Catch

MITB partie 2: plus jeune la vie

La jeunesse est une ivresse continuelle ; c'est la fièvre de la santé ; c'est la folie de la raison.
François de La Rochefoucauld


Si la brand bleue a plutôt sacré l'expérience et récompensé la fidélité, RAW à l'opposé mets tous ses oeufs dans un autre panier: celui de la jeunesse et de la nouveauté! Deuxième épisode de ce MITB, servi bien frais par nos amis lecharentais et SpanishAnnounceTable. Enjoy…

 

 


Les fashionistas sont prêts à tout pour récupérer le "It Bag" de l'été.

 


Review de Money in the Bank, partie II

 


Suit une promo sympa entre Y2j et Edge, très en forme tous les deux. A Edge qui s’affirme comme désespérément affamé de titres, Y2J lui répond que c’est lui qui a inventé ce match, que c’est lui qui remportera la mallette et l’utilisera le soir même. Et quand Edge rétorque qu’il n’a jamais gagné ce match, Y2J a un sourire entendu, et répond que c’est ce qui le rend plus désespéré qu’Edge. Joli ping-pong qui se conclut assez classiquement, lorsqu’Edge annonce que le « fun » va commencer, fidèle à sa phrase récurrente, Jericho, soudain fort sérieux, annonce qu’il n’y aura pas de fun, et que c’est l’enfer qui attend Edge.


Si la promo a été assez classique sur la forme, et bien exécutée par deux spécialistes de l’exercice, un point pouvait attirer l’attention : le sourire narquois et arrogant de Y2J lorsqu’Edge lui a dit qu’il n’avait jamais gagné. Dans ce contexte de menace du Nexus, dont beaucoup, y compris votre serviteur, pensent qu’il pourrait être le mentor de la bande de voyous, ce sourire pouvait sous-entendre beaucoup de choses. Oui je suis Jerichoholic, et alors ?


Ah, telle la douche froide, voici venir le match suivant : le Women’s Title Match, entre Laycool et Kelly Kelly.

 

 


– Et qui c’est l’ahurie de service ?
– MOI MOI MOI !

 


Comment raconter un match qui était une purge annoncée ? Je m’explique : Kelly Kelly est superbe, certes, mais comme catcheuse… Même si la probabilité de la voir gagner existait, elle était néanmoins très limitée, ceci d’autant plus qu’avec Mme Calloway en face, ce n’était pas gagné d’avance. Peut-être Phoenix, à son retour, mais pour l’heure… Seulement, en face, nous avons une championne qui n’est pas bien meilleure, ni beaucoup plus légitime, et ne doit ses victoires qu’aux interventions systématiques de sa copine, dans l’indifférence générale, et un constat s’imposent : le roster féminin de SD est vraiment famélique. L’autre constat étant que même si ce roster est faible, la WWE serait inspirée de faire rapidement changer le titre de mains. Car à voir Laycool faire les mêmes matchs et les mêmes blagues depuis plusieurs mois, avant de passer à une autre catcheuse et continuer à faire exactement la même chose, ce qui est nul va rapidement devenir franchement agaçant, ce qui n’est bon ni pour la fédé ni pour les catcheuses. Par ailleurs, la gimmick « chipies » est, à mon sens, parfaitement insupportable. « Piggie James », « Smelly Kelly », autant de vannes qui n’arracheront aucun sourire à n’importe quel individu de plus de 12 ans. Et vous savez comme moi ce qu’il advenait de ce genre de chipies dans la cour de l’école, dans notre jeune temps : elles finissaient par se faire tomber dessus par les autres filles. C’est forcément, à terme, ce qu’il va se passer, mais la WWE devrait commencer à y songer sans trop attendre, avant que le public ne zappe systématiquement à l’annonce de l’intervention de l’épouvantable duo…


Bref, le match fût mauvais, évidemment, encore faut-il dire pourquoi. Tiffany accompagnait Kelly Kelly, comme d’habitude, McCool est intervenue, comme d’habitude, et Tiffany n’a servi à rien, comme d’habitude. Les seules victoires de KK et Tiffany étant dues à Tiffany, justement, autant la laisser catcher, ça changera un minimum de ce match que l’on a déjà vu absolument toutes les semaines.

 

 


Arbitre! Elle triche! Elle a coulé sa colonne dans l’adamantium!

