Catch

Le tourbillon de la vie

On s'est connus, on s'est reconnus.

On s'est perdus de vue, on s'est r'perdus de vue

On s'est retrouvés, on s'est séparés

Dans le tourbillon de la vie.

Jeanne Moreau, Le tourbillon de la vie

 

La WWE illustre une fois de plus à merveille le caractère cyclique de l’existence humaine: les uns nous quittent après des années de bons et loyaux services, tel Batista, qui ce lundi a subi sous nos yeux la petite mort de la retraite; d'autres déboulent, les crocs rayant le parquet, tel le nouveau combo samoan venu imposer sa sauvagerie aux Hart; et d'autres encore nous jouent l’air de l'éternel retour, tel un Hitman bombardé General Manager de Raw — un développement qui serait apparu complètement irréaliste il y a encore quelques mois.

 

 

Dégage. C’est MON fauteuil roulant.

 

 

Nalyse de Raw du 24 mai

 

 

Des fans connaissant la longue et tortueuse histoire des relations de Bret Hart avec la WWF/WWE et qui auraient manqué les premiers mois de cette année 2010 hallucineraient sans doute en apprenant que le Best there is, was and will be vient d'être nommé General Manager de Raw. Mais Hart, longtemps ennemi juré des McMahon après le Screwjob et le décès de son frère Owen, a enterré la hache de guerre aussi profond que son frangin et son titre de champion WWF de 1997. Si bien qu'il se sent à nouveau comme chez lui dans la fédé de Stamford, et prolonge donc l'aventure de son retour, lui qui n'avait initialement signé que pour la période janvier-avril 2010. On croyait pourtant qu'après avoir publiquement fait la paix avec Shawn Michaels, défoncé Vince à Wrestlemania en un moment aussi cathartique pour lui qu'il fut ennuyeux pour le public, et enfin pushé sa Hart Dynasty, Bret allait gentiment rentrer dans sa cabane au Canada, avec le sentiment du devoir accompli brillant au fond de ses lunettes réfléchissantes. Mais pourquoi se priver? Vince paie bien, le public l'acclame et les catcheurs du moment sont trop heureux d'interagir avec une telle légende. Hart, connu pour sa très haute estime de soi-même, se contemple avec délectation dans le miroir de l'admiration collective et accepte donc de nous faire profiter pendant encore quelque temps de sa dégaine de biker sur le retour et de son aura de grand nom du catch mondial.

 

Sa nomination peut ne pas plaire à tout le monde, et la longue storyline entourant son retour, son match contre Vince à Mania, et enfin sa capture du Championnat des États-Unis ont fait grincer pas mal de dents. Mais laissons-lui une chance: à présent qu'il a satisfait son monumental ego, le Hitman, sans doute conscient de son incapacité totale à faire quoi que ce soit de physique dans un ring, pourrait bien se mettre réellement au service de la WWE — alors que jusqu'à présent, il a surtout fait comprendre que celle-ci lui devait de longues excuses contrites. Ces excuses apportées, Hart peut redevenir l'employé modèle qu'il fut jusqu'aux semaines précédant le Screwjob et jouer un rôle positif à Raw.

 

 

Et en plus, j’ai fait figurer dans mon contrat un droit de cuissage sur toutes les divas.

 

 

Ce rôle positif, il le jouera ne serait-ce que par son statut. Car le premier effet de la nomination d'un General Manager, a fortiori aussi respecté que Bret Hart, est la castration du concept du guest host. Alors certes, les personnalités continuent d'apparaître dans le show, mais au moins elles n'ont plus aucun pouvoir — plus aucun pouvoir autre que de nous infliger de longs segments d'auto-promo et des séquences humoristiques foireuses, et de tripoter les Bella Whores, s'entend. C'est pénible, mais moins que l'époque pas si lointaine où un acteur de troisième ordre ou un animateur télé à deux balles pouvait "décider" d’un main event voire d’une défense de titre en ppv.

