Catch

Dernier arrêt avant Extreme Rules

Bien sûr, il faut de la subtilité; mais veillez à ce qu'elle soit évidente.

Billy Wilder

 

 

CM Punk compte ses cheveux, Michelle McCool est mieux maquillée que Beth Phoenix, Swagger jobbe contre un midcarder, Barrett dérouille à la place de Jericho, Shad s’est acheté un costard, Matt Hardy simule le trauma crânien à la perfection en conservant son air ahuri habituel, c’était vendredi soir à SmackDown, le dernier show avant Extreme Rules.

 

 

A ne pas manquer dans ce SmackDown: l'émouvant hommage rendu à Mike Knox, battu clean en deux minutes par le il est vrai terrifiant JTG.

 

 

Nalyse de SmackDown du 23 avril

 

 

 

Jack Swagger semble être de ceux que la ceinture transforme. Autrefois irritant dans ses attitudes de chien fou enchainant les pompes comme Axl les verres de vodka ou se tapant la poitrine comme un Silvernight sortant de sa douche, son nouveau gimmick de heel froid et calculateur, posé, mesuré et arrogant a tendance à nous plaire et semble devoir transcender le jeune champion que l’on a connu moins à l’aise en promo. S’il est loin de transformer tout ce qui sort de son micro en or, à l’instar d’un Chris Jericho, d’un CM Punk ou d’un Edge, le bougre ne s’en sort finalement pas si mal quand on lui laisse le temps de s’exprimer. Certes empreinte de classicisme et de lieux communs, son ouverture de Show vendredi soir fut néanmoins solide et suffisamment longue pour que l’on puisse apprécier la mue du nouveau Champion. Ce dernier s’est donc légitiment enorgueilli de sa victoire de la semaine précédente contre Edge et Jericho, se prévalant d’avoir terrassé là deux futurs membres du Hall of Fame, une superstar neuf fois champion du monde et une autre s’autoproclamant le meilleur au monde dans ce qu’il fait, avant de présenter à un public volontiers moqueur un montage pour le moins partial de son précédent match contre le Taker : nous n’avons eu le droit en effet qu’aux temps forts de son affrontement contre le Phenom vieillissant, bref à un montage typiquement « heel » mais qui renforce mon sentiment. Contrairement à certains de mes collègues, sa défaite contre le Deadman ne me parait pas si choquante que cela et me parait plus relever de la non victoire glorieuse plutôt que de l’humiliation venant contrarier un push. Enfin, Swagger a conclu sa promo par un avertissement à son adversaire de dimanche soir, Randy Orton : s’il sait que la morsure de la Vipère est mortelle pour le commun des mortels et peut tuer en trois secondes, que le Legends Killer soit sur ses gardes : Swagger n’est pas ce commun des mortels et il compte bien arracher la tête de la vipère.

 

 

Ouais, c’est vrai que j’aimerais bien arrêter de jobber en fait.

 

 

 

La ceinture lui va si bien

 

Son match contre John Morrison, qui suivit la promo, fut parmi les plus enthousiasmants de la soirée. Les deux gars sont suffisamment techniques pour que l’alchimie se fasse in ring et avouons-le, ça fonctionne plutôt très bien. Entre nearfalls, soumission et voltige, on en a pris plein les yeux lors de ce match qui a eu assez de temps pour nous raconter une chouette histoire entre deux pros du ring qui maitrisent le rythme d’un combat à la perfection. On a frôlé à mon sens la perfection dans le booking, jusqu’au petit détail qui n’a l’air de rien mais qui a son importance : l’issue du match. Car une fois de plus, Swagger s’est incliné et cette fois ci contre une superstar sur la pente descendante, qui ne sera même pas présent au PPV de dimanche soir. Ça la fout mal. Autant j’accepte sans rechigner la victoire du Taker la semaine dernière : après tout, perdre contre une telle légende et à l’issue d’un match très équilibré, ce n’est pas une honte. En revanche, une défaite clean contre un midcarder ça me parait plus relever de la balle dans le pied d’un build encore fragile. Entre ses défaites contre Orton, le Taker et JoMo, le All American American American American American American American American ne s’est imposé que le lors d’un Triple Threat et encore, en profitant de la haine que se vouent Jericho et Edge. Alors que Jack Swagger a besoin d’être booké fort avant la défense de son titre, on a connu les décideurs de Stamford un peu plus inspirés. A moins que la WWE n’enchaine avec un rapide push de Morrison, ce que je ne crois pas, on a du mal à comprendre la logique de ce choix affaiblissant un champion encore en mal de reconnaissance. Alors certes, il s’imposera certainement dimanche et en conservant son titre, cet ultime affront avant Extreme Rules ne sera plus qu’un mauvais souvenir, mais sur ce coup, on aurait préféré un peu plus de subtilité de la part de l’équipe créative.

 

 

Intervention justifiée de l’arbitre : Jack Swagger vient d’arracher la tête de Morrison.

 

 

 

"Je ne veux plus voir ta sale gueule!"

