Catch

On achève bien les chevaux

They Shoot Horses, Don’t They?

Sydney Pollack

 

Après un épisode de transition, Raw reprend du poil de la bête et sans nous offrir un show inoubliable, la WWE a fait dans le solide lundi dernier. Wrestlemania est derrière nous et les bookers doivent maintenant construire un nouveau puzzle, celui des storylines des semaines à venir, avec un Extreme Rules qui se profile à l’horizon. Et avouons-le, sans être brillante, l’équipe de Vince s’en sort plutôt pas trop mal et construit son avenir avec patience. Ce qui fait sa force.

 

 

« Flatulences from the top rope », la prise de finition qui devrait être interdite.

 

 

Nalyse du Raw du 12 avril

 

 

Dans ce Raw de bonne facture, qui aura su éviter les fausses notes (à l’exception de son match de Divas en maillot de bain qui nous a inspiré le titre de cet article) sans pour autant atteindre les sommets entrevus lors de la période pré mania, soulignons d’abord la bonne performance du Guest Host de la soirée, David Hasselhoff, plutôt à l’aise dans son rôle de General Manager d’un soir. L’ancien justicier partenaire de Kitt devenu depuis maitre nageur et pilier des AA s’en est très bien sorti, face à un public londonien acquis à sa cause. Pour une fois qu’un Guest Host prend son rôle à cœur, s’investit, et démontre un certain intérêt pour le déroulement du show, ne nous plaignons pas ; the Hoff, à l’image de ce Raw, n’a pas été brillant, mais il a plus que solidement tenu la route, ce qui est devenu malheureusement assez rare, depuis la mise en place du concept de GM rotatif.  

 

Même si Eve a l’air d’avoir un peu de mal avec la veste à paillettes de David Hasselhoff…

 

 

On achève bien les chevaux

 

L’ouverture du show aurait pu être alléchante. Un match pour le titre, c’est en principe un peu plus sexy qu’un énième combat de midcard sans enjeu ni storytelling, juste bon à boucher les trous de la carte d’un show. Oui mais voilà, le traitement des Divas à Raw est tel que malgré la meilleure volonté du monde, on en arrive à se désintéresser presque complètement du sort de la ceinture de « Divas Champion ». Et c’est avec un vague haussement d’épaules que nous avons accueilli l’annonce du match opposant l’irritante championne en titre Maryse à la jolie et athlétique Eve Torres. Oh bien sûr, je n’ai pas caché ma joie au moment de voir cette incompétente blonde à la poitrine surdimensionnée perdre son titre au profit d’une catcheuse pour laquelle j’ai un peu plus d’estime, mais comment se satisfaire d’un title shot sorti de nulle part, et au sujet duquel les bookers n’ont pas daigné construire ne serait-ce qu’un embryon de feud ? Comment se réjouir d’un match pour le titre qui n’aura duré que deux petites minutes ? Car il aura suffit d’un neckbreaker, d’un timide moonsault et d’un roll up pour qu’Eve soit sacrée championne. Encore une fois, on n’a pas vraiment le sentiment d’avoir assisté à un vrai match de catch, et à la longue, c’est terriblement frustrant.

 

C’est joli mais ça ne sert à rien. Non, on ne parle pas des Divas mais de la ceinture dont tout le monde se fout.

 

 

Et le pire était malheureusement à venir… A ce propos, je ne résiste pas à la tentation de vous raconter ici une petite anecdote, assez insignifiante mais finalement révélatrice de ce qu’est devenue la catégorie des Divas, du moins dans le programme du lundi soir. En début de semaine, mardi pour être plus précise, nous devisions tranquillement, Axl et moi, nous parlions de choses et d’autres lorsque soudain, il me posa la question suivante : « hey, t’as vu le Raw de cette semaine ? ». Alors que je répondais par la négative, il ajouta alors : « tu vas voir, le guest host, c’est le maitre nageur qui roule en K2000 !». Et là, j’ai compris. J’ai su que nous aurions droit à un affrontement de plein de divas en maillot de bain rouge, ce qui, bingo, fut effectivement le cas. Et pour conclure cet infâme triple threat tag team match remporté par les Bella Twins (histoire d’enfoncer le clou) et arbitré par Santino, sous le regard aviné d’un David Hasselhoff juché sur une chaise haute de maitre nageur, c’est bien évidemment Hornswoggle qui y est allé de sa petite intervention pour clore un segment qui se voulait certainement comique.

 

La bête à trois dos, allégorie

 

 

On a d’ailleurs un peu de mal à comprendre la stratégie de la WWE à ce sujet. En pleine Kidz Era, il nous semble un peu étonnant de n’utiliser les Divas que comme des poufs en petite tenue, tout juste bonnes à exciter le mâle de base qui assiste aux shows et qui se rince l’œil entre deux gorgées de bière tiède et trois kilos de pop-corn, tout en faisant de ce type de segment des hornwoggleseries à vocation kidzo-comiques. A moins bien sûr que l’objectif ne soit de préparer les plus jeunes fans à ne considérer les Divas que comme de simples poupées gonflées au silicone. Mais il y a selon nous comme une contradiction entre l’objectif « kid » de Raw et le traitement de ses Divas. Sans mauvais jeu de mots, les voies de Vince sur le sujet sont décidément impénétrables.

