Catch

Their time is now

This is MY TIME!

Shad Gaspard, qui a volé sa réplique à ses vrais propriétaires.

 

En dépit de son intitulé, ce n'est pas à cause du déchaînement de violence dont il a été le théâtre que ce pay-per-view restera dans l'Histoire. Non, si on s'en souviendra dans quelques années, c'est parce que deux futures stars de la WWE des années 2010 y ont définitivement validé leur billet pour le main event.

 

 

Bienvenue au club, Jack.

 

 

Nalyse d'Extreme Rules

 

 

 

Prenons le pari, ce Extreme Rules 2010 sera vu, à l'avenir, comme Wrestlemania 21 est vu aujourd'hui. Rappel pour ceux qui ont séché leurs cours d'histoire: ce Mania a été très bon, avec plusieurs combats de haut niveau, à commencer par un Kurt Angle-Shawn Michaels souvent considéré comme le match de l'année 2005. Il y eut aussi ce soir-là un excellent Undertaker-Randy Orton, un Rey Mysterio-Eddie Guerrero qui serait le dernier match à Mania de Guerrero ou encore l'étrange affrontement de sumo entre le Big Show et Akebono. Mais ce qu'il en reste, surtout, de ce Mania-là, c'est un côté "créateur de stars" presque insurpassable. Car ce soir-là, dans le tout premier Money in the Bank, Edge allait déjà se montrer ultimement opportuniste et décrocher la mallette qui, in fine, lui permettrait de gagner son premier titre de Champion du monde. Cette mallette, il allait la casher sur John Cena, lui aussi sacré pour la première Champion WWE à Mania 21, en battant JBL. Et ce même soir, Batista gagnait lui aussi son premier titre majeur, le Championnat du monde poids lourds, en venant à bout de son ancien camarade d'Evolution, Triple H.

 

 

Et y en a encore qui osent dire que je ne mets pas les autres over? Ca m'arrive au moins une fois tous les cinq ans!

 

 

Cinq ans plus tard, Edge, Batista et Cena cumulent 24 règnes de Champion du monde à eux trois. Même s'ils avaient tous trois déjà montré les dents avant Wrestlemania 21, cette soirée-là représente un moment charnière dans la carrière de trois des plus grandes stars de la demi-décennie suivante. La jaquette du jeu sorti sur Xbox à cette occasion le pressentait, d'ailleurs.

 

 

CQFD.

 

 

Le parallèle Mania 21 avec Extreme Rules 2010 est sans doute excessif, ne serait-ce que parce que c'est une chose d'exploser aux yeux du monde à Wrestlemania, c'en est une autre de le faire dans un ppv secondaire. Il n'empêche, on regardera peut-être ce show, d'ici quelques années, comme celui où "where it all began" pour deux futurs multiples champions: Jack Swagger et Sheamus. Et peut-être pas seulement pour eux. Dimanche, dans tous les matchs individuels, c'est le plus jeune des adversaires en présence qui l'a emporté. Avec la retraite de Shawn Michaels, le hiatus annuel de l'Undertaker et les défaites de Batista et de Triple H, l'âge moyen des vainqueurs du soir tourne autour de la trentaine. Cena et Sheamus (32 ans), CM Punk (31), Swagger (28), JTG (25) et même Edge (36) sont plus jeunes que les types qu'ils ont vaincus (constat qui vaut aussi pour Beth Phoenix, 29 ans, qui rend quelques mois à Michelle McCool). Et si les Tag Team Gauntlet Matchs sont "plombés" par l'âge du Big Show, notons quand même que le premier tombé de la série a été fait par le Miz (29 ans) et le dernier par DH Smith (23 ans). Enfin Serena la Punkette, 23 piges, crève l'écran à chaque apparition.

 

 

No future! No future! No future for you!

 

 

De tous ces jeunes, ce sont naturellement Swagger et Sheamus qui ont été le mieux mis en lumière (on connaît en ces lieux un Mutoïd qui a dû en manger quinze Pépito à la suite tellement il était heureux). Les deux hommes souffraient, avant cette soirée, d'un certain déficit de légitimité. Sheamus se trimballait la pancarte du type surpushé à cause de ses connexions backstage avec Triple H. Swagger, lui, souffrait d'un booking incohérent, qui l'avait fait passer pour un bouffon pendant des mois (défaites contre Bourne, Santino et autres MVP, passage de deux minutes au Royal Rumble…) avant de le propulser champion WHC… mais champion perdant bien plus de matchs qu'il n'en gagnait. Les deux S ont remis les choses au point ce dimanche, si bien qu'ils apparaissent désormais comme des main eventers naturels, ce qui n'était pas encore évident avant le début de la soirée.

