intéressant dans le ring, puissant mais étonnamment rapide pour son gabarit, capable de placer des mouvements de la troisième corde. Le finish est logique dans la construction des deux personnages: Skip, assis dans le coin, jette un coup d’oeil rapide à son mentor, quêtant une approbation; Barrett en profite pour le déséquilibrer et lui asséner son finisher.

 

 


– Tu vois Skip, il faudrait que tu arrives à trouver un truc qui te différencie des autres catcheurs…
– J’avais pensé à gueuler «Yip, Yip, yeah» comme un triso!
– Excellente idée.

 

 

Cela dit, tout ça, n’a pas suffi pour faire de ce main event un match mémorable. Je pense vraiment qu’il y a un problème de construction des deux personnages. Barrett, je l’ai déjà dit, a un bon gimmick et tout ce qu’il faut dans le ring et au micro pour aller avec, mais j’ai toujours l’impression de voir un William Regal 2.0: du talent, donc, mais pas assez de personnalité. Quant à Sheffield, je ne sais pas trop quoi en penser. Le fait que la WWE ait changé de mentor à son propos au dernier moment ne l’a certainement pas aidé et, s’il a maintenant réussi à définir son personnage, il va falloir qu’il fasse ses preuves dans le ring deux fois plus que les autres parce que le côté un peu comique de son rôle n’est en général pas le meilleur moyen de se faire une place dans un roster.

 

 


Le drame de Skip Sheffield: quand il enlève son chapeau, il perd tout son charisme.

 

 

Par contre, je n’aurais pas beaucoup de reproches à adresser au match entre Heath Slater et Michael Tarver. Le combat a été clairement à l’avantage du rookie rouquin (ça c’est de l’allitération, non?) et son build-up semble continuer même si Tarver le détruira après le match, histoire de ne pas trop avoir l’air ridicule. Slater a réalisé quelques beaux mouvements, notamment une jolie vrille vers l’extérieur par-dessus la troisième corde et a réussi à mettre dans ce match la fluidité qui lui manquait un peu avec Carlito la semaine dernière. Il ne reste plus qu’à lui trouver un finisher et cesser de lui donner des victoires sur des roll-ups pour que son build-up soit parfait.

 

 


La WWE rappelle à son public que ses athlètes sont des professionnels entraînés et qu’avoir le slip en flammes peut être douloureux. Surtout ne faîtes pas ça chez vous.

 

 

Mais le meilleur match de la soirée a été à mon sens l’opener opposant Matt Hardy et Justin Gabriel à Darren Young et C. M. Punk. Un long match, bien construit, où Gabriel a eu le beau rôle du face en péril et l’a bien exécuté, résistant aux coups d’un duo bizarre (Young & Punk) mais dont la mécanique en tant qu’équipe était bien rodée… Gabriel nous a même gratifiés d’un magnifique 450 Splash raté mais pas botché, ce qui est un truc très important puisque ce genre de mouvement doit aussi survenir de temps à autre sans forcément fonctionner à chaque fois.

 

 


Malgré les tentatives de mise au point de Justin Gabriel, les chiottes à la sud-africaine sont, elles aussi, moins pratiques que celles à la turque.

 

 

Rien à redire sur les rookies donc: Young, bon worker en heel, et Gabriel brillant dans ses habits de face. Et les autres ont été à la hauteur, surtout Matt Hardy qui a su être présent juste ce qu’il faut pour que toute la lumière soit sur Justin. Quant à C.M. Punk et sa Straight Edge Society, ils ont vraiment pesé sur le match comme il se doit pour un gang de heels: efficacité dans le ring pour Punk, diversions de l’arbitre pour Serena, agressions dans son dos pour Gallows, et un final bien exécuté où Punk inflige un Go to Sleep à Matt Hardy pour que l’homme légal, Young, empoche la victoire. La séquence se conclura, de plus, par une destruction en règle par Gallows de tout ce qui n’est pas straight-edge dans le ring, y compris le partenaire de son gourou.

 

 


Il n’avait même pas bu. Il a simplement rappelé que c’était la St Patrick aujourd’hui.

 

 

Voilà donc pour conclure cet épisode de NXT loin d’être irréprochable mais encore une fois très solide au niveau de l’action in-ring et de son booking. Ce qu’il manque à NXT pour être un excellent show, ce sont des personnalités fortes dans le ring, mais il faut bien aussi que celles-ci s’imposent — que ce soit par elles-mêmes ou par le biais de storylines ou feuds avec les mentors.

 

 


– Que ce soit clair, je préfère mourir piétiné par le Great Khali qu’avoir à feuder avec mon mentor, l’inestimable surhomme Chris Jericho, le meilleur au monde dans son domaine, le best there is,was…
– OK, Wade, c’est très bien, mais gardes-en un peu pour la semaine prochaine.

14 commentaires

Copyright © 2011 — 2018 Kayfabe Media. Tout droits réservés.

En haut