 

De là à penser que le guest hosting va s'étioler, devenir irrégulier et finalement disparaître, il n'y a qu'un pas qu'on franchit avec espoir. La performance de John Lovitz, obscur humoriste justement inconnu dans nos contrées, n'a en tout cas pas fait beaucoup pour la perpétuation de l'espèce guest host. Il n'a pas été le pire de la catégorie, loin de là — il parle avec aisance, il ne se goure pas dans le nom des catcheurs et fut même assez rigolo une fois ou deux —, mais sa discussion backstage avec Maryse fut lourde, malgré les grimaces rigolotes de l’ambassadrice du bon goût français, et son segment in ring fut interminable, assez dégueu (on y vit un borgne se sortir péniblement son œil de verre de l'orbite, comme dans la vieille histoire drôle de la prostituée qui chante la Marseillaise) et insuffisamment rythmé. On y eut une fois de plus confirmation que le Great Khali n'était pas reparti en Inde pour se refaire des genoux dans un ashram, mais avait mis à profit son temps libre pour apprendre à beugler en playback et en smoking une chanson de Frankenstein Junior, on vit Jillian privée de tour de chant (folle originalité) et finalement un moment tellement absurde qu'il en devint fendard quand Ted DiBiase se pointa pour demander au borgne de lui vendre son œil. L'apparition de Santino dans la foulée déboucha sur quelques minutes supplémentaires conclues par un Dream Street de "Dibibiaski" sur l'Italien, qui avait eu le temps d'étaler Virgil d'un pincement à la gorge. Bon Dieu, rien que d'écrire tout ça, j'ai envie de prendre une cuite pour oublier que je l'ai regardé.

 

 

Et si j’appuie dessus, il pleure du pus!

 

 

Mais après le haut-le-cœur, haut les cœurs! Bret Hart est le nouveau GM, les guests vont petit à petit arrêter de nous saouler avec leurs conneries, car maintenant, "il y a un nouveau shérif en ville", comme l'annonça fièrement le quinquagénaire en short! Pour autant, peut-on dire que son premier soir fut un triomphe? Non, loin de là. Car Bret, qui avait probablement des choses plus importantes à faire, se contenta d'un bref passage en tout début de show ponctué d'une interaction de quelques minutes avec Batista (j'y reviendrai), et de quelques mots en coulisse avec ses compatriotes Edge et Jericho avant de prendre la tangente. Or le show avait besoin de lui, au moins pour la clarification de la situation du championnat des États-Unis.

 

 

Et maintenant, je vais me moucher dedans! Prenez ça, les Ricains! Canada rules!

 

 

S'il y a bien une chose que je déteste plus qu'un développement de storyline aux justifications vaseuses, c'est un développement de storyline sans justification du tout. Et c'est ce à quoi on a eu droit avec le titre US. Pour rappel, Bret Hart l'avait pris au Miz il y a une semaine, profitant de l'aide appuyée de ses héritiers en rose. On savait bien qu'à 53 ans et après une attaque cérébrale qui lui interdit tout risque, il n'allait pas le conserver. Et effectivement, le titre fut déclaré vacant et remis en jeu dès ce lundi. Mais la façon dont ça s'est passé, au secours! Rien, pas un mot d'explication: Lawler et Cole annoncèrent que Hart avait abdiqué et que ce même soir, on verrait R-Truth et le Miz se disputer la précieuse babiole.

 

Pourquoi Hart n'a-t-il pas profité de son discours de début de show pour annoncer qu'il abandonnait son titre? Le type est champion, pour la première fois depuis dix ans; il va pourtant lâcher son titre… et il n'en parle même pas, rien, pas un mot. Voilà qui dévalue largement la valeur de la ceinture, et qui montre l’importance qu’y accorde le nouveau General Manager. Et surtout, pourquoi R-Truth dans ce match? La présence du Miz, au moins, s'explique par son droit à un rematch, en tant qu'ex-champion. Mais qu'est-ce qui justifie que Truth, et pas un autre, ait un title shot? Rien.

