Catch

MITB partie 1: Kane le survivant

C’est la monnaie qui dirige le monde,
C’est la monnaie qui dirige la Terre,
Et qu’on le veuille ou non c’est comme ça on ne peut rien y faire.

Neg’Marrons, La Monnaie


Dans le contexte actuel de la WWE, c’est peu dire que ce MITB était attendu avec impatience. Deux champions potentiels désignés, des titres en jeu, l’ombre menaçante du Nexus pesant sur chaque combat, autant dire que ce PPV faisait moult promesses. Lecharentais, sportif de l’extrême, et surtout l’un des rares qui ne soit pas à Acapulco en train de siroter des cocktails en blanchissant les recettes publicitaires du site, avec la bienveillante contribution d’une certaine Table Espagnole de Commentateurs, s’est donc mis en tête de s’immerger dans ce nouveau produit pour en extraire la substantifique moelle. Et comme le résultat est plus que copieux, on vous le sert en deux articles séparés.

 

 

Dans la série la WWE illustre la Bible, voici Moïse fracassant les tables de la Loi.

 

 

Review de Money in the Bank, partie I

 

 

Inutile d’être un fin stratège pour comprendre que la période estivale est assez stratégique pour la WWE: tandis que pendant l’année, un PPV sera plus ou moins suivi par les bambins qui vont à l’école le lendemain, en été on peut compter sur une meute de kidz avides de spectacle. A cela, on peut rajouter les vacanciers, en période de relâche complète et extrême, des adultes cette fois, qui pour l’occasion cherchent un divertissement pour se laver le crâne d’une année de turpitudes au boulot, et seront peut-être amenés à découvrir pour la première fois la Fédération de Stamford. C’est pourquoi, je suppose, le Taker revient en général, après sa pause post-Wrestlemania, précisément lors de Summerslam. Mais l’été, c’est aussi le mois de juillet. Il fallait donc de l’événementiel qui soit tout à la fois spectaculaire et grand public, et quoi de mieux à cet égard que les matchs à échelle? Spectaculaires, violents dans la limite du raisonnable, ouvrant la voie à des exploits physiques de premier ordre (nous avons tous des images de ces matchs en tête), ces matchs sont taillés pour être des poules aux œufs d’or estivales, a fortiori si l’on y ajoute un enjeu fort, comme c'est le cas dans les MITB.

 

La WWE a donc pris le parti de transformer, une nouvelle fois, une stipulation appréciée en thématique d’un PPV, et si l’on peut regretter que le casting ait été décidé de manière plus ou moins arbitraire, il faut tout de même avouer que sur le papier, le générique avait de la gueule.

 

 

Ouf, les bookers n'ont pas cédé à la tentation Hornswoggle.

 

 

Mieux encore, pour les aficionados, il était évident que le fameux Nexus allait intervenir. Cela générait une impatience certaine chez les observateurs, et je crois d'ailleurs que l’on ne mesure pas encore correctement tout ce que ce Nexus peut apporter à la WWE, mais j’y reviendrai le moment venu.

 

Toujours est-il qu’avant le PPV, lorsque la Rédaction m’a confié la préparation de cette review, j’ai ressenti, telle une pucelle celte avant le passage des goths, un mélange d’appréhension et d’excitation.

 

Nouveau générique de la WWE. Pourquoi pas. Bon, le montage est complètement foireux, au moins du point de vue du son, et donne l’impression d’un truc monté à la va-vite, mais les récents départs-retraites-reconversions ont sans doute imposé une réaction rapide. Néanmoins, ce générique servant de prologue à TOUS les produits de la WWE, on peut penser que ceux qui y figurent ont au moins un présent, et sans doute un avenir, dans la fédération. Ainsi, on y note la présence de Sheamus, du Miz, et plus étrangement de JoMo ou de Maryse (clin d’œil au public francophone?). Passée la douleur auditive, et une certaine surprise, le show peut commencer.

 

 

Cet homme a beaucoup trop écouté le générique.

 

 

Le show s'ouvre sur une promo assez étrange en voix off sur des images d'anciens MITB, un peu sur le ton "Tu seras un homme, mon fils", déclamée par un acteur manifestement d’un certain âge, sur la thématique "que pourrais-je mettre en jeu pour ma carrière?". Un texte qui reste dans la sémantique WWE, mais suffisamment inhabituel pour attirer l’attention, avant le déboulé des basses et de la voix off classique de la WWE, qui résumé finalement bien le concept : "l’opportunité d’une vie, qui peut glisser entre les mains de chacun à chaque instant, et quand le carnage est fini, l’un d’entre eux émergera (pour devenir une force qui compte, en gros)". Classique mais efficace, et toujours ce sens abouti de la promo à la WWE, qui met dans le bain rapidement.

 

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : le MITB permet, en général, l’éclosion ou la confirmation d’un talent, et offre souvent une première occasion de glaner un titre mondial (Edge, Rob Van Dam, CM Punk et Swagger sont devenus champion du monde pour la première fois en cashant leur mallette).

 

Feu d’artifice, welcome in Kansas City, dans une Arena bondée mais un peu moins vaste qu’à l’accoutumée  il est vrai.

 

Et première intervention de Spanishannouncetable (ci-après dénommé SAT), qui relève fort justement que la soirée a vu une rupture des "codes-couleurs" de la WWE, arborant un vert-dollar parfaitement à propos, avec poteaux, tabliers, néons, etc, aux couleurs de la maitresse devise… Sens du détail qui est poussé jusqu’à l’emploi de deux véhicules blindés pour le transport des fonds, ce qui créé une cohérence de l’ensemble absolument impeccable.

 

 

Comme ça, VKM est dans son élément.

 

 

A vrai dire, on mesure parfois mal à quel point le décor peut influer sur la perception du show. Ce qui pourrait paraître dérisoire revêt, lorsque l’on s’en aperçoit de manière aussi flagrante, un sens nouveau: le décor conditionne, en partie, la perception et l’immersion, et c’est ainsi que votre serviteur est toujours un peu froid face au bleu électrique de SD!, auquel il préfère très largement le rouge agressif de Raw, beaucoup plus dans l’esprit d’un "divertissement de combat".

