Catch

Ils sont venus, ils sont tous là

Je ne sais pas par quel miracle

Mais tout le monde est dans la place.

NTM, Soul Soul

 

Un Raw mené tambour battant a réussi l'exploit de faire défiler en une heure et demie la quasi-intégralité de son roster, mais aussi les huit rookies de NXT, deux chanteurs légendaires et la plus grande star de Smackdown en la personne de Vickie Guerrero. Ca c’est de l’organisation!

 

 

Rien d’étonnant qu'on ait eu le temps de caser tout ça, j’ai juste mis l’horloge sur pause!

 

 

Nalyse de Raw du 10 mai

 

 

Garçons et filles confondus, 35 catcheurs sont sous contrat à Raw. Parmi ceux-ci, Triple H, Ezekiel Jackson, The Great Khali et Melina sont actuellement out pour blessure ou congés. Sur les 31 restants, on en a vu 30 à Raw, l’unique exception étant Jillian, ce qui est d’autant plus surprenant que ses talents auraient trouvé à s’employer en cette soirée guest hostée par l’ex-ennemi public Flavor Flav et démarrée par l’irruption de Meatloaf — l’un des rockeurs les plus vendeurs de tous les temps (figurez-vous que son album Bat out of Hell, sorti en 1977, serait le cinquième album le plus vendu au monde de l'Histoire!) mais que les gens de bon goût retiendront essentiellement pour son rôle déjanté dans The Rocky Horror Picture Show (quant à moi, je vous recommande également sa performance dans le "Chef Aid" de South Park, mais on digresse).

 

 

C’est sympa de ne pas rappeler que dans les années 1990, j’ai surtout vivoté en jouant dans les Deschiens.

 

 

Meatloaf, donc, qui a une nouvelle merde à promouvoir, fit irruption dans le ring en début de show, interrompant Randy fuckin'Orton en personne, qui avait enfin décidé de sortir de son mutisme pour expliquer à Edge pourquoi il avait, la semaine dernière, poliment décliné sa proposition de lancer un Rated-RKO 2.0. Le rocker sexagénaire hurla qu'il était fan d’Orton, ce qu'on peut difficilement lui reprocher, avant de lui proposer de remplacer l'emblématique "Voices" par un theme song issu de sa dernière galette (galette, oui, comme ce que font les vaches avec leur cul). La bouse retentit dans le stade, Meatloaf tenta de se synchroniser dessus, ce fut atroce et Dieu merci, le RKO salvateur vint mettre fin à la torture assez rapidement. Dire qu'il y a 25 ans, la WWF se serait damnée pour attirer une star du calibre de Meatloaf à un show; maintenant, c'est le tas de viande qui implore Vince de l'autoriser à bouffer un RKO, dans l'espoir absurde que ça boostera ses ventes… Prenons le pari: en 2035, la star du catch du moment portera son finisher à un Pete Doherty reconnaissant, du haut de ses 120 kilos et de ses deux cents cures de désintox. Oui, bon, s’il est encore en vie.

 

 

En grand timide qu’il est, Randy Orton ne sait exprimer son admiration pour ses idoles que d’une seule façon.

 

 

La destruction du Loaf provoqua naturellement l'apparition immédiate d'Edge, micro en main, ce qui a eu pour effet de ne pas trop faire parler Orton. Bien vu: il aurait été ridicule de maintenir Orton dans son mutisme total de la semaine passée (ce genre d’attitude, ça ne passe qu'une fois, après ça devient embarrassant), mais le temps n'est pas venu pour lui de se lancer dans des discours de dix minutes. Sa popularité actuelle doit beaucoup au fait que, face turn ou non, il n'a rien changé à son style de catch et à son regard de taré; or une promo longue durée le forcerait à diluer la magie de sa présence physique par la rationalité de ses paroles. Le face-turn raté de son adversaire actuel est encore dans toutes les mémoires: en dépit de son exceptionnel mic-skill, Edge n'avait pas su se faire accepter du public à force de parlote. Orton doit parler peu, et bien. C'est d'autant plus facile que sa Némesis du moment est du genre bavard.

