Catch

The show must go on

You have found your replacement for Shawn Michaels as the greatest living wrestler on the planet.

Jack Swagger

 

A peine les larmes avaient-elles séché sur nos joues mal rasées suite à l'adieu déchirant de Shawn Michaels que la vie reprenait son cours effréné avec l'inattendue accession au sommet d'un Jack Swagger transfiguré. Entre émotion devant le départ de l'un des plus grands catcheurs de l'Histoire et excitation face à la percée de l'un des grands espoirs de demain, la WWE nous a encore une fois menés à la baguette.

 

 

Monday Night Raw is brought to you by Kleenex.

 

 

Nalyse de Raw du 29 mars et de Smackdown du 2 avril

 

 

Quatorze minutes. C'est le temps que Shawn Michaels a passé seul dans le ring, en clôture de Raw, à nous faire ses adieux. Un petit quart d'heure sublime empreint de respect pour le public, pour l'Undertaker (apparu en début de discours pour lui tirer littéralement un coup de chapeau), pour Triple H, pour Bret Hart, pour Vince McMahon… mais pas pour le kayfabe. Libéré de toute contrainte, le Heartbreak Kid, souriant et décontracté bien que sincèrement ému, a parlé aussi honnêtement que possible aux milliers de spectateurs retenant leur souffle dans la salle, aux millions hypnotisés par leur télé chez eux et – osons le pathos, car finalement c'est Shawn qui a commencé – à lui-même, histoire de faire une dernière fois amende honorable et de tirer explicitement le bilan d'une carrière sans égale.

 

 

En fait, je peux le dire maintenant, le Montreal Screwjob, c'était mon idée d'un bout à l'autre.

 

 

Shawn Michaels, c'est bien connu, n'a pas toujours été un gars irréprochable. Vraie rock star du catch, il ne s'est pas privé, au cours de sa première carrière (de ses débuts jusqu'à son hiatus de quatre ans en 1998), de capitaliser sur son immense talent naturel pour profiter de la vie – euphémisme pour "s'envoyer des filles et de la coke à la pelle et s'adonner à des caprices de diva égocentrique". Le don inné du Kid lui permettait tous les excès, et il semble avoir été, jusqu'à sa blessure en 1998, un fieffé connard, pour dire les choses comme elles sont. Bret Hart peut en témoigner. Ensuite, blessé, retraité à 32 ans, il lui restait deux options: la déchéance jusqu'à l'OD finale ou la renaissance.

 

 

Mon Dieu! J'espère qu'il a choisi la renaissance!

 

 

En bon mélo hollywoodien, le destin lui a offert une rédemption spectaculaire. Comme souvent aux Etats-Unis à cette époque, celle-ci est passée par la foi évangélique. Born again christian, voici notre junkie trousseur de jupons métamorphosé en père de famille modèle, prêchant sa nouvelle foi avec l'énergie du converti qui a beaucoup à se faire pardonner.

 

 

Holy Bible Knight.

 

 

Ne manquait qu'une intervention du Saint-Esprit. Celui-ci prit la forme débonnaire de Jim Ross venu lui rendre visite pour lui dire, grosso modo, "lève-toi et marche". Et Shawn revint donc, en 2002; un nouvel homme certes, mais un performer toujours aussi exceptionnel.

 

 

Et quand viendra le temps du biopic, c'est Chuck Norris qui tiendra mon rôle.

 

 

Suivirent huit années formidables, qui le virent participer presque systématiquement au meilleur match de l'année de la WWE (voyez par exemple ce qu'en pense PWI). Soutenu par son indéfectible pote Triplache et par le boss himself, il allait donc porter sa carrière WWEsque à un niveau réellement stratosphérique, si bien qu'il n'eut rapidement plus besoin de titre: Shawn se suffisait à lui-même. Ainsi, son dernier run de champion date de… fin 2002. Depuis, il n'a gagné que deux titres par équipes: début 2007 avec Cena et en 2009 avec Hunter. Sur cette période, il a certes eu une bonne dizaine de title shots, mais sans jamais les convertir.