 


Le match commence par un combat dans la boue… pardon un combat de cour d’école… pardon encore, bref, n’importe quoi mais pas du catch, KK se jetant sur Layla comme une furie pour la secouer frénétiquement. En fait, on se croirait un peu à Roland Garros, avec de grands coups droits (qui se veulent des gifles, mais je pense que Double K a peur de botcher ses gifles si elle est trop proche de la cible). Tout cela est désordonné et ressemble à du catfight, jusqu’à ce que Layla, coup de génie inattendu, coince la jambe de Kelly dans le tablier du ring pour s’acharner dessus, petit raffinement de cruauté que l’on n’attendait plus vraiment chez les Divas. Layla enchaine les soumissions, les coups sur la jambe, sans que l’on y croie plus que cela mais la bonne volonté est évidente, et il faut bien admettre que Double K hurle tant que l’on a envie que cela cesse.


La brune sensuelle n’en a toutefois pas fini : elle jette KK dans les tribunes. Mais lorsque McCool s’en mêle, la harpie hurlante balance Mme Calloway dans le public (vous avez toujours l’impression d’une bataille de cour de récréation ? C’est normal).

 

 


Le tabouret version McCool

 


Ah ça y est je viens de comprendre. Double K joue la fille à bout de nerfs après toutes ces méchancetés. Bref.


Ainsi, donc, elle enchaine projection, charge à l’épaule, corde à linge loupée, allant jusqu’à une tentative de tombé dont on voit clairement qu’elle relâche l’étreinte délibérément. Finish de Kelly kelly, sans succès, puisque McCool place la jambe de Layla sur les cordes (ça, c’est la version bienveillante, l’autre étant qu’elle a essayé de tirer double K, a échoué, et que l’arbitre a dû suspendre son compte pour que Layla fasse le boulot toute seule. Pas facile de départager les deux versions, après re-visionnage.).

 

 


Hello to you…

 


Le public, qui lui aussi s’ennuie, chante des « Daniel Bryan », comme ils ont raison. Pendant ce temps, les deux blondes expulsent prestement McCool, Double K tente une prise depuis les cordes (quelle hardiesse !), essaie un tombé, que Layla contre, 1,2,3, fin de la purge ! Hourra !


Ayant eu la place nécessaire pour médire, je laisse maintenant ce soin au Guest Host du soir.


L’avis de SAT : La déception du soir aura été le match entre Layla et Kelly qui, sans être une véritable purge ni un festival de botchs, était juste médiocre, à peine du niveau du build-up de ce match à Smackdown : aucun story-telling dans le ring à part les inévitables et très prévisibles interventions en ringside de Michelle McCool, pas de mouvements réellement impressionnants. Aucune surprise donc que l'on ait entendu quelques chants Daniel Bryan dans le public qui cherchait là à la fois à tromper son ennui et à faire savoir son mécontentement. La victoire de Layla, relativement clean, sur un sunset flip contré, semble de plus ne pas donner de prolongement à cette feud.


S'il y a vraiment un point positif à voir dans ce match, je dirais que j'ai bien aimé ce mouvement de Layla où elle a emprisonné le pied de Kelly Kelly entre le ring et la jupe du ring pour mieux travailler sur sa cheville. Ce genre de mouvement de heel roublard, on dirait du Finlay tout craché … J'espère que c'est le signe que l'irlandais, qu'on ne voit plus guère dans le ring et qui ne doit pas être loin de la retraite, a repris du service en ce qui concerne l'entraînement des divas. Il n'a pas son pareil pour détecter les qualités de chaque lutteuse et leur trouver le move-set qui leur convient le mieux, ça ne pourrait qu'augmenter le niveau du roster de Smackdown.


Au moment où la désolation est complète, enfin, le MITB de Raw arrive ! Même cause, même effet, procédons à la revue d’effectif, par ordre d’apparition.


Randy Orton : je suis toujours absolument fasciné par le hurlement du public à l’arrivée de La Vipère. Une telle tension fait comprendre que, comme dans l’excellent film The Wrestler, les catcheurs aient du mal à raccrocher, car l’adrénaline qui doit monter dans ces moments-là doit être l’une des drogues les plus dures et addictives possibles. En tous les cas, Orton a le profil d’un concurrent sérieux : cela fait très longtemps qu’il n’a pas touché à un titre mondial, presqu’un an, et son statut au sein du roster et auprès du public fait qu’il n’est pas interdit d’y voir une anomalie. A l’inverse, de ce même fait, il est presque celui qui en a le moins besoin : la mallette devrait se destiner, dans l’idéal, à quelqu’un qui aurait du mal à se frayer un chemin pour être un n°1 contender logique. Et Orton a tellement brillé ces derniers temps qu’il parait difficile, en logique de booking, qu’il l’emporte ce soir.