 

Parfaitement à l'aise dans ses vieux atours de heel manipulateur, Edge se moqua efficacement de ce Randy qui passe son temps à RKOiser des invités, enchaîna en déclarant que lui aussi trouvait ça chiant de voir des types sans rapport avec le catch prendre des décisions fondamentales pour la WWE semaine après semaine, et annonça qu'il avait passé quelques coups de fil en haut lieu pour faire part de son irritation à ce sujet. Miraculeusement, en haut lieu, on a écouté Edge, porte-voix pour l'occasion d'une bonne partie des suiveurs, et on a décidé que dorénavant les guest hosts n'auraient plus aucune autorité! Et blam, première grosse nouvelle de la soirée: après près d'un an de guest hosting, le concept ne s'arrête pas mais est vidé de sa substance, puisque, sauf nouveau changement, les hosts ne pourront plus, désormais, booker des matchs. Mais en ce cas, on se demande à quoi ils serviront, si ce n'est à fertiliser les Bella à tour de rôle…

 

 

Quelle affreuse perspective.

 

 

Quoi qu'il en soit, Edge avait des surprises plein sa besace puisqu'il annonça dans la foulée que Raw aurait désormais un General Manager permanent, et qu'il allait nous le présenter immédiatement… On eut deux ou trois secondes pour envisager les différentes options. Il fallait nécessairement que ce soit un GM heel, sinon pourquoi Edge arborerait-il ce rictus de joie? Alors, qui? Un ancien catcheur sortant de sa retraite pour l'occasion, type JBL? Un McMahon (mais Vince ne veut plus trop apparaître à l'écran, Linda essaie de convaincre les bigots du Connecticut qu'elle est une bonne WASP qui sait se tenir, Shane a fui l'asile et Steph en est au troisième trimestre de sa grossesse)? Un heel connu pour sa proximité avec Edge, comme l'avait été Vic… bingo! C'est bien Vickie Guerrero qui est désignée, une nouvelle fois, GM de Raw, presque un an après sa démission pour le moins houleuse couronnée par une rupture en direct avec Edge, qui l'avait alors agonie d'injures odieuses! Et la voici pourtant qui revient aux affaires, à la grande joie de son salopard d’ex!

 

 

Vickie Guerrero has changed her Facebook relationship status from "single" to "it’s complicated".

 

 

Oui, voici Vickie, investie des pleins pouvoirs, qui se range derechef, à grands coups d'Excuse me!, aux côtés d’Edge, et prend comme première décision de booker le main event de la soirée en opposant à ce sale Randy Orton qui ne fait qu'emmerder les braves guest hosts un duo composé d'Edge lui-même et d'un partenaire de son choix. Ah, femme amoureuse, à quelles humiliations te mènent les élans de ton cœur! Plus tard dans la soirée, on assistera cependant à une séquence très intelligente où, backstage, Edge explique à Vickie que certes, il lui avait parlé ce fameux soir, en direct devant des milliers de spectateurs et des millions de téléspectateurs, comme à un étron flotteur… mais qu’il l’avait fait pour son bien, pour que les gens l'aiment, puisqu'ils le haïssaient lui! Et elle, la malheureuse, de le croire, d'accepter ses excuses et même, suprême offense, d'acquiescer quand il lui dit que désormais, ils seront juste copains mais qu'elle l'aidera évidemment, puisqu'ils sont comme ça Edge et Vickie, les Bonnie et Clyde modernes, ils font tout pour le mieux mais le peuple, cet ingrat, les hait quand même, alors c’est toi et moi contre le monde, chérie, et sans rancune hein ? Bref, Edge, plus master manipulator que jamais, tourne en bourrique la pauvre Vickie, et la presse même de venir aux abords du ring ce soir, afin qu'elle voie Orton vaincu, à ses pieds, comme trophée du nouveau règne Vickedge sur la WWE! Et elle, la cougar, la Dalida d'"Il venait d'avoir 18 ans", la Léa de Lonval de "Chéri", de surmonter la terreur que lui inspire l'évadé du vivarium pour accepter de se trouver en ringside ce soir… Pauvre, pauvre Vickie! Salaud d'Edge, salaud!!!

 

 

– Tu fais quoi là, avec ton Iphone?

Ben… je te remets dans mes amis Facebook, et je te poke!

Brave fille.

