Catch

Le grand pardon

O father tell me, are you weeping?
Your face seems wet to touch
O then I'm so sorry, father
I never thought I hurt you so much

Nick Cave, The Weeping Song

 

Excellente soirée à Smackdown, où l'on étudia en long, en large et en travers les thèmes éternels des offenses, des excuses et des pardons.

 

 

Je m'excuse, du fond du cœur. Bon, je peux y aller maintenant? Y a le Happy Hour qui commence!

 

 

Nalyse de Smackdown du 9 juillet

 

 

Il s’est passé beaucoup de bonnes choses dans cet épisode abusivement intitulé "Apology not accepted". Abusivement, car finalement, les excuses présentées par plusieurs protagonistes à ceux qu'ils avaient offensés ont toujours été acceptées, certaines plus difficilement que d'autres, il est vrai. Hélas, nous n'avons pas vu les excuses de Dolph Ziggler à Vickie Guerrero, ce qui laisse à penser que, après leur scène muette de déception mutuelle la semaine dernière, la réconciliation a eu lieu sur l'oreiller et ça, dans la PG Era, on ne le montre pas. C'est en tout cas un couple radieux qui apparut soudé pour un Triple Threat Match désignant le tenant de l'un des deux derniers spots restants pour le Money in the Bank.

 

 

Cruella a décidé de se faire les 101 Dalmatiens UN PAR UN.

 

 

Dolph avant d'autant plus de raisons de se montrer confiant qu'il était accompagné dans ce Triple Threat de Chavo Guerrero, neveu souffre-douleur de Vickie, qui avait visiblement reçu pour consigne d'assister l'homme-Perfection face au troisième larron, MVP. Dolph et Chavo s'y mettaient donc à deux pour tabasser le Lebron James du pauvre, et leur duo paraissait sur la même longueur d'ondes puisque Chavo laissa Dolph tenter le premier tombé sans s'en mêler. Mais MVP a de la ressource et réussit à se dépêtrer de l'attaque commune et même à porter une fort honorable souplesse arrière depuis les cordes à Ziggler, qui laissa les deux hommes KO.

 

Chavo nous montra alors en quelques secondes un talent de pantomime admirable, hésitant à faire le tombé sur Dolph ou sur MVP, alors que Vickie vociférait ses ordres depuis le bord du ring, exigeant qu'il aide son blond amant. Mais Chavo jeta sur la mallette sacrée un regard concupiscent et entreprit de tenter sa chance. Petite séquence mais fort utile, puisqu'elle souligne à quel point la mallette obsède tout le monde. Chavo sait bien que même s'il joue sa carte personnelle dans ce match, il est loin d'être certain de le gagner; et que même s'il le gagne, il aura très peu de chances de remporter le Money in the Bank; pourtant, et alors qu'il sait que Vickie lui fera payer sa défection, il se lance, et advienne que pourra!

 

 

La métamorphose du cloporte.

 

 

Naturellement, ses rêves feront long feu. MVP se dégagera et reprendra l'avantage avant que Dolph n'intervienne et ne bastonne sauvagement ce Chavo qui s'était pris l'espace d'un instant pour un main eventer. Chavo aura tout de même une bonne séquence avec un beau Three Amigos sur Dolph, avant un finish prévisible mais malin: MVP écarte Ziggler et porte à Chavo son combo habituel (projetant au passage Dolph hors du ring quand celui-ci tente d'empêcher le Ballin', l'inconscient). Au moment du tombé vainqueur, Vickie tire l'arbitre hors du ring à simplement deeeeux et pendant qu'ils s'engueulent en ringside, Dolph renaît de ses cendres et applique le Sleeper sur MVP. L'arbitre rentre opportunément dans le ring pour constater que MVP est HS. Fin du match et, comme de bien entendu, Dolph est qualifié pour le MITB de Smackdown! Tout cela fut fort bien mené et mon seul regret aura été la performance décevante de Vickie au commentaire du match, malgré un Striker en grande forme.

 

 

Quand cougar faim, cougar ronronner.