 

 

"Backstage lightning": mise en lumière d'un nouveau venu backstage.

 

 

Sheamus avait lancé les hostilités dès avant le début du show, étalant Triple H backstage à coups de barre de fer, avant d'être séparé de sa proie par dix arbitres et un Teddy Long. Dès lors, on savait à peu près ce qui arriverait plus tard: un Trips héroïque mais vendant sa blessure viendrait livrer bataille au Berserker celte, serait à deux doigts de le faire plier, mais finirait par succomber. C'est bien ce qui se passa: contre l'avis d'un corps médical quelque peu j'm'en foutiste ("are you sure you wanna do this?", demanda seulement l'un des infirmiers à Hunter qui titubait vers le ring), le Roi des Beaux-Fils amena sa carcasse sur scène, échangea avec son petit protégé, un gros quart d'heure durant, des mandales puissantes parfois entrecoupées de quelques mouvements de catch, vendit correctement son bras gauche innervé, chercha un sledgehammer sous le ring, ne trouva qu'un kendo stick, fit avec, ce qui rosit méchamment la peau d'albâtre de l'Irlandais, et enfin succomba comme un titan, suite à quatre Bicycle Kicks consécutifs (un Crucifix Powerbomb pour faire bonne mesure aurait été parfait, mais bon). Insistant pour sortir sur ses deux pattes, Hunter fut agressé une fois de plus par sa version 2.0, et quitta finalement les lieux sur une civière.

 

 

D'une pierre deux coups: après le Street Fight, Sheamus gagne également un Stretcher Match impromptu.

 

 

Alors certes, on retiendra peut-être qu'un Triple H n'ayant qu'un seul bras valide a tenu tête à Sheamus pendant un quart d'heure et failli le battre. L'ego de M. Stephanie McMahon est ainsi préservé. Mais la victoire de l'Irlandais n'en est pas vraiment ternie. Après tout, les agressions dans les couloirs en traître, c'est un grand classique chez les heels, et on connaît un certain Cerebral Assassin qui ne reculait pas devant ce genre de stratagèmes… Sheamus, après des mois de build controversé, gagne enfin par tombé pour la première fois face à un main eventer (ses victoires contre Cena et Orton ayant été obtenues dans un Tables Match et par DQ). Pour un type au gimmick de brute épaisse, on ne saurait rêver meilleur bâton de maréchal qu'une victoire contre Triple H dans un Street Fight. A lui de capitaliser là-dessus à présent que Hunter va probablement prendre quelques semaines de repos.

 

 

Meet the new boss, same as the old boss.

 

 

Swagger, de son côté, pourra également dater de cet Extreme Rules son vrai push au main event. Certes, il avait déjà été champion ECW, et avait gagné le Money in the Bank à Mania avant de casher sur Jericho et de survivre à un Triple Threat contre ce même Jericho et Edge. Mais ses quatre défaites enregistrées depuis Mania l'avaient posé comme un Champion à qui il manquait un petit quelque chose. Non pas dans le ring, où il est toujours très bon, mais dans les instants décisifs. Ainsi, il s'était laissé surprendre deux fois par les RKO d'Orton, avait sous-estimé le Taker en essayant de l'écraser dans le coin (ce qui avait résulté en un Chokeslam suivi du Tombstone fatal) et avait négligé d'écarter Morrison des cordes après lui avoir porté sa Gutwrench Powerbomb lors du dernier Smackdown. Mais cette fois, Swagger n'a rien raté. Il a commencé par dominer copieusement Orton pendant dix minutes, justifiant pleinement sa propre qualification d'"antidote" au venin vipérin. Orton, encore arrivé sous une pop monstrueuse et suscitant des hurlements d'amour au moindre hochement de tête, ne trouvait pas la solution dans le ring. Souplesses diverses, retournements, contres, Swagger, plus puissant et aussi rapide que lui, lui en faisait voir de toutes les couleurs. A l'extérieur, ça n'allait pas bien mieux, puisque le champion universitaire passait une souplesse arrière en ringside. Randy finissait par trouver la bonne cadence, mais se laissait happer par la stipulation "Extrême" du match, en insistant pour infliger son RKO sur une chaise, alors qu'il aurait sans doute eu plus de chances de vaincre en allant plus vite à l'essentiel. Du coup, un Swagger concentré contra le RKO, balança le challenger sur la chaise en question et le releva rapidement pour une Gutwrench Powerbomb définitive.