 

Ce soir, ce sera donc en tous cas la brand verte, et après les présentations d’usage le show a pour opener ni plus ni moins que le MITB de Smackdown. Il était assez logique qu’un MITB ouvre le show (difficile de trouver mieux), et le fait que ce soit celui de SD montre, malgré tout, une valorisation de la brand.

 

Plus spécifiquement, l’explication est sans doute différente: il y aura deux MITB ce soir. Il est assez notoire, tant cela a été évoqué, que l’une des deux mallettes sera cashée dès ce soir. Or, les deux champions en titre le sont devenus lors du dernier PPV. Il est d’usage, à la WWE, qu’un champion réussisse sa première défense du titre (ce qui a, d’ailleurs, un peu tué le suspense de la soirée…). Par conséquent, il est assez probable que ReyRey et Sheamus resteront champions à l'issue de leur match... et que l'un d'eux se prendra un cashage sur la tronche.

 

Une mallette, de mon point de vue, ne se cashe pas face à un heel. Il suffirait à ce dernier de provoquer un DQ pour conserver son titre: hop, la mallette est gâchée (jusqu'à présent, il n'y a eu qu'un seul cashage sur heel, CM Punk sur Edge en 2008). Il faut donc la casher contre un face. Sheamus est heel, Rey est face, il est donc extrêmement probable que la mallette SD sera utilisée le soir même, ce qui donnerait, dans l’ordre, et comme par hasard, l'ordre suivant: MITB SD – matchs de remplissage – défense du titre – "vol" du titre SD par le vainqueur du MITB – remplissage - MITB Raw (nul besoin de casher tout de suite, tant la brand rouge a de ressource) – défense du titre, soit un programme très bien équilibré, et où l’on voit à peu près avec certitude où le Nexus va intervenir. Au temps pour le suspens, une nouvelle fois, mais l’efficacité, à la WWE, prime sur ce genre de considérations…

 

 

Cadeau.

 

 

Analyse confirmée par l’analyste en chef, et champion du monde de décèlement de détails, SAT, qui se met du point de vue du spectateur: le show débute avec le Money In The Bank Ladder de Smackdown avant d'enchaîner sur le match des divas de RAW, puis le match pour le titre par équipes, le Main Event de Smackdown, le Women's championship, le MITB de RAW et enfin le match en cage du même show en guise de main-event. La construction est classique. On commence pied au plancher puis on relâche la pression avec l'un des matchs à propos duquel le public a le moins d'attente, et on assure une montée en excitation progressive jusqu'au premier Main Event. Le second match de divas est placé juste après celui-ci pour éviter que le public ait sa décharge maximale d'adrénaline avant le final avec les deux grands matchs de RAW. Rien à redire sur les grandes lignes donc.

 

Mais pour l’heure, le mieux à faire est de découvrir nos compétiteurs, par ordre d’entrée:

 

Kofi Kingston: le Ghanéen a-t-il une carte à jouer? Pas sûr, car ses handicaps sont nombreux: il est IC Champion en titre et il est face. Or, comme cela se vérifie souvent, la mallette n’est jamais si bien à sa place qu’entre les mains d’un heel. Bien sûr, il est toujours loisible pour un face de faire un heel-turn, surtout lorsqu’il a un an pour cela. Mais Kingston ne parait pas le mieux armé pour ce turn, et surtout il parait assez logique que ce soit la mallette SD, donc, qui soit employée le soir même, donc à moins d’un improbable turn du Ghanéen… Néanmoins, il lui reste un espoir, concret: avec Truth et lui, et auparavant Gaspard et Ezekiel Jackson, la WWE semble se chercher une nouvelle tête d’affiche noire. Néanmoins, cela reviendrait à lui donner la quasi-garantie de toucher à un titre mondial, et la WWE de VKM y est-elle prête?

 

Dolph Ziggler: ils sont nombreux, parmi les fans, à vouloir que Mr Perfection ait sa chance. Dolph est heel, c’est un bon point, il n’a jamais démérité lors de ses matchs, et se donne toujours à fond, même pour des matchs peu reluisants. Ajoutons que le soutien de Vickie a son importance, et nous tenons sans doute avec lui un candidat tout à fait valable pour la mallette.

 

Christian: tout de noir vêtu, le Canadien fait son entrée. Où en est-il, justement? Une agression mutuelle avec Matt Hardy, une "trahison" à l'égard dudit Hardy au SD précédent, et surtout, surtout, une énorme rancœur, évoquée à SD, envers la WWE qui ne lui a jamais donné sa chance. Que l’on soit supporter ou non de Christian, force est d’admettre qu’il ne ménage jamais sa peine face à quelque adversaire que ce soit, et qu’il est en général l’auteur d’excellents matchs, valorisant avec brio ses adversaires. De plus, il a déjà été heel, et pourrait peut-être le redevenir (si cela peut cadrer avec sa condition de Born Again Christian, hors kayfabe). Mais Christian est marqué du sceau de l’infamie, le sceau de la TNA, depuis son passage il y a quelques années chez le rival honni. VKM semble ne jamais devoir le lui pardonner: aucune opportunité, ou presque, totalement isolé de la title picture mondiale, et, bien sûr, le titre ECW gardé si longtemps et perdu lors du tout dernier show… Franchement, si Christian devait perdre encore ce soir, qui pourrait lui reprocher de partir vers d’autres horizons où il serait traité avec davantage de considération, tant le bonhomme a de talent et de bonne volonté? Un candidat que beaucoup voudraient voir triompher, donc, mais que peu voient à cette place…

 

Arrive Cody Rhodes. Le jeune homme a du talent, manifestement le vent en poupe, il est heel… Certes, il est jeune, et a peu d’expérience, mais n’était-ce pas le cas de Swagger? Et la WWE n’est-elle pas en plein rajeunissement des effectifs? Un candidat potentiel, donc, mais sa courte expérience en solo pourrait constituer, pour le moment, un frein: une carrière solo ne fonctionne pas sur le modèle d’une stable.