 

 

Au MITB, Dolph Ziggler retrouvera, entre autres, Drew McIntyre, qui a lui aussi largement alimenté, ce vendredi, le registre de l'excuse. De retour après ses (réels) problèmes de visa, Drew ouvrit le show, mais n'eut pas le temps d'ouvrir sa gueule que débarquait un Teddy Long de fort bonne humeur. Ben oui, maintenant que Nexus a mis Vince sur le flanc, Long se sent pousser des couilles! Inversement, Drew est désormais dénué de protection, comme un Ted DiBiase ayant oublié de passer à la pharmacie. Résultat: c'est au tour de Mister Long, d'autant plus jovial qu'il se trouve dans sa bonne ville d'Atlanta, d'humilier le beau gosse écossais, qui se retrouve à genoux, en train d'assurer le GM qu'il est le plus beau, le plus intelligent, le plus classieux, etc.

 

 

Oui, M. Long, vous êtes le plus élégant. Je rêverais de coudre un kilt à partir de votre veste.

 

 

Long s'est donc refait une virilité et Drew s'est écrasé comme une merde… et a gratté un match de qualif pour le MITB dans l'histoire. Là-dessus, il y avait plusieurs options, à commencer par la plus simple: opposer Drew à quelque midcarder face lui aussi concerné par une éventuelle qualif au MITB. Problème: hormis MVP, réservé pour plus tard dans la soirée comme on l'a vu, les autres faces de Smackdown étaient déjà presque tous qualifiés pour la fête de l'échelle (Kane, Christian, Big Show, Matt Hardy, Kofi). Et faire combattre Drew contre un lower midcarder comme Chris Masters ou JTG serait revenu à donner le résultat du match par avance. Du coup, les bookers ont décidé d'un match opposant Drew à Kingston, avec un seul enjeu: en cas de victoire, Drew se qualifierait pour le MITB.

 

Les deux hommes ayant récemment feudé, il semble logique que Kofi se décarcasse pour empêcher Drew de se qualifier. Ca me va, d'autant que le match a été très bon, dans la droite ligne de leur affrontement très solide vu à Fatal Fourway. Match long, plein de nearfalls crédibles et de prises innovantes, le style aérien de Kofi épousant parfaitement celui, batailleur, de Drew: un bon quart d'heure très agréable, indécis et intelligemment conclu. Kofi se prenait pour l'Undertaker et décidait de balancer son Boom Drop sur Drew sur le tablier du ring. Pendant son ridicule "Boom! Boom!" il se faisait attraper par le slibard, balancer sur le turnbuckle et, dans la foulée, prenait un Future Shock définitif. Victoire clean de Drew, ce qui, après son sort scandaleux à FFway (où il fallut pour le vaincre une intervention extérieure et un décompte de trois interrompu par Long), a tendance à renforcer largement sa crédibilité.

 

 

– BOOM! BOOM!

– Chat-bite!

 

 

Ce MITB de Smackdown rappellera donc furieusement celui de Wrestlemania: sur les huit MITBistes du vendredi, six (Kingston, Christian, Hardy, Ziggler, Kane, McIntyre) étaient de sortie dans ce même exercice à Mania. Les deux autres seront le Big Show, qu'on a hâte de voir, pour la première fois, dans ce match où il pourrait faire un malheur (à défaut d'avoir une chance de le gagner), et le pétulant Cody Rhodes, qui nous a montré ce vendredi qu'il était bien meilleur que JTG, qu'il expédia proprement en deux minutes, et surtout qu'il possédait une nouvelle entrée assez incroyable, puisque le Titantron affiche un miroir qui en réalité filme Cody, les images étant diffusées simultanément un peu plus loin sur le Titantron! Ouais, je sais, je décris super bien.

 

 

POLTERGEIST!

 

 

Le match n'eut pas grand intérêt, se réduisant à un quasi squash de JTG (à propos, quelqu'un a des news de Shad?) par le beau gosse, lequel s'inquiéta après coup de savoir si son beau visage avait été abîmé. Cody est pour l'heure parfait en Dorian Gray, espérons que la suite sera à l'avenant (peut-être une diva à son bras, ou une équipe avec un autre beau gosse, à la Mercury/Morrison en leur temps?).

 

 

Histoire d'être bien sûr de toujours rester le plus beau, Cody a décidé de défigurer ses adversaires.