 

 

Non non Randy, prends la chaise, toi. L'âge avant la beauté!

 

 

Voilà, Swagger a vaincu un main eventer clean, en un contre un, dans un pay-per-view, pour sa première défense de titre. Il n'est certes pas devenu invulnérable du jour au lendemain pour autant, et le RKO qu'il se mangea après-match vint rappeler qu'Orton n'entendait sans doute pas en rester là. Mais sa cote est diablement remontée par l'effet de ce match bien booké, où il apparut non seulement comme l'égal du sextuple champion du monde, mais même, à plusieurs reprises, comme un adversaire trop fort pour lui. Swagger avait besoin d'un match-référence, il le tient.

 

 

Animal face off: une fois de plus, une vipère se fait défoncer par une mangouste.

 

 

Il est probable que JTG se rappellera lui aussi de cet Extreme Rules comme de sa grande soirée… mais pas parce qu'il y aura lancé une carrière de main eventer, simplement parce qu'on ne le voit pas enregistrer beaucoup de victoires en solo en pay-per-view à l'avenir. Pourtant, le garçon a des qualités, comme en a témoigné sa victoire pleine de malice: trimbalé sur le dos de Shad d'un coin à l'autre, il toucha tous les coins à la suite de son ex-partenaire, tout en intimant à la foule de ne pas attirer l'attention du public sur l'entourloupe, avant de prendre le meilleur sur le big man juste avant le dernier coin et surprendre tout le monde, y compris l'immense majorité de nos pronostiqueurs. Ca doit être la première fois qu'on voit gagner en ppv un type n'ayant même pas eu le droit à la moindre promo auparavant… L'horizon semble toutefois bouché pour le plus petit des ex-Fine Young Criminals. Même après le départ de Shelton Benjamin, la midcard de la WWE est pleine de jeunes gars techniques et rapides (il paraît d'ailleurs que le dark match entre Kofi Kingston et Dolph Ziggler a valu son pesant de cacahuètes), et il serait surprenant que JTG, surtout avec son immonde coupe actuelle, tire son épingle du jeu dans ce marigot. Quant à Shad, au temps pour "his time". Qu'il n'ait même pas infligé un beatdown sordide à JTG après la fin du combat n'augure pas grand-chose de glorieux dans son avenir immédiat.

 

 

Le plus pénible, dans une séparation, c'est le partage des biens achetés ensemble.

 

 

Tant qu'on en est au pas glorieux, allons-y de notre couplet hélas habituel sur le machisme hallucinant des bookers de la WWE, encore une fois illustré par le match des Divas. Si les filles de Raw sont depuis longtemps considérées comme des potiches débiles, on espérait fortement que celles de Smackdown, plus talentueuses et mieux mises en valeur, seraient un peu plus respectées. Patatras, Michelle McCool et Beth Phoenix s'affrontèrent dans un "Extreme Makeover Match" (match "maquillage extrême", donc), qui puisait sa source dans les critiques de McCool visant la féminité de Beth. Déjà, c'est léger comme storyline, et quand on vit qu'un stand de Sephora avait été dressé pour l'occasion en ringside, on leva les yeux au ciel. Mais passe encore que les filles veuillent se tartiner mutuellement de rouge à lèvres et de crèmes de jour, et se balancer du déodorant en spray dans la gueule. Après tout, tout est bon aux yeux des heels pour rendre les faces fous de rage, et l'angle d'attaque choisi par McCool sur Phoenix, reprenant à peu près celui de Martina Hingis sur Amélie Mauresmo il y a une décennie de ça (le fameux "j'ai eu l'impression de jouer contre un homme"), n'est pas foncièrement plus con qu'un autre.

 

En revanche, qu'est-ce qui peut justifier que, plongeant sous le ring, les Divas en aient ressorti… une planche à repasser, un fer à repasser et des balais? Pourquoi y avait-il aux abords du ring un seau plein d'eau et une serpillière? Questions rhétoriques, bien sûr. Nanas => ménage, l'équation est incompressible. Ah putain, c'est trop marrant de les imaginer se filer des coups de balai et de planche à repasser! Du coup, au lieu du match haineux et enragé auquel on aurait dû avoir droit entre la Championne méprisante et la babyface adorée du public, on a vu une espèce de sketch de Benny Hill, constellé de moments proprement risibles comme quand Layla et Vickie tentèrent de faire chuter Beth des cordes en lui… balayant les pieds, ou encore quand Beth balança sur McCool un seau en plastique vide, avant de tenter un tombé dans la foulée.