 

 

Enfin, embirlificoter Vickie, c'était une chose, se trouver un partenaire prêt à aller affronter Randy, ça serait autre chose pour le Rated-R Superbatard. On l’avait entrevu backstage en grande conversation avec nul autre que Batista, qui semblait lui prêter une oreille attentive. On n'en saurait pas plus sur le moment, mais la cause paraissait entendue: c'est bien Big Dave qui viendrait assister Edge ce soir-là contre Orton. Probablement en échange de quelque aide apportée par Vickie à l'Animal… Las, les choses se passeraient autrement. Ce qui est très judicieux, d'ailleurs: la WWE et son storytelling relativement basique nous ont habitués à une relation cause-effet quasi-directe: Edge discute avec Batista? Donc ils seront partenaires ce soir. Le fait que cela ne se produise pas ajoute du "réalisme" à cette affaire: on ne sait pas exactement ce qui se passera, même si on se croit fine mouche.

 

 

– Hé, viens m’aider à taper Orton ce soir! Vickie est de nouveau GM, en contrepartie elle t’aidera pour la suite!

– Quelle suite? Je me barre après Over the Limit, moi. Elle m’aidera à trouver une canne à pêche sympa chez Decathlon?

– Bon, OK, oublie.

 

 

Cela dit, peut-être que, en kayfabe, l'idée initiale était bien de faire catcher Edge avec Batista. Mais ce dernier se retrouva embringué dans une autre histoire, qui l'incita probablement à faire un mot d'excuse au Canadien. Parce que bon, le premier souci de Batista pour l'heure est un gamin de 32 ans et 110 kilos, portant une casquette moche, un tshirt hideux, un pantacourt en jean consternant et des baskets qui font pas trop "bottes de combat". Cena (puisque c'est de lui qu'il s'agit, fines mouches que vous êtes!) avait un message pour la bête. Ce soir, Johnny allait révéler la stipulation de leur confrontation à Over the Limit! Cena commença par remercier Sheamus de l'avoir assommé la semaine dernière au moment où il allait prendre sa décision: "Si j'avais pas eu un délai, j'aurais probablement dit une grosse connerie, con de moi!"

 

 

Mais là, j'ai pu demander l'avis du public, faire le 50-50 et appeler un ami!

 

 

Suite à quoi Cena raconta n'importe quoi. Grosso modo, ça a donné ça: "Etant donné qu'il m'incombe, en ma qualité de vainqueur du prestigieux Beat The Clock Challenge, de décider des caractéristiques du duel qui m'opposera à mon collègue et néanmoins ami Batista, il me serait possible d'imposer à celui-ci quelque handicap extravagant: lui bander les yeux, lui passer des menottes, voire lui scotcher les chevilles autour du poteau du ring…" Heu, non, Johnny, ça c'est dans tes rêves humides. La réalité, c'est que tu peux seulement choisir quel type de gimmick match ce sera, et certainement pas conférer à ton adversaire une entrave initiale. Dès lors, le reste du discours du Marine baignera dans le ridicule: "Mais comme je ne suis pas un lâche en dépit de ce que prétend Batista, je ne vais pas faire ça!" Ah putain, quel courage! Bref, il finit par nous annoncer que ce sera "le match le plus violent, le plus impitoyable, le plus terrible qui soit…" Un "I Quit Match".

 

Alors nous, on est tout disposés à gober tout ce qu'on nous dit depuis un écran de télé ou d'ordi, mais faudrait voir à ne pas violer Mae Young dans les orties. Le coup du [trémolos dans la voix] "Ce match est le plus destructeur, carnagesque, massacrigneux, monstruosissime qui puisse être imaginé!" [/regard dément], on nous le sert pour au moins une demi-douzaine de gimmick matchs (en plus des "I Quit", il y a aussi les Hell in a Cell, les Last Man Standing, les Steel Cage, les Three Stages of Hell, les Extreme Rules, les TLC, etc etc etc). Du coup, notre capacité de stupéfaction est quelque peu émoussée.

 

 

Putain!!! Un "Chill out on a chair Match"!!! Eloignez les enfants!

 

 

Sur ces entrefaites, Sheamus apparut, à l'invitation de Cena, désireux de remercier de vive voix l'Irlandais pour ce coup de pied dans la tempe qui lui avait offert une semaine de réflexion. L'assurance nouvelle de Chichi est chaque fois plus bluffante. Quand il marcha vers le ring, résolu, après avoir craché "t'es un malade mental de me provoquer, fella", on se dit presque qu'il allait vraiment s'engager dans un combat "fair" contre le SuperMarine! Bon, évidemment, Batista se pointa discrètement et les deux heels prirent rapidement la mesure de l'homme orange, qui était parti pour subir une Batista Bomb après un Spear, un Bicycle Kick et quelques écrasements sur le poteau à l'extérieur du ring… avant d'être sauvé par [Galadriel] the most unlikely creature imaginable [/Intro du SDA]: Mark Henry!