 

 

– Tu sais ce que j'aime chez toi, Shawn? C'est que t'es pas un de ces types obsédés par leur nombre de titres. T'es bien au-dessus de ça.

– Ca va Hunter, tu peux arrêter le baratin, je prends ma retraite là.

 

 

Michaels était devenu une légende vivante de la WWE, plus importante que les titres, imposant le respect par son talent et son incomparable expérience. De ce point de vue, seul l'Undertaker pouvait sembler son égal. La confrontation était inévitable entre Mr Wrestlemania et Streakman. Deux matchs historiques à Wrestlemania contre le croque-mort plus tard, Shawn peut s'en aller le cœur léger.

 

 

Magne-toi, Frodon. Le navire pour l'Ouest va mettre les voiles..

 

 

Tout cela fut exprimé dans une promo extrêmement touchante et très personnelle, Michaels n'hésitant pas à mentionner son âge (rarissime à la WWE), et à remercier ceux qu'il avait envie de remercier, y compris un certain monteur de vidéos, histoire de montrer qu'il savait apprécier le travail des petites mains. On n'échappa évidemment pas au big up à Jésus Christ, qui aurait sans douté été très fâché s'il avait été oublié. Shawn le born again salua aussi bien son frère d'armes Trips que son vieil ennemi Bret, en homme apaisé. Et termina en nous assurant que sa retraite était bel et bien définitive. Comme il regagnait les coulisses, l'insatiable Hunter en surgit pour l'étreindre longuement et le forcer à agiter une dernière fois un objet de merchandising DX.

 

 

– Et n'oubliez pas, public! Si vous aimez Shawn, achetez  ces bâtonnets DX ainsi que son chapeau, sa chemise et son DVD sur WWEshop.com!

– Merci Trips, c'est vraiment poignant.

 

 

Raccrocher les bottes et le chapeau pour de bon, c'est tout le mal qu'on souhaite au Kid quadragénaire. Michaels part alors qu'il est encore sans doute l'un des tous meilleurs catcheurs de la WWE, voire le meilleur. Les fans le portent toujours aux nues. Il n'aura pas fait l'année de trop, il arrête au top, au moment où il le décide, et c'est tant mieux. Il ne sera pas un Randy "the Ram" Robinson, ni même un Ric Flair. Quant à la WWE, elle ne sera plus la même sans lui, c'est sûr, mais – et c'est là la grande leçon admirablement servie par cette semaine – elle a de la ressource.

 

 

Onk! Onk! J'ai retrouvé le mojo du jeune HBK dans cette vieille valise qui traînait au grenier!

 

 

Car cette semaine aura également été celle de l'explosion de Jack Swagger. Sacrée semaine, en vérité. Dimanche, le grand dadais un peu niais gagne à la surprise générale le Money in the Bank. A la surprise générale car son booking l'année précédente avait été désastreux. Pourtant, en termes de potentiel pur, il était peut-être le meilleur choix: un gabarit impressionnant, une qualité technique indiscutable, une gueule plutôt bien faite, un âge encore tendre. Bref, Swagger est l'un des hommes qui feront la WWE dans les années 2010. On pouvait cependant encore avoir des doutes sur son avenir au soir de Mania, de nombreux observateurs prévoyant un cashage raté de sa mallette. Ils crurent bien avoir raison, les mauvais augures, dès le Raw du lendemain, quand un Jack nerveux tenta de casher sur Super-Cena, lequel le bloqua rapidement dans un STF. Heureusement, Swagger s'échappa et conserva sa mallette (l'arbitre n'avait pas eu le temps de faire démarrer le match) mais son image en avait été bien écornée.

 

 

Non mais en fait je m'en fous de son titre, j'avais juste envie de lui cogner dessus.