 

Contrairement à Swagger, le push de Drew McIntyre, le Chosen One, le protégé de la famille McMahon, le Neo aux cheveux longs de la WWE, se poursuit patiemment et de façon efficace. Associé à Dolph Ziggler avec lequel il fut opposé à R-Truth et Matt Hardy ce vendredi, il a de nouveau confirmé son statut de heel trop méchant, tellement sanguinaire et si brutal. Et il est pour tout dire assez rafraichissant (car trop rare) de voir un combat s’interrompre sur décision de l’arbitre. Vendredi, Drew a littéralement éclaté la tête de Matt le Bouffi sur l’escalier en métal permettant l’accès au ring, l’arbitre n’ayant d’autre choix que d’arrêter le match au moment de constater le KO debout, plutôt bien vendu, du plus âgé des frères Hardy. Et comme cela ne suffisait pas à l’Ecossais, il en a rajouté une couche en explosant encore une fois et pour le plaisir, la boite crânienne sonnant creux de Matt, alors que celui-ci était secouru par l’équipe médicale. En ajoutant haut et fort qu’il ne voulait plus jamais voir sa vilaine face à SmackDown, ce qui laisse le champ libre à un transfert de Matt, à moins que ce ne soit le Chosen One qui aille voir à Raw si les lundi soir sont plus en accord avec son goût pour les spotlights et son statut de champion intercontinental.

 

 

Ben nan monsieur l’arbitre, je vous assure, c’est son état normal, il a tout le temps cette tête là.

 

 

 

Wade Barrett, victime collatérale

 

Edge et Jericho ne se sont pas affrontés vendredi soir. Préservés en vue du PPV de dimanche, ils se sont contentés de se fritter par micro interposé, lors d’une excellente promo tenue dans la cage en métal qui leur servira d’arène à Extreme Rules. Comme d’habitude, les deux Canadiens ont été parfaits au micro et il nous semble superflu de vanter une fois de plus leur micskill. En revanche, on pourrait, à y regarder de plus près, reprocher deux petites choses à ce segment: d’une, le gimmick du "spear" commence à devenir fatigant. S’agissant d’Edge et de Jericho, on est en droit de s’attendre à quelque chose d’un tout petit peu plus élaboré. De deux, j’ai eu un peu de mal à accepter que l’ultime opportuniste se débarrasse ainsi de ses deux adversaires. Entre Jericho le vicieux et Barret le costaud, le Canadien prétendument affaibli après le travail de son adversaire sur sa jambe blessée la semaine dernière n’aurait pas dû s’en sortir à si bon compte. Bon, on pinaille un peu et le passage à tabac de Wade abandonné par son mentor dans une cage fermée à clé était un très bon moment. Et Jericho, et son air de dire "désolé mon vieux, je ne peux rien faire, il va falloir que tu te démerdes tout seul" c'était du très bon Jericho, comme d'habitude. En tout cas, on se lèche les babines par anticipation en attendant un match qui a tout pour être un voleur de show dimanche soir!

 

 

Quand Wade Barret a très peur, il rapetisse.

 

 

 

This is his Tyme !

 

La feud opposant JTG à Shad se poursuit (il faut bien justifier leur match de PPV) et pour tout vous dire, je trouve que finalement, la mayonnaise ne prend pas si mal. Si, n’ayant jamais été une fana des Cryme Tyme, j’étais assez dubitative au moment où le split s’est produit, lançant la storyline entre les deux hommes, j’ai tendance à trouver cette histoire assez sympa. Bien sûr, on est dans l’archi classique de l’explosion d’une Tag Team mais l’évolution du personnage de Shad fait que le truc a tout pour se poursuivre un peu et nous offrir des segments intéressants. Vendredi, alors que son ancien compagnon de ring était opposé au regretté Mike Knox (un job de deux minutes en matière d’adieux, paye ta reconnaissance), Shad n’a eu de cesse de le débiner au micro, confortablement installé à la table des commentateurs.

 

 

Looké Stringer Bell, il devra peut être se méfier d’Avon JTG Barksdale…

 

 

Relooké en costard cravate alors que JTG est toujours affublé des oripeaux prétendument hip hopers racailles en cours à NYC, Shad a tenu la route de façon consistante en insistant sur le côté loser de son ex partenaire, et l’angle brooklyn reprezent vs. nouvelle respectabilité a tout pour nous tenir en haleine pendant encore quelques semaines. Comme il fallait s’y attendre, après la victoire de JTG, Shad s’est fait un plaisir de venir massacrer son ancien coéquipier à coups de lanière en cuir (il fallait bien faire le lien avec le strap match de dimanche) en lui hurlant à la face que c’est fois ci, c’était "his time" et j’avoue humblement commencer à kiffer ce personnage du méchant Shad, assez convaincant en heel sauvage et sanguinaire. Si je devais mettre une pièce sur celui qui sortira vainqueur de la feud, je la mettrais sans hésiter sur ce néo heel. C’est son gimmick qui évolue, pas celui de JTG, et je ne serais pas étonnée qu’il soit un des nouveaux paris solo de la WWE. Tout du moins en midcard.