 

Appâté par le panier garni accroché en l’air, Matt Hardy fait son entrée à son tour. Que dire? S’il y en a un dont tout le monde savait qu’il ne gagnerait pas, c’est bien le pauvre Matt. Sa popularité est bien réelle, mais son catch et son talent au micro sont beaucoup trop limités et il est, selon toute logique, condamné à la low-midcard à la WWE. Tout ce qu’il peut attendre de ce match, c’est de raconter une histoire intéressante dans son affrontement avec Christian…

 

Jamais bien loin de Matt Hardy, The Chosen One fait une entrée à son image, arrogante. Heel, chouchou du patron, il est très clairement l’un des favoris assurés de l’épreuve. Néanmoins, un point est problématique, et concerne en fait à peu près toutes les jeunes pousses: Swagger. En effet, faire gagner un jeune heel qui cashe illico sa mallette rappellerait furieusement Swaggie, lui aussi résident de la brand bleue, ce qui n’est pas sans poser un problème de récurrence…

 

Kane entre à son tour. Je vais être très explicite: je trouve la storyline de son enquête pourrie. Partie sur de bonnes bases, elle consiste maintenant systématiquement à chokeslammer tout ce qui traîne, et à croire ou non les alibis des uns et des autres selon l’humeur du moment. Après avoir totalement, à mon sens, gâché le F4W avec l’une de ses interventions stupides, il était impossible de lui faire tenir le même rôle, on l’a donc envoyé au MITB. Et là, la question se pose: WTF? Il ne devrait pas plutôt chercher le coupable, au lieu de faire joujou sur des échelles? Surtout qu’à 40 piges, il ne représente plus vraiment l’avenir, et n’est donc pas vraiment candidat à la victoire. Sauf s’il est lui-même le coupable, et s’il a organisé la chute de son frère pour avoir un rival de moins pour le titre. Ce même frère qui, en général et hors kayfabe, revient pour Summerslam le mois prochain… Tiens donc? L’enquête, certes, est totalement arbitraire et donc parfaitement ridicule, mais le booking prend un éclairage différent, et le Big Red Monster fait son entrée parmi les sept vainqueurs potentiels et légitimes. C’est en tous cas la seule façon de justifier sa présence sur le ring…

 

Le Big Show est apparu moins invincible, ces derniers temps. Pas forcément à l’aise sur les échelles, ce qu’il a démontré lors d’un segment oubliable à SD, et qui pis est face, il n’est pas exactement là dans son élément, et n’est pas celui qui a le plus besoin de gagner. Peut-être à l’avenir, dans une autre stipulation, mais au MITB, ses chances sont limitées, semble-t-il.

 

A noter que les commentateurs, comme les promos, évoquent à l’envi la possibilité, offerte par ce match, de permettre à une carrière de décoller, ce qui semble en effet la fonction même de la mallette. A noter également que 6 des catcheurs concernés par ce match faisaient partie du MITB de Wrestlemania, ce qui prouve à l’évidence que la WWE a de la suite dans les idées…

 

La cloche sonne, Show a tout de suite trois hommes sur lui, Kane deux. Petit calcul rapide: il en manque un, ce filou de Rhodes qui tente une montée. Pas de chance, les deux Big Men se libèrent et Rhodes fait le premier plongeon de la soirée. Le ménage est fait, Kane et Show se font face, et le spectateur amateur de poésie classique frémit d’aise.

 

Show s’impose, et tente de gravir l’échelle… et la marche se casse sous son poids. Oh oh oh mais qu’est-ce qu’on se marre, arrêtez j’ai mal aux côtes. Hardy, Christian, Drew, Kofi puis Ziggler s’attèlent à tenter de stopper le béhémoth, sans succès, et pour faire bonne mesure, Show balance son échelle brisée sur Kane. Tout le monde étant servi, il peut donc tenter de récupérer, sous le ring, son échelle spéciale poids lourds, mais comme cela était prévisible, les six autres (hors Kane, donc) lui tombent dessus et l’abattent, avant de décider de mener entre eux un petit débat d’idées sous forme de mêlée ouverte, dont Drew semble sortir victorieux.

 

 

Tel une vulgaire Skoda, le Big Show chasse de l’arrière dans les virages.

 

 

L’Ecossais a manifestement un plan, qui consiste à neutraliser tous ses adversaires pour de bon, avant de s’atteler à la conquête de la mallette, technique dont Christian est le premier à faire les frais. Obsédé par la mallette, Drew, en train de grimper, ne voit pas Hardy arriver, lui aussi muni d’une échelle reconvertie en bélier de fortune. Hardy grimpe, touche la mallette, va-t-il faire mentir tous les pronostics? NON, car Christian se saisit de lui, et le jette à bas, puis tente sa chance à son tour, avant d’être également attrapé puis éjecté par Hardy.

 

Tout cela pourrait paraître assez rythmé, mais justement, à ce stade, on cherche encore le gros spot, le move qui va vraiment nous permettre de rentrer dans un match assez mou, et où la relative faiblesse du roster de SD ressort avec une certaine vivacité.

 

Revenons à nos échelles: Christian et Hardy sont en ringside, occupés à évoquer le bon vieux temps, quand Rhodes surgit une nouvelle fois de nulle part (ce type a un art incroyable pour se faire oublier) pour escalader l’échelle, tentative interrompue par Kingston qui, au prix de ce qu’il faut bien appeler un Slam Dunk, intercepte le fils de au sourire carnassier.

 

Ziggler à son tour "dunke" Kofi, et une impression assez curieuse se fait ressentir: cela fait plusieurs fois que l’on a exactement le même mouvement deux fois de suite… En termes de créativité ou de chorégraphie des matchs, on a vu mieux, et même beaucoup mieux…

 

Ziggler grimpe, agrippe la mallette, sa main trouve le mousqueton, mais Christian surgit comme un diable, escalade l’échelle à toute vitesse et entame un pugilat avec le blondinet de Vickie. Chacun a sa chance, les deux meilleurs catcheurs du match sont en action, le match semble enfin démarrer.

 

 

Regarde! Sans les jambes!