 

Ta gueule Ocee. Un gros plan sur le cul de Kelly Kelly, un.

 

 

ShowMiz is the greatest Tag Team of WWE History

 

Heureusement, après ce Eve vs. Maryse, aussi pauvre en émotions qu’une demi finale de Coupe de France à Quevilly, Raw reprenait immédiatement du poil de la bête en enchainant avec une brillante promo de ShowMiz. Ce n’est pas la première fois que l’on dithyrambise à son sujet, mais force est de constater et de souligner que The Miz nous épate chaque fois un peu plus, à mesure que les semaines passent. Sur le thème pourtant classique du « nous sommes la meilleure Tag Team de l’histoire de la WWE », le zébulon multi-titré a une fois de plus été brillant micro en main et a tenu tête avec brio à un Bret Hart dont on comprend de moins en moins les raisons de la présence à Raw, mais ceci est un autre sujet.

 

Tout ceci est resté très classique, des égos surdimensionnés jouant à ceux qui ont la plus grosse (Tag Team), mais lorsque c’est mené de la sorte, nous n’avons rien contre le classicisme, bien au contraire. Evidemment, ce qui devait arriver arriva, alors que le Hitman vantait les mérites de la Hart Fondation et ceux de vieux adversaires, les British Bulldogs, illustres équipes de Tag Team au niveau infiniment supérieur à celui de ShowMiz selon lui, la Hart Dynasty au grand complet pointa alors le bout de leur nez pour tenir tête au deux champions, avant que David Hart Smith ne défie The Miz en un contre un. L’enjeu ? Un title shot à Extreme Rules en cas de victoire alors qu’en cas de défaite du gars en slip noir et rose, Bret Hart devrait reconnaitre publiquement que The ShowMiz est la plus grande Tag-Team de toute l’histoire de la WWE.

 

L’issue nous semblait toute tracée. Depuis le temps qu’on se dit que la présence de Bret devrait coïncider avec un push de la Hart Dynasty, on ne voyait pas trop comment la victoire pouvait échapper à David Hart, d’autant qu’on imaginait assez mal le Hitman devoir subir une autre séquence d’humiliation publique. Et pourtant, après une intervention du Big Show, c’est bien le Miz qui s’est imposé reportant le push qu’on semblait entrapercevoir aux calendes grecques. Ou à la semaine prochaine, car on ne serait pas surpris que cette feud se règle effectivement à Extreme Rules.

 

Allez tonton, c'est l'heure de ton rapido à la maison de retraite maintenant.

 

 

The A List sucks

 

Après une rapide victoire d’Evan Bourne contre Carlito, on a  retrouvé à l’écran le jeune et fringant David Otunga, invité surprise de Raw, lui qui en fut le Guest Host la semaine dernière. Le segment backstage entre le rookie de NxT autoproclamé « A-List » et Batista fut plutôt sympa à suivre, avec un Animal plus arrogant que jamais et un Otunga rampant aux pieds de son maitre avant d’apprendre de la bouche de David Hasselhoff qu’il devrait affronter John Cena le soir même. La seule inconnue de ce match résidait dans l’intervention ou non de Batista, qui assistait au match depuis le haut de la rampe d’accès au ring, intervention que le marine semblait appeler de ses vœux. Las, l’Animal n’a pas bougé le petit doigt et n’a pu que constater, de loin, la défaite son protégé, préférant se réserver pour son match de main event du soir contre Randy Orton. Ce combat, revanche après la trahison du jeune rookie la semaine passé, était plutôt sans intérêt mais a offert un temps d’antenne étonnant à un catcheur débutant. Alors certes, on lui fait comprendre via son booking (biatch de Batista méchamment squashé par Cena) qu’il lui reste du chemin à parcourir mais en deux semaines, l’ami David a bénéficié d’un énorme push, comme aucun rookie de NxT avant lui. Faut-il y voir les prémices d’une participation plus régulière ? Ou plutôt qu’un push d’Otunga, n’est ce pas à celui du nouveau programme de la WWE que nous assistons ? On le saura bientôt, mais on penche plutôt pour la deuxième solution et on ne serait pas surpris de voir le jeune homme disparaitre de la circulation des shows live.

 

Sucre ou sucrette dans ton café, Dave ?

 

 

 

Mon premier fait caca, mon deuxième inspire les poètes et mon tout est un catcheur irlandais à la peau blanche.

