Catch

Le Puro, c’est trop pur!

La nouveauté, c'est la sensibilité de l'artiste.
Azorin


Après Arthemiz qui nous a fait découvrir le catch français et la ICWA, c'est au tour de Tsurugimi de nous présenter de nouveau horizons, plus lointains, mystérieux et exotiques encore. Le Puroreso asiatique est différent de tout ce qu'on a l'habitude de voir, et voici en quelques paragraphes une introduction au monde fantastique du catch japonais.

 

 


Et oui, le catch asiatique, ça n'est pas que ça!

 


Introduction au Puroresu

 


Le Purorequoi?


Puroresu, se prononce «Pouroraissou». Le mot vient de la contraction de «purofesshonaru resuringu», la prononciation Japonaise de «Professional Wrestling».

 

 


Pro-Wrestling? JAMAIS entendu parler, jamais.

 


C’est donc du catch Japonais dont-il s’agit, commençons par quelques bases historiques:

 

Le Puroresu a été crée par Rikidozan, et *tadaaaaa* surprise, il est Coréen. Il se fait adopter par un fermier près de Nagasaki, et change son vrai nom «Kim Sim-Rak» en «Mitsuhiro Momota», un nom Nipon étant plus passe-partout dans le Japon raciste des années 30. Il se lance dans le Sumo et pratique ce sport pendant les années 40. Puis en 1950, il se lance dans le catch (ah, enfin un vrai sport), et ça marche pour lui : en 1953 il crée sa fédération, la Japan Pro Wrestling Alliance. Son énorme popularité vient de ses nombreuses victoires sur des catcheurs Américains qui apparaissent comme une revanche du Japon sur les USA, quelques années après la seconde guerre mondiale. Il bat notamment Lou Thesz, rien que ça. Rikidozan apporte le catch à la télé japonaise, et les résultats sont assez énormes: 87% de rating pour un match contre Lou Thesz, 67% contre le Destroyer, et c’est ce second combat qui fut l’événement télévisuel le plus regardé de l’histoire du Japon

 

 


HEY M’SIEUR MCMAHON, ouais je suis là, on déménage au Japon ça résoudra nos problèmes de rating. Quoi «ça tourne»?

 

 

Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, et c’est en 1963, à seulement 39 ans, que Rikidozan mourut, poignardé dans une boite de nuit à Tokyo. 


En seulement 13 ans, Rikidozan a bouleversé le catch à jamais: parmi ses élèves figurent Antonio Inoki et Shohei Baba. Vous connaissez le premier, il a été introduit au WWE Hall of Fame et a créé la NJPW, la plus grosse fédération japonaise. Le second n’est autre que le créateur de la AJPW, fédération emblématique des années 90.


Ce qui nous fait faire un bond de 20 ans: les années 80-90.


La AJPW et la NJPW existent depuis 1974, la première travaille avec la NWA, la seconde avec la WWF. Avec la chute de la NWA et l’apparition de la WCW, les choses changent. Durant les 90’s, la AJPW fonctionne par contrats d’exclusivités, peu de shows sont organisés avec d’autres fed, la NJPW par contre persévère dans la coopération en travaillant avec la WCW (la fed de papy Turner était avide des catcheurs Japonais et Mexicains). Le point culminant de cet accord fut l’organisation d’un show à Pyongyang, en Corée du Nord, en 1999, durant lequel Ric Flair et Inoki ont catché devant… 190 000 personnes.

 

 


Flair vient de se souvenir de sa carrière et se rend compte de la bonne idée que c’était de revenir à la TNA.

 


C’est dans cette décennie que de nouvelles icônes apparaissent: la NJPW a Keiji Muto, Jushin Liger, Masahiro Chono, Kensuke Sasaki, Vader. La AJPW a Jumbo Tsuruta, Stan Hansen, et surtout son fameux «All Japan Famous Five»: Toshiaki Kawada, Akira Taue, Jun Akiyama, Kenta Kobashi, et bien évidemment Mitsuharu Misawa. 


Misawa fut le personnage clef du passage au nouveau millénaire: successivement au décès de Shohei Baba, président de la AJPW, Misawa quitte la AJPW et crée sa fédération en 2000: la NOAH. Quasiment toutes les grosses stars partent vers cette nouvelle fed.


Ce qui nous amène au Troisième millénaire. Le catch a reculé au Japon, comme aux USA en quelque sorte. Mais la NJPW est toujours en tête niveau audiences et popularité. La NOAH n'est pas loin derrière, mais c’est plus dur pour la AJPW qui a vraiment pâti de la croissance de la NOAH.


Maintenant que le rattrapage historique est fait, venons en à la partie la plus importante: qu’est ce que le Puro, et à quoi est-ce-que ça ressemble ?


Le Puroresu est basé sur le strong style: les coups sont violents, les elbows déchaussent les dents, les claques nettoient les oreilles, les suplex font mal au crane. On vise donc le réalisme, car le Puro est un «sport». Il n’y a pas de storylines, de prises au bec au micro, mais, attention, les feuds existent bel et bien. Elles se font avec les combats, les semaines qui passent, et au final, certains catcheurs sont en rivalité permanente pendant plusieurs années. Ca nous offre des dizaines de matchs épiques, ce n’est pas pour rien que le Japon est le pays des ***** matchs.

 

 


T’as vu Shawn, j’ai acheté «Comment faire des ***** pour les nuls», ça te dit qu’on bosse ça pour en faire un avant 2010 ?

 


Et bien souvent, c’est une rivalité  «saine» : il n’y a pas de heels, juste deux types qui veulent prouver qu’ils sont les meilleurs. Cette absence de heels vient du coté sportif du puro: il n’y a presque pas de kayfabe, le public tout entier sait que c’est scénarisé, et vu que le scénario est très mince, on regarde ça comme du sport, tout simplement.