 

 

On se disait alors que Swagger, résident de Raw, allait s'acharner à tenter de casher sur Cena, qui y squatte également. Et qu'il allait se vautrer lamentablement. La surprise n'en fut que plus grande Smackdown venu. La soirée avait commencé par un discours triomphal de Chris Jericho, l'homme dont l'ADN est grave meilleur que celui du reste de l'humanité. Evidemment, Edge se pointait, l'affaire dégénérait en baston puis en spear sur un Chris qui révélait alors ses côtes bandées. Toujours agréable de voir des catcheurs vendre leurs blessures de guerre quelques jours après un PPV violent.

 

 

Chris Jericho, initiateur du Kick my ass club.

 

 

Et alors qu'Edge se retirait, content de son méfait, Swagger surgit, l'assomma au passage d'un coup de mallette, casha immédiatement et balourda un Gutwrench Powerbomb à un Jericho encore aux fraises.

 

 

Onk! Onk!

 

 

Un, deux, trois, here is your new champion!

Et c'est à ce moment précis que Swagger passa à un autre niveau: celui des main eventers. Cela ne se produisit pas lorsqu'il gagna le Money in the Bank, ni même lorsqu'il obtint le pinfall dans son title match contre Jericho. Non, l'instant lumineux survint immédiatement après sa victoire. L'exubérance quelque peu comique propre au All-American disparut d'un coup. Il ne sauta pas partout comme un footeux fou de joie après un but. Il ne se battit pas la poitrine tel un gorille, geste pourtant habituel chez lui. Il ne se lança pas dans une série de pompes. Non, Jack Fuckin'Swagger n'esquissa même pas un sourire. Il prit la ceinture, lança à la cantonnée un regard froid, inspira profondément, semblant gagner dix centimètres d'un coup, et quitta tranquillement le ring. Le gamin tête à claques avait disparu. A sa place se tenait un homme adulte au faîte de ses moyens, certain de sa force, un champion du monde poids lourds qui n'était pas là par hasard. Swagger réagit à sa victoire comme s'il s'agissait de l'issue la plus évidente, et pas d'un miracle tombé du ciel. Ce fut superbement pensé. Des mois de booking pourri se dissipèrent dans un seul regard.

 

 

What else?

 

 

Jack eut ensuite droit à une balade backstage, où il vint toiser quelques losers et faire un peu de trash talk, sans abuser, comme si, déjà, il s'était définitivement extirpé de leur catégorie moisie. On eut mal pour Shelton Benjamin, humilié dans un couloir comme une pauvre daube, mais le train est sans doute définitivement passé pour lui. Quant à Jack Winner, ses pas le menèrent naturellement vers Vickie, à qui il extirpa le droit à une promo longue durée en fin de show… et qu'il rendit folle d'un léger bisou sur la joue! Complètement inattendu et finement joué, là aussi, de la part des bookers. Entre sa victoire au MITB, son cash-in parfait ce vendredi et, maintenant, son rapprochement froidement calculé avec la Guerrero, Jack, l'ex-gros con sans cervelle (ah, ce vol de ceinture US il y a quelques mois, alors qu'il était sur le point de la gagner à la régulière…) apparaît comme un vrai opportuniste ultime et un assassin cérébral, rien que ça.

 

 

Tu sais quoi? J'ai adoré ton splash à Wrestlemania.

 

 