The Miz : The Miz est heel, jeune, et surtout il est manifestement dans les petits papiers de la direction. Il participe à énormément de promos, a obtenu push sur push, est le seul à avoir obtenu deux rookies à NXT, et il semble que ce soit un bourreau de travail ainsi qu’un VRP extrêmement efficace. De là à y voir le nouveau Cena, il n’y a qu’un pas, mais le fait qu’il soit titulaire de la ceinture US peut être un handicap. Toutefois, maintenant que conformément aux prévisions c’est bien la mallette de SD qui a été utilisée le soir même, la mallette de Raw va rôder un moment en coulisses. Par conséquent, il a largement le temps de perdre cette fameuse ceinture US… ou pas. Ce n’est pas une prédiction sortie du chapeau : il est difficilement pensable que les deux titres changent de mains via la mallette le même soir, car l’effet de surprise serait éventé, et la WWE préférera sans doute conserver ce ressort scénaristique. Ceci d’autant plus que le Nexus n’est pas encore intervenu, ce qui veut dire que le match pour le WWE Championship verrait à la fois le Nexus et la mallette, ce qui serait un peu orgiaque et excessif, et laisserait un « après-PPV » un peu austère… Bref, tout cela pour dire qu’à la différence de SD, il est possible qu’un Face gagne la mallette ce soir, ce qui impliquerait sans doute un turn ultérieur, et qu’un catcheur disposant déjà d’un titre ait tout loisir de le perdre… et donc de gagner ce soir.


L’un des rares catcheurs qui n’a à peu près aucune chance, Mark Henry. Booking de l’homme le plus fort du monde oblige, il est très difficile à exploiter, et est condamné depuis longtemps déjà à jobber pour tout le monde. Si l’on rajoute qu’il a été ajouté en dernière minute pour pallier le forfait d’un Truth (dont on ne sait guère s’il est blessé in kayfabe ou pas), autant dire que les chances de Sexual Chocolate sont limitées. Et sans l’échelle du Big Show, ça ne va pas le faire.


Ted Di Biase Jr est un brave garçon, il est heel, mais manifestement la fédé ne sait pas quoi faire de lui, et il ne semble pas du tout avoir l’aura d’un gagnant potentiel.


Très logiquement, JoMo le suit. Ah, JoMo… Je confesse être un grand fan de JoMo. Son talent inring n’est plus à démontrer, c’est plutôt sur le micskill que le bât blesse. Il est empêtré dans une feud avec Di Biase et Maryse, mais il aurait tout le temps de s’en extirper, et un heel-turn n’a rien d’inconcevable. Néanmoins, il est pendant que s’il avait du percer, ce serait déjà fait… Difficile d’y croire, mais pas déraisonnable.


Jericho : lui, en revanche, est au fond du trou. Absolument plus exposé, réduit à jobber contre Tatsu à Superstars… Deux raisons, toutefois, à ce qu’il ne gagne pas : son départ imminent de la WWE pour un break plus ou moins long, à partir de Septembre (ce qui lui laisse toutefois le temps de perdre le titre), et qu’il soit l’éventuel patron du Nexus : comment serait-ce possible ? Et ses hypothétiques sbires vont-il intervenir, même s’ils semblent obsédés par Cena ?


Nouveau candidat, et nouveau problème : Evan Bourne. En plein push, soutenu par Super Cena, il a clairement le vent en poupe, et la guerre de succession de Rey qui fait rage pourrait le servir. Problème : est-il capable d’assumer un heel turn ? Accessoirement, est-il vraiment plus méritant qu’un JoMo, du fait de son jeune âge et de sa relative inexpérience ?


Enfin, le grand favori restant : Edge. Edge est un habitué de ces matchs, dont il a remporté la première édition. C’est un habitué du haut niveau, un heel, une star qui tarde à revenir au sommet, ce qui fait qu’il a davantage besoin qu’un Orton. Mais sa condition physique est-elle suffisante ? Est-il revenu à son meilleur niveau ? Et, plus prosaïquement, une storyline impliquant Edge et son micskill de feu a-t-elle vraiment besoin d’un titre ?


Une compétition équilibrée, donc, dont à deux voire trois exceptions près tous les catcheurs ont de bonnes raisons hors et in kayfabe de l’emporter.

