Catch

Smackdown Strikes Back

C'est quand on n'a plus d'espoir qu'il ne faut désespérer de rien.

Sénèque

 

Tout ne fut parfait dans cet épisode de Smackdown qui fit la part belle au catch, mais le malade se porte mieux. Les bookers ne semblent plus en grève et on se prend à nouveau à rêver de jours meilleurs, de lendemains qui chantent et de brand qui assumerait enfin avec son rôle de révélateur de main eventer. On vous en parle dans une Nalyse au format plus court qu’à l’accoutumée, au léger parfum de vacances et de farniente.

 

 

Nous vous prions de nous pardonner ce retard dans la publication de cet article mais McOcee sous acide a découvert cette vignette. Elle a mis trois jours à redescendre.  

 

 

Nalyse du Smackdown du 23 juillet

 

 

 

Après quelques semaines de flottement, cette longue période où le show du vendredi soir semblait devoir se déliter inexorablement, à tel point que nous fumes nombreux à ne savoir que répondre à l’ironie grinçante de Djipi Bag O’Shit, Smackdown a enfin repris des couleurs vendredi dernier. Oh, bien sûr, tout ne fut pas parfait, le malade est encore convalescent et on trouvera bien des choses à redire sur le booking de certains événements, mais ne boudons pas notre plaisir et croisons les doigts tous ensemble pour que ce regain de forme ne soit pas qu’un déjeuner de soleil. En tout cas, le catch fut à l’honneur ce vendredi, ce qui dut ravir les accrocs au chronométrage des combats qui sévissent sur ces pages.

 

 

 

 

J’ai fait le calcul de tête, et regardant le show en live. 2004 secondes, très exactement, soit pour les plus cons d’entre vous qui n’auraient pas fait la conversion instantanément, 33 minutes et 24 secondes.

 

 

 

Comme on pouvait s’y attendre, c’est un Kane naviguant dans les eaux tortueuses propres aux tweeners qui a ouvert le show par une excellente promo à peine gâchée par une bande son mièvre et inutile. Le Mic Skill du géant se suffisait à lui-même et rien ne justifiait de tels artifices, qui sont d’ailleurs récurrents dès lors que Kane ou son frangin s’expriment sur un ring. Dans le cas du Taker, cette mise en scène peut se comprendre, l’exercice du micro n’étant pas le point fort du comateux, mais Kane, bien plus à l’aise en promo n’en a certainement pas l’utilité.

 

 

Là par exemple, ils ont abusé sur l’éclairage.

 

 

 

Qu’avait-il donc à nous raconter le bon Kane ? Que du classique, son bonheur d’être enfin champion du monde, l’habituel couplet adressé à Rey Mysterio, victime de son contrat money in the bank, sur l’air du sempiternel « j’ai fait ce que tout le monde aurait fait à ma place », quelques références à son frère, en forme d’hommage et une confidence assez amusante sur la façon dont il torturait son poisson rouge étant enfant, torture lui rappelant ses treize années de WWE sans gagner le moindre titre. Bref, rien de bien révolutionnaire dans cette promo mais lorsque c’est bien interprété comme ce fut le cas vendredi, j’accepte cela sans me plaindre. Un détail amusant pour conclure sur ce point : Kane, en bon tweener, comme je le soulignais un peu plus haut, oscille entre le face et le heel. Son cash de la mallette lors du MITB est par exemple une attitude typiquement heel, tout comme sa promo de vendredi, où il n’exprime aucun regrets ni remords. Il aurait pu (dû ?) subir les foudres du public pour cela, cela n’aurait étonné personne, mais rien n’y fit, malgré ses expressions de visage de gros méchant loup, le WWE Universe était à fond derrière son nouveau champion et c’est bien une pop de face qui accueillit les premiers mots du long discours de Kane.

 

 

 

 

Même les menaces de chokeslam à la caméra n’y feront rien.

 

 

Et l’enquête du nouveau champion me demanderez-vous ? Elle est au point mort, mais j’ai tendance à me dire que ce n’est pas plus mal. Kane nous a certes promis qu’il continuerait de traquer les coupables mais plus le temps passe et plus je pense que les bookers nous préparent à une feud contre son frangin, lorsque celui-ci sortira enfin de son état végétatif, Kane étant devenu à mes yeux le suspect numéro un. Ce qui permettrait au passage de justifier cette enquête bâclée et chiante comme un mois de juillet pluvieux. Reste à présent à savoir si cette feud aura la ceinture de champion pour enjeu ou si la vengeance du Taker se suffira à elle-même. Je mettrais bien une petite pièce sur la seconde hypothèse, ce qui signifierait une perte du titre de Kane dès Summerslam. Wait and see.

 

 

En attendant, Big Brother is watching you, Kane.