L'explosion de Swagger, dont on espère qu'elle sera bien gérée dans les semaines et les mois à venir, s'est encore confirmée en fin de soirée. Il revint alors sur le ring pour lire un "discours sur l'état du championnat", calque du "discours sur l'état de la nation", exercice annuel obligé du président des Etats-Unis, rien que ça. C'est alors qu'il endossa sans sourciller la parure du nouveau Shawn Michaels (cf notre citation d'intro, qui résume parfaitement le sens de cette semaine). On ne peut décidément pas dire que le garçon manque d'à-propos… Jericho et Edge se précipitèrent dans le ring pour faire valoir leurs droits. Y2J fut encore une fois génial, allant directement à l'essentiel en pointant la ceinture de Swagger du doigt et exigeant tout de go "Allez, rends-la moi", comme un gamin trouvant que le jeu a assez duré. Edge avait aussi son mot à dire (ce mot, c'était spear). Au final, naturellement, Teddy Long se pointa pour demander aux playaz de hold on et booker une revanche de Mania: Edgericho aura lieu vendredi prochain, le vainqueur obtenant un title shot contre Swagger (probablement à Extreme Rules). S'ensuivit un Codebreaker sur Edge et une entrée puissante du Champion, qui dégomma ses deux adversaires de son impressionnante prise de finition pour achever la soirée debout au-dessus de leurs corps inanimés, la ceinture haut levée!

 

 

La Gutwrench Powerbomb est une superbe prise de finition. Son seul défaut: c'est un peu plus compliqué à scander que "Spear".

 

 

Les scénarios qui s'ouvrent désormais sont multiples, avec un Swagger sans doute amené à traîner à Smackdown dans un futur proche. Quoi qu'il en soit, ce fut superbement fait, et peu après la retraite de Shawn Michaels, la WWE a eu mille fois raison d'enchaîner immédiatement avec une storyline haletante basée sur un jeune talent. Swagger ne fut d'ailleurs pas le seul jeune kinenveut à ressortir grandi de cette folle semaine.

La Hart Dynasty, après des années dans les combles, a enfin récolté les bénéfices du passage de tonton Bret, sous la forme d'un face-turn qui la propulse mécaniquement vers un title shot contre Showmiz. On l'a un peu oublié étant donné la purge qu'a été le match Bret-Vince, mais cet ersatz de combat a quand même eu un moment bien cool, et ce ne fut pas le sharpshooter armé depuis douze ans et demi mais la Hart Attack sur le boss à l'extérieur du ring.

 

 

On a catché vingt-quatre fois contre Cryme Tyme, monstre!

 

 

En attendant que Vince récupère (et mette over les Hart en les poursuivant de sa vengeance), Raw fut le théâtre de la confirmation du turn et du push de David et Tyson. Ca commença par un énième adieu de Bret à la WWE, adieu tellement éculé qu'on n'en avait pas grand-chose à faire, quand bien même on a été heureux d'entendre scander le nom d'Owen et ravis de voir que Bret estimait enfin avoir assouvi sa vengeance contre McMahon: ouf, à cet âge-là c'est pas bien de se faire de la bile. Le meilleur moment de son discours fut d'ailleurs celui où il rendit hommage à Michaels, geste élégant et probablement décidé par le Hitman en personne. Bret fut assez vite interrompu par les Awesome, et un Miz toujours aussi hilarant ("j'en suis qu'à 17 victoires de l'Undertaker à Wrestlemania", on dirait du Santino) et surtout étonnamment libre de dire tout haut ce que les smarts écrivant tout bas vint alors dire ses quatre vérités à Bret: t'es vieux, tu pues, tu nous saoules, on n'en peut plus d'entendre "Bret screwed Bret" et ses diverses variantes, bref récupère tes lunettes réfléchissantes, ton perfecto et ton short en jean et casse-toi!

 

 

I am the awesomest that was, the awesomest that is, the awesomest that ever will be!

 

 

La dynamique Miz-Show est à présent parfaitement rôdée. Elle diffère quelque peu de celle de Jerishow, tout en en reprenant les meilleurs aspects: le petit roquet et le gros balaise. Show tenta de convaincre Hart de quitter gentiment le ring, le gang des slips roses se pointa, un match fut décidé (sur l'insistance du Miz et en dépit de la réticence du Show) et le Miz fut puni d'un sharpshooter de Kidd, et ne dut son salut qu'au Big Show, qui ne se priva pas de l'engueuler au passage.