 

A noter d’ailleurs que, quel que soit le vainqueur, il faudra qu’il attende que le titre tombe dans l’escarcelle d’un Face (au hasard, Cena, mais pas ce soir, peut-être HHH à son retour) pour que la mallette prenne toute sa saveur.


La cloche sonne, Edge se glisse immédiatement hors du ring. Au terme d’une séquence assez désordonnée, tout ce petit monde tombe à bras raccourcis sur Mark Henry. Pourtant, à l’issue de la lice, seul Bourne reste debout sur le ring, contre toute attente. Méfiance, car un Evan Bourne peut grimper l’échelle vitesse grand V pour peu qu’on le laisse faire. Finalement, il finit par retomber entre les griffes d’Henry, et une fois que toute la clique est hors du ring… Edge remonte, comme une fleur, et déplie sa petite échelle. L’Ultimate Opportunist frappe très fort, d’entrée, mais Orton non plus n’est pas né de la dernière pluie, et descend The Rated R sans délai avant, au lieu de grimper à son tour, de suivre Edge hors du ring pour finir le boulot, tant Orton est un perfectionniste… Evidemment, pendant ce temps, Di Biase tente sa chance à son tour, mais d’une remarquable esquive, JoMo repousse DiBiase. Les feuds se poursuivent, et d’emblée ce MITB s’annonce meilleur que celui de SD.


Sur une nouvelle esquive, c’est cette fois Di Biase qui assène une corde à linge en pleine course à un JoMo KO pour le compte. Di Biase repousse ensuite Orton, mais n’anticipe pas le retour de Bourne qui, d’un dropkick, renvoie Ted à ses fondamentaux.
Bourne, à son tour, est surpris par un The Miz sûr de lui et expulsé du ring. Cette précision sur l’arrogance n’est pas gratuite : son langage corporel a beaucoup avancé, et c’est vraiment l’impression qu’elle donne.


A ce stade, seul Y2J n’a pas encore eu son moment sous les projecteurs. C’est donc logiquement que Jericho malmène son ex-associé/élève, tandis que Mark Henry se « faufile » sur le ring. Y2J, trop sûr de lui, est lui aussi surpris par The Miz, décidément très en vue, mais les deux découvrent avec pertes et fracas la technique spéciale de Mark Henry : le World Strongest Lancer d’Echelle, avant qu’il enchaine sur une Boss Man Attack sur The Miz, coincé dans les cordes. Ivre de vengeance, Henry ne voit pas arriver sur lui Y2J armé d’une échelle qui se débarrasse du WSM.

 

 


HULK SMASH!

 


Jericho, de retour sur le ring, charge son rival du moment, Bourne qui esquive d’un mouvement fluide pour lui placer un Enziguiri. Bourne grimpe, Edge l’attrape par la cheville, mais Bourne riposte par un Hurricanrana depuis le sommet de l’échelle ! Très beau move, qui confirme le beau potentiel du jeune catcheur. Nouvelle tentative de Bourne, intercepté par Orton, qui lui place un DDT à travers l’échelle. C’est sympa, d’entendre des voix, mais cela empêche manifestement Randy d’entendre JoMo arriver, ce même JoMo qui allume Orton d’un coup de pied sauté. DiBiase se mêle au combat, JoMo tente le suplex, mais The Miz intervient, et les deux heels tabassent JoMo. The Miz coince une échelle horizontalement dans un coin du ring, les deux agresseurs cherchent à lancer JoMo dedans, JoMo glisse dessous, se redresse, projette The Miz dans cette même échelle, puis tacle DiBiase pour l’y envoyer à son tour.

 

 


Evan Bourne dans «l’attaque de la murène tueuse»

 


Action suivante : JoMo et Edge se battent sur une échelle, Jericho et Orton sur une échelle voisine, les 4 peuvent prétendre à la mallette mais Mark Henry, frustré de ne pas jouer, décide de renverser les deux échelles simultanément. Belle démonstration de puissance de la part d’un Henry déterminé à ne pas jouer les figurants. Utilisant l’échelle comme levier, c’est Bourne qui, à son tour, assomme net The World Strongest Man. Tout le monde est au sol… et c’est Maryse qui, ôtant ses chaussures, s’apprête à grimper l’échelle ! Un coup d’œil au compteur : non, c’est trop court, ce ne sera pas la conclusion du match, mais l’idée était, en tous cas de mon point de vue, absolument excellente.