 

 

 

Ce qui semble en revanche acquis, c’est que les deux frères ne se retrouveront pas à Summerslam. Car vendredi soir, Jack Swagger et Rey Mysterio s’affrontaient en main event dans un spectaculaire 2 Out of 3 Falls, afin de déterminer qui des deux aurait l’insigne honneur de se fritter avec Kane lors du prochain PPV. On l’a dit et répété, l’alchimie in ring  entre les deux superstars n’est pas loin d’être parfaite. Il n’était pas écrit d’avance que la mayonnaise prendrait entre le grand balaise technique et sûr de sa force et le petit mexicain malin, aérien et bondissant mais le fait est que ces deux là sur un ring, c’est la garantie de passer un bon moment devant son écran. Vendredi, j’ai trouvé le match particulièrement bien booké, à la notable exception de son final agaçant et très exigeant en terme de suspension d’incrédibilité.

 

 

Swagger Fact nº124 : Jacky était champion universitaire de lancer du marteau.

 

 

Ça avait pourtant bien commencé, par sept minutes d’un combat intense et bien mené, Jacky travaillant logiquement la jambe de son adversaire, jusqu’à ce qu’il place enfin son ankle lock sur un Mysterio déjà affaibli. Ce dernier a pu croire s’en tirer à bon compte en rampant jusqu’à la corde mais c’était sans compter sur la ruse de Swagger, préférant perdre le premier round par disqualification plutôt que de lâcher la jambe du Mexicain. Ce qui était d’ailleurs très bien vu puisque Rey, perclus de douleur et sur une jambe, perdit très vite le deuxième round sur abandon, après un nouvel ankle lock porté par le All American. Là où le bât blesse, c’est dans la conclusion du combat. Résumons, nous avons un Swagger en pleine forme, qui vient de faire plier son adversaire en moins de deux minutes, face à un Rey Mysterio grimaçant de douleur et dont on se demande encore comment diable peut-il toujours tenir debout. Bien, fort logiquement, le All American va s’imposer facilement. Eh bien non, Rey dont le booking supermanesque ressemble de plus en plus à celui de John Cena, s’est finalement imposé, à mon grand désespoir, ruinant selon moi le très bon travail effectué par les bookers jusque là. Et n’ayons pas peur de mots : ça m’énerve et ça me gâche le final d’un show qui vit Kane secourir Rey Rey une fois de plus martyrisé post combat par un Swagger furieux, un Kane soudainement redevenu face et levant le bras de son valeureux et malheureux adversaire déchu de son titre lors de Money In The Bank.

 

 

 

Josh, aujourd’hui, je vais devoir déclarer forfait. Un poids-lourd m’a fauché net et de face, à 130kmh, ce matin, et m’a trainé sur une bonne cinquante mètres ! Nan, je déconne, j’ai pris une aspirine, ça va déjà mieux, je vais défoncer Swagger!

 

 

 

Le catch à l’honneur

 

Deux autres matchs complétaient le Smackdown de vendredi dernier, deux très bons (et longs) combats, au booking impeccable et posant les premières pierres des storylines à venir. Enfin, le show de la brand bleue semble se décider à nous raconter à nouveau des histoires.

 

Kofi Kingston affrontait donc Dolph Ziggler, dans un match ressemblant fort à des préludes de lutte pour le titre Intercontinental. Le Ghanéen était accompagné de son rookie alors que le blond zébulon bénéficiait lui de la compagnie de Vickie, plus féline et sexy que jamais et qui se fit un plaisir d’éjecter Michael McGillicutty du ring side où il trainait ses guêtres en soutenant son pro. Dès lors, le cours du match, très agréable à suivre, fut clairement à l’avantage du challenger qui finit par s’imposer d’un fort joli zig zag suivi de son sleeper, après une dernière intervention de Vickie retenant Kofi alors que celui-ci semblait pouvoir prendre le dessus sur son adversaire. L’issue est intéressante dans la mesure où les deux hommes conservent leur crédibilité. Dolph a semblé fort pendant ce match où le vice de Vickie ne joua finalement qu’à la marge, tandis que Boom Boom Man lui offrit une très belle résistance. Résultat, on a hâte de voir la suite car ces deux là s’entendent très bien sur le ring. Et la suite devrait être une feud pour la ceinture IC, une énième chance de remporter un titre pour Dolph Ziggler.

 

 

 

 

La photo est déjà prête.

 

 

 