 

 

Christian et Matt Hardy, pour leur part, se retrouvaient en équipe, Matt s'excusant (thème du jour, décidément) avant le match pour avoir attaqué Christian la semaine dernière à son Peep Show. Ce furent les seules excuses non acceptées de la soirée: alors que Matt avait démarré leur match contre Archer et Hawkins, Christian, en guise de tag, servit à son partenaire une sorte de coup de la guillotine qui le mit à la merci de leurs adversaires, lesquels ne se firent pas prier pour lui porter leur désormais habituel combo balayette / descente hbkienne du coude. Encore une victoire pour ces deux-là, obtenue grâce à la soif de vengeance de Christian.

 

 

Ouais, soif de vengeance contre Matt Hardy, bien sûr. Pff, qu'est-ce qu'on trouverait pas comme excuse pour éviter d'affronter Hawkins et Archer!

 

 

Mais la grande scène des excuses de la soirée fut l'œuvre de la meilleure parleuse de toutes les divas (en même temps, c'est la seule qu'on laisse parler, hein. Ca se trouve, Kelly Kelly, c'est Meryl Streep mais on ne le saura jamais), la sensationnelle Serena. Elle sut vendre parfaitement une situation a priori peu crédible (Punk serait fou de rage contre elle pour l'avoir sauvé des griffes de Kane en diffusant une vidéo prouvant qu'à l'heure de l'attaque sur l'Undertaker, Punk était dans un bar en train de sauver le foie de Serena de la cirrhose et son honneur d'un pilier du bar local) et faire étalage, en quelques minutes, de fragilité, de volonté, d'esprit de sacrifice, de révérence envers son gourou, d'amour pour l'homme Punk, de crainte rétrospective à l'idée de ce que le monstrueux Kane aurait pu lui faire, de honte après sa sortie alcoolisée… Et comme, d'après de nombreuses sources concordantes, la gamine sait catcher, on peut affirmer sans crainte que si les bookers ne sont pas lobotomisés, on tient là la Diva de la décennie à venir, rien que ça.

 

 

Et pour mettre toutes les chances de mon côté, je me suis aussi fait poser des implants mammaires à faire passer Stephanie McMahon pour une planche à repasser.

 

 

Luke Gallows, qui depuis son entrée dans la SES n'a ni pris une aspirine, ni bu un coup, ni tiré une latte ou une gonzesse, n'avait cure du repentir de Serena et se mit en demeure d'engueuler vertement la faible femme, dont seule l'exclusion pure et simple de la Society serait, à ses yeux, une solution satisfaisante; mais Punk (aux regards encore d'une éloquence rare malgré ou grâce à son masque) le coupa net et pardonna à la pécheresse, au grand dam de son soldat sans péché. Luke se détournera-t-il de son clan? Serena et lui se livreront-ils la guerre? Le straightegde masqué (pour rappel, il était de l'expédition venue récupérer Serena au bar) va-t-il être rappelé à notre bon souvenir?

 

 

L'instant précis où Luke Gallows décida de se remettre au Valium.

 

 

On souhaite d'autant plus voir Serena percer dans les rangs de la division féminine (à l'instar de Natalya à Raw) que le reste du roster féminin fait plutôt morne figure (surtout alors que Beth Phoenix à Smackdown et Melina à Raw sont blessées depuis des mois). Du coup, on n'a même pas eu un match féminin cette semaine.

 

Rosa Mendes faisait sa gym dans un couloir au moment où passèrent près d'elle CM Punk et Luke Gallows, Punk paraissant se demander si ça valait le coup de sauver une âme perdue de plus avant de renoncer devant l'ampleur de la tâche. Quant aux autres, on les retrouva backstage, vu qu'entre Smackdown et Superstars, on avait vu toutes les combinaisons de matchs possibles entre Layla, Tiffany, McCool et Kelly.

 

Josh Matthews interviewait KK, dont on apprenait qu'elle avait obtenu un title shot contre Layla (car oui, rappelons-le, c'est Layla la championne, McCool est juste sa copse psychologiquement fragile à qui Layla fait la bonté de la considérer comme sa co-championne). Avant que Kelly ait l'occasion de nous révéler ses dons de tragédienne, elle était interrompue par Layla, venue déodoriser la pièce, pleine des phéromones odorants de la blonde. S'ensuivit une bagarre achevée par McCool, qui assomma Barbie d'un coup de ceinture. Les arbitres accourus vérifier s'ils pouvaient en profiter pour se livrer à des attouchements sur Kelly n'eurent pas le temps de mener à bien leurs noirs desseins car Tiffany se matérialisait au-dessus de sa sosie, demandant "Kelly are you OK?" comme si elle était dans "Smooth Criminal" de Michael.