 

 

Nightmare match pour vous si vous êtes un micro.

 

 

Si la WWE voulait absolument organiser ce match-là ce soir-là, pourquoi n'a-t-on pas au moins demandé à Hart, en tant qu'ex-champion et nouveau GM, de déclarer un truc du style "J'abandonne mon titre car un GM ne peut pas détenir une ceinture, mais sache, sale Miz, que j'ai choisi pour t'affronter un homme en lequel je crois, un homme capable de te mettre une raclée et de te garder loin de ce titre prestigieux dont tu es indigne, un homme qui m'a énormément impressionné ces dernières semaines et encore une fois hier à Over the Limit… R-TRUTH!" Ca aurait justifié l'accession de Truth au statut de first contender, et en plus ça lui aurait conféré l'aura du "mec choisi par Bret Hart en personne" — ce qui, à son tour, aurait offert une prise aux promos futures du Miz. Mieux encore, on aurait dû organiser un tournoi pour le championnat IC, avec outre Miz et R-Truth, les midcarders méritants genre Evan Bourne, Yoshi Tatsu, Zack Ryder, John Morrison (il est vrai blessé à un genou actuellement) ou encore Ted DiBiase, qui auraient ainsi eu l'occasion de se battre pour quelque chose de concret. Et le prestige du titre en serait sorti grandi puisque son nouveau détenteur aurait gagné tout un tournoi pour le décrocher.

 

 

J’ai épousé la fille de Bret Hart, bande de cons!

 

 

Mais Truth-Miz nous fut balancé sur la tête sans autre forme d'explication, ce qui est d'autant plus irritant que rien ne s'opposait à tel ou tel des deux scénarios élémentaires décrits ci-dessus. Au pire, la tenue d'un tournoi aurait signifié que le titre serait resté vacant une ou deux semaines de plus. Et alors, la belle affaire? Le Miz s'était bien gardé de le défendre pendant plusieurs mois, alors une ou deux semaines supplémentaires… Le tournoi aurait même pu culminer en un Fatal Four Way lors du prochain pay-per-view, histoire de souligner une fois de plus son importance, ce dont ce titre mal aimé aurait bien besoin.

 

Bon, ce long grognement étant terminé, je me sens mieux et je peux passer au match lui-même. Et là, je dois admettre qu'il fut à mon sens très bon. Truth est l'un de ces catcheurs pour lesquels je n'ai jamais eu la moindre sympathie, mais cette fois sa performance m'a bluffé. En grande forme, il a multiplié les nearfalls et les acrobaties à bon escient, portant à un rythme très rapide ce match que l'enchaînement des tombés échoués à simplement deeeeeeeeeux rendit particulièrement agréable. Finalement, et en dépit d'une atroce réception du rappeur sur la tête à l'extérieur du ring (probablement par la faute d'un Miz inattentif), la vérité finit par s'imposer, toujours avec ce finisher hilarant tant il est peu crédible. D'ailleurs, il paraît que Ted DiBiase aurait souffert d'une commotion cérébrale suite à la baffe inaugurale de Truth à Over the Limit. Il ferait bien de remplacer son Lie Detector par la baffe dans la gueule comme finisher, ça serait bien plus crédible. Le titre US est en tout cas une belle récompense pour un midcarder vaillant, qui a énormément jobbé depuis son retour à la WWE en 2008 mais toujours réussi à conserver le soutien du public, et qui mérite bien un run avec une ceinture intermédiaire. A 38 piges, il n'ira pas plus haut, mais c'est déjà pas mal pour lui d'obtenir un titre à la WWE (bon, il avait gagné le titre hardcore il y a dix ans…).

 

 

Wesh Kofi, t’en as une aussi? Black power mec! Par contre baisse la tête, tu vas te cogner au plafond de verre là.