 

 

Finalement, Ziggler finit au sol, bientôt suivi par Christian, dont l’échelle est poussée par Hardy. Rhodes se jette sur Christian, Kofi sur Hardy, et une brawl sauvage s’engage sur le ring. Twist of Fate de Hardy, Christian met Rhodes à terre, mais Kane, de retour aux affaires, s’empare des deux hommes et s’apprête à un double chokeslam. L’union faisant la force, les deux rivaux décident de mettre leur querelle de côté et infligent un double DDT à Kane. Si les deux hommes s’entendent, cela peut être décisif, et cela semble être le cas, puisqu’ils s’emparent chacun d’une échelle, et décident de transformer Kane en tranche de jambon au milieu d’un sandwich d’échelles…

 

Duel d’échelles (je ne vois pas comment appeler cela autrement), Hardy tente le Twist of Fate sur Christian qui contre, après un botch de Matt, en l’envoyant dans une échelle prise dans les cordes, avant de lui marcher sur le visage en se servant des cordes pour accentuer la pression.

 

 

Et là, je lâche la corde et je le décapite!

 

 

Véritable cœur du match, Christian montre en plus des méthodes assez sournoises qui laissent augurer d’un éventuel turn ce qui, à ce stade du combat, peut être extrêmement intéressant. Christian a une nouvelle chance de grimper, gâchée par Rhodes qui l'envoie droit sur le Big Show, à peine relevé.

Kane arrive sur le ring, interrompu successivement par un Beautiful Disaster, un Trouble in Paradise et un Twist of Fate, preuve claire que les concurrents ont très bien identifié l’homme à abattre.

 

Kofi est le plus prompt à se relever, mais Rhodes le retient, avant d’aller échanger quelques baffes avec Hardy, les deux interrompus par un Drew à bout de nerfs, qui envoie manu militari un Ziggler entreprenant dans un coin du ring. Mais on trouve toujours plus furieux que soi, et McIntyre se fait trainer hors du ring par un Kane déchaîné, qui désosse méthodiquement les deux tables des commentateurs, manifestement pour y ranger Drew. Mais une bonne idée est souvent gâchée, et l’intervention de Christian dissuade Kane de cette excellente initiative. Kofi en profite pour coller un sliding dropkick au Monstre (oui, quand je ne connais pas le terme exact, j’improvise), remet Drew sur la table qui lui était initialement destinée, ponctue la manœuvre d’un Trouble in Paradise d’une rare violence et, preuve qu’il a la rancune tenace mais pas beaucoup d’imagination, monte en haut d’une échelle avant un Boom Boom Drop sur Drew et la table… Le move est sympathique, rien à dire, mais a un écho beaucoup trop proche du même traitement envers un autre catcheur pour être vraiment séduisant…

 

 

Hé, d’ici je vois ma maison!

 

 

Pendant ce temps, Show dispose de Ziggler, puis Kane dispose de Show, ou plutôt essaie, car ne chokeslamme pas 200 kilos de viande qui veut, et Show inflige une grêlée de coups à son adversaire. Du coup, quand Show se saisit d’une échelle, il est clair que ce ne sera pas pour grimper dessus, la pauvre, mais bien pour y coincer Kane, avant de se jeter dedans. L’expulsion de Rhodes est une formalité. "Watch out!" (Jerry Lawler Copyright), Christian et Hardy, décidément désireux de s’unir, agrippent une échelle, interceptée par Show qui envoie les deux hommes bouler plus loin, avant d’écraser les deux siamois sous leur échelle. Show, enfin, s’en va saisir son échelle spéciale, vue à SD un peu plus tôt, une échelle annoncée à 160 kilos, qu’il a le plus grand mal à hisser sur le ring. Au moins cette échelle apporte-t-elle un peu de nouveauté au match… A noter, néanmoins, que Show avait hissé cette même échelle sans aucune difficulté à SD…

 

 

Le piano humain, une découverte WWE!

 

 

Rhodes, lui, est moins tortueux: il s’empare d’une échelle ordinaire, mais légère, et l’expédie dans la cheville blessée du géant qui s’écroule. Alors que Rhodes s’emploie à grimper, Dolph le rattrape et lui inflige une Electric Chair (qui, manifestement, a envoyé la tête de Rhodes dans une échelle, par mégarde). Ziggler rampe vers puis sur l’échelle, mais Show en a décidé autrement, et expédie le blondinet et Hardy au loin. Néanmoins, sa cheville le handicape, ce qui n’est pas le cas de Kofi, qui saute depuis les cordes de l’autre côté de l’échelle. Il faut préciser qu’il s’agit de la "super-échelle", et que par conséquent la faire basculer n’est pas aussi simple qu’à l’accoutumée. Show a vu le manège, il charge donc Kofi sur son épaule, lequel riposte par un DDT avant de repartir à la charge. Du turnbuckle, Dashing lui assène un Dropkick spectaculaire, enchainé sur un Crossrhodes tout aussi brutal.

 

Ziggler, revenu à lui, envoie Rhodes d’un Zigzag dans la "super-échelle" (qui ne bronche pas, elle doit effectivement peser son poids). Show fait une nouvelle fois le ménage, escalade, mais Kane parvient à renverser l’échelle et donc à envoyer Show PAR-DESSUS LA TROISIEME CORDE! Show finit enseveli sous les échelles amassées par tous ses adversaires, et il semble que le match soit terminé pour lui. Kane, importuné, met tout le monde d’accord par des chokeslams répétés (il n’a que ça dans son arsenal, ce soir), mais les nabots font de la résistance et c’est bientôt bagarre générale sur la "super-échelle".

 

Finalement, Kane commence l’ascension, mais Ziggler, from out of nowhere, se précipite, escalade littéralement Kane, et s’empare de la mallette! Est-ce la bonne? NON, car Kane riposte et attire Ziggler, qui se défend en assénant sa Sleeper Hold au Soviet Suprême! Bon réflexe de Kane, qui envoie la tête de Ziggler heurter l’échelle pour lui faire lâcher prise, puis s’en débarrasse en le jetant sur le cercueil d’échelles de Show…

 

 

Exclusif! Le titre se jouera désormais via un Mikado géant!

