Catch

Happy Mondays

Celebrate good times, come on!

Kool and the Gang, Celebration

 

Ce lundi, Raw a célébré en grande pompe son 900ème épisode consécutif. Pour l'occasion, les locataires de Smackdown et les clips rappelant l'ancien temps étaient de sortie. Une soirée festive, qui n'a pas oublié de faire avancer les histoires en cours, mais qui a également confirmé une rumeur aussi effrayante qu'insistante à laquelle on refusait obstinément de croire: celle du départ prochain de Dieu.

 

 

Une interruption de cent quatre semaines exactement et un retour triomphal pour Raw numéro 1000. Je suis génial.

 

 

Nalyse de Raw du 30 août

 

 

La WWE a toujours accordé une importance prépondérante à son auto-célébration. Les innombrables inserts "Did you know?" nous rappellent chaque semaine à quel point l'entreprise est florissante. L'histoire de la fédération est régulièrement convoquée dans les shows eux-mêmes ou sur le site officiel. Tout est fait pour que le spectateur (et, plus important, l'éventuel annonceur publicitaire) ait conscience d'avoir affaire à un produit extrêmement solide, qui a créé sa propre légende et qui est là pour durer. Rien d'étonnant, dès lors, que chaque numéro à chiffre rond des shows weekly soit particulièrement mis en exergue, feux d'artifice, grands anciens et chiffres en pagaille à l'appui. Ce fut le cas, en octobre dernier, pour les dix ans de Smackdown; ce le fut aussi, il y a deux ans, pour le 800ème épisode de Raw. Et ce le fut encore, naturellement, lundi dernier, à l'occasion du 900ème.

 

 

PUTAIN MAIS C'EST ENORME!!!

 

 

Ces shows-là sont souvent inégaux. Il est en effet difficile de trouver le juste équilibre entre les réjouissances auto-centrées et l'impératif qui consiste à tenir les spectateurs en haleine. Ainsi, le dixième anniversaire de Smackdown avait été très réussi (promo du Rock, main-event maousse opposant les plus grandes stars du moment dans un très correct quatre contre quatre, fil rouge sous la forme d'une soirée alcoolisée marquée par le vomissement de Michael Cole sur les chaussures de Chris Jericho et le foutage de merde de Drew McIntyre). En revanche, le 800ème Raw ne fut sauvé du naufrage que par un match en cage pour le titre WWE qui vit Jericho reprendre la ceinture à Batista et par le punt kick d'Orton sur Ted DiBiase. Mais pour le reste, il y eut trop de mauvais segments censément comiques, dont une insupportable danse dans le ring de Goldust, Hornswoggle, Sgt Slaughter, le Boogeyman, Jerry Lawler et autres tocards, sur la musique de Funaki. Si, si.

 

 

Je suis très déçu, je pensais qu'on remettrait ça cette année.

 

 

Cette fois, rien de tel. On ne vit pas de clowneries (donc pas de Santino et, malgré la présence du roster de Smackdown, pas de Hornswoggle, sans doute trop occupé à se masturber dans le casier des Laycool) et l'auto-célébration se résuma à la diffusion de quelques clips retraçant les grands moments de divers Raw du passé, sans céder à la tentation de faire venir dans le ring plusieurs vieillards cacochymes. Ah, et on ne vit pas l'ombre d'un guest host. Ce soir, les stars étaient concentrées sur leur sujet et les promos et matchs firent tous sens. Des épisodes spéciaux comme ça, on en redemande.

 

 

Et des pancartes comme ça, encore plus.

 

 

Débarrassons-nous rapidement des séquences "souvenirs souvenirs" pour aller à l'essentiel, à savoir les histoires du moment. Une dizaine de mini-clips nous remirent en mémoire des séquences plus ou moins glorieuses des 17 ans et demi écoulés, sous les gloussements hystériques du King et de Vintage, trop heureux de nous rappeler une fois par minute que Raw était l'émission la plus ancienne à la télé ricaine, loin devant tout un tas de daubes sans nom. Bon, OK. Ca nous permit au moins de revoir rapidement les jeunes DX, Austin et sa bière, et d'autres personnages inoubliables du passé.

 

 

C'est vrai que ça avait démarré très fort.