 

 

Qu'on ait vu le Miz concourir pour le titre US semblait impliquer la fin de son association de courte durée avec Chris Jericho, encore qu'il ne faut jurer de rien. Mais la suite de la soirée parut confirmer cet indice, puisque la Hart Dynasty, radieuse, voit à présent se dresser devant elle de nouveaux challengers… La soirée avait commencé easy pour les Hart, avec un quasi-squash infligé à Kozlov et Regal. Un aparté pour dire qu'il est dommage de voir l'entente anglo-russe réduite au rôle de tristes jobbers pour les champions. William Regal mérite bien mieux que ça, et à vrai dire Kozlov aussi. A eux deux, ils devraient à tout le moins former une équipe compétitive, forte de l'expérience et de la technique du Briton et de la puissance pure de son sinistre comparse. Ce duo-là pourrait au moins être pushé jusqu'à un title shot, voire pourquoi pas obtenir un run avec les ceintures à un moment ou à un autre. Il paraît clair que la WWE a définitivement décidé de ne plus miser sur ces deux-là en solo, mais les confiner à un rôle aussi ingrat que celui qui est le leur actuellement est regrettable.

 

 

Elles auraient pas plus de gueule, leurs robes de chambre, si elles tenaient grâce à des ceintures de champions?

 

 

Quoi qu'il en soit, Kozlov et Regal furent proprement squashés en deux minutes, l’Anglais faisant le job suite à une Hart Attack un peu moins aérienne que d’habitude à cause de son poids considérable. Sur quoi les Hart se mettaient à célébrer et… étaient interrompus par une nouvelle équipe, bien décidée à faire parler d'elle! Alors évidemment, dit comme ça, on pense immédiatement à Hawkins et Archer, couple brutal doté d'un contrat d'un mois pour faire ses preuves, et ayant annoncé à Smackdown qu'ils allaient marquer les esprits, et pas plus tard que bientôt. Mais non, rien à voir avec ces deux losers! Peuples réjouissez-vous: les Samoans sont de retour à la WWE! Et en plus, ils ont une gonzesse! Eh oui, deux frères jumeaux peinturlurés et tatoués façon tribale, et une nana à peine moins commode ont agressé les gentils champions après leur match, les ont étendus dans le ring (Natalya comprise) et les ont splashés en même temps du haut des turnbuckles! A ce moment-là, quelque part en ville, dans un bar sombre, Curt Hawkins demanda à Vance Archer: "T'as vu ça, vieux? On aurait dû faire ça, nous, non?" avant de hausser les épaules et de commander la bouteille suivante.

 

 

BONJOUR! ON EST LES NOUVEAUX!

 

 

Après longue et complexe enquête (en fait, après la lecture du blog de Kevin Eck), il apparaît que ces sauvages sont de bonne lignée. Les jumeaux sont les fils de l'inénarrable Rikishi, qui fut au début des années 2000 l'un des gros porcs les plus populaires de l'histoire du catch (par-dessus le marché, ils sont champions par équipe en titre de la FCW); et la gracieuse jeune femme qui les accompagne est tout simplement la fille de Jimmy "Superfly" Snuka, rien que ça. Ca c'est du pedigree, messieurs dames! Bon, ça ne signifie pas forcément qu'ils feront mieux que Manu et Sim Snuka (vous vous souvenez d'eux? Non? Tant mieux), et l'un des jumeaux a d’ailleurs failli se viander en montant sur son turnbuckle… mais attendons de les voir en action pour juger. Pour l'heure, on ne peut qu'être ravis de voir une équipe de plus s'approcher des tag team titles (qui plus est des highflyers, qui plus est des jumeaux heels, avec tout ce que ça implique de changements discrets Bella Twins – style) et de voir leur copine agresser d'entrée de jeu Natalya, laquelle va peut-être enfin se remettre à catcher à plein temps si la storyline est bien menée.

 

 

ON VOUS DÉRANGE PAS AU MOINS?