 

 

Est-ce un tonneau? Est-ce une enclume? Non, c'est SuperMark!

 

 

Henry a un statut à part à la WWE. Son gabarit et sa force en font un main eventer en puissance, mais son mic-skill défectueux et son catch sommaire l'ont toujours empêché de percer (sans oublier que sa couleur de peau l'a condamné plus souvent qu'à son tour à des gimmicks moyennement porteuses). Pourtant, la fédération ne l'a pas rabaissé au niveau du Great Khali, devenu un personnage presque uniquement destiné à des segments humoristiques. Henry peut toujours, le cas échéant, être tiré de la midcard où il végète habituellement pour venir promener son imposante stature un ou deux niveaux plus haut. Il y a un an, à son arrivée à Raw en provenance de l'ECW, il avait effectué un face turn matérialisé par un squash sur Orton, à l'époque Champion WWE. Plus tard, il a prétendu aux titres par équipes, en compagnie de MVP. Le reste du temps, il vivote peinard, entre un squash à infliger de-ci de-là (comme la semaine dernière à Ryder), un tag team, un job à un jeune (il a été battu ces derniers mois par DiBiase, Rhodes ou encore le Miz) et, parfois, un timide coucou à l'upcard, comme ce lundi. Que ses derniers fans ne se fassent pas d'illusions: ça n'augure strictement rien pour sa pomme.

 

 

– John, je t'ai sauvé d'un beatdown par les deux pires brutes de Raw. Tu crois que ça veut dire que j'aurai enfin un push?

– Putain, me fais pas rire, j'ai encore mal aux côtes!

 

 

Voyant Cena malmené par les deux über-heels, l'homme le plus gros du monde se précipita vers le ring dans un martèlement de tonnerre, et porta à Batista venu à sa rencontre un coup de tête auquel l'Animal réagit par un oversell comparable seulement au comportement de Shawn Michaels lors de son fameux match contre Hulk Hogan (pour ceux qui ne connaissent pas encore cet énorme moment de fou rire, c'est ). Sheamus se volatilisa, Batista s'enfuit aussi, laissant le béhémot s'agenouiller aux côtés du Marine… lequel n'allait pas tarder à lui démontrer toute l'étendue de son ingratitude.

 

Car un peu plus tard, Batista déclarait à Josh Matthews qu'il allait se servir d'Henry pour envoyer un message à Cena en vue de leur prochain I Quit Match. De héros salvateur, le bon Mark allait donc se muer en agneau sacrificiel. Batista, comme toujours génial en heel méprisant, entra dans le ring le premier et s'installa sur une chaise, où il fit mine de s'emmerder royalement jusqu'à l'arrivée du "WSM"… avant de se précipiter sur celui-ci lors de la délicate opération d'entrée dans le ring et de le massacrer à coups de chaise avant de lui porter une espèce d'étranglement qui, avouons-le, a une sacrée gueule, et qui laissa Mark évanoui pour le compte. Et pendant tout ce temps-là, quand plusieurs arbitres s'efforçaient d'arracher l'Animal de sa proie, aucun signe de John Cena, l'homme que Mark Henry avait un peu plus tôt sauvé d'un beatdown homérique. Non mais quel connard, franchement.

 

 

John! A l'aide! Vengeurs, rassemblement! Merde, c'est quoi déjà les paroles de l'hymne national? Gmblmblblblll….

