Catch

Go-home Smackdown: classique mais efficace

J'dis pas que VKM était toujours très social, non, il avait l'esprit de droite. Quand tu parlais augmentation ou vacances, il sortait son flingue avant que t'aies fini, mais il nous a tout de même apporté à tous la sécurité.

Michel Audiard, Les Tontons Catcheurs

 

Parfois, la Rédac décide de faire un beau cadeau à un pauvre hère effrayant (oui, le fond de l’hère effraie). Ainsi, cette semaine, alors que je me prélassais sur une plage de Copacabana, lorsque mon iPhone 5 (si vous ne l’avez pas encore, c’est normal) m’annonça un mail et que je découvris que ces Grands Bienfaiteurs de moi-même me confiaient la rédaction de la review de ce Smackdown, je ne pus m’empêcher de pousser un borborygme assez disgracieux (Gniiiiiiiii, ou quelque chose comme ça). En effet, un SD d’avant-PPV est rarement un grand moment: on peaufine, on finalise, en gros on passe le temps. En avant, donc, pour ce plongeon en eaux troubles, et qui sait si nous n’y croiserons pas un Swagger…

 

 

Non, ça va, je suis sorti du Golfe de Mexique. A propos, j'en ai profité pour battre le record du monde d'apnée.

 

 

Nalyse de Smackdown du 13 août

 

 

Le show, ce soir, se déroule à San José, Californie, dont l’indicatif est bien connu des Kidz du monde entier, et annonce à l’évidence une intervention du Pepito masqué. Mais sera-t-il le seul? Car quelle meilleure Némésis pour ReyRey que son clone maléfique, Albert de la Rivière?

C’est peu dire que la WWE a fait monter la sauce à propos de ce nouveau lutteur. Deux mois de promo, fait rarissime, une aura indiscutable chez les amateurs de Lucha, la polémique présumée autour de l’amertume de Del Rio à qui on a demandé de catcher sans masque, hérésie suprême chez un Luchador, autant d’éléments qui ont contribué au buzz autour de lui. J’évoquais il y a quelques instants les promos: on a pu lire qu’elles étaient un peu fauchées. L’érudit disposant en tout et pour tout de dix bouquins au maximum, l’hacienda qui fleure bon la villa empruntée, un look de VRP. Mais la WWE se trompe rarement dans ses promos. Doit-on donc s’attendre une nouvelle fois à un heel arrogant sans fond? A une sorte d’imposteur total? En tous les cas, il est probable, par sa seule attitude dans ses promos, que s’il fait une apparition ce soir, sa heel heat sera d’ores et déjà à un niveau très acceptable.

 

 

Eh oui, grâce à mes longues années d'études et à mon exceptionnelle dextérité, j'ai monté ce meuble Ikea moi-même.

 

 

Quoi qu’il en soit, le show commence sur une Vickie Guerrero revenue de vacances hawaïennes, si l’on en croit son magnifique collier de fleurs en plastique, et son "EXCIOUZE MIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII" qui vrille les tympans de tout spectateur non sourd. En pleine éruption d’œstrogènes, la cougar introduit, à moins que ce ne soit l’inverse, son poulain désormais champion IC, Dolph. Je ne reviendrai pas sur les conditions de cette passation de pouvoir, hautement regrettable puisque réalisée en weekly dans un match trop court, tout a été dit la semaine passée. Première ceinture de Dolphie, donc, qui apparait en tenue de ville (enfin, en tenue de ville à la Magnum).

 

 

Voici mon Dolphie. Je vous préviens les filles, c'est même pas la peine d'essayer, sa ceinture de chasteté est piégée.

