Catch

Ils sont DEUX retour!

Ce que j'ai vraiment espéré, sans doute, devait aboutir à l'une de ces vies qui ne commencent nulle part, qui nous conduisent à travers les marais et les marais salants, ruissellent à partir de là, apparemment sans plan, but ou objectif, et tout à coup apparaissent, jaillissent comme des geysers, et ne cessent de jaillir, même dans la mort.
Henry Miller, La Crucifixion en rose (Livre III)


Bonjour à toutes et tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où cette semaine, on a juste eu droit au meilleur épisode de NXT jamais réalisé, rien que ça…


Mais avant de commencer à m'atteler au compte-rendu, comme je suis en train de le rédiger juste après l'émission et qu'on est le quatorze juillet. Je vais commencer par quelques dépôts de gerbe aux grands disparus de ces dernières semaines. En plus, comme ça fait une paye que vous n'avez pas eu droit au Clobber Report de Djobbi Djobber, ce sera une manière de vous rappeler pourquoi vous devez lire ses articles.

 

 


Déposer une gerbe? OK, mais pas comme ça…

 

Nalyse de NXT du 13 juillet

 


Morts pour la patrie du divertissement des fans, les guests hosts sont progressivement en train de disparaître: ils ne sont plus présents à RAW qu'une semaine sur deux et, si c'est déjà trop à mon goût (pourquoi diable avoir décidé d'invité lundi le sosie d'Annie Cordy?), ils ne devraient pas tarder à partir en fumée si même les annonceurs oublient qui ils sont. Cette semaine, la guest-host a été annoncée par Justin Roberts comme étant «Special Guest Ring Announcer».

 

 


Dites, Tata Yoyo, vous savez qu'avec vos histoires de grand chapeau, l'Undertaker va le prendre pour lui?

 


Disparues aussi les périphrases faciles pour nous rédacteurs, celles qui consistent à dire que RAW est le show rouge … Depuis quelques mois déjà, les cordes du ring de RAW sont blanches, histoire que le produit de la WWE soit tout de suite distinct de celui de la TNA qui a des cordes rouges et un ring aussi carré que Jim (oui, je sais, pardon). Je suis encore tout surpris que la WWE ait choisi de briser sa charte graphique histoire d'éviter toute confusion, mais ce genre de détail montre quand même que la WWE soigne son image et ne veut absolument pas être confondue avec la fédération d'Orlando.

 

 


Comme si on pouvait la confondre avec Maryse…

 


Partis discrètement sans laisser d'adresse: les atémis. La WWE a décidé d'interdire à ses catcheurs de faire ce mouvement qui amène forcément une réaction du public en forme de Woooooo, histoire de ne pas faire de pub à la TNA et à Ric Flair… Seuls ceux dont c'est un élément majeur du moveset (le Big Show, par exemple) ont désormais le droit de placer ce mouvement (qui, entre nous, n'a jamais apporté grand chose au niveau lutte dans un ring, ne comptez-pas sur moi pour le pleurer). Logique mais étrange, à l'heure où Jack Swagger est en train de construire son personnage sur l'ankle lock, signature move de Kurt Angle.

 

 


Comme si on pouvait le confondre avec Kurt Angle…

 


Mais la vraie disparition, la plus grave de toutes: c'est celle du pantaslip de Zack Ryder. Cette magnifique pièce de vêtement qu'on peut aussi appeler «slipalon» a été abandonnée sans aucune explication. C'était ridicule et donc indispensable tant ça collait bien au personnage de Ryder, j'espère donc que la raison de cet abandon est motivée par un impératif d'ordre technique (aisance dans le ring, etc…) et pas autre chose.

 

 


Que personne ne sorte, ma jambe de pantalon a disparu!

 


Bon, ça tombe bien que j'ai commencé par digresser sur une suite de détails, parce que ce show, celui où le Nexus revient à ses premières amours, a commencé avec un tas de petits trucs du même genre qui font plaisir. D'ailleurs, à ce propos, j'espère que vous appréciez ma citation d'Henry Miller, elle décrit très bien comment un truc complétement rébarbatif et sans grand avenir, NXT, a engendré comme un geyser l'une des plus belles storylines depuis des années. Lisez Miller ou à défaut: documentez-vous sur La Crucifixion en rose, c'est très bien écrit et ça vaut le coup.


Bon, les détails, donc… John Morrison va rejoindre sa place en boitant pour vendre l'attaque du Nexus la veille. Mark Henry qui manque de péter la gueule du Miz à l'instant même où les deux sont sur la rampe d'accès. LayCool qui ne sont pas là mais dont l'absence est expliquée au commentaire. MVP et son rookie qui ont assortis leurs couleurs pour donner l'illusion qu'ils forment une vraie équipe. Le Nexus qui arrive à sa place en passant non pas par la voie normale mais une entrée des artistes latérale. Enfin, ça fait plaisir de voir que quand la WWE y tient, elle peut faire des merveilles en terme de continuité.

 

 


Après le catch, le scrabble humain. Décidément rien n'arrête la WWE.