 

 

Batista occupé par ses démêlés avec Henry, Edge dut se choisir un autre partenaire pour casser du Randy en fin de soirée. Le déroulement de la teuf lui offrit l'occasion de voir à l'œuvre tous ses comparses potentiels, puisque tous les hommes valides de Raw furent en action. C'est ainsi que l'on vit un très curieux match à huit contre quatre opposant les rookies de NXT à quatre pros de Raw. Il s'agit d'un progrès notable du statut des puceaux du mardi soir. La dernière fois qu'ils s'étaient pointés tous ensemble à un autre show que le leur, ce fut à un Smackdown il y a quelques semaines, où à eux huit, ils affrontèrent le seul Kane. Ils perdirent le match par disqualification et s'enfuirent dans les coulisses pourchassés par le Big Red Machin. Pas vraiment une perf de haut vol. Cette fois, on les considère apparemment comme des dangers plus sérieux puisque ce n'est pas un, mais quatre adversaires qui leur ont été opposés. Parmi ces quatre pros chargés de donner une leçon aux rookies, John Morrison, le gourou du sexe du lundi soir… accompagné de trois jobbers patentés: Yoshi Tatsu, Goldust et Santino Marella. Aie. Les chemins de la gloire sont particulièrement tortueux pour le rocker de ces dames…

 

 

Voilà où ça mène, de distribuer ses lunettes à n'importe qui.

 

 

Du match lui-même, Spanish a très bien parlé dans sa nalyse de NXT. Soulignons seulement l'entrée furieuse de Morrison, qui décida de catcher deux fois plus vite que les onze autres concernés (enfin, onze, c'est beaucoup dire, vu que certains rookies ne sont même pas entrés en action). L'affaire se conclut sur l'entrée de Santino, pinné dans la seconde par Bryan, qui marquait ainsi sa première… et dernière victoire à la WWE. C'était sans doute là le seul but de ce match, sur lequel on ne s'étendra pas plus.

 

 

Yes, il a enfin gagné un match, l'IWC est contente, on peut le virer maintenant!

 

 

Le comparse habituel de Morrison, R-Truth, avait été booké contre l'excellent William Regal. Le match dura environ dix secondes, le temps pour les Colon, réunis lors du dernier Superstars sous la bannière heel de Carlito, de surgir pour défoncer le rappeur. Tandis que Flavor Flav, dont on passera sous silence la prestation de vieux cabotin vendant aux enchères les derniers fragments d'une gloire éphémère, s'agenouillait aux côtés d'une Vérité détruite, les frangins remontaient la rampe, les oreilles dressées et la langue pendante, jusqu'à leur nouveau maître, Ted DiBiase, fringué comme un milord, qui leur remit solennellement une enveloppe chacun.

 

 

Voici une enveloppe pleine de graines de pommier, les gars. Ne me remerciez pas, ça me fait plaisir.

 

 

Voilà, au moins on ne nous aura pas trop fait lanterner avec la storyline "le Million Dollar Baby cherche son esclave". Truth a refusé, Ted a trouvé les Colon, les Colon ont éclaté Truth, passons à la suite. La suite, ça pourrait être une sorte de Legacy reload, sachant que Brett DiBiase (le fan transi d'Orton, qui lui avait permis de battre Cena à Summerslam) ainsi que le troisième frère Colon pourraient rejoindre une stable conduite par Ted… Quoi qu'il en soit, si cette affaire est bien menée, elle pourrait booster les carrières de tout le monde. Encore faudrait-il que les Colon aient été réellement engagés par Ted sur la durée, mais on y reviendra.

 

Dans la grande revue d'effectifs de Smackdown, on vit aussi, évidemment, une continuation de la feud entre les Hart et Jerimiz (ou Mizecho, ou les Grands Timides, comme vous voulez). Il était sans doute une semaine trop tôt pour lancer les deux teams à l'assaut l'une de l'autre. Du coup, les sages bookers ont divisé le tag team match qui s'annonce en matchs individuels, agrémentés de stipulations précises: si Jericho battait DH Smith, Jerimiz obtenaient un title shot pour les ceintures par équipes à Over The Limit; et si de son côté Tyson Kidd battait le Miz, alors la semaine prochaine, dans le fief familial de Calgary, un membre de la famille des Hart défierait Mizou Mizou pour son titre US, qui commence à méchamment prendre la poussière (Jerry Lawler n'y comprit rien et dut compter sur Michael Cole pour rattraper sa présentation, quand on vous dit que la vieillesse est un naufrage). De telles stips annonçaient en elles-mêmes l'issue des matchs: naturellement, ceux qui devaient gagner ont gagné, et rapidement en plus. Jericho gagna évidemment en grugeant (le bon vieux pouce dans l'œil de l'adversaire avant le Codebreaker fatal), mais sut résister au Sharpshooter, ce qui est notable étant donné que la prise avait été vendue comme absolument létale, a fortiori portée par un type de la carrure de Smith. Kidd, lui, gagna sur un très beau tombé technique en moins d'une minute. Tandis que la Hart Dynasty sautait de joie, le Miz s'empara du micro et expliqua qu'il lui appartenait de choisir quel membre de la famille Hart serait son first contender. Non ça ne sera pas toi Tyson, ni toi, bébé bouledogue, wouf wouf; ni même toi, superbe Nattie qui veux tant catcher un peu contre moi; non, ça sera… oncle Bret!