 

 

Vickie, n’y tenant plus, part dans une promo ahurissante, comparant son mec à The Rock, à Bret Hart (l’ancien, hein, pas le triste vieillard), et surtout, crime de lèse-majesté suprême, à Shawn Michaels himself, avant de s’en prendre à "l’ignoble ville" de San José. Segment très efficace de Vickie, qui fait grimper la heat du blondinet en flèche, et qu’elle poursuit d’un gourmand "he’s all mine"… Et Ziggler, en gros poussin docile, de remercier en Vickie la personne spéciale qui lui a permis d’atteindre les sommets et de faire de lui l’homme qu’il est. Evidemment, comme on peut s’en douter, les "You suck" déferlent des tribunes ce qui, dans ce cadre, est assez croquignolet…

 

 

– T'entends Dolph? Ils me hurlent "you suck"!

Mais comment ils savent?

 

 

Sans tarder, et comme prévu, Kofi Kingston débarque sur le ring et passe le blondinet à tabac, bientôt interrompu par Teddy Long. Sans surprise, Long annonce que les vacances des tourtereaux attendront, puisque Dolph défendra son titre à Summerslam, et bien sûr, conséquence directe des propos présomptueux de Vickie, Dolph affrontera Mysterio le soir même.

 

Ce segment, en lui-même, n’était pas mauvais, même si Ziggler a vraiment intérêt à améliorer son micskill. Néanmoins, il était beaucoup trop prévisible, sans réel intérêt, et il est dommage, tant qu’à faire, que Dolph n’ait pas conquis son titre en PPV, ceci d’autant plus qu’il le conservera sans aucun doute dimanche prochain.

 

L’autre intérêt étant une nouvelle séquence où Vickie s'est prise pour le General Manager en empiétant sur le terrain du Playa pour imposer à Kofi d’affronter Kane ce soir, avant de se faire remettre en place par Long. Bonne démonstration de force de Long, et qui permet à Kofi, dans un registre Cenaesque, d’expliquer qu’il n’est pas un trouillard, et qu’il va affronter le Big Red Machin, pas plus tard que maintenant.

 

 

– Je vais Never Give Up, mec! Hustle, Loyalty, Respect, tu me suis? Word life!

– Oui bon n'en fais pas trop non plus…

– Ah ça c'est vu là?

– Un peu.

 

 

La promo qui suit remonte le fil de l’enquête de Kane, mais la mise en scène distordue tend à confirmer, une fois de plus, que ce sont bien les pulsions schizoïdes de Kane qui l’ont poussé à agir. Ce même Kane qui arrive à présent sur le ring, dont les flammes se déclenchent: si l’on en croit Spanish, il va donc perdre le match. Le match va durer cinq minutes, assez brutales, avec un Kofi qui s’en tire honorablement face à un Kane qui domine largement les débats, exploite les cordes comme un jeunot, et fait un bel étalage de puissance impeccable pour le hyper avant sa défense de titre de dimanche en remportant le match (ciel, la théorie n’a pas fonctionné).

 

 

L'avantage quand on est schizo, c'est qu'on peut avoir de super conversations avec soi-même.

 

 

Evidemment, Kane enchaine sur une promo classique: "Rey, tu es méchant, je vais te punir, tu as fait mal à mon frère, blablabla." Cette affaire tourne en rond depuis longtemps, encore plus depuis que tout le monde sait, ou au moins pense, que Kane est coupable, et il faut espérer qu’à Summerslam un événement bouleverse tout : retour du Taker? Le vrai coupable démasqué, et Kane et Rey unis pour le punir? Les pronos sont ouverts, et il n’est que temps de passer à autre chose.

 

La réponse de Rey, à défaut d’être bien envoyée, a au moins le mérite d’être originale: en anglais et en espagnol, Rey se positionne en serviteur de Dieu face au maléfique Kane (le Bien contre le Mal version biblique, comme c’est ricain…).

 

 

Moi le chef de mon posse c'est Dieu, il va t'niquer ta race cousin!

 

 

Nouveau segment, qui met cette fois McIntyre et Rhodes aux prises dans une "guerre psychologique", à leur niveau, McIntyre expliquant en substance à Rhodes que s’il ne bat pas Christian ce soir, il ne sera pas Dashing, mais Disappointing. Mais dites- moi, ca vanne sec à la WWE, on se croirait chez Ruquier.