 

 

CM Punk fut chargé d'enfoncer le clou mémoriel in ring, ce dont il s'acquitta avec sa faconde coutumière. Accompagné des deux mâles de la SES, ce qui signifie apparemment que Gallows a survécu à sa défaite face au Big Show à Smackdown (ou alors que le démantèlement définitif de la SES est réservé au prochain épisode du show bleu), le bon Ciaime n'avait plus Serena à ses côtés. L'absence de l'abstinente la plus bourrée de la planète ne fut pas expliquée, car Punk avait mieux à faire: s'appuyant sur quatre séquences fortes des Raw passés, il désigna les tares congénitales dont souffrait d'après lui ce show indigne et ses spectateurs lobotomisés. Ce fut parfait, et la foule lui mangeait dans la main, oubliant même ses "What" toujours aussi insupportables. Si bien que lorsque Punk demanda si l'assistance rêvait de voir débouler Stone Cold Steve Austin pour l'arroser de bière, un rugissement de "hell yeah" lui répondit, rugissement qui se multiplia quand joua le Titantron de Stone Cold… Mais non, c'était une ruse de Punk histoire de se moquer encore plus de ces losers crédules.

 

 

Qu'ils sont cons! J'aurais dû leur faire un Titantron de Jésus Christ, ils auraient mordu dedans aussi!

 

 

Ah, que ça fait du bien d'entendre à nouveau une de ces promos magiques dont Punk a le secret! Cela faisait bien longtemps qu'il n'en avait pas mis plein la gueule au public, et il s'en est donné à cœur joie, profitant à fond de l'occasion, jusqu'à l'arrivée inévitable du Big Show. Ce dernier enchaînait par quelques blagues de son cru, rendant au passage un hommage discret mais émouvant à Eddie Guerrero, dont la mémoire sera à jamais associé à la diarrhée carabinée qu'il a donnée un jour à un homme de 200 kilos, imitait Hulk Hogan en personne (signe, peut-être, que la WWE ne considère même plus la TNA comme une menace) et finissait naturellement, après quelques échanges d'amabilités, par balancer la SES au grand complet hors du ring. La Society, hélas, semble déliquescente, mais CM Punk aura au moins eu droit à la plus longue promo de cette soirée particulière, ce qui montre bien à quel point les décideurs lui font confiance. La SES disparaîtra sans doute, mais Punk reste bien à flot. C'est toujours ça.

 

 

Sieg heil! Comment ça c'est pas drôle?

 

 

La grande histoire avait évidemment été convoquée dès le début du show, lancé par un Bret Hart décidément résolu à squatter l'antenne autant que possible. Rappelant qu'il avait été présent lors du tout premier épisode, il voulut rendre hommage au seul autre catcheur encore en activité qui y était également, l'Underta… tarataratarataaarain (c'est moi qui fais la musique de Kane, ayez peur). Le gros champion rouge l'interrompit et se lança dans une nouvelle très bonne promo, dont la bottom line était que la dernière fois où son vieux trav de frangin a fait quelque chose de notable, c'est quand il a battu Shawn Michaels à Wrestlemania, et que puisque le Taker avait dégommé une icône, lui, Kane, devait en faire de même, sinon les démons allaient encore se foutre de sa gueule le soir au dîner. Et l'icône à abattre était toute trouvée!

 

 

– Hé ben comme il me faut une icône, tu feras l'affaire.

Lâche-moi, je ne suis pas une icône! C'est pas une auréole autour de ma tête, c'est juste que je me suis plus lavé depuis un mois!

 

 

Kane agrippa Bret à la gorge, mais la Hart Dynasty se souvint que tonton ne pouvait même pas prendre lui-même le sel à table, alors encaisser un chokeslam de Kane… Le méchant chauve défonça Smith et Kidd en deux secondes, mais gong gong, voici le frangin! Kane sembla hésiter à l'attaquer, mais finit par sortir du ring d'une étonnante pirouette à la Beth Phoenix, signe de sa profonde démence, et par reculer jusqu'en coulisse, ricanant que la grande explication serait pour plus tard. Bret et le Taker restaient seuls dans le ring, et la lumière se mettait à clignoter. Non ce n'étaient pas les superpouvoirs du Phénomène fatigué qui déconnaient, mais un mail de l'Anonyme General Manager, décidant que, même s'il s'y était opposé par le passé (indice que je ne sus décrypter), il verrait bien un petit Undertaker – Bret Hart ce soir. Lawler en bondit de joie, comme si on était effectivement en 1993 et que ce match valait réellement le coup d'œil.