 

 

J'aurais bien choisi Owen, mais c'est ballot, IL EST MORT!

 

 

L'ascension du Miz est si rapide qu'on ne la mesure peut-être pas à sa juste valeur. Voilà un type qu'on considérait destiné au mieux à la lower midcard il y a un an, lors de son split avec Morrison et de son draft à Raw. Et voilà qu'il est champion US depuis plus de sept mois, qu'il a été en outre champion par équipes, qu'il a été capitaine d'une équipe vainqueur à Survivor Series, qu'il a été le dernier homme à faire le tombé sur Shawn Michaels (et à deux reprises s'il vous plaît) avant le dernier Mania de celui-ci, et qu'il est sur le point d'avoir un match en un contre un contre Bret Hart à Calgary (accessoirement la ville où tout recommença pour lui puisque c'est là qu'il regagna un contrat à Raw, sous le masque du Calgary Kid, en août dernier).

 

 

A peu de choses près, c'est Eugene qu'on serait en train d'idolâtrer en ce moment.

 

 

Alors certes, Kevin Eck a raison de souligner qu'il est absurde de voir le Miz choisir soi-même son adversaire, et qu'il aurait été bien plus cohérent de confier cette tâche aux Hart — à charge pour eux de désigner Bret comme leur héraut, le Hitman étant censément furieux après le Miz, qui n'a cessé de se foutre de sa gueule depuis des semaines. Mais bon, l'essentiel est ailleurs, dans un Hart Dynasty / Jerimiz prometteur (et dont Over the Limit pourrait n'être que la première étape) et dans un curieux Bret – Miz dès la semaine prochaine, en espérant que cette fois les quinze Hart qui ont pogromé McMahon à Wrestlemania resteront chez eux.

 

Le reste du roster était également de sortie, comme souligné plus haut, notamment un Zack Ryder qui semble parti pour un gimmick de grande gueule qui perd tout le temps, puisqu'après avoir été battu par Henry la semaine dernière, il a cette fois jobbé face à Evan Bourne, sous le regard d'Alicia Fox et Gail Kim, que Mark Henry avait pourtant embarquées avec lui après sa victoire le lundi précédent. Zack n'a pas tout perdu, puisque tandis qu'Evan repartait avec Gail, lui se rapprochait d'Alicia. On serait prêt à prendre autant d'Air Bourne que nécessaire pour ça…

 

 

Et cette semaine encore, le fétichiste du pied nu qui booke les divas a pu imposer sa marque.

 

 

Alicia et Gail ne furent pas les seules filles à l'honneur dans cet épisode sans combat féminin, puisqu'on visionna également des vidéos d'Eve et Maryse à l'entraînement, la bimbo québecoise finissant par casser la gueule à son coach trop exigeant. Bon, très bien, si on veut nous les présenter comme deux brutasses prêtes à éclater tout le monde en MMA, why not, ça sera toujours rigolo à suivre.

 

 

En grande professionnelle, Maryse vient au stade des heures avant les autres pour répéter son entrée en scène.

 

 

Enfin, le malheureux Vladimir Kozlov n'eut droit qu'à un segment backstage avec Flavor Flav, les Bella portant sur le torse des horloges montrant leur heure de naissance, Santino et maître Regal, segment que sauvera comme toujours l'Anglais, venu révéler une nouvelle facette de son talent par un rap distingué et hilarant que cette pourriture de Flav, apparemment incapable d'apprécier quoi que ce soit d'autre que "Yeeeeah boy", qualifia de "pire rap jamais entendu". Hey, fallait prêter l'oreille tout à l'heure, quand t'entrais en scène au son de "What's up"…

 

 

– When I do count the clock that tells the time,

And see the brave day sunk in hideous night;

When I behold the violet past prime,

And sable curls all silver'd o'er with white;

When lofty trees I see barren of leaves

Which erst from heat did canopy the herd,

And summer's green all girded up in sheaves

Borne on the bier with white and bristly beard,

Then of thy beauty do I question make,

That thou among the wastes of time must go,

Since sweets and beauties do themselves forsake

And die as fast as they see others grow;

And nothing 'gainst Time's scythe can make defence

Save breed, to brave him when he takes thee hence.