 

 

– Si tu bats pas Christian, je t'appellerai Disappointing Cody Rhodes.

Si t'appelles encore les flics quand ta gonzesse te fait une scène, je t'appellerai The Chosen Owned.

 

 

Il n’empêche qu’avec Christian, qui sait mettre en valeur ses adversaires, et Rhodes qui ne cesse de surprendre par ses qualités depuis quelque temps, le match a de quoi mettre l’eau à la bouche. Et cette promesse-ci sera tenue, avec un match technique, moins aérien qu’à l’accoutumée, mais qui vaut largement le coup que vous preniez le temps d’y jeter un œil, ne serait-ce que pour voir ce que peut donner du catch au sol maîtrisé. Rhodes progresse sans cesse depuis son émancipation, et son style se marie, il est vrai, à merveille avec celui du Canadien. Le match se conclut sur une victoire, anecdotique, du jeune coq, mais il serait vraiment regrettable qu’il n’aille pas chatouiller le titre IC, et encore plus dommage que son adversaire du soir soit encore isolé des titres lui aussi, tant les deux hommes sont méritants, l’un par son talent, l’autre par son potentiel.

 

 

Quoi ma gueule, qu'est-ce qu'elle a ma gueule? Ah oui, elle est carrément plus belle que la vôtre, voilà.

 

 

Match suivant, le Big Show contre trois jobbers locaux. Est-il besoin de préciser que le match fut un squash, rapide et sans intérêt, simplement destiné à montrer à quel point le Gros Spectacle est fort? On pourra se demander si faire ce genre de démonstration face à trois catcheurs en carton a un quelconque intérêt, mais à défaut, les amateurs d’Obélix ne se seront pas totalement ennuyés… Seul point divertissant, l’intervention de Punk avec son t-shirt "J’ai cassé la main du Big Show."

 

 

Et nous, on pourrait pas avoir des t-shirts "le Big Show m'a cassé la gueule"?

 

 

A la fin du combat, c’est donc… Luke Gallows qui prend la parole? Evidemment, le sauveur ne s’en satisfait pas, et rabroue une nouvelle fois Gallows publiquement (à noter, au passage, l’excellent jeu de Gallows, qui joue bien sur les émotions), avec un "tu parleras le jour où on t’aura sonné, p’tit con" à la Pulp Fiction du plus bel effet. Le reste est plus classique, avec l’annonce d’un massacre du Show par la meute d’hyènes, et un concerto de bruit d’os brisés. On relèvera quand même que les dissensions se font insistantes au sein de la SeS, et ce sans que la stable ait jamais touché à un titre. En gros, la SeS risque d’avoir été une stable montée uniquement pour donner un peu de couleur à SD qui en avait bien besoin, et il est probable qu’elle commence à exploser dès dimanche, avec ensuite une feud assez mystique sur fond de "j’ai la vraie parole divine et pas l’autre". On notera aussi, d’ailleurs, que Punk va donc lutter dimanche alors que son bras n’est pas totalement rétabli (si l’on en croit les annonces sur sa blessure faites à l’époque).

 

 

Alors c'est vrai! Téléphone se reforme!!!

 

 

Arrive ensuite un combat entre Matt Hardy et son "archnemesis", pour reprendre le terme du Professeur Striker, McIntyre. Hardy est plutôt dans une bonne période en termes de catch, et même si McIntyre a un style assez fruste, il a prouvé qu’il était capable de sortir un bon match. Le public, bien sûr, est à fond derrière le grassouillet, mais difficile de s’enthousiasmer pour ce genre de match, Drew étant largement rentré dans le rang et Matt n’en étant jamais sorti… Le match est hélas assez mou, ressemblant un peu à une bagarre de comptoir ou à un niveau de Streets of Rage, mais l’ensemble, qui s'achève sur une victoire de l'Ecossais, est plutôt décevant et sans grande envergure…

 

 

On a quand même vu une vraie nouveauté: Matt Hardy a inventé le blading du pied!