Le public, parlons en. J’entends ici la que le public Japonais est mou, silencieux. Ce n’est pas complètement faux, mais ce n’est pas non plus une vérité. Le public ne gueule pas pour rien, comme à la WWE ou pire, dans les Indy ou à la TNA. Le public monte crescendo avec le rythme du match, et certaines fins de matchs peuvent être endiablées dans les tribunes. Au final, le public japonais peut même s’avérer «meilleur», car il fait du bruit quand il le faut.


Qui dit pas de Kayfabe dit pas de Gimmick farfelues. Tout du moins, très peu. Et, il est vrai, on se retrouve souvent avec 8 bridés en slip dans un ring, et on se perd entre des catcheurs au nom imprononçable qui se ressemblent beaucoup. Mais ce n’est qu’une ressemblance superficielle. Chaque catcheur a une personnalité, une grosse voire énorme personnalité pour certains, et elle se dévoile au fur et à mesure des combats, sur des mouvements clef, des attitudes, un certain jeu avec le public.


Enfin, les règles sont différentes: le «count-out» va jusqu’à 20, et on peut utiliser une chaise sans se faire DQ, le règlement étant assez «laxiste» sur le sujet.

 

 


Là par exemple, Show aurait pu détruire Swagger comme le premier jobber venu et gagner le titre, elle est pas belle la vie au Japon?

 


Tous ces éléments font que le Puro est très différent du catch «mainstream» américain. Il faut le regarder avec une optique nouvelle, comme si vous regardiez autre chose que du catch en quelque sorte. Il faut acquérir et comprendre les «codes du Puro»: le respect entre les lutteurs, l’honneur qui compte plus que la victoire, le système de tutorat/mentorat avec les jeunes catcheurs, ou encore le déroulement des tag team match qui est très différent: on a souvent deux catcheurs qui se battent sur le ring, et tous les autres qui se battent à l’extérieur, en essayant d’avoir l’avantage pour pouvoir intervenir sur le ring si le catcheur de leur team est en danger. 


Que regarder?


Si vous cherchez du Puroresu au sens strict (catch japonais traditionnel), il faut se tourner vers la NJPW et la NOAH. On oublie la AJPW bien qu’elle corresponde au style car son niveau a fortement chuté en dix ans. Restent donc les deux grosses fédérations japonaises. Elles ont un fonctionnement assez similaire (quatre shows TV par mois, jamais à date fixe, et un gros show tous les deux mois). Si on devait trancher pour en choisir une de deux, ça serait la NOAH, par son écrasante domination au niveau des Jr Heavy (catcheurs de moins de 100 kg), preuve en est que le champion Jr Heavy de la NJPW est un membre de la NOAH…


On sort du Puroresu traditionnel avec la Dragon Gate. Un style assez spécial, mix de lucha, de puro, je trouve que ça ressemble un peu à de l’indy Américain. Personnellement je ne suis pas fan (les catcheurs sont bien souvent trop légers, manquent de puissance et de charisme), mais je pense que ça devrait quand même plaire à pas mal de gens. La DG a un point fort: un show weekly nommé «Infinity», c’est la seule fed au Japon à faire ça, c’est très pratique à suivre. Malheureusement elle a aussi un point faible: il y a quelques storyline (basées sur les très nombreux clans qui composent le roster) et par conséquent un certain nombre de segments au micro, évidemment en Japonais.

 

 


選手一覧、ファンクラブの案内、オンラインショッピング
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Si vous aimez rire? La DDT est pour vous. La «Dramatic Dream Team» propose un catch traditionnel de qualité (HARASHIMA et Kota Ibushi en tête), mais également beaucoup de matchs loufoques, comme un single match contre un catcheur invisible, un match entre un chien et une échelle, mais aussi un 3 Way Tag Team match dans une forêt…


Enfin, si votre préférence va au hardcore, je vous conseille la BJW. Vous aimez le verre pilé, les bumps de plusieurs mètres, les néons qui explosent, les tables qui se brisent, les chairshot dans la tête? Et bien cette fédération est pour vous! Seul problème, peu de shows arrivent jusque dans notre bon pays, et le même problème se pose d'ailleurs pour la DDT.

 


Les liens qui font du bien:

L’un des meilleurs tag team match des 3 dernières années, vitesse, rapidité, bumps, vous en avez pour 25 minutes de folie.

 


Match entre les deux meilleurs Jr Heavy de la décennie, KENTA et Marufuji ont été partenaires, ils sont maintenant adversaires.

 


Affrontement entre Kobashi et Misawa, choc de Légendes, débauche d’énergie incroyable des deux lutteurs.

 


Mélange Heavy/JrHeavy avec ce tag team match, Kobashi et son élève Shiozaki contre Sasaki et son fils de 17 ans, Nakajima.

 


Match entre les MCMG et la team Apollo 55 pour les ceintures Jr Heavy Tag Team de la NJPW

 


La Dragon Gate s’exporte aux US, et ça donne ça : Naruki Doi, le champion le plus prestigieux de la DG, face à Mister Indy Bryan Danielson.

 


DDT : Kota Ibushi, talentueux High Flyer, affronte…

 


DDT : 3 Way Tag in a Forest

 


BJW, Sélectionné par Maitre Cannette: Abdullah Kobayashi vs Ryuji Ito, Scaffold Match.

 


Voila, en espérant que cette présentation vous sera utile. Si vous voulez d’autres matchs ou conseils (comme les moyens obscurs de se procurer des shows), n'hésitez pas.

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