Catch

Mue de printemps

Rien n'est trop difficile pour la jeunesse.

Socrate

 

Alors que le printemps pointe le bout de son nez, la température remonte, les plastiques des divas nous laissent moins insensibles et on voit émerger de jeunes pousses prometteuses. Il souffle un vent nouveau sur la brand bleue, dont le show hebdomadaire a vu les victoires de catcheurs ayant tous trente ans ou moins (à l’exception de Rey Mysterio). Après un Wrestlemania faisant briller les légendes établies, il semble qu’on ait un retour de balancier logique avec les potentielles stars de demain mises en avant via des victoires intéressantes dans un show qui le fut tout autant.

 

 

Comment ça, la jeunesse mise à l’honneur et je n’étais pas invitée?

 

 

Nalyse de Smackdown! du 16 avril

 

 

Première chose qui me surprend, la présence au générique du Miz. Il n’apparait pas une, ni deux, mais trois fois dans l’opening de SD! alors qu’il ne fait même pas partie du roster. Dans le même générique, on ne voit pas une image du Big Show par exemple. Doit on y voir le signe d’un futur draft, ou seulement le fait que la WWE compte sur le Miz? Réponse dans deux semaines, mais en cette période où votre serviteur est totalement fasciné par l’awesome man, ce genre de détails ne passe pas inaperçu. La soirée commençait par un segment de l’indispensable Chris Jericho, toujours solide au micro et incontournable pour structurer le show. On notera au passage la popularité du Canadien, qui a toujours autant de mal à se faire siffler par une foule conquise. Y2J se plaignait naturellement du traitement qui lui était infligé dans le show et réclamait de récupérer son titre. Edge coupait la promo pour mentionner sa présence, et demander les mêmes avantages, et Teddy Long mettait tout le monde d’accord en annonçant le très gros main event de la soirée: un triple threat match entre le champion et deux des plus grosses stars de la brand bleue qui promettait naturellement, même si le résultat en était connu d’avance.

 

 

Je vous arrête tout de suite, hérauts d’une augure néfaste, vos sous entendus navrants soulignant que l’auguste visage de la compagnie que je suis perdra encore un combat pour crédibiliser le pupille porteur de ceinture ne sont que blasphème et calomnies!

 

 

En plus de cette promo d’annonce, le premier tiers du show comprenait trois combats de midcard, à commencer par celui entre Drew McIntyre et sa Némésis actuelle en la personne de Kane. L’Ecossais commençait d’ailleurs le combat par un petit discours assez vide de sens (vous ne m’aimez pas, parce que je suis jeune, l’élu, etc… et de toute façon c’est réciproque). Le combat lui-même était également assez vide (la big red machine a tenu le duel à bout de bras) jusqu’à ce que Drew essaye de fuir le ring, Matt Hardy intervenant pour l’y ramener ce qui entrainait la disqualification du big man qui se vengeait en chokeslamant les deux autres catcheurs. Tout ça n’est pas bien brillant, même si ça permet à tout se petit monde de se montrer, et ça pourrait réactiver la feud pour le titre IC entre les trois hommes (un autre triple threat à venir pour Extreme Rules?).

 

 

Dans les tribunes, Jeff Hardy qui venait soutenir incognito son frère a décidé d’allumer un petit pétard discrètement.

 

 

Le duel suivant était aussi également expédié entre R-Truth et Dolph Ziggler, se concluant sans surprise par un sleeper hold qui aura duré un bon tiers du match. Par contre on notera avec plaisir la continuité du build de Mr. Perfection, face à un adversaire plutôt bien exposé ces derniers temps. Truth s’est clairement fait squasher, ce qui est encourageant pour Ziggler dans le cadre de son push actuel. A quoi peut aboutir ce push de Dolph, cela reste par contre un mystère. Enfin on avait droit au retour de Mickie James dans le ring à Smackdown!, avec un match dont le scénario était également sans surprise. Ce match de plus de quatre minutes a été le troisième plus long de la soirée, ce qui est plutôt encourageant à noter. Ainsi la triade Vickie/Layla/McCool a plus ou moins participé au match, Mickie a été courageuse mais a perdu, et Beth est intervenue à la fin. Beth est forte, Mickie courageuse, et Michelle gagne, on s’attend prochainement à un match tag team ou un triple threat match.

 

 

Coup de panique pour Michelle, qui faisant ses exercices au réveil devant son miroir constate que son poids a doublé pendant la nuit.

 

 

Le segment suivant était le showstealer de la soirée, malgré le main event de feu auquel on a eu droit. Ce trois contre trois voyait s’opposer la Hart Dynasty accompagnée de Rey Mysterio à la straight edge society contenant le rookie Darren Young. Un segment entre ce dernier et Luke Gallows (défait dans le dernier nXt par Young qui sauvait ainsi ses cheveux) ouvrait d’ailleurs le segment, Punk remettant tout le monde dans le même sens d’un discours aussi court que percutant. Cerise sur le gateau, Miz venait à la table des commentateurs étaler sa gouaille au micro. Ainsi on a eu droit, sans que ce soit sa meilleur intervention, à un Miz solide faisant son auto promotion et à un match très brillant et bien construit. Plusieurs moves très spectaculaires ont tenu le public en haleine, comme ce west cost pop modifié du Luchador sur un punk en chandelle entre les deux Canadiens ou encore le 619 final autour du pilier qui sonnait Punk, et permettait au très sous estimé David Hart Smith de conclure le combat d’un running powerslam du plus bel effet.

 

 

Pour invoquer les faveurs des dieux et obtenir un push, la Hart Dinasty nous fait un totem indien du plus bel effet.