 

 


Encore un peu plus haut… Monte encore…

 


Morrisson l’a vue, mais PG oblige, il ne peut pas la frapper. En vrai gentleman, il la charge donc comme un sac de viande sur ses épaules pour un fireman carry, avant de la déposer sagement et de lui demander d’aller repriser les chaussettes de Ted (en gros). A cet égard, je sens une fin de storyline fleur bleue au possible : je vois bien Maryse admettre, comme elle l’a déjà fait, qu’elle n’est attachée qu’à l’argent de Ted, et tomber dans les bras de JoMo. C’était le quart d’heure midinette, mais avouez qu’une storyline de ce genre aurait un je-ne-sais-quoi de rafraichissant.

 

 


Allez la femme va laver mes slips!
(Mettons que je n’aie rien dit voulez-vous?)

 


DiBiase, reconnaissant, en profite pour grimper en douce, JoMo le fait chuter mais Ted, dans sa chute, tombe sur le rescapé des Doors. Les duettistes se retrouvent en ringside, et The Miz s’invite à la partie fine, distribuant à droite et à gauche tout en plaçant vicieusement quelques échelles reconverties en machines de destruction… Miz essaie de lancer JoMo dans une échelle, mais Morrisson saute et commence à grimper, car il a vu, lui, Edge qui, dans l’indifférence générale, tâche une nouvelle fois de faire son chemin. A l’aide d’une échelle, utilisée comme pendulier, il rejoint un Edge surpris au sommet de l’échelle, mais Edge a du répondant, et tire JoMo entre les barreaux. Enorme début de match, néanmoins, pour Morrison, qui montre une nouvelle fois qu’il a toute sa place dans un PPV, et peut-être à plus haut niveau. Dommage que la WWE n’ait pas de X-Division…


Toujours est-il que JoMo se retrouve à l’horizontale, coincé entre deux rangées de barreaux. Edge et Miz placent une échelle au-dessus de lui, à la perpendiculaire, et l’abattent avec violence sur les pectoraux du rocker chevelu. Même kayfabe, c’est le genre de blessures que l’on sent passer… Ceci fait, Edge coulisse l’échelle droit dans la tête de poisson du Miz, et se retrouve une nouvelle fois seul aux manettes. On sent quand même le spécialiste de la question… Edge expulse l’échelle farcie à JoMo pour en mettre une plus propre. Seulement, tout cela prend du temps, et DiBiase a le temps d’intervenir et de frapper violemment Edge à l’abdomen. Un peu de ménage, et Ted tente à son tour sa chance, vite interrompu par Henry qui lui porte un World Strongest Slam. Jericho charge, est contré, et se retrouve au sol sous une échelle. The Miz, revenu de nulle part, se retrouve à son tour sur Jericho et son échelle, par l’intervention raffinée de Henry, qui entreprend de grimper l’échelle. Bourne saute sur son dos et s’en sert comme monture. Tiens ? Mais ? L’échelle casse sous le poids de Show, mais pas sous les poids cumulés de Bourne et Henry ? Il y a quelque chose de pourri au royaume de la WWE, subitement. Edge et Orton neutralisent le colosse, mais Bourne reste en haut de l’échelle, attrape la mallette… et se fait rattraper par la patrouille au dernier moment, les deux brigadiers décidant de le balancer au-dehors, sur Henry, qui l’attrape, avant un World Strongest Slam. Bourne décide donc, subitement, de jouer sa partition célèbre du pantin désarticulé.

 

 


– Pizza express !
– Ah, enfin !

 


JoMo, from out of nowhere, expédie un nouveau Flying Chuck à Henry (à noter qu’Henry étant un poil trop loin la manœuvre a failli lamentablement échouer). Henry reste debout, mais Y2J et Edge placent successivement un Codebreaker et un Spear, et neutralisent le monstre. Ce sont maintenant 6 hommes qui se battent sur l’échelle, hors Henry, donc, et DiBiase. Mais Ted n’a pas dit son dernier mot, il place une échelle horizontalement, écrase le Miz dedans, puis s’en sert comme d’un pont, pour expulser Edge et Orton, qui lui rendent la monnaie de sa pièce dans la foulée, avant de l’expulser avec son échelle…


Edge envisage, par habitude, de trahir Orton, mais Orton connait bien Edge, et lui administre un RKO. Jericho, à son tour, repousse Orton, et se retrouve face-à-face avec JoMo. Ce dernier prend l’ascendant, il touche au but ! Mais Orton intervient, RKO sur JoMo, puis Airbourne d’Evan sur Orton ! Jolie synchro des athlètes pour un beau mouvement.