 

 

Car ce n'est pas faire injure aux Divas de Raw, plutôt en meilleure forme que d'habitude en ce moment, que de dire qu'une incorporation de Natalya dans leur roster améliorerait significativement le niveau général. Lundi, on vit en action les quatre divas principales (en l'absence de Mélina, toujours blessée). Le duo Fox-Maryse, dont les accolades ont dû faire décrocher bien des mâchoires dans l'assistance, l'emporta sur Eve-Gail, Maryse scorant le tombé sur la championne pour venger sa défaite à Over the Limit. Du coup, le programme entre les deux bombes devrait continuer et à vrai dire, si c'est pour nous offrir des matchs de quelques minutes plutôt sympas comme celui du pay-per-view ou même comme ce tag team correct, on ne s'en plaindra pas. Unique regret: l'absence en ringside du nouveau chick magnet, Zack Ryder!

 

 

Hélas, wwedivas.com est PG aussi.

 

 

Ce fut de toute façon un soir à ne pas mettre un under-midcarder dehors. En dehors de Zack, on ne vit pas non plus les Evan Bourne, Yoshi Tatsu, Goldust et autres Primo (dont on ne donne pas cher à présent que son hirsute frangin a été viré pour avoir croqué dans la mauvaise pomme). Car la majeure partie du show était consacrée à la WWE Title Picture, sortez les majuscules, car on parle du titre WWE, le championnat le plus convoité dans le divertissement sportif, pour reprendre les mots de John Cena, dans une promo un peu plus badass que d'habitude, où le Champ expliqua, un peu confusément, que désormais, il en avait marre d'attendre qu'on le défie, qu'il allait prendre les choses en main, qu'on allait voir ce qu'on allait voir, parce que the Cenation is here! Bon, d'accord.

 

 

Tiens Josh, tu sais pourquoi il y a un gros M sur ma ceinture?

 

 

Le prochain ppv étant centré sur le concept de Fatal Four Way (un peu casse-gueule, soit dit en passant, de nous imposer plusieurs matchs à quatre le même soir, ça risque d'être méchamment répétitif), Bret Hart expliqua donc en début de soirée que ce Raw allait servir à désigner les trois challengers de John Cena. Avant Over the Limit, il semblait clair que ces trois-là seraient Sheamus, Orton et Edge. La blessure d'Orton lors du ppv n'y changea finalement rien, puisque l'homme qui se déboîte l'épaule en martelant le sol des poings n’est apparemment pas si sérieusement blessé qu’on l’a craint, et a été directement qualifié pour le ppv grâce au forfait de son adversaire désigné, Batista (j’y viens). Sheamus, lui, était un participant sûr de la partie de kems du 20 juin, surtout après avoir clos Over the Limit dimanche d'une attaque sur Cena.

 

Mais il fallait tout de même à l'Irlandais passer par la formalité d'un match de qualification. Victime désignée: Mark Henry, toujours le premier à répondre à l'appel pour mettre over les grands costauds (Sheamus cette semaine après Batista les deux lundis précédents). Pourtant, malgré une issue connue d'avance, le match ne fut pas déplaisant, car il reposa sur une histoire simple mais bien contée. Se retrouvant pour une fois (peut-être la première de sa carrière, matchs contre Triple H compris) face à un adversaire plus puissant que lui, l'Irlandais fit preuve d'intelligence et cibla l'épaule gauche du World's Strongest Mark, épaule dont les commentateurs nous rappelèrent opportunément qu'elle avait été méchamment démontée par Batista dans les épisodes précédents. Henry réussissait cependant à soulever son albâtre opposant au-dessus de sa tête, mais c'est alors que son épaule le lâcha, et Sheamus l'étendit pour le compte d'un Bicycle Kick. Le tombé fut assez rigolo, Mark ayant, du fait de sa rotondité, le plus grand mal à garder les deux épaules rivées en même temps.

 

 

– Mark, c’est les deux épaules au sol!

– Ouais ben je fais ce que je peux, hein.