 

 

Que ça te serve de leçon. Avant de te battre avec quelqu'un, vérifie toujours que je viens bien de lui coller un Knockout Punch.

 

 

La grande différence entre Showmiz et Jerishow c'est que, cette fois, c'est le Big Show le plus âgé, le plus titré, le vétéran, et c'est lui qui joue les protecteurs de son partenaire dont la grande gueule est un véritable aimant à emmerdes. Le tout est très marrant à suivre, et par-dessus le marché on est contents pour les Hart, et notamment pour Tyson Kidd, autorisé à reprendre à son compte le mythique Sharpshooter comme prise de finition (voir Superstars de la même semaine pour confirmation). Bret aura au moins servi à ça.

 

 

– Vince screwed Bret and said Bret screwed Bret but in fact Vince screwed Vince and in the end Bret screwed Vince!

– OK, tonton, merci, on a compris là.

 

 

Swagger starifié, les Hart pushés, quels autres jeunes ont donc été mis en valeur en cette semaine magique? Chronologiquement, le premier fut Sheamus. Au lendemain d'un match de Wrestlemania où il était apparu comme l'égal de Super-H, l'Irlandais obtint une bonne grosse heat de salopard quand, armé d'un tuyau de fer (eh ouais, le seul shillelagh disponible est entre les mains calleuses de Finlay), il vint assommer Triple H en pleine déclaration d'amour pour Shawn Michaels. Court mais efficace. La feud va continuer et le fils de la verte Erin reste dans les petits papiers des bookers.

 

 

Depuis qu'il a vu Blade 3, Sheamus tente désespérément de transpercer le cœur de Triple H.

 

 

Vendredi, l'électrique Dolph Ziggler obtint à son tour sa part de gloire, avec une nouvelle victoire obtenue grâce à la bonne vieille prise du sommeil, sur le Great Khali en personne. Du coup, un Khali dépité prit le micro et nous informa, via Ranjin, qu'il partait se ressourcer au pays pour un temps indéterminé. Déjà qu'on était sous le choc du départ de Shawn, on aura beaucoup de mal à encaisser l'absence longue durée du Punjabi Heartbreak Kid.

NOT!

On l'aime bien, Khali, notre brillant deuxième à la Ceinture de Plomb  mais ses matchs étaient devenus irregardables depuis longtemps. Qu'il se refasse des genoux tout neufs et on en reparle, en attendant, ça libère de la place à Smackdown, ce qui n'est pas négligeable car le temps est à l'encombrement.

 

 

– Bwaaa bwaaaaaa bwaaaa bwa bwaaaaa bwaaaaaaaaaa bwa.

– Comment ça tu te casses en Inde? Et moi, qu'est-ce que je vais devenir alors?

– Bwaaaaaa!

– Ne sois pas vulgaire s'il te plaît!

 

 

Oui, le temps est à l'encombrement puisque les vieux sont encore là tandis que les jeunes poussent de plus en plus fort. Illustration avec un Drew McIntyre-Matt Hardy qui n'a jamais eu le temps de commencer, Drew agressant son adversaire avant le gong, comme en écho à ses premières apparitions il y a six mois, contre R-Truth et Finlay. Manière de redonner un peu de crédibilité au champion Intercontinental? Si c'est le but, c'est un peu foiré. Une bonne victoire clean contre Hardy aurait plus fait pour l'image de Drew que cet ersatz de baston à sens unique. Question subsidiaire: y a vraiment personne d'autre qui le veut, ce titre Intercontinental? Sauf erreur, aucun nouveau prétendant ne s'est manifesté depuis la victoire de l'Ecossais contre Kane à Elimination Chamber, il y a près d'un mois et demi…

 

 

Moi le titre IC, ça m'intéresse!

 

 

Chut, Matt, tu te fais du mal.