 


D'ailleurs, le premier match de la soirée sera une variation sur le thème de la continuité, puisqu'il oppose Mark Henry et Lucky Cannon à Alex Riley et au Miz. Tout le story-telling du combat sera articulé sur les évènements de la veille à RAW où le Miz a tiré profit d'une erreur du World Strongest Man. Et évidemment, l'objectif sera de retarder le plus possible leur confrontation in-ring. Très bien mené au niveau du storytelling, le match aura d'autres défauts. Je le disais déjà avant, mais le personnage d'Henry est trop puissant in-kayfabe pour permettre de donner de l'intérêt à ses confrontations in-ring avec des gars censés être rookies. Riley n'a donc rien pu montrer opposé à Henry et Cannon s'est très vite trouvé dans le rôle du face-in-peril et n'a donc pas pu montrer grand chose d'un point de vue offensif. J'avoue qu'il m'a impressionné cependant sur son crossbody fait vers l'extérieur du ring mais qui se connecte aussi avec le marchepied métallique puisque le mouvement, en plus d'être bien exécuté, a permis de donner le ressort scénaristique nécessaire à la domination de Riley. La victoire finale d'Henry sur Le Miz et la séquence d'après match où le WSM fait subir à Riley ce que le Miz lui avait fait endurer la veille conclut un bon tag match qui, même s'il n'a pas vraiment permis aux nouveaux de s'exprimer à fond, racontait une histoire, ce qui n'est pas si courant à NXT.

 

 


L'avenir d'Alex Riley: allégorie.

 


Vient ensuite le talk-show avec Showtime Percy Watson qui a choisi d'inviter son parrain: MVP. Même si je trouve que Watson en fait un peu trop au niveau des tics verbaux (You Know What Am I Sayin'?) il a clairement le niveau au micro et le fait que son invité soit MVP n'était certainement pas innocent: c'est le meilleur talker de cette saison Deux et il aurait pu le suppléer en cas de gros souci. Mais, il n'y aura pas de gros souci puisque MVP n'est pas le seul invité, Watson a aussi convoqué dans le ring tous les autres rookies qui arrivent avec une tête assez explicite. Ils ne sont pas là pour rigoler, ils ont plutôt une tête à se venger de la correction gratuite qu'ils avaient reçu lors de la première semaine de show, celle là même dont MVP leur avait dit qu'ils le remercieraient plus tard pour ça. Ben là, ils sont pas vraiment décidé à remercier ni même comprendre et MVP passerait un bien mauvais quart d'heure si, justement, tous les parrains ne venaient pas à son secours.

 

 


Enfin, MVP a réussi à faire sa lessive à temps.

 


Sept rookies de NXT contre sept de leurs Parrains (ben oui, j'ai dit que LayCool avaient un mot d'excuse, vous suivez?): ça promet … D'ailleurs Matt Striker surgit et propose une battle royale. Cool! Oups, non … Wade Barett dit que puisque que le Nexus est là, il en sera aussi. Après tout, c'est légitime qu'ils y participent, même s'ils ont un nom tout pourri qui ressemble à celui d'une banque, ce sont des catcheurs quand même!

 

 


L'épreuve à la con de cette semaine: les chaises musicales.

 


Voici donc une jolie Battle Royale en perspective en guise de main-event! Et elle tiendra ses promesses avec dès le départ chacun des trois groupes qui fera une action d'éclat. Le Nexus, fidèle à son éthique de bad boys sautera hors du ring pour se réfugier à l'extérieur. Les rookies, fidèles à la stratégie de base d'une battle royale se concentreront sur l'adversaire le plus gros pour l'éjecter. Mark Henry: out! Les Pros, qui ont bien appris leurs leçons aux petits jeunes, feront de même avec Eli Cottonwood. Le Nexus se chargera du comité d'accueil des éliminés à l'extérieur avec des grands coups de latte dans la face. Vient alors l'élimination de MVP qui résistera un peu au Nexus et aura droit aux renforts de John Morrison et de Kofi Kingston qui gratifieront le public de deux très beaux tope suicida simultanés et intelligents (puisque simplement au dessus de la deuxième corde et donc non éliminatoires). Le décor est planté! Au-delà de l'affrontement Rookie Pro, ce qui se dessine, c'est celui entre le Nexus et les pros.

 

 


Eh, toi! Pourquoi tu mets un slip maintenant?

 


D'ailleurs, le ring se nettoyant, le Nexus rentrera de nouveau en scène pour se retrouver face à cinq pros: Zack Ryder, Cody Rhodes, The Miz, John Morrison et Kofi Kingston. Le Miz, tentant de prouver aux renégats son peu d'hostilité à leur égard, éliminera Ryder en fourbe. Mal lui en prit, vu l'absence de sympathie générée par cette offrande au Nexus, il préférera quitter le ring en passant. Cody Rhodes, lui, se planquera ostensiblement (trop peut-être) dans un coin pendant que les babyfaces se battront vaillamment avant de céder devant le surnombre de leurs opposants. Dashing Cody, malgré sa passivité, sera éliminé avec tout aussi peu de ménagement à leur suite.

 

 


Mais non, je l'ai déjà dit, c'est Dashing Cody Rhodes, pas Squashing Cody Rhodes…

 


Et la battle royale se termine sur l'annonce du vainqueur: Nexus. Oui, une épreuve où c'est chacun pour soi qui se termine avec six vainqueurs… Essayez de comprendre cette incohérence finale. Enfin, bon, c'est à peu près la seule chose qu'on peut reprocher à ce show qui a montré de bonnes choses dans le ring et surtout magnifiquement entretenu les storylines à la veille d'un Pay Per View plus ouvert que jamais.

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