 

 

Sheamus et Orton qualifiés, restait à incruster Edge dans le quatuor final. On retrouvait Rated-R dans le bureau de Bret, en train d’expliquer que puisque Orton s'était qualifié grâce au forfait de Batista (j’y arrive), il devait, lui, à défaut d'être directement consacré unique first contender, au moins affronter ce soir Cena, supposément presque autant déglingué que l'Animal après le I Quit Match de dimanche. Naturellement, Edge fut rejoint par Jericho, lui aussi désireux de retrouver l’ambiance enfievrée de la title picture. Les trois Canadiens les plus importants de l'histoire de ce pays se retrouvaient alors dans la même pièce. Si le plafond s'était effondré sur eux à ce moment-là, Ottawa aurait proclamé un deuil national de dix ans.

 

 

– Bon, maintenant que t’es le boss, tu vas pusher tes compatriotes, hein?

– Bien sûr les gars. Pour commencer, je vais faire venir Gail Kim dans mon bureau pour la pusher bien comme il faut.

 

 

Après une engueulade entre heels, le deal fut conclu: on verrait ce soir Edge contre Jericho contre Cena: si Edge ou Jericho gagne, il va au Fatal Four Way. Si Cena l'emporte, aucun de ces deux-là ne s'y qualifie. Why not, mais Cena aurait pu le mentionner dans sa promo subséquente, histoire d’expliquer pourquoi il était si important pour lui de gagner ce match, genre "marre de toujours voir les mêmes, je vais défoncer Edge et Jericho ce soir"… Mais peu importe, car le match en question fut très bon. Si Edge comptait sur la fatigue du Champ, il a pu s’en mordre les coudes: ce dernier pétait la forme comme à ses meilleurs jours, même si sa blessure à la tête contractée la veille finit par se rouvrir. Oh, c’est pas comme s’il avait combattu Batista pendant une demi-heure extrême, hein! Les trois stars se sont en tout cas décarcassées, plaçant intelligemment leurs mouvements favoris en un enchaînement fluide et très agréable à suivre. A ce petit jeu, Edge était finalement le plus fort, et couvrait Jericho (alors que bon, pour le coup, Cena n’aurait pas spécialement souffert s’il avait fait le job en ce lendemain de combat homérique, et serait même apparu plus friable en vue du Fatal Fourway, mais il doit y avoir une règle non écrite qui impose à Jericho de subir au moins un tombé toutes les deux semaines maxi).

 

 

Bonne nuit les petits.

 

 

Edge rejoignait donc Cena, Sheamus et Orton au Fatal Four Way, et les deux derniers nommés ramenaient leur mine patibulaire sur la rampe d’accès pour finir le show sur une image digne d’un western de Sergio Leone, les quatre hommes se mesurant du regard à égale distance les uns des autres. On entendrait presque un air d’harmonica.

 

 

Ce nouveau boys band a opté pour une chorégraphie carrément minimaliste.

 

 

Mais revenons enfin sur la scène d’ouverture du show, qui fut excellemment organisée et jouée. Alors qu’on pensait ne plus revoir Batista après son bump phénoménal d’Over the Limit (d’autant que des rumeurs insistantes indiquaient qu’il s’y était blessé au coccyx, os ô combien vital pour un animal), c’est lui qui ouvrit Raw, mais dans quel état! Soutenu par deux officiels, le bras en écharpe, Big Dave était bien abîmé, à tel point qu’il ne put pas faire sa promo debout dans le ring et dut se hisser à bord d’un fauteuil roulant, où il retira ses lunettes de soleil pour révéler un cocard d’un fort beau gabarit. Tout ça à mettre en parallèle avec la forme éclatante de SuperCena ce même soir… Il s’agissait alors pour la WWE d’organiser le départ de la bête, temporaire ou définitif, d’une façon à la fois efficace et originale. Hors de question d’offrir à un heel un adieu poignant comme celui de Shawn Michaels il y a quelques semaines. Il fallait que Batista parte sous les huées, et c’est exactement ce qui se produisit. Le bestiau avait d’abord exigé un rematch contre Cena une fois qu’il serait rétabli. Mais arrivait alors le nouveau General Manager, Bret Hart, qui l’enjoignait d’affronter Orton le soir-même pour une participation au Fatal Fourway. Le prétexte invoqué par Hart pour forcer à catcher un homme en fauteuil roulant et au bras dans le plâtre: ton adversaire est lui aussi blessé. Eh ben ça promet pour les futurs matchs qu’organisera le Hitman!