 

 

Kane semble plus que jamais en position de force, et il faut les efforts conjugués de Kofi et de Rhodes pour extraire le Monstre du ring. Pourtant, Kofi, sans attendre que Kane soit neutralisé, se retourne contre Rhodes, ce qui profite à Kane qui peut se débarrasser de ses deux adversaires.

 

C’est bien beau de tabasser tout le monde, mais il ne faudrait pas oublier les autres, notamment Hardy qui grimpe l’échelle à présent! Une nouvelle fois, Christian et Hardy se mettent d’accord, et infligent à Kane une powerbomb massive depuis l’échelle. Les deux hommes, comme un symbole, grimpent l’échelle, se battent de toutes leurs forces pour cette occasion qu’ils veulent avec tant de détermination, à tel point qu’ils finissent par chuter tous deux du sommet de l’échelle…

 

 

Non mais vous pouvez penser qu’on exagère, mais Matt a quand même lévité pendant ce match!

 

 

Drew, relevé des pénombres de sa table, se hisse péniblement, arrive en haut de l’échelle… mais Kane également! Le Big Red Monster chokeslamme son camarade de cordée, s’attaque à la mallette… Et la décroche!

 

KANE est Mr Money In The Bank pour Smackdown!

 

 

Une pauvre mallette en guise d'une sacrée: Kane est vraiment la version cheap de l'Undertaker.

 

 

Que dire de ce match? Si les moves spectaculaires ont un peu manqué à l’appel, le combat en lui-même a été assez intéressant, et parfois très plaisant. Les storylines ont avancé (Hardy/Christian, Kofi/Drew, etc.) et quelques passages étaient, en termes de narration, très maitrisés. Il faut dire qu’en près de 30 minutes, il y avait de quoi faire…

 

Néanmoins, je ne peux m’empêcher de regretter l’identité du vainqueur. Qu’est-ce que cela va apporter? L’enquête de Kane va-t-elle mieux avancer? A-t-il vraiment attaqué son frère pour avoir un rival de moins? Cela ne contribue pas au rajeunissement du roster, ni à récompenser de bons soldats qui sont, sur les derniers mois et à mon humble avis, bien plus méritants… C’est d’autant plus dommage que SD aurait eu grand besoin d’enrichir son roster d’un nouvel homme fort, mais on savait bien qu’après Swagger, la WWE prendrait son temps pour élever un nouveau néophyte. Bref, un final qui laisse un goût amer, même si la WWE a prouvé par le passé qu’elle parvenait à peu près toujours à un dénouement cohérent quand un événement étrange se produisait…

 

 

Il est à nous! Nous le voulons!

 

 

Retour aux vestiaires, avec Sheamus interviewé par Matthews. Sans grand intérêt: "Je vais battre Cena clean, il se moque de ma peau et mon accent, etc.". Le seul point, en vérité, qui soit intéressant, est son évocation du Nexus. Selon lui, il a pris la mesure du péril, et lorsqu’il les a regardés dans les yeux, il y a vu l’expression d’un grand requin blanc. Sur ce point, rien à redire, mais je vais faire une petite digression sur le Raw précédent. Que Sheamus ait fui, en bon heel, devant le Nexus, OK. Ce qui a quand même posé problème, c’est ce qu’il a dit à un passant: "Où est le vestiaire de Cena?". En gros, le heel surpuissant allait se cacher derrière son rival honni pour se protéger. En termes de construction ou de réputation, on a vu beaucoup mieux. Et, du coup, on peut penser que son intervention à la fin de Raw était prévue avec Cena, on est alors loin du guerrier qui décide spontanément de se rallier à son rival, situation qui avait fait rugir Silver. En vérité, c’est pire: il se planque derrière son rival…

 

Ah, la WWE sonne l’heure d’aller au frigo: voici le Divas Championship. A la différence de l’éternelle optimiste McOcee, cela fait longtemps que je ne crois plus aux Divas. Toutefois, Fox et Torres ont montré quelques belles choses, l’une dans le vice, l’autre dans la puissance, et même si l’issue du match ne fait guère de doute, en vertu de la règle que j’évoquais au début de cette review, peut-être aura-t-on un match correct à se mettre sous la dent.

 

Un peu de foire d’empoigne pour commencer, Fox éjectée dans les cordes, puis Torres qui applique un headlock (je suis volontaire pour qu’elle m’en fasse un, au passage, si quelqu’un peut la contacter). Premier cover d’Eve, pour le 1, puis petit paquet, sans plus de succès… Nouveau paquet, cette fois jusqu’à 2 (SIMPLEMENT 2), Torres assène une corde à linge dans le coin à sa rivale, qui contre ensuite un Irish Whip. Torres se dégage d’un coup d’épaule, puis tente un headlock (à moins que ce ne soit un DDT), mais Fox réagit et expédie la bomba latina au sol, coup aussi violent qu’inattendu de la part d’une jeune femme aussi frêle.

 

 

On aurait pu légender. On aurait pu.

 

 

Eve s’est réfugiée hors du ring, Fox va donc la chercher, lui écrase les reins sur le tablier puis la ramène sur le ring par les cheveux… Charmante, la petite Alicia, décidément, une vraie petite fleur… Nearfall, puis nouvel acharnement de Fox sur les reins de Torres, avant d’écraser ces mêmes reins sur ses genoux dans une prise de soumission particulièrement vicieuse (et, il est vrai, bien vendue par Torres). Coup de genou de Torres pour se libérer, ce qui ne lui épargne pas un backbreaker brutal, et une nouvelle "soumission des reins"…

 

Torres semble reprendre l’avantage, mais Fox remet vite les pendules à l’heure en s’acharnant sur le dos de son adversaire, qui se dégage néanmoins d’un saut astucieux suivi d’une projection.

 

 

En fait, j’adore le catch féminin.

 

 

Un crossbody, deux dropkicks, c’est peut-être l’occasion pour Eve, elle tente un suplex, mais son dos ne suit pas, elle convertit le tout en coups de pieds, puis tente un moonsault, qui ne permet pas le tombé. Coups de pied au visage, à nouveau, Alicia est au sol, Eve monte sur la deuxième corde, tente le Sommersault… et écrase son dos sur les genoux d’Alicia, qui conclut le match de son Axe Kick pour le compte de 3!