 

Bien plus surprenante que l'agressivité retrouvée de McIntyre fut l'issue du match entre Morritruth (apparemment, ils continuent leur trip par équipe malgré leur échec cinglant de Mania) et Cryme Tyme. La défaite des Brooklyn Boys était courue d'avance, mais ce qui se produisit ensuite… En un mot, Shad, qui avait été vaincu en trente secondes sans placer un seul move et sans que JTG ait le temps d'entrer, a apparemment décidé que son comparse aurait dû casser le pin. Du coup, il lui a explosé la gueule! En soi, why not: Shad est un big man solide, il peut être intéressant en heel, et JTG peut être un midcarder face potable. Mais le roster est déjà chargé en concurrents individuels, alors que les équipes manquent…

Surtout, la brutalité de cette scission est regrettable. Cryme Tyme, quoique jamais titrée, même à l'époque où il y avait deux titres pour trois équipes, aura été tout simplement l'une des équipes les plus durables de l'histoire moderne de la WWE! Eh oui, les deux gars sont apparus ensemble fin 2006 et n'ont jamais cessé depuis de catcher conjointement. Trois ans et demi en duo, c'est énorme pour la WWE actuelle, et on serait curieux de savoir quelle est la dernière équipe WWE à avoir duré aussi longtemps ensemble sans que ses membres ne mènent parallèlement une carrière en solo. Edge et Christian? Les Hardy Boyz? Les Dudley? Les Bushwhackers? Quoi qu'il en soit, ça remonte méchamment. De plus, en dépit de son succès limité, le couple de gangstas était bien over aux yeux du public ricain. Du coup, on aurait apprécié voir une storyline se faire jour entre ces deux-là. Une histoire digne de ce nom nous aurait incités à nous intéresser à eux, à dissocier leurs personnalités respectives et, qui sait, à nous investir dans une feud subséquente. Or il n'en a rien été.

 

 

Le Word Up du jour est: it's clobberin' time.

 

 

La scission des Cryme Tyme rappelle furieusement celle des frères Colon il y a quelques mois. Carlito, frustré d'une défaite de trop, s'en était pris à Primo. Les frangins avaient connu une courte feud avant de se retrouver rapidement au fin fond de la card. On redoute le même sort pour JTG et Shad. Pour ce dernier, la voie est apparemment bouchée: les heels ne manquent pas à Smackdown (Jericho, Punk, Ziggler, McIntyre) et en matière de grosse brute, il faudra qu'il prouve qu'il vaut mieux que Mike Knox et Ezekiel Jackson (qu'est-ce qu'il devient lui, d'ailleurs?). Quant à JTG, son gimmick est trop proche de celui d'un R-Truth pour espérer, pour l'heure, un autre sort que celui de SlamMaster J. Bref, cette histoire nous semble bien mal engagée, en dépit d'une bonne intensité montrée par le sieur Gaspard.

 

 

Voyez-vous, Josh, je trouvais qu'avec JTG, une sorte de routine s'était installée, je ne retrouvais plus l'intensité de nos débuts, quand nous vendions du crack dans des écoles maternelles… Sincèrement, je pense que j'ai pris la meilleure décision pour nous deux.

 

 

Et puisqu'on en est aux jeunes pushés un peu n'importe comment, essayons de comprendre le très bizarre match opposant Kane… aux huit rokies de NXT. Raison invoquée par le Monster pour organiser ce match: je m'emmerde, j'ai envie de taper sur huit types. OK, pas de problème, c'est plus convaincant quand ça vient de Kane que de la part de Chavo Guerrero. Trop contents d'avoir un match à Smackdown, les huit nioubies débarquent donc. Ca commence bien avec une belle perf comme d'hab de Danielson, mais une fois le tag fait, l'affaire se détériore. Kane obtient le pin sur Wade Barrett d'un simple big boot, puis se retrouve face à Michael Tarver… qu'il éjecte par-dessus la troisième corde. Sans prendre la peine de tenter de revenir, Tarver rampera vers ses copains qui finiront par attaquer Kane en meute, lui infliger un Missile Dropkick de Danielson et un 450 de Gabriel. Evidemment, les rookies se font disqualifier, et il ne semble pas certain que ce match leur ait fait une grande faveur. A huit contre un, perdre, même par DQ, n'est pas glorieux, surtout qu'ils ont fini par fuir en coulisses face à un Kane combatif… On notera aussi que les huit gars de Nxt ont collaboré sans états d'âme, faces et heels semblant unis sous le leadership de David Otunga, futur guest host de Raw…

 

 

– Bon les gars, on l'attaque?