Le KO approche, les catcheurs sont épuisés, Bourne grimpe, met à peu près autant de temps que Swagger à WM pour l’ouvrir, n’y arrive pas, Jericho se redresse et l’affronte, avant de l’assommer avec la valise. Problème : de ce fait, la valise balance, et Y2J ne peut pas la rattraper. Edge, à son tour, grimpe l’échelle. C’est la revue d’effectif finale, le vainqueur ne va pas tarder à être connu ! Les deux alternent les temps forts, mais Jericho descend un peu, et Orton l’intercepte pour un RKO aérien ! Deuxième superbe RKO d’Orton, grand contributeur des éliminations du soir… Edge est seul, mais ne parvient pas à atteindre la mallette, trop lent pour Orton qui expulse Edge, et grimpe à son tour ! Il est seul au monde, la victoire est pour lui ! NON ! Car Miz, revenu d’entre les morts encore une fois, fait tomber l’échelle et Orton, comme un symbole l’échelle rebondit et revient sur The Miz, qui grimpe… ET DECROCHE LA MALLETTE !

 


THE MIZ est Mister MITB pour Raw !

 


Sacré dénouement, assez inattendu… Le prochain champion Face a intérêt à se méfier. The Miz parviendra-t-il à cumuler titre US et WWE Champion ? Comment défendre séparément les deux titres ? Autant de questions qui trouveront leur réponse sous un an…

 

 


Hugh! Carpe hurleuse être satisfaite!

 


Excellent match, en tous cas, bien supérieur à celui de SD, quoiqu’un peu plus court, il est vrai soutenu par un casting largement supérieur. Puissance physique, agilité, technique, vice, expérience, tout y est passé, pour le match de cette soirée, conclu qui plus est d’une manière beaucoup plus satisfaisante que l’opener. La WWE confie les clés de Raw à The Miz, un Miz ému aux larmes, sans doute dépassé par l’événement, quand il hurle sa catchphrase… C’est Gordon qui va être content ! Difficile d’ailleurs de ne pas souligner sa promo, époustouflante, où l’on sent poindre la frustration, hors kayfabe, de l’évadé de la téléréalité, très décrié pendant longtemps, qui a l’opportunité d’atteindre les sommets envers et contre tous, et crachant sa rage envers les sceptiques puisque, malgré tout ce qu’ils ont pu dire, et même s’ils trouvent ça exagéré, il est bien un futur champion WWE.


Bon, pour pinailler, je me demande comment The Miz l’a décrochée en 1 seconde, quand les autres ont l’air d’avoir des moufles.


Autant dire que le match suivant a intérêt à être à la hauteur, et il est très probable qu’il le soit : le Nexus n’est toujours pas apparu, et il peut, il doit, il va apparaître. Le Nexus… Vraie bonne idée, même si elle traine un peu en longueur, le Nexus est sans aucun doute une espèce d’incarnation de l’évolution de la WWE. S’en prenant aux icônes, aux idoles des kidz (les Faces, donc), au système même de la WWE, le Nexus symbolise à la fois les ennemis de la WWE (les indies, en particulier) mais aussi son avenir : il suffit de voir le vent de révolte qu’il fait souffler à NXT Season 2, ou l’influence prégnante de sa présence sur le show du lundi soir. C’est ce qui m’a toujours fait penser à Daniel Bryan en tant que mentor (Jericho incarnant une autre version du Nexus, la version « hommes de main du super-méchant ») : le Nexus serait alors l’incarnat de tout ce que la WWE rejette, mais ne pourra pas rejeter longtemps : les talents extérieurs, les jeunes qui poussent les indéboulonnables, un spectacle plus mature, plus dur, plus glauque.


Ainsi, donc, la promesse de son intervention dans le seul match restant fait naître une certaine impatience : on a choisi le Steel Cage Match pour éviter les interventions. Ah bon ? Ca ne se grimpe pas, une cage ?


Venons-en aux faits : les deux athlètes font une entrée calme dans le ring, Sheamus ayant l’air un peu paralysé par l’enjeu. Ombre au tableau : ce même Sheamus, qui a expliqué avant le match qu’il ne tenterait pas de sortie, car il veut gagner clean et prouver qu’il n’est pas champion par hasard. Quand on ajoute à cela que Cena a le vertige, selon SAT, on peut craindre que le match n’ait qu’une stipulation de façade, ce qui hélas se vérifiera par la suite : si ce même match avait eu lieu sur un ring classique, il n’y aurait guère eu de différence. En même temps, cela peut résulter du fait que la cage ne soit là que pour empêcher les interventions extérieures. En tous cas, le match s’en tiendra à une belle bagarre, assez classique, mais avec deux catcheurs puissants, et Cena disposant quand même, malgré tout ce que l’on peut (et que je vais) lui reprocher, d’un beau moveset, le match s’annonce épique.