 

Alicia Fox conserve le titre de Divas Champion!

 

Un match plaisant, et même très plaisant, dominé par une Fox au sommet de sa forme face à une Eve Torres volontaire, de ces combats qui font espérer que la WWE s’intéresse un peu plus aux Divas… En revanche, quelques points négatifs, que SAT a relevés pour vous.

 

L’avis de SAT: Le seul point négatif du match était la réaction du public qui était indifférent et pas à la hauteur du match proposé. Tout ça témoigne à la fois d'une absence de build-up correct pour ce match, du manque d'intérêt pour la division féminine en général mais aussi du peu d'expérience qu'ont Eve et Alicia dans l'art de mettre la salle dans leur poche. Peu importe, avec un peu plus de pratique, ces deux-là sauront autant catcher pour le public que pour les caméras et, si la WWE décide à ce moment-là de leur donner un minimum d'attention, elles pourraient bien revitaliser la division féminine à l'agonie.

 

Séquence vestiaires. Swagger est au téléphone avec ce qui semble être sa mère. Il faut dire qu’après sa démonstration de lâcheté en abandonnant son père, on imagine que maman Swagger n’est pas très fière de son rejeton… Or, non seulement il ne s’excuse pas, mais il explique même que son père n’a eu que ce qu’il méritait, que son père a toujours vécu par procuration à travers lui, que c’est lui qui a insisté pour venir sur le ring et qu’il a tenté de lui voler la vedette! En gros, Jack a abandonné son père à la fureur de Kane pour ne pas risquer de ne pas pouvoir se battre au PPV… Autant dire que voilà un profil de heel, le fils ingrat, assez sordide, bien plus développé que le mépris affiché par DiBiase Jr envers son père, et qui, aux Etats-Unis, risque de faire mouche avec une précision de missile tactique… petite précision qui complète le tableau: son père aurait fait la même chose dans la même situation. Les déjeuners dominicaux, chez les Swagger, doivent un peu ressembler à un repas de fête chez les Bettencourt…

 

Match suivant, Unified Tag Team Championship, opposant la Hart Dynasty aux Usos.

 

Smith commence face à Uso 1 (je suis navré, je ne sais pas les différencier, mais si quelqu’un a une astuce, qu’il n’hésite pas à la transmettre!). Smith travaille son adversaire, et son premier powerslam provoque un premier nearfall. Blind tag entre Smith et Kidd, que les deux hommes, surpris, convertissent en un head scissor de Kidd sur Uso 1. Nouveau tag pour les Hart, mais Smith se fait surprendre dans le coin, le tag est fait pour les Usos, et Uso 2 tente le tombé, sans réussite. Une série de coups de pieds, nouvelle tentative, sans plus de succès.

 

 

Tamina, je t’en supplie, reviens à la maison, Goliath et Gargantua t’attendent!

 

 

Projection d’Uso 1 vers Smith par Uso 2, d’une grande violence, puis half nelson, les Usos sont déchainés pour ce match, et Smith est aux premières loges… Il parvient néanmoins à placer un Back Body Drop, mais son tag est interrompu par Uso 2, qui enchaine sur un Diving Headbutt!

 

 

Depuis son opération, Sim Snuka est redevenu une valeur sûre.

 

 

Nouveau powerslam de Smith, hot tag, Uso 1 et Kidd se font face. Série de coups de pieds et dropkicks de Kidd, qui moleste ensuite son adversaire dans le coin du ring. Kidd tente une soumission, et ne s’aperçoit pas du blind tag, il encaisse donc un Alley Oop qui débouche sur un Samoan Drop. Nouveau powerslam, Uso 2 monte sur les cordes, tente le Superfly Splash mais s’écrase sur les genoux de Kidd, qui parvient à faire le tag. Entrée de Smith. Grosse charge à l’épaule que n’aurait pas reniée son Bulldog de père, Sharpshooter engaged! Tamina distrait Smith, Natalya déboule et assène un Slam surpuissant à l’éminence grise des Usos, Uso 2 tente un kick qui ne passe pas, Smith enclenche un nouveau Sharpshooter, Kidd intercepte Uso 1 qui voulait tenter de briser la prise, et Uso 2 abandonne!

 

La Hart Dynasty conserve son titre!

 

Un excellent match, entre deux équipes qui ont étalé leur niveau technique remarquable, notamment les Usos, tout à fait à la hauteur. Il y a décidément la place et le niveau pour redorer le blason des titres par équipes à la WWE, et même, peut-être, l’opportunité de les séparer à nouveau. De plus, chacune de leurs interventions confirme le niveau remarquable de Natalya et Tamina, et lorsque l’on voit le niveau assez médiocre des Divas, en particulier à SD, on ne peut que regretter que l’une ou l’autre ne soit pas envoyée sur place, à moins que Serena n’éclose plus rapidement que prévu.

 

L’avis de SAT : Le second point faible du show serait pour moi le match entre les Usos et la Hart Dynasty. Ce n'est pas que le spectacle dans le ring ait été mauvais, au contraire. Les deux équipes ont fait la preuve de tous leurs talents et montré plus de choses qu'elles n'en avaient jamais montré. Les Usos ont été au niveau d'un match de Pay Per View, ce qui vu le peu de combat qu'ils avaient fait auparavant est plutôt bon signe pour eux. La Hart Dynasty a été très bonne dans son rôle, relativement nouveau, d'équipe babyface: Tyson Kidd a bien fait son boulot de face en péril mis en difficulté par un blind tag, il a été hors du ring le partenaire idéal de Smith, anticipant le compte de l'arbitre pour briser les tombés et devançant l'intervention samoane destinée à empêcher le Sharpshooter final et victorieux de David Hart Smith. Les interactions féminines entre Tamina et Natalya ont été courtes mais intenses, bien meilleures en deux mouvements que tout le match entre Kelly Kelly et Layla. Rein à redire sur le contenu, donc.