– Je sais pas, il a l'air balaise quand même, et on n'est que huit…

 

 

Smackdown nous a également offert une nouvelle excellente promo de la Straight Edge Society. Oui, de la Society entière puisque, pour la première fois, Serena s'est vu confier le micro, et elle s'en est parfaitement sortie, de même que Gallows et, bien entendu, le Maître lui-même, trop heureux de dénoncer les vices de la ville où le cirque s'arrêtait ce soir, Las Vegas.

 

 

Ce qui se passe à Vegas reste à Vegas, n'est-ce pas? Alors que diriez-vous de passer une heure entière sans boire d'alcool? Personne n'en saura rien!

 

 

Une fois réglé le cas de la ville du vice, Punk se consacra à Rey Mysterio, qu'il veut plus que jamais sauver de sa vie de toxico persuadé d'être un Na'vi. En même temps, c'est pas pire que John Cena, persuadé d'être dans la Navy. Quoi qu'il en soit, Punk veut tellement un match contre Rey qu'il est prêt à se faire raser sa superbe tignasse en cas de défaite. Espérons qu'une stip "Mask" ne sera pas ajoutée à cette stip "Hair", tant il semble couru d'avance que dans un tel cas de figure Rey ne pourrait que gagner. En attendant, après leur brillant (mais trop court) match de Mania, les deux gars semblent parés pour au moins un nouveau match de haut niveau à Extreme Rules, pour notre plus grande joie!

 

 

Tiens, t'as la tête plate. C'est bien, ça sera pratique pour poser mon verre de jus de navet.

 

 

Niveau nanas, RAS comme toujours à Raw, si ce n'est la continuation du build laborieux d'Eve, qui fit le pin sur Maryse en quelques secondes dans la revanche de l'inoubliable cinq contre cinq de Mania. C'est bien simple, les Bella, Rosa Mendes et Tiffany, rameutée de Smackdown pour la cause, ont passé plus de temps à l'écran lors de la nullissime séquence du jacuzzi que les dix filles concernées par le match du soir.

 

 

– On a dix secondes pour notre match.

– OK, tâchons de faire un storytelling de folie.

 

 

Le jacuzzi avait été organisé par deux guest hosts dont on a immédiatement oublié le nom et la raison d'être. On n'en dira donc rien, si ce n'est qu'on espère qu'au final, Mark Henry et Hornswoggle les ont violés avant de les noyer.

 

 

Les Bronzés 18: Michel Blanc et Christian Clavier ont enfin une chance de conclure.

 

 

A Smackdown, les filles eurent plus de temps en ring (Beth-Tiffany venant à bout de Laycool) mais l'essentiel, là encore, s'est produit en coulisses avec Michelle et Layla entourant la Cougar en chef.

 

 

Après la culotte Excuse Me, encore un objet de merchandising WWE que Vickie nous donne carrément envie d'acheter.

 

 

Pour ceux qui l'ignoreraient, une Cougar est, dans le jargon du troisième millénaire décadent, une femme maquée à un homme sensiblement plus jeune qu'elle. Les Cougars sont généralement décrites comme des femmes sûres d'elles-mêmes, mangeuses de jeunes mecs qu'elles utilisent comme des objets, fortes et fières. Bref, c'est l'inversion du schéma classique "winner de 45 ans / minette de 22" et, en ce sens, les Cougars sont des porte-flambeaux du féminisme moderne. Le rôle sied parfaitement à Vickie Guerrero, qui prend apparemment ses proies de plus en plus jeunes: après Edge (35 ans à l'époque) et Eric Escobar (29), voilà qu'elle semble sur le point de se taper Swagger (27). Planquez McIntyre! Tout cela se passe sous les gloussements admiratifs de McCool et Layla, qui ont trouvé leur vitesse de croisière en tant que chipies complètement régressives.