 

 

Je ne sais absolument pas me servir de ce truc, à la maison c'est Taker-chou qui s'occupe du repassage.

 

 

Accessoirement, c'est Beth qui a gagné, devenant la Women's Champion malgré les interférences foireuses des copines de Michelle. Surprise, on lui remit la ceinture de championne à la fin du match, alors qu'on s'attendait à ce qu'elle gagne un aspirateur ou un balai à chiottes. Ben ouais, les nanas, c'est ça leur truc non?

 

 

Hé mais arrêtez de catcher, venez plutôt laver par terre avec nous, on a chopé un balai et une serpillière, c'est trop cool!

 

 

Bon, à part ça, il n'y a pas grand-chose à reprocher au PPV, il faut bien l'admettre. Il est cependant probable qu'il se trouvera des voix pour critiquer le début du show, avec un Gauntlet Match quelque peu inepte imposé à Showmiz, mais ce fut plutôt bien construit: Miz était venu plastronner comme à son habitude, tant et si bien qu'un Teddy Long énervé (en tant qu'unique General Manager en fonction à la WWE, il était apparemment en charge du ppv, et avait déjà fort à faire avec Sheamus qui foutait sa merde backstage) décida d'opposer aux Champions une équipe qui, si elle gagnait, aurait un title shot au Raw du lendemain. Comme le Miz, brillant comme d'hab, avait l'air aussi impressionné par cette annonce que Triple H à la vue de l'entrée de Chavo Guerrero, Long ajouta une deuxième équipe à l'équation, puis une troisième, et le Show (qui savait que de toute façon, il n'y avait pas d'autres équipes dispo dans le roster) ferma alors prestement la grande gueule du Miz par son encore plus grande paluche.

 

 

Le grand retour du STFU.

 

 

La dynamique Show-Miz est parfaite, autour du duo classique "petit roquet qui jacasse / grand balaise qui fracasse", même si on voit venir d'ici le split final, quand le géant en aura marre de rattraper les conneries de son camarade. Ensuite, sur le match… On sait bien, dans un Gauntlet Handicap Match, que les deux premiers matchs sont forcément gagnés par les "handicapés". Pas d'exception ici, puisque JoMo et Truth perdirent en trois minutes (soit à peu près la même durée que leur title-match à Mania), par disqualification après que Morrison eut acrobatiquement étranglé le Big Show dans les cordes. Oui, une DQ dans un PPV nommé "Extreme Rules", quand on vous dit que la WWE ose tout! On crut ensuite apercevoir un semblant d'embrouille entre Morrison et Truth, mais ils n'eurent guère le temps de s'expliquer puisque MarkVP arrivèrent au sprint (enfin, au trot pour l'un des deux, devinez lequel), pressés de se faire squasher. Ils affaiblirent encore plus Showmiz mais perdirent quand même, naturellement, sur le classique Knockout Punch du Show, infligé à MVP après un Playmaker ayant étendu le Miz. Les champions étaient donc exsangues quand déboula la troisième team, évidemment la Hart Dynasty, accompagnée par tonton. Dix secondes et une Hart Attack plus tard, l'affaire était pliée et les Harts se congratulaient au centre du ring.

 

 

– I am the Miz and…

– Ta gueule bordel!

 

 

Finalement, toute cette affaire fut plutôt marrante et cohérente du point de vue du booking des champions. L'association avec Bret fait clairement du bien à la popularité des héritiers, et même si la scène tag team est toujours aussi désertique (après le split de Cryme Tyme, la HD est avec Croft-Barretta la seule équipe réelle du roster), on peut quand même approuver cet épisode, qui lança le ppv sur des bases peut-être pas effrénées, mais agréables.

 

 

Et alors là je dis à Vince: ah ouais, tu crois que je vais gober ça? Et paf, je lui crache dans la g…

Ouais, super tonton, mais tu nous raconteras la suite pour la dix millème fois après, OK?