 

 

En conclusion de ce match, Miz nous régale au micro, la SES jobbe encore, mais avec cohérence et une belle exposition, la HD poursuit son build de crédibilité, Mysterio fait le show comme d’habitude, voyant sa feud avec Punk avancer et enfin Darren Young a eu à la fois droit à un peu de temps de ring et à l’avancée de sa storyline. Bref, une réussite totale et un régal pour les yeux.

 

 

– Tyson, on a été brillant!

– Rha, c’est ça gagner alors, eh ben ça fait bizarre quand même…

 

 

La suite ne pouvait pas être du même niveau, et voyait JTG opposé à Dude Buster #1 (Caylen Croft pardon). Le match en lui-même était plutôt agréable malgré sa courte durée grâce à un build efficace et quelques moves distrayants (entre autre deux neckbreakers assez bien amenés et le finisher de JTG qui a du cachet) et bien sur, Shad intervenait à la fin. Petite innovation, JTG s’en sortait mieux que les semaines précédentes, finissant triomphant dans le ring après avoir repoussé son ex-partenaire. La feud avance tranquilement, et même si elle n’est pas transcendante, les deux ont bien droit à quelques semaines de programme avant de peut être splitter dans deux brands différentes.

 

 

Et JTG qui en profite pour lancer sa nouvelle gimmick inspirée de Vincent McDoom.

 

 

Venait enfin le prometteur main event pour clôturer une soirée déjà assez réjouissante. Le combat avait été précédé tout au long du show (en plus de l’opening) de trois segments mettant en scène chacun des catcheurs. Swagger d’abord, se plaignant à Teddy Long du booking, Jericho ensuite avec son rookie et en train de rêver à un septième titre, et Edge enfin monologuant avec un Josh Matthews qui n’ose plus poser de question (pour la déconne, il aurait pu demande : «Edge, ça fait quoi de prendre un spear?»). Précédant le match lui-même, une nouvelle promotion très réussie faisait la publicité des deux matchs principaux pour Extreme Rules. Sans énormément mettre l’accent sur la rivalité Swagger-Orton, ni remettre en cause la toujours excellente qualité des promotions de la WWE, pleines d’effets spéciaux, on peut légèrement regretter qu’elle réduise encore le suspense du match à venir.

 

 

Question catch, un indice sur votre écran pour les téléspectateurs. Top : vainqueur du MITB 2010, jeune athlète de 27 ans et 1m98 pour 120 kg, je vais gagner le match de ce soir et me qualifier pour Extreme Rules face à Randy Orton, je suis-je suis-je suis…

 

 

Le match pouvait donc commencer, avec un Jericho arborant toujours ses bandages pour vendre les dégâts des différents spears qu’il a reçu alors que le champion avait choisi de reprendre une tenue un peu plus sobre. Edge rentrait finalement, confirmant l’habitude qu’a la WWE de faire entrer en dernier le top face plutôt que le champion. Le match fut naturellement un régal avec douze minutes de haut niveau, qui pourraient sans trop de discussion figurer en PPV (et confirmant la très bonne tenue in ring de Swagger, pour ceux qui en doutaient). La Rated-R Superstar affrontait l’adversité avec courage, Y2J essayait de fourber dès que l’occasion se présentait, et Jack tenait une position un peu intermédiaire, n’hésitant pas à s’allier temporairement avec Chris quand cela était possible. De nombreux contres et situations intéressantes rythmaient le match et sans surprise, Jack conservait son titre avec opportunisme, s’étant relevé assez vite d’un codebreaker et profitant d’un spear de Edge sur Jericho pour obtenir le compte de trois sur l’ancien champion. Un Swagger apparu à la fois résistant, au niveau in ring et opportuniste qui repart champion, ça ne peux pas lui faire de mal, surtout qu’il a rajouté à tout ça du heat en plaçant sa gutwrench powerbomb sur Edge après le combat. Dans la foulée, Y2J de vengeait de son compatriote, massacrant sa cheville. Le Smackdown! se concluait sur la douleur déformant le visage de Edge. Dès le lendemain, la WWE annonçait donc un prometteur steel cage match à Extreme Rules entre Edge et Jericho qui clôturera possiblement la feud et nous donne une quatrième affiche identique à celles de Wrestlemania (en retrouvant les quatre meilleurs matchs du Grandest Stage of Them All d’ailleurs, à l'exception naturellement du HBK-Taker).

 

 

Le porno gay en apesanteur, un filon sur lequel la WWE compte capitaliser.

 

 

Au final, un show très distrayant avec deux combats de très bonne tenue et des storylines agréables malgré le draft imminent qui arrive et qui a plutôt tendance à inhiber les bookers. Les jeunes sont mis en avant, ce qui nous montre une nouvelle fois le talent de la WWE pour faire émerger des champions. Avec Miz au micro du haut de ses 29 ans, et des victoires dans le ring de McIntyre (24 ans), David Hart Smith (23 ans), JTG (25 ou 26 ans selon les sources), Dolph Ziggler (29 ans) ou Jack Swagger (27 ans), on voit que la WWE a de la ressource. Si ces catcheurs ne sont pas au top (voire loin de l’être pour certains), ils sont bien identifiés et ont tous une voie de développement possible. Tous ne seront pas des stars dans dix ans, mais rien que dans cette liste, on voit bien deux ou trois noms faire de solides carrières, ce qui démontre encore un fois si besoin est le formidable potentiel de la fédération de Vince McMahon.

 

 

T'as pigé, gros? Le temps est aux Young!

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