 

 

C’est à moi maintenant! T’entends? C’est mon tour ! C’est à moi d’aller à Raw jobber avec Hornswoggle, Santino et Chavo!

 

 

 

Simply flawless

 

Ne nous plaignons pas, les filles nous ont offert un bon combat vendredi soir, et on se prend à rêver de temps d’antenne et de match convenable entre McCool et Phoenix à Extreme Rules ce dimanche. Ce Beth & Mickie James vs. Layla & Michelle fut plutôt agréable à suivre et confirme une fois de plus que l’association entre les deux chipies heels fonctionne de façon plus que correcte. Le booking du match fut quant à lui assez intelligent: en n'opposant McCool (avez-vous noté le subtil trait rouge soulignant à la perfection les lèvres divines de la championne?) et la Glamazon qu’avec parcimonie, le staff de la WWE ne grille pas ses cartouches pour dimanche et alimente la feud juste comme il le faut. Reste qu’il nous faut nous préparer à l’évidence: Beth Phoenix, humiliée par le trio LayCool & Vickie, fracassée contre une table à repasser et la tronche tartinée de rouge à lèvres vendredi, devrait malheureusement l’emporter à Extreme Rules ce dimanche et on ne serait pas surpris de voir Michelle grossir les rangs du roster de Raw sitôt le méfait de son adversaire accompli. Ce qui permettrait un règne long et mérité à la Glam, tout en préservant l’image de la copine du Taker qui pourrait ainsi lorgner sur le titre détenu par Eve. Si au passage, Maryse la nullissime pouvait être envoyée jobber contre Beth à SmackDown, disons-le de suite, on en serait ravis. Mickie, elle, a connu une fin de carrière plutôt difficile à avaler : Laya (en progrès) qui, après un neck breaker, effectue le tombé sur une fille six fois championne et qui la vire du ring sans ménagement à l’issue du combat comme une vulgaire jobbeuse qu’elle n’est pas, la neo chanteuse country peut l’avoir mauvaise. Mais comme disent les Américains, "c’est la vie" et the show must go on.

 

 

 

Layla qui sert de corde à sauter à Beth et Michelle McCool, il fallait oser.

 

 

Un truc qu’on a en revanche beaucoup de mal à comprendre: que diable faisait cette planche à repasser sous le ring de SmackDown vendredi soir? C’est certes pratique au moment d’exalter des sentiments machistes parfaitement stupides, mais cela ne me semble guère cohérent. Cela prépare-t-il le match à mystérieuse stipulation de ce dimanche (extreme makeover match)? Les deux meilleures catcheuses en activité en seront-elles réduites à se foutre des planches à repasser, des aspirateurs et des serpillères sur la tronche, histoire d’aller au bout du cliché? Réponse dans quelques heures. Mais je vous le dis tout de suite, on craint le pire.

 

 

Hey Mickie, repasse quand tu veux hein! Lol !

 

 

 

Hair vs. Que dalle, la revanche du sociopathic gremlin ?

 

Après une ouverture endiablée (Swagger vs. JoMo), il fallait du lourd pour clôturer le show et le Rey Mysterio & Kane vs. CM Punk & Luke Gallows a tenu toutes ses promesses de main event prometteur. Ces quatre là ont fait le boulot sur le ring à tel point que, si elle se confirme, l’association ReyKane pourrait être plutôt sympa à suivre et pas seulement pour la rigolote différence de taille entre les deux hommes. Ce vendredi, encore une fois, le storytelling à tourné autour des cheveux de CM Punk. Après un match enfin remporté clean par le champion straightedge, contrant un sunset flip du trop petit Rey Mysterio, les deux nouveaux ennemis jurés ont continué à s’expliquer après le gong de l’arbitre marquant la fin des hostilités jusqu’à ce que Cihaime ne se retrouve, à moitié groggy, affalé sur une chaise de barbier qu’il comptait utiliser pour convertir un nouvel adepte. Bien sûr, Rey s’empara alors du fameux rasoir électrique et Punk ne dut son salut qu’à une courageuse intervention de la toujours impeccable Serena. Ce qui me laisse un brin perplexe quant à l’issue de cette feud. Car après ce très bon match, riche en rebondissements, j’avoue ne pas trop savoir à quoi m’en tenir pour le combat de dimanche. D’un côté, l’absence d’enjeu pour Rey (après tout, seule la chevelure de Punk est dans la balance) me semble jouer en la faveur de Cihaime que j’imagine assez difficilement perdre et sacrifier son look christique qui fonctionne si bien. De l’autre, je me dis que la WWE est bien capable d’offrir à ses fans ce qu’ils attendent depuis maintenant quelques jours: la tonte du gourou. En effet, le peuple suiveur des avatars de la fédération de Stamford semble réclamer à cor et à cri l’épilation intégrale du straightedge, et mon petit doigt me dit qu’elle pourrait bien être tentée de la lui offrir… Réponse dès ce soir! 

 

 

– Non, je t’assure que la différence de taille ne me gène pas du tout.

– Ouais, t’as raison, après tout Carla et Nicolas, il paraît que ça marche.

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