Round d’observation, les deux adversaires se jaugent, et le début du combat semble sortir Sheamus de sa léthargie : il est dans son élément. Les coups sont brutaux, les deux hommes cognent comme des ours, mais aucun ne parvient à faire plier l’autre. Et il y a de quoi : SuperCena a un rang à défendre, quant à Sheamus, il doit défendre son honneur face à Cena qui prétend que Sheamus n’a jamais été champion que par accident, à deux reprises.


Beaucoup de contres, de ripostes, de combat au sol, la rencontre est disputée à l’extrême, et les deux hommes font étalage de leur motivation. Pourtant, à part un suplex de Cena, les 5 premières minutes ne montrent aucun coup particulièrement spectaculaire, on est dans du brawl classique, mais efficace.


Cena initie sa célèbre combinaison par un shoulder block, mais Sheamus s’en sort en l’envoyant dans le grillage d’un tacle inspiré. DDT inversé conclu en backbreaker de Sheamus, sans succès, à la suite de quoi Sheamus tente de s’échapper du ring, oubliant, en bon heel, l’annonce honorable qu’il avait faite. S’ensuit une empoignade sur les cordes, se concluant par un Superplex de Cena, qui tente un AA évité par Sheamus qui répond par un violent DDT, et deux Celtic Hammer, tous trois conduisant à un nearfall.

 

 


– Tu l’as vu ?
– Qui ?

 


Petite nouveauté, ensuite, avec Sheamus qui, suite à une passe d’armes, inflige une soumission, un Sleeper Hold en l’occurrence, à Cena. Bon, Cena ne se soumet jamais (même face à Chuck Norris), mais il n’est pas si fréquent de voir Sheamus procéder de la sorte, et l’Irlandais confirme la bonne impression qu’il donne ce soir. Et puis, un Sleeper Hold, ca ne peut pas marcher, ca consiste à asphyxier le cerveau, alors avec Cena… C’est The Marine, quand même.


En tous cas, Cena se relève, encore et toujours, avec Sheamus sur le dos et… entreprend de sortir de la cage en l’escaladant. En fait, Cena n’est pas Superman, c’est un Super Guerrier de Dragon Ball Z, comme l’avait évoqué un excellent article dans ses colonnes : il s’entraine avec un t-shirt de 150 kilos.


Sheamus tente l’escalade à son tour. D’ailleurs, à vérifier, mais il me semble que la cage est moins haute qu’à l’accoutumée : est-ce une mesure spéciale liée au handicap de Cena ? Ce n’est pas une critique envers Cena, mais une simple curiosité, car la cage m’a paru plutôt plus petite que d’ordinaire.


Evidemment, Cena intervient, et les deux hommes sont au sol. Cena se relève, assène une Bomb à Sheamus, 5 knuckes shuffle, Attitude Adjustment, mais Sheamus agrippe la cage et entreprend, une nouvelle fois, de sortir. Nouvelle bataille sur les cordes, Cena écrase le visage de Sheamus sur la grille, puis arme un Aerial 5 Knucles Shuffle… qui rate sa cible ! Le combat, quoique toujours assez lent (sans doute du fait du gabarit des deux hommes), gagne un peu en intensité et en fantaisie.


Sheamus reprend la main, coince Cena dans les cordes et en profite, Big boot… mais, suite à une nouvelle tentative d’évasion, le combat revient sur les cordes, registre inhabituel pour les deux, jusqu’à un Bulldog de Cena ! Sheamus échappe encore au tombé, montrant une résistance et une puissance qui peuvent inquiéter Cena : enfin, un adversaire parait vraiment à sa mesure, sentiment assez rassurant pour tous ceux qui en ont assez de voir Cena enfiler les victoires comme des perles…


Encore un AA de Cena contré par Sheamus en backbreaker, les contres du rouquin écarlate sont répétitifs mais ils fonctionnent à plein régime. Le AA ne passera manifestement pas ce soir. Big Boot de Sheamus, AA de Cena, qui passe, cette fois-ci, sur un Sheamus au bout de ses forces, mais nearfall à chaque fois…


Et arrive le Nexus ! Enfin !