 

 

S’il y en a un qui en revanche ne nous parait pas voué à disparaitre de la circulation, c’est notre ami Sheamus, qui continue lentement mais surement à consolider son image de catcheur upcard. Et il faut admettre qu’il fait des progrès, ce guerrier irlandais aux cheveux roux. Ses promos ont pris un peu de consistance, il me parait plus posé et parvient désormais à transmettre autre chose micro à la main qu’un simple « je suis le plus fort et je vais te péter la gueule ». Oh bien sûr, le fond du message reste évidemment le même. Lundi dernier, il a ainsi affirmé que Triple H avait fait une grave erreur, qu’il allait prendre cher lors du Street Fight à Extreme Rules et qu’à lui, on ne la faisait pas : Si The Game a amené son sledgehammer la semaine précédente, c’est qu’il avait peur de lui, car quand il a peur HHH ne sort jamais sans son sledgehammer. Mais si le fond reste donc classique, la forme, elle, nous semble avoir évoluée. Sheamus est plus à l’aise en promo, ça se voit et ça me fait plutôt plaisir de le voir progresser sur ce point, car cela me paraissait être le gros point faible du Celtic Warrior. Et le passage sur l’enfance passée dans les rues de Dublin a fait son petit effet sur un public anglais qui lui a offert en retour un joli concert de boohoo.

 

C’est quand même pas très glorieux, la sortie des coffee shop…

 

 

Côté ring, le booking de Sheamus se poursuit et la creative team prépare consciencieusement son Street Fight. Et en cela, son match du soir contre Kofi nous semble être une réussite. Malmené par Kingston, il décide de mettre fin au combat en frappant le néo ghanéen à la tête, avec un moniteur TV, perdant l’affrontement par disqualification. Et c’est plutôt intelligent. D’une part, Kofi n’est pas booké trop faible, bien au contraire, ce qui a tendance à nous faire plaisir. D’autre part, même après une défaite officielle, Sheamus en sort vainqueur et apparait comme une réelle menace pour Triple H dans le combat hardcore qui les attend dans deux semaines et qui devrait envoyer The Game en congé paternité pour quelques semaines.

 

Non, votre écran n’est pas passé en noir et blanc. La preuve, il y a un peu de jaune sur l’image.

 

 

Evolution retrouvailles

 

Le main event a lui aussi tenu toutes ses promesses. Randy Orton avait annoncé la couleur en interview backstage, ses retrouvailles avec Batista, ce n’est pas business as usual, c’est quelque chose de bien plus personnel, ce truc qu’il attendait depuis des années, les années Evolution, ce qui nous ramène quelques temps en arrière, lorsque les deux hommes se « disputaient » le titre de meilleur espoir de la WWE, associés à Ric Flair et Triple H. Deux vieux rivaux sur un ring, cela raconte toujours une histoire plutôt sympa et reconnaissons que l’alchimie in ring s’est faite et même très bien faite. Et la fin du match fut intelligemment bookée : après un combat intense entre le deux hommes, la vipère semblait avoir pris le dessus après un RKO assassin mais alors qu’il allait effectuer le tombé sur un Batista mal en point, Jack Swagger a mis tout le monde d’accord en pénétrant sur le ring par surprise et en portant sa Gutwrench Powepomb sur un Randy Orton affaibli. Et histoire de ne pas être en reste, John Cena y est allé également de sa petite intervention, profitant du KO de l’Animal pour lui porter un STF obligeant Batista à taper une fois de plus sur le tapis du ring en signe d’abandon.

 

Un peu pushy, le casting de Delivrance II…

 

 

Cette fin de match est plutôt bien vue. D’abord parce que ni RKO ni Tista n’avaient besoin de victoire pour être bookés fort, contrairement à un Jack Swagger qui recherchait encore son momentum et qui l’obtenait enfin en éclatant Orton sur le tapis du ring. Après ses défaites récentes depuis le gain du titre mondial, le All American American avait besoin d’apparaitre fort et dangereux, ce qui est fait et ce qui promet pour la suite. Il poursuit là sa mue, se transformant pas à pas en un heel froid, calme et machiavélique, et ce n’est pas nous déplaire. Cena, lui, en a rajouté une couche en portant une fois de plus sa prise de soumission sur un Animal qui doit commencer à l’avoir mauvaise à force d’être obliger à taper de sa main contre le sol… Après le gimmick du « spear », bienvenu dans celui du « tap » !

 

 

Comme à son habitude, c’est sans précipitation que la WWE assemble ses pièces post mania et construit ses feuds à venir. Alors que la semaine dernière, nous avons eu droit à un épisode de transition, il nous semble qu’à présent, la fédération de Stamford est passée à la vitesse supérieure et que, sans précipitation mais avec efficacité, pose les bases de ses storylines à venir. Et Vladimir Kozlov a déjà annoncé la couleur. Si le prochain Guest Host (l’équipe de MacGruber, parodie de McGyver) ne lui offre pas satisfaction, il pète la gueule à tout le monde. Et pour tout vous avouer, on a hâte de voir ça !

 

 

You fuck my wife ?

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