 

Mais le problème, c'est qu'au delà du résultat du match, somme toute logique, se pose maintenant la question de savoir où on va dans la tag-team division. Les Usos semblent avoir raté leur chance pour le titre, et ce n'est pas plus mal vu qu'ils sont encore un peu verts, mais qui pourrait leur succéder dans le rôle de number one contender? La paire Archer-Hawkins a ce qu'il faut mais manque encore un peu de build-up pour endosser ce rôle et le duo Santino-Vladimir Kozlov, s'il est over avec le public, est un peu trop marqué du sceau de la comédie pour constituer le challenger idéal. Il va donc falloir remédier à ça pour que la WWE maintienne le niveau de sa division par équipes.

 

Enfin, l’un des gros morceaux de la soirée : le WHC, entre Swagger et Mysterio. Enfin, WHC… La WWE a opportunément oublié le "Heavyweight" dans la présentation du combat, estimant probablement que ça cadrait mal avec la carrure de Rey. On a donc un étrange "World Championship Match". Bon.

 

Je préfère être sincère, Mysterio m’agace un peu. D’une manière générale, en vérité, le gibier à kidz a tendance à me sortir par les yeux, et je fais partie de ceux qui espèrent une arrivée rapide d’Alberto Del Rio, successeur désigné du Zorro de SD si celui-ci concrétisait ses envies d’ailleurs (et j’ajoute que ses promos ont tendance à bien me faire rire, en particulier celle où il vante sa culture devant trois pauvres livres).

 

Toujours est-il que le match du soir s’annonce toutefois sympathique, entre un Swagger hyper technique (certainement, avec Regal, l’un des meilleurs lutteurs purs) et Mysterio qui, pour peu qu’il fasse face à un adversaire qui lui convienne, peut livrer de très belles prestations (Y2J ou Punk, par exemple). Bien évidemment, ne nous leurrons pas, sa blessure ne l’handicapera en aucune manière, ou alors seulement quand il se rappellera qu’il doit la vendre (tiens, ça me rappelle quelqu’un, mais qui? Comme un Superman qui ne mettrait pas son slip par-dessus son pantalon?). En tous cas, il a beau arriver déguisé en la Crampe de Pulp Fiction, ça ne fera que donner encore plus envie à Swagger de le brutaliser… (en la crampe ou en Catwoman, m’a-t-on suggéré. Intéressant).

 

 

Ce soir, au Friendly Whip, ca va saigner!

 

 

Evidemment, Swagger tente d’attraper la cheville de Rey, qui esquive adroitement, encore et encore, jusqu’à glisser entre les jambes du zozoteur… qui agrippe la cheville (non sans avoir botché la première tentative)! Voilà qui parait singulièrement mal engagé pour Mysterio. Mais le lutin mangeur de tacos se dégage d’un coup de pied, puis positionne Swagger pour un 619. Comme devrait le faire à peu près tout catcheur qui a affronté Mysterio une fois, Swagger anticipe et évite cette attaque surpuissante qui arrive à terrasser les plus forts (attention, cynisme acide dissimulé).

 

Mysterio tente un Moonsault, mais se fait attraper en vol, et finit accroché au poteau par Swagger qui s’amuse avec sa cheville. Jack prend son élan, charge Rey… qui se redresse, Swagger atterrissant dans ce même poteau et roulant hors du ring. Rey saute depuis la troisième corde sur le fils indigne, mais se réceptionne sur sa cheville meurtrie.

 

 

Oh ce soir tu vas prendreuh (sur un air connu)

 

 

Swagger retourne sur le ring, Rey retourne sur la troisième corde, mais Swagger se précipite, grimpe à son tour et fracasse Rey sur le ring d’un suplex dévastateur. Swagger, toujours aussi confiant, peut entreprendre la cheville de Rey: descente du coude, coup de pied, tout y passe, y compris la table des commentateurs, revenue en pleine forme, mais décidément très sollicitée… Nearfall de Swagger.

 

Kneebar de Swagger, mais Mysterio se libère et court (oui, court) vers les cordes. Swagger tente manifestement de l’attraper en vol pour placer un powerslam, mais l’ensemble botche ignoblement et l’on se retrouve avec un nouveau nearfall de Swagger (de ces falls où il faut que l’agresseur relâche son emprise lui-même, sinon l’autre ne peut rien faire).

 

Passé cet intermède désastreux, Swagger reprend la main et catapulte Rey comme un fétu de paille, puis tente une Swagger Bomb qui ne trouve que le ring, Mysterio monte sur le turnbuckle, nouveau Senton, Headscissors et Moonsault, la combo est placée mais ne suffit pas pour obtenir le tombé. Rey tente ce qu’il faut bien appeler une brouette, qui se convertit aussitôt en suplex de la main de Swagger, manifestement peu jardinier.

 

Nouveau headscissors contré en Powerbomb, et tombé contré par les cordes. Nouveau travail sur la cheville, dont Rey se dégage. Rey se place en position, risque une Electric Chair (très à la mode ce soir), mais parvient à placer un Headscissors. Il monte sur le poteau… mais se fait récupérer par Swagger qui, lui, envisage nettement un powerslam depuis le sommet de ce même poteau. C’est compter sans la résistance du Face qui transforme ce sort funeste en DDT, fort esthétique au demeurant, et obtient un nouveau nearfall.

 

Rey positionne Swagger pour un nouveau 619, qu’il place, mais son Springboard ne trouve pas preneur, à telle enseigne que Swagger le contre en Ankle Lock, sa nouvelle prise fétiche (et discret hommage…). A partir de là, suivez bien ce qu’il va arriver à Mysterio.