 

 

Le prochain guest host sera Stephen Hawking, et tu l'affronteras dans un Last Man Sitting Match!

 

 

Batista, naturellement, refusait net. Hart expliquait alors qu’Orton gagnerait en ce cas par forfait et Batista, outré par ce traitement de chien galeux, menaça de carrément se barrer de la WWE si Hart ne revenait pas sur sa décision. Comme ce dernier se barrait tranquillement en coulisse, l’animal blessé empoigna le micro, sous une bronca monumentale, demanda à la foule si elle croyait qu’il n’aurait pas les couilles d’annoncer son départ hic et nunc, et devant la réaction enjouée du public, hurla I Quit pour la deuxième fois en vingt-quatre heures. Puis il fut évacué, toujours en fauteuil roulant, non sans brâmer quelques insanités promptement bippées par la production. La dernière image que l’on gardera de l’une des plus grandes stars de la WWE des années 2000 sera donc celle d’un type vociférant dans un fauteuil roulant tel un vieillard sénile, sous les hurlements d’un WWE Universe trop heureux de beugler Hey hey goodbye.

 

 

Et alors j'y dis: "Je suis le prédateur suprême, je me tiens au sommet de la chaîne alimentaire!" et alors y'm dit…

Oui oui Dave, bien sûr, c'est passionnant, mais là c'est l'heure de prendre ton bain.

 

 

Encore une fois, qu’il est dommage que Batista s’en aille maintenant, alors que son nouveau personnage redonnait un énorme second souffle à sa carrière et qu’il avait tout pour s’imposer comme le heel suprême de la fédération! Lui qui a passé l’essentiel de son run à la WWE sous les traits d’un face aurait dû être principalement heel. En effet, tout en lui invite à le craindre et à le haïr, de son physique monstrueux à son visage d’australopithèque cruel, en passant par ses récentes promos égocentriques parfaitement exécutées. Du coup, on se prend à espérer que, une fois ses bisbilles avec le McMahonagement résolues (apparemment, la vraie raison de sa dém, c’est qu’il en veut à la Vince family de ne pas avoir été préféré à Triple H pour un rôle dans le prochain navet de WWE productions, alors qu’il devrait carrément en être reconnaissant), il revienne pour une dernière année de pure brutalité! En attendant, Edge, Sheamus, Jericho et dans une moindre mesure le Miz et DiBiase vont devoir compenser une absence dont on n’aurait pas supposé, il y a encore quelques mois, qu’on la regretterait autant.

 

 

LA QUILLE!!!

 

 

Un Raw très important, donc, puisqu’on y vit rien moins qu’un nouveau champion des États-Unis, la définition de la card du Fatal Fourway pour le titre WWE, l’irruption d’une prometteuse nouvelle tag team, la désignation d’une légende au poste de General Manager et la retraite de l’un des emblèmes de la dernière décennie. C’est plus un tourbillon à ce rythme-là, c’est carrément une tornade.

 

 

Raw, ça décoiffe!

 

 

PS: il y a eu dans ce Raw deux séquences concernant NXT, mais je laisse l’ami Spanish les intégrer à sa review du show jaune. En espérant que notre table d’annonceurs espagnols préférée se soit bien remise après le sort subi à Over the Limit.

PPS: avis à nos Legend Killers, nous organisons dorénavant nos albums flickr selon un mode RawNXT / SuperSmackdown, avec deux shows par album, afin de faciliter la consultation et donc le légendage. Merci à Major Tom d’avoir attiré notre attention sur ce point, on espère que ça sera plus pratique pour vous comme ça. Bonne bourre, et à très vite pour la suite!

 

 

Ouvrez l'œil!

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