 

 

Si Morrison a réussi l'exploit d'être disqualifié dans un ppv à stipulation extrême, la même mésaventure aurait pu arriver à Punk ou Mysterio, puisque leur revanche de Mania fut un match normal, l'arbitre comptant leur temps à l'extérieur et expulsant Luke et Serena des abords du ring (non sans que cette dernière ait eu le temps d'allonger un de ses superbes coups de pied dans les côtes du Mexicain). C'est l'un des deux reproches que l'on pourrait adresser à un match qui, par ailleurs, combla la frustration générée par Wrestlemania, où les deux hommes n'avaient eu à droit qu'à quelques minutes. Cette fois, ils eurent un quart d'heure qu'ils exploitèrent au mieux, multipliant les combinaisons originales et les nearfalls crédibles.

 

Mais pourquoi ne pas avoir rendu ce match "extrême" au sens pas de DQ et autorisation d'employer des armes? La haine mutuelle que se vouent le gourou et le nabot l'aurait parfaitement justifié… Le second reproche éventuel, c'est bien sûr le finish: un homme encapuchonné, sans doute le revenant Joey Mercury (ancien comparse de Morrison, viré de la WWE après avoir eu le nez explosé par les Hardy dans un Ladder Match il y a quelques années et être devenu dans la foulée addict aux anti-douleur), est sorti de sous le ring pour défoncer Mysterio, avant d'y retourner illico presto (fou ce qu'on trouve sous les rings de la WWE: des Hornswoggle, des Joey Mercury, des tables, des fers à repasser… ça se trouve, c'est là que se planque Ben Laden). Ne restait à Punk qu'à hisser Rey dans le ring, lui coller enfin ce GTS qui le démangeait depuis des semaines et faire le tombé en recoiffant sa chevelure intacte.

 

Punk chambrait ensuite dans le fauteuil de coiffeur ramené en vain par Rey, en compagnie de Luke et Serena, mais sans son mystérieux nouvel ami. Au final, Punk est donc incapable de battre Mysterio sans aide extérieure, ce qui affaiblit un peu son personnage, mais en même temps, il gagne grâce à un homme qui sera probablement révélé comme le nouvel adepte de la Society, ce qui colle à son comportement de gourou manipulateur, donc why not? Le match, en tout cas, fut proprement excellent, varié et rapide, et en donna à tout le monde pour son argent.

 

 

Et maintenant, je me fais Hornswoggle!

 

 

Les deux autres revanches de Wrestlemania ont elles aussi tenu la comparaison, même si les stipulations ont représenté à la fois un avantage et un inconvénient. Le problème, avec les matchs en cage, c'est leur fréquence: entre les Steel Cage et les Hell in a Cell, on a bien dû en avoir une demi-douzaine depuis un an (Undertaker-Punk, Orton-Cena et DX-Legacy au ppv Hell in a Cell; Orton-Batista, Punk-Jeff Hardy et Mysterio-Batista en Steel Cage à diverses occasions). Du coup, il devient difficile de surprendre le public avec les spots offerts par la structure. De plus, c'est une stipulation ou la fameuse "suspension du disbelief" est particulièrement mise à l'épreuve. Chaque fois que l'un des adversaires escalade la grille, il se met à ralentir brutalement pour laisser l'autre le rattraper, voire le ramener à l'intérieur alors qu'il pend déjà dehors. Sans parler de tous ces gars qui, au lieu de simplement sortir par la porte quand l'adversaire est HS, tentent de fuir en escaladant la cage ou de caser quelque manœuvre complexe… Edge et Jericho firent au mieux de leurs possibilités, et ça veut déjà dire beaucoup. Le résultat, facile à prévoir dès le départ, ne fit plus de doute dès l'instant où Y2J, ayant étalé le néo-face, sortit de la cage, descendit une ou deux marches, puis se ravisa pour revenir tenter de "mettre fin à la carrière d'Edge", comme il l'avait promis. La psychologie aurait été plus cohérente si Jericho, à la première seconde du match, n'avait pas tenté de s'enfuir immédiatement de la cage…

 

 

Cherchez pas à comprendre, c'est stra-té-gique.

 

 

Le match fut pourtant bon, pas de doute là-dessus. Les deux Canadiens ont sorti leurs meilleurs moves, parfois de façon originale comme ce Codebreaker sur la troisième corde. Mais l'absence de suspense et l'insuccès du gimmick "Spear!", en dépit des efforts de Jericho en interview avant-match et des yeux toujours plus déments d'Edge ont quelque peu nui au spectacle, d'autant que le Spear final, ce fameux Spear lui offrant une victoire sur Jericho derrière lequel Edge courait depuis son retour en janvier, fut très moche, loin ne serait-ce que de celui que ce même Edge avait porté quelques minutes plus tôt et dont Jericho s'était pourtant dégagé….