Tarver arrive équipé d’une pince monseigneur, les chaines risquent de ne pas tenir longtemps… mais un arbitre s’en empare et fuit à toutes jambes, bientôt imité par son comparse détenteur des clés, qui les jette dans le public avant de fuir. Plus d’arbitre en ringside!

 

 


– Tarver, va chercher!
 


Et, dans le même temps, un nouvel AA de Cena échoue, Sheamus est catapulté sur l’arbitre… Plus d’arbitre du tout. STF de Cena, Sheamus abandonne… mais personne n’est là pour le valider !


Les plus chagrins, comme moi, auront noté que Cena n’a toujours pas perdu clean, et je commence à être vraiment curieux de savoir à quand remonte sa dernière défaite clean, puisque ce soir encore, il aurait gagné, Sheamus abandonnant d’ailleurs étonnamment vite.


Incompréhension de Cena, mais l’arbitre distrayant actuellement le Nexus, il tente  de fuir la cage, sans succès, puisque le Nexus monte en sa rencontre en la personne de Justin, vite mis à terre. Tarver et Young montent à leur tour, tandis que de son côté Sheamus tente lui aussi de sortir, Slater tentant de l’en empêcher. Sheamus, pourtant, touche le sol en premier, la cloche sonne, Sheamus remporte le match et part en courant dans le public, et Cena, ayant perdu son rematch, est provisoirement exclu de la title picture.

 

 


FIGHT OF THE ROUQUEMOUTES !

 


Evidemment, Cena l’a un peu mauvaise. Et la première personne sur laquelle il pose les yeux est Young, sa victime expiatoire traditionnelle, qu’il expédie séance tenante dans le grillage. Puis il inflige à Tarver une running clothesline brutalissime, avant de décrocher les marches pour les lui écraser sur le visage.


Cena, depuis quelques jours, est à bout de nerfs. Il est de moins en moins discipliné, notamment avec l’AGM de Raw. Doit-on bientôt le voir évoluer vers un tweener à la Charles Bronson, qui rendra la justice coûte que coûte aux dépens du Nexus ? Puisqu’il est exclu de la Title Picture, un scénario « Vigilante » pourrait être très intéressant, Cena étant une espèce de lonesome cowboy, un inspecteur Harry bien décidé à remettre de l’ordre dans le bouclard. Il se murmure, d’ailleurs, qu’un top Face voudrait faire un turn. Beaucoup pensent à HHH, pour son retour, sans doute d’ailleurs à Summerslam face à ce même Sheamus. Mais s’il reste Face, cela donne une opportunité à The Miz (si HHH accepte de perdre face à lui, c’est encore une autre difficulté), et ne peut-on imaginer du coup que ce soit Cena qui fasse un tweener-turn, beaucoup moins dévastateur (au contraire, peut-être) en terme de merchandising et d’images ?

 

 


Cool guys don’t look at explosions.

 


En tous cas, sa violence, ces derniers temps, et son comportement, laissent quelques espoirs.


L’avis de SAT : Bon, au delà des faits et du booking astucieux, il ya quand même une incohérence qui me travaille : Pourquoi il n'y a personne pour sonner la cloche quand Sheamus succombe à la soumission alors qu'il y a quelqu'un qui le fait sitôt qu'un pied de l'irlandais touche le sol ? C'est qu'un détail, je sais que je suis censé suspendre mon incrédulité durant le match mais, entre l'intervention du Nexus, dont il était garanti qu'elle n'arrive pas et qui s'est produite pour des raisons légitimes de storyline et le sentiment trouble que ce match en cage aurait été meilleur sans cage, je n'ai pas vraiment eu l'impression d'en avoir eu pour mon argent et ça me rend beaucoup plus tatillon.


C’était en tous cas un excellent PPV, quelques passages plombant un peu l’ensemble, mais les matchs à échelles ont toujours une saveur particulière, en particulier les MITB, et cahin-caha les matchs pour les titres suprêmes ont été plaisants et bien menés, en terme de narration et du catch développé. Après quelques couacs (WM, de mon point de vue, F4W), la WWE, manifestement décidée à évoluer et à s’améliorer, répond de la meilleure des façons aux déçus avec un PPV qui, à défaut d’avoir tenu vraiment toutes ses promesses, remplit son office : clore certaines histoires, en poursuivre quelques-unes, et en amorcer d’alléchantes.


Merci d’avoir suivi, merci à SAT pour son regard avisé et aiguisé, et à bientôt sur les CdC!

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