– Waaah, comment c'est trop nul!

 

 

Avec tout ça, quand se profila le main event, quand à la suite de Randy apparurent les tourtereaux Edge et Vickie, et quand Edge annonça son partenaire, plusieurs options semblaient ouvertes. Batista avait été vu dans les couloirs avec Edge, mais Batista avait entre-temps catché contre Henry; un costaud comme Kozlov était envisageable, mais ç'eut été un sacré bond de booking pour le Russe; Edge aurait également pu inviter, via Vickie, un gars de Smackdown comme par exemple le champion Swagger, qui a des comptes à régler avec Orton… Mais le candidat le plus probable restait évidemment Ted DiBiase, qui n'avait pas catché de la soirée, dont l'histoire avec Randy s'était terminée en queue de RKO et qui possédait désormais sa propre garde prétorienne, ou plutôt portoricaine. Ce ne fut donc pas une surprise quand la musique de la Legacy, si familière à Orton, retentit. Ce qui fut plus étonnant, c'est que les Colon n'étaient pas là… et surtout qu'ils n'apparurent pas de tout le match, alors même que la configuration s'y prêtait parfaitement dans la mesure où Vickie, la désormais General Manager de Raw, aurait facilement pu légitimer leur présence… Mais non, pas de Colon à l'horizon, y compris quand leur boss se retrouva seul dans le ring face à la Vipère, Edge étant KO à l'extérieur! Faut-il en conclure que les Colon n'ont pas été embauchés en tant que gardes du corps à plein temps de Ted? En ce cas, le boulot de "Virgil Jr" reste à prendre… Quoi qu'il en soit, le tout se solda par un nouvel RKO sur Ted, qui reste la biatch de Randy en toutes circonstances, et donc par une victoire d'Orton, à l'extase de la foule. Ne plaignons pas trop DiBiase, c'est déjà bien pour lui de faire le main event d'un Raw au roster surchargé.

 

 

– Edge, merci de m'offrir cette occasion de me venger d'Orton.

– Pas de quoi. Aboule le fric maintenant.

 

 

Puis Randy se tourna vers Vickie, tétanisée sur son siège par le regard hypnotique du reptile. Edge toujours hors service, Orton fit un pas, puis un autre, puis un autre encore vers la nouvelle boss. Celle-ci se vida par tous les orifices et, en un réflexe de survie salvateur, agrippa un micro dans lequel elle hurla "I resign!!!", signant ainsi la fin de son second passage en tant que GM, pauvre d'elle. Sur ce, Edge se releva enfin, mangea un RKO à même le sol, Vickie s'enfuit et on termina sur la même image qu'une semaine plus tôt (et que dans dix jours à Extreme Rules): Orton debout, Edge à ses pieds.

 

 

Comment je vais bouffer ça, moi? Je suis une vipère, pas un putain de boa constrictor…

 

 

Résumons: on a vu tout le monde, sauf Jillian; le titre US est réactivé, quoique d'une drôle de façon (Bret pourrait le gagner lundi avant de le déclarer immédiatement vacant… ou bien laisser sa place au free agent Bryan Danielson!); Jerimiz, c'est une affaire qui roule; c'est sur un I Quit contre Cena que s'achèvera la carrière de Batista; on ne sait toujours pas ce que Sheamus (qui affrontera Cena la semaine prochaine) va se trouver comme occupation à Over The Limit, peut-être une destruction de Mark Henry? Orton est "the man"; le "projet Vickie" d'Edge a échoué; et les guest hosts, à commencer par le cosmonaute octogénaire Buzz Aldrin la semaine prochaine, n'ont plus de super pouvoirs. Tout ça dans un show normal, alors que lundi prochain, c'est une émission spéciale de deux heures sans pub. On n'est pas gâtés, franchement?

 

 

Commercial free, on t'a dit, John, alors tu fais comme tout le monde, tu viens à oilpe!

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