 

 

Après une promo hypant sans retenue le 7vs7 de SummerSlam, on retrouve enfin Swagger, tel Boudu, sauvé des eaux, fort marri, et qui explique qu’il doit ses performances récentes à deux mois de travail acharné, à un titre injustement perdu, à un drame familial et à un plongeon forcé dans le Golfe de Mexique. Le problème, Jackie, c’est justement que ça ne remonte pas à deux mois. Tu ne gagnes jamais. Contre qui que ce soit, et ce, et c’est méritoire, même quand tu étais champion en titre. Pour la crédibilité, cela se pose là, et son passage en midcard semble devoir durer un moment, ceci d’autant plus que, comme il le rappelle lui-même, il est un ancien champion, et n’a même pas de match à SummerSlam. Et c’est justement l’un de ses précédents bourreaux, MVP, qui se présente face à lui.

 

Si Swagger n’a pas beaucoup de chance dans son booking, on ne peut pas lui enlever un énorme talent: sortir un tel match face à MVP, il faut le faire, et le match a été, précisément, très agréable à suivre. Les deux catcheurs ont, dans un temps assez limité, déroulé l’essentiel de leur moveset, et le match se conclut dans un Ankle Lock contré en petit paquet et une victoire de MVP, ce qui n’augure pas du meilleur pour Swagger, décidément abonné à un rôle de loser…

 

 

Alors dis-moi vieux, c'est vrai qu'une grosse losing streak ça augure d'un push?

 

 

Je passerai sous silence le segment suivant, dans lequel Rhodes apprend aux porcs de l’Iowa ou du Texas à se nettoyer les oreilles…

 

 

Si tu le passes sous silence, c'est parce que tu l'as pas entendu à cause de tout ce cérumen qui te bouche les oreilles.

 

 

Et juste dans la foulée, un nouveau segment d’Alberto del Rio et… quoi? Il n’arrive que la semaine prochaine? Des semaines entières de promo pour ça? Même pas une arrivée en PPV? Faut-il en conclure que Rey va se faire infliger une blessure longue durée in kayfabe, qui lui permettra de faire soigner ses genoux, et qu’Albert va arriver à point nommé? Ou, plus généralement, avons-nous en face de nous le futur Rey, si les relations entre le Mexicain Masqué et la Fédé continuent à se détériorer? To be continued…

 

 

Eureka, eureka, 619!

 

 

Le main-event, enfin, oppose Rey à Ziggler: Ziggler en main-event, ça se fête, et Dolphie semble décidé à sortir le grand jeu. Mysterio, de son côté, fait le métier, et le match est aussi débridé que sympathique, les deux catcheurs étant, là encore, parfaitement assortis. Sans surprise, c’est finalement Rey qui l’emporte. Le match a lieu sous le regard de Kane, accompagné de son cercueil de compagnie (il ne sort jamais sans) mais Rey l’intercepte et Kane finit dans le cercueil qu’il destinait à l’écureuil volant. Final sans surprise, donc, comme on pouvait le craindre, mais un match solide entre une star confirmée et un champion en devenir.

 

 

Vous battez pas les gars, j'ai ramené un deux places cette fois.

 

 

Pour conclure, disons que ce Smackdown pré-PPV n’appelle pas énormément de commentaires: six matchs convenus, mais pour certains assez solides, absence totale des divas (la WWE aurait-elle remarqué à quel point Laycool indiffère le public, comme Spanish l’a relevé dans ces colonnes?), peu d’avancées notables, des concurrents hypés comme il se doit, une grande annonce pour la semaine prochaine, bref un SD qui s’endort sur ses lauriers, ce qui est acceptable une semaine, mais ne le sera guère plus, tant le roster semble manquer de stars aussi immédiatement charismatiques que la brand rouge du lundi…

 

 

Héhé, moi aussi je maîtrise le clin d'œil à la Alberto Del Rio maintenant!

 

 

(Note de la rédac: merci de ne pas spoiler les résultats de Summerslam dans les comms!)

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