 

Il se libère dans les cordes, mais reste au sol. Il encaisse donc deux Swagger Bombs (voulez-vous que je vous rappelle les mensurations de Swagger et de Rey?), Swagger s’acharne sur la cheville, ce qu’il ponctue d’un nouvel Ankle Lock. A ce stade, bon, un Cena sera toujours debout. Mais étant donnée la différence de gabarit, et tout ce que Mysterio a reçu, sachant qu’il a commencé le match sur une jambe, il est impossible qu’il se relève et coure encore. Kayfabe ou pas. Là, la WWE a joué avec les limites du kayfabe, parce que de la même manière que jamais personne ne peut croire que le 619 puisse abattre n’importe quel géant, personne ne peut comprendre que Rey s’en sorte pour ce match…


Bref, suspendons l’incrédulité un cran plus haut et poursuivons, après tout, c’est la première défense du titre de Rey, il doit donc le garder. Il se dégage donc, abandonnant sa botte entre les bras de Swagger, lui assène une espèce de Headscissors fixe, et obtient le tombé…

 

Tu peux arrêter, Rey, il est parti.

 

 

Swagger, irrité par tant d’invraisemblances, décide donc de se venger, et inflige à Rey un nouvel Ankle Lock. Rey tape, Swagger s’en fout, mais pas Kane, qui, pour commencer, vire Swagger du ring, le poursuit en ringside… puis, comme prévu, et tandis que Mysterio a repris sa célébration à base de Booyaka Booyaka, décide de casher sa mallette à cet instant précis… Kane, rappelons-le, est booké tweener voire face, mais en aucune manière heel (ou alors, c’était le but de sa gimmick de Derrick, et c’est totalement loupé). Toujours est-il que le voilà qui vient donc prendre sa chance face à un champion Face totalement anéanti.

 

 

Oh mais c'est Kane! Il vient me féliciter, sympatoche!

 

 

Evidemment, Rey ne fait pas un pli. Kane finit le travail en moins de deux: un Chokeslam, un Tombstone (mal placé ou mal réalisé, mais on voit bien la tête de Rey loin du sol), et voilà Kane nouveau WHC… L’avantage, c’est que SD ayant lieu le vendredi, il le gardera au moins cinq jours, soit cinq fois plus que le dernier.

 

 

Mauvaises langues! Kane voulait seulement savoir si la barbe lui irait!

 

 

Le match était de qualité, malgré les réserves évoquées, mais ce dénouement est vraiment malvenu. Swagger a eu beaucoup de mal à s’imposer en tant que Champion, et à l’heure actuelle il est un heel lâche et vicieux, mais sans les victoires qui pourraient laisser croire qu’il est néanmoins capable de s’imposer clean. De son côté, Mysterio dépasse les limites du kayfabe, et cela arrive à gâcher un peu le plaisir d’un match qui fut tout de même maitrisé, très au-delà de ce que peuvent produire des midcarders, et qui prouve que Rey n’usurpe pas totalement sa place, et Swagger non plus.

 

L’avis TRES éclairé de SAT : J'ai plutôt tendance à pardonner les défauts du match pour le titre de champion du monde entre Jack Swagger et Rey Mysterio. On a vu le Mexicain boiter bas depuis un mois à cause des torsions répétées qu'a infligées le All American American à sa cheville mais, durant le match, ça ne l'a que très peu empêché de sauter comme un cabri. Mais voilà, la différence résidait dans un point majeur: le match était très bon. L'opposition de styles entre Swagger, puissant mais technique, et Mysterio, acrobatique et spectaculaire, marche bien, d'autant mieux qu'il y a une bonne alchimie entre ces deux athlètes très doués. Le storytelling de leur affrontement semblait se faire tout seul: dès les premières secondes Swagger va vers la cheville de Rey et presque aussitôt il se retrouve en position pour le 619.

 

Pas grand chose à redire sur le match, qui se termine par un clin d'œil: Swagger applique une nouvelle fois son Ankle Lock et cette fois-ci ça a tout l'air d'être la bonne. Rey Rey est coincé au milieu du ring. Il va taper… Mais non, au dernier moment, il fait une roulade et laisse Swagger avec sa botte dans la main et déséquilibré. Le All American American ne peut rien contre un hurricanrana. Visiblement, Michael Hayes, qui booke Smackdown, s'est récemment abonné à WWE 24/7, la chaîne qui rediffuse les vieux matchs. Après la référence évidente au Flair/Steamboat du Rumble in Chi-Town du mois dernier, avec Teddy Long dans son propre rôle, il a décidé de faire une allusion au match de Wrestlemania XX entre Eddie Guerrero et Kurt Angle. Vu l'amitié qui liait Rey au Hall of Famer mexicain et les similitudes entre le personnage de Swagger et l'Angle d'alors, c'était plutôt bienvenu.

 

L’autre avis éclairé de SAT : Je voudrais vous parler de la règle des quatre tubes. Si vous êtes attentifs aux programmes de la WWE, vous avez dû remarquer que quand Kane ou l'Undertaker lèvent les bras au ciel et que des flammes embrasent les quatre coins du ring, celles-ci ne sortent pas des poteaux du ring mais de quatre tubes pyrotechniques de même diamètre fixés à ceux-ci. Si vous avez suivi la longue carrière de jobbeur de Kane à la WWE, vous avez aussi dû remarquer que Kane a plutôt tendance à ne faire jaillir des flammes des poteaux à la fin d'un match qu'après sa victoire. S'il est censé le perdre, les feux d'artifices se déclencheront avant le début du match (NDlecharentais : en fait c’est logique, s’il perd, pas de célébration).

 

Or donc, ce soir, Kane est entré dans le ring du MITB correctement équipé de ces quatre tubes (peints en vert pour l'occasion) sans que ceux-ci ne crachent le feu. Il n'y avait donc pas beaucoup de surprise à ce qu'à la fin du match, ce soit lui qui emporte la mallette. Et en effet, le feu a jailli. Pas de surprise non plus à ce qu'il intervienne pour infliger une bonne correction à Swagger avec qui il feude. Mais une fois Swagger bien tabassé, là non plus, les tubes non pas craché le feu. Kane a donc fort logiquement encaissé sa mallette et gagné la ceinture de champion du monde. Envoyez les feux d'artifices pour ce loyal employé de la WWE qui retouche enfin un titre suprême! Son premier règne de champion ayant duré une journée, ce n'est pas trop s'avancer de dire qu'il devrait battre son record sans difficulté.

 

 

Après toutes ces années, Oncle Fétide l'a bien mérité.

 

 

La suite au prochain numéro de cette review format big show, en ligne genre bientôt!

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