 

 

Par contre, Michelle, le concours de pets c'est un peu abusé.

 

 

Terminons par cet événement que notre Silvernights national appelait de ses vœux depuis des années sans réellement le croire possible, si bien qu'il a dû aller sacrifier un veau à Jupiter pour qu'il finisse par se produire: l'apparition de la team Attitude-RKO! Alors, certes, il est plus que probable que cette union entre la Force et la Beauté n'ait été que temporaire mais, au moins pour un soir, on a eu droit à une surprise agréable: une semaine après avoir fait équipe avec Triple H, Orton a été choisi par son autre grand ennemi de 2009, John Cena, pour l'accompagner en tag match face à Swagger et Batista. L'Animal est plus furieux que jamais, mais son côté monster heel semble un peu émoussé: que répondre à une foule qui scande à pleins poumons "You tapped out!"? Au moins, Batista n'a-t-il pas mangé le pin final, effectué sur Swagger par un Orton de nouveau ultra-populaire et toujours aussi létal dans le ring (ah, la fluidité de ces RKO enchaînés sur Batista et Swagger…).

 

 

Prends ça, Wonderwoman!

 

 

Heureusement, à la fin, Orton n'alla pas serrer la main de Cena ni, qu'à Dieu ne plaise, lui tomber dans les bras. Il l'avait aidé ponctuellement, soit; ça n'en faisait pas son meilleur pote. Au contraire, Cena lui en doit une désormais. Randy peut tranquillement escalader le turnbuckle et reprendre sa fameuse pose plastique, remisée aux oubliettes du temps de son run psycho.

 

 

Pâmer, verbe transitif du premier groupe: je me pâme, tu te pâmes, il/elle/on se pâme…

 

 

Pendant ce temps, Cody Rhodes vend les effets du punt kick subi à Mania et Ted DiBiase… jobbe à Christian dans un drôle de match où une dizaine de Hall of Famers, dont son père le Millionnaire intronisé la veille, ont joué les lumberjacks. Les vieux ont fini par se castagner entre eux, spectacle si intense que Ted en a perdu sa concentration, permettant à Capitaine Charisme de le killswitcher pour la gagne. Pas vraiment le meilleur moyen de mettre Ted over, et la séquence d'après-match, qui le vit quitter le ring sans un mot au lieu de s'expliquer avec son daron, n'a pas fait grand chose pour lui non plus. Quant à Christian, la victoire est toujours bonne à prendre, mais on se demande ce que l'avenir lui réserve…

 

 

– Hé mais laissez-moi, merde, c'est Michaels qui prend sa retraite, pas moi!

– One of us! One of us! One of us!

 

 

En dépit de quelques inévitables failles, cette semaine a été l'une des plus intéressantes qu'il nous ait été donné de voir depuis bien longtemps. Miraculeusement, elle n'a pas été complètement écrasée par l'adieu parfaitement réussi de Shawn Michaels. Le bond stratosphérique de Swagger dans la carte et divers autres moments intrigants ont permis de garder notre intérêt pour la WWE au top. De la belle ouvrage, vraiment. Shawn aura des trucs sympas à regarder lundi soir (c'est relâche à l'église), en attendant de venir guest hoster Raw et, peut-être, de fêter son entrée au Hall of Fame dès l'année prochaine. Quant à tous les jeunes qui rêvent de faire un quart de sa carrière, puissent-ils, quand leur temps sera venu, partir avec autant de classe.

 

 

 

Ouais voilà, pas mieux.

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