 

 

On s'en fout, le Oh my God moment de l'année est déjà attribué: on a vu les fesses de Chris!

 

 

Vers la fin du match, Edge a longuement travaillé le mollet de son adversaire, peut-être histoire de l'envoyer lui aussi en vacances pour blessure, qui sait (une nouvelle tournée de Fozzy serait dans les tuyaux). Il apparaît en tout cas que cette feud, qui a offert plusieurs bons matchs mais n'a jamais pris l'ampleur espérée — parce qu'elle était trop centrée sur le Spear, justement — est terminée. Si c'est le cas, alors elle aura laissé un goût d'inachevé… ou peut-être en attendait-on trop. Sur le papier, une feud Edge-Jericho devrait être une candidate naturelle au titre de feud de l'année. Mais si l'affaire s'arrête là, on doute qu'on la retrouve à ce niveau en décembre, quand nous désignerons nos Awards 2010.

 

 

Elle a de la gueule, la nouvelle bédé WWE.

 

 

La soirée se conclut naturellement par le choc des titans Cena-Batista, seule des quatre revanches de Wrestlemania à connaître le même dénouement que lors du Granddaddy of them all. Ceux qui étaient au courant des rumeurs backstage n'en furent pas surpris: Batista serait furieux de ne pas avoir été retenu pour la prochaine daube cinématographique made in WWE (alors qu'il devrait être reconnaissant au Seigneur d'éviter cette honte), et serait sur le point de quitter la fédération. Si cela se confirme, ce serait extrêmement dommageable, car l'Animal était l'un des personnages les plus intéressants de la WWE depuis son turn il y a quelques mois: enfin un heel surpuissant suffisamment crédible pour vaincre tout le monde, Cena compris, et régner en maître absolu sur Raw! A ce propos, on se demande où est passé l'Ankle Lock qu'il s'était soudain mis à employer à son arrivée à Smackdown à l'automne dernier…

 

 

J'ai dû l'effacer de mon disque dur pour installer le logiciel "Figure Four", désolé.

 

 

Mais les astres ne se sont pas alignés comme il le fallait pour le heel-run de l'Animal (qui trouva le temps, en plein combat, de se tourner vers un kid venant de hurler "Batista, I hate you!" pour rugir en réponse "I hate you too!"). Du coup, SuperCena (encore hué par une bonne moitié de la salle, soit dit en passant) devait triompher. Ce qui fut fait, au bout d'un très bon match de plus de vingt minutes. Certes, le Last Man Standing souffre, comme les matchs en cage, d'une stipulation comportant de nombreux passages obligés: prises de finition habituelles mais portées hors ring ou via des objets, décomptes simultanés, catcheurs se relevant systématiquement au compte de neuf… Ces impondérables admis, le combat a été aussi bon que possible, avec son lot de gros spots (FU à travers la table des annonceurs, Spinebuster à travers une table, STF longue durée, Batista Bomb…) et un finish malin, le Marine finissant par scotcher les pieds de son animal adversaire autour du poteau de ring. Va te relever après ça!

 

 

Chaque été, des milliers d'animaux sont abandonnés par leurs maîtres au bord des routes, attachés à un poteau. Donnez à la Fondation Brigitte Bardot.

 

 

Si ce fut le dernier match de Batista dans un ppv de la WWE, cet Extreme Rules aura été encore plus historique qu'on le pressent. Dans ce cas de figure, le flambeau de la brutalité sadique et du heelisme arrogant ne restera pas longtemps au sol. Sheamus et Swagger sont là pour porter haut ces valeurs indispensables du catch moderne dans la décennie naissante. Une fois de plus, la WWE prouve sa capacité à bâtir des champions crédibles, même si le build se fait rarement sans à-coups.

 

 

Avance! Allez, avance, sale bête, le main event, c'est par là!

 

 

Deux mots enfin pour souligner l'engouement du trio de commentateurs, avec pour une fois un Lawler en forme et motivé, qui finit pratiquement par former avec Striker un duo de heels se moquant plus ou moins ouvertement d'un Cole qui parut réellement énervé. Même si tout ne fut pas parfait (ah, ce moment où, soucieux de street cred, Lawler s'enorgueillit du fait que Memphis est la deuxième vllle la plus dangereuse des USA!), ils réussirent globalement à mettre en valeur les matchs tout en nous amusant de leurs piques mutuelles, ce qui est assez rare dans un ppv pour être remarqué. Quand on vous dit que cette soirée a été historique!

 

 

Ta gueule Michael Cole!

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