 

 

Hé Kelly, tu sais quel est le meilleur cadeau qu'on puisse faire à une léoparde?

Non, c'est quoi?

Un top en peau de pute!

 

 

La même scène – l'ami à genoux au-dessus du corps de l'ami blessé – avait déjà été vue en début de soirée, avec le Big Show dans le rôle de Tiffany (tout de suite, c'est moins sexy) et Rey Mysterio dans celui de Kelly. Car Rey avait été victime d'une effroyable attaque de Jack Swagger, une attaque que je colle immédiatement dans mon panthéon personnel des séquences presque dérangeantes, aux côtés de la destruction de Jamie Noble par Sheamus, du rasage de Punk par Mysterio et de la première attaque de Nexus. Swagger interrompait une interview de Matthews avec Rey menée à l'infirmerie, où Rey, assisté de ses médecins, expliquait que l'Ankle Lock subi la semaine précédente lui faisait drôlement mal, et le défonçait littérairement, plusieurs minutes durant, s'acharnant particulièrement sur le tendon d'Achille du Mexicain. Les cris plaintifs de ce dernier étaient particulièrement déchirants, d'autant qu'ils n'étaient interrompus que par les grognements d'un Swagger bestial. Il traîna sa proie jusqu'à la rampe d'accès au ring, où le Show vint finalement le chasser, avant de se baisser sur son ami hurlant de douleur et, enfin, de l'emporter en coulisse.

 

 

A y est, Predator a chopé Alien.

 

 

Le main event opposait Show à Swagger, et si la séquence inaugurale (amplement rediffusée) n'aurait pas suffi à exciter nos papilles, une interview backstage d'un Big Show dévoré de colère froide compléta le tableau. Dès le premier contact, Show balaya la tentative de Swagger de l'agripper via une prise de lutte. Non, connard, je suis pas là pour faire le tombé mais pour te mutiler! Il n'y aura d'ailleurs aucune tentative de tombé dans ce match, les deux balaises échangeant coup pour coup (avec net avantage au Show, bien entendu) jusqu'à leur décompte à l'extérieur conjoint, ce qui ne les empêcha pas de continuer à se bastonner jusqu'au Titantron.

 

 

Alors, ça te change de Rey hein? Ca fait quoi de se battre contre quelqu'un de ta taille?

 

 

Là, Swagger, qui avait déjà plusieurs fois ciblé le genou gauche du Show, finit par réussir à faire chuter le géant et chancela jusqu'en coulisse… où il tomba sur l'inspecteur Kane, qui le poussa sans ménagement dans une chambre de développement de photos si l'on en croit la lumière rouge qui y règne et lui déclara qu'il était dorénavant son premier suspect. La raison? Jack a dit qu'il aimait voir des gens souffrir. Or quelqu'un avait fait souffrir l'Undertaker! CQFD. Devant un flic aussi con, Swagger ne chercha même pas à finasser: "J'ai un alibi, je te le présente la semaine prochaine". Kane n'y vit pas d'inconvénient, une semaine? Bon OK, pas de souci, mais tention hein, après je te chokeslamme jusqu'en enfer! Non Kane, après tu acceptes l'alibi de Jack, et tu te trouves un nouveau suspect, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on ait décidé ce qu'on fait de la storyline.

 

 

– Swagger, que faisais-tu le soir où mon frère a été attaqué?

– Heu… J'étais dans un bar, je draguais Serena, mais Punk et ses deux potes m'ont viré.

– Ah? Bon, OK, tu peux disposer.

 

 

Pour résumer, un show plein d'excuses plus ou moins sincères, plus ou moins acceptées, plus ou moins justifiées… Y en a un seul qui aurait vraiment dû s'excuser pour ses actions depuis deux semaines, mais en guise d'excuses, il a encore aggravé son cas. Lui, là.

 

 

Hé Séréna, si un jour t'en as marre du mauvais whisky qu'on sert dans les bars glauques, passe à l'hacienda, j'ai un stock de Château-Margaux d'avant-guerre. Wink wink.

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