L’autre très bon combat de la soirée mis aux prises Drew McIntyre associé à Dashing Cody Rhodes (qui parfait son image de narcissique via de petits segments backstage plutôt rigolo, comme celui de vendredi où Cody nous apprit comment se débarrasser en douceur des poils de nez…) et Matt Hardy faisant équipe pour l’occasion avec Christian. Et encore une fois, le catch fut à l’honneur tant les quatre hommes s’efforcèrent de donner le meilleur d’eux-mêmes durant les quelques dix minutes qui furent mises à leur disposition. Finalement, les méchants l’emportèrent sur les gentils (avec une victoire clean de Drew McIntyre) au terme d’un match excitant. Mais ce que l’on retiendra surtout, c’est la cause de la défaite du couple infernal Matt – Christian, le grand classique de la mésentente entre deux équipiers, celle-ci leur coutant la victoire. Si l’on ajoute cette conclusion de combat au passif existant entre les deux hommes, le doute n’est guère possible : on se dirige à pas de géant vers une feud entre Hardy et le Canadien et mon petit doigt me dit qu’on ne devrait pas être déçus. Cela augure-t-il d’un heel turn d’un des deux gars ? C’est fort probable, et je mettrais bien ma petite pièce habituelle sur un turn du Captain Charisma. Matt est passé face il y a peu de temps et un Christian heel permettrait peut être à terme de l’associer à Edge, pour le plus grand bonheur de bien des fans. Du côté des méchants Drew sort renforcé de cette victoire clean et Cody se construit lentement mais surement un personnage intéressant dans le ring comme en dehors. On pourrait certes reprocher à la WWE le classicisme de son booking, mais c’est de la belle ouvrage.

 

 

Trashing Cody Rhodes a enfin trouvé un moyen efficace d’éliminer les traces de coke indésirables.

 

 

Un convalescent encore fragile

 

Si Smackdown me parait en progrès, tout ne fut néanmoins pas parfait, loin de là. Ainsi la WWE s’est elle à mon sens tirée une bien jolie balle dans le pied lors du non match entre le Big Show et la SES. Alors qu’était annoncé un combat entre le géant et Luke Gallows, c’est finalement The Mask qui fut envoyé à la boucherie par son mentor straightedge. Et ce que je craignais arriva, après un rapide squash sans qu’aucun membre de la SES n’intervienne, le Big démasqua son adversaire et révéla au « monde entier » (enfin, à tous ceux qui ne lisent pas les blogs) que le mystérieux homme masqué n’est autre que Joey Mercury. Encore une fois, cette absence de théâtralisation au moment de dévoiler qui prête main forte à CM Punk depuis des semaines me dépasse complètement. Si la WWE voulait saborder une storyline, je pense qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. CM Punk démasqué from out of nowhere, l’identité de Mercury révélée de la même façon, on a un peu la sensation que les McMahon ont hâte d’en finir et bâclent sciemment ce qui avait pourtant tout pour devenir une storyline culte. Mais on devrait bientôt savoir ce que les bookers comptent faire de la SES. L’enterrer définitivement ou capitaliser sur le passé de drogué de Mercury pour redonner un second souffle à une stable qui en manque cruellement.

 

 

Ça m’apprendra à éviter les embrouilles de vestiaire avec le Taker…

 

 

 

L’autre source d’inquiétude du show, c’est sa division féminine. On savait depuis le draft et la blessure de Beth que les filles de Smackdown se préparaient des moments difficiles, on en a aujourd’hui la confirmation. Aucun combat féminin ne fut à la carte du show de vendredi dernier et nous dûmes nous contenter d’un petit segment backstage plutôt rigolo, les deux Best Friend Ever s’offrant chacune un collier avec pour pendentif un cœur brisé en deux, les deux bijoux assemblés formant le mot « Best Friends ». Comme c’est chou… On apprit au passage, de la bouche de Ted Long, que Layla défendrait son titre dès la semaine prochaine, contre Tiffany. Layla vs. Tiff, Layla vs. Kelly Kelly, Michelle McCool vs. Tiff, … Il va falloir s’y habituer jusqu’au retour de Beth, à moins que les décideurs de la WWE ne se résignent à ajuster les rosters de Raw et de Smackdown. Le problème de ce vestiaire si quantitativement limité, c’est qu’il nous prive pour le moment d’une feud entre les deux BFE qui a pourtant tout pour faire partie des grandes storylines du catch féminin. Il y a comme un parfum de Trish vs. Lita qui flotte autour cette équipe de copines qui devrait bien finir par exploser un jour ou l’autre.

 

 

En attendant, il va falloir être patients avec elles…

 

 

 

Malgré ces quelques désagréments plutôt fâcheux, Smackdown semble entre-apercevoir le bout du tunnel. Kane est en pleine forme et devrait bientôt croiser le fer avec son frère, dans un remake d’une feud passée (ça sent bon l’Inferno Match), Matt et Christian vont certainement nous occuper quelques semaines avec, on l’espère, un turn du Canadien à la clé, le titre IC se jouera probablement entre Dolph et Kofi, ce qui devrait nous offrir de beaux moments de catch, bref, le socle de quelques storylines à fort potentiel me parait posé et la balle est désormais dans le camps des bookers. Reconnaissons-leur quelques velléités à nous raconter de nouveau des histoires, certes classiques, mais diablement efficaces. Reste à savoir ce que l’on va bien pouvoir faire de Jack Swagger mais, si je ne me trompe pas, ce n’est pas la première fois que nous nous posons cette question.

 

 

J’ai rarement autant attendu les débuts d’un catcheur à la WWE. Par pitié, qu’on en finisse avec ces vignettes à la con, et vite !

22 commentaires

Copyright © 2011 — 2018 Kayfabe Media. Tout droits réservés.

En haut