 

 

Le general manager dit… OHE! LES VIEUX! PAR ICI! LE MONSIEUR VOUS DEMANDE DE VOUS BATTRE!

 

 

Grosse entame de soirée, en tout cas, d'autant qu'on apprenait dès le départ que ce soir, les cinq survivants du Nexus taperaient l'alliance hétéroclite Cena-Orton-Sheamus-Edge-Jericho. Et immédiatement après, on retrouvait sur le ring un duo à faire hurler de joie tous les puristes de l'univers, puisque Daniel Bryan et Kaval faisaient équipe dans un Triple Threat Tag Team Match, face aux teams rookie-pro composées de Michael McGuiliguili et Kofi Kingston, et d'Alex Riley et du Miz. Evidemment, les pros de Kaval n'ayant pas les bons chromosomes, il fallut leur trouver un substitut, et quel substitut! Bryan-Kaval, voilà une équipe qu'on aimerait voir sur la durée, et qui ferait des champions magnifiques!

 

 

Pour des fans de la première heure du catch indépendant, cette scène équivaut à peu près à ce que ressentent des supps de Guingamp en voyant Drogba et Malouda pavoiser sous le maillot de Chelsea.

 

 

Les deux hommes volèrent évidemment le show, Kaval se montrant particulièrement féroce avec un Warrior's Way impressionnant. Pour leur première apparition en ring à Raw, les trois rookies restants de NXT s'en sont plutôt bien sortis, mais l'ex de la TNA a facilement montré qu'il possédait une marge très confortable sur ses méritants adversaires. Il fit cependant le job, car dans un tel match, le Miz devait nécessairement gagner, ce qui arriva quand l'Awesome profita d'un blind tag pour estourbir Kaval pour le compte. Pour faire bonne mesure, il revenait dans le ring une minute plus tard alors que Bryan s'enquérait de l'état de son camarade et, sous les vociférations réjouies de Michael Cole, assommait le dragon américain de sa mallette. Match rapide mais sympa et finish logique, qui prolonge logiquement la feud Miz-Bryan, à laquelle on aimerait beaucoup que Kaval vienne se mêler à un moment ou un autre…

 

 

– Mon père, pourquoi m'as-tu abandonné?

Heu, tu parles à qui là Miz?

Hein? Ah, heu, je me suis cru dans l'une de mes anciennes vies là, lol.

 

 

On évacuait ensuite en deux temps trois mouvements les divas: match Laycool – Melina et Eve, Melina gagne grâce à un roll-up sur Layla sans même qu'Eve soit entrée dans le ring, les Laycool proposent un match d'unification des ceintures féminines à Night of Champions entre Melina et "l'une d'entre nous", Melina accepte "mais à condition que ce soit un lumberjack match", toutes les nanas de Raw et Smackdown (sans Natalya) font leur apparition sur la rampe d'accès, Lawler se salit de joie, fin de la séquence.

 

 

Pour saluer leur mac, toutes les gagneuses du Taker se sont mises sur leur 31 ce soir.

 

 

La ceinture des Divas, instaurée il y a deux ans, aura donc eu une durée de vie à peine supérieure à celle du papillon qui en est l'emblème. Si cette solution semblait indispensable étant donné la déréliction de la division féminine, elle n'en représente pas moins un constat d'échec. La WWE n'a pas pu, ou pas su, développer suffisamment son roster féminin pour intéresser le public à deux ceintures à la fois. "Pas su" nous semble l'option la plus juste, tant les efforts ont été faibles. Les storylines des divas, depuis deux ans, sont soit nulles, soit carrément inexistantes. Leurs rapports avec leurs collègues mâles sont réduits au strict minimum (les filles jouent de temps en temps les valets pour tel ou tel Musclor, sans que leurs propres storylines le reflètent) et elles sont généralement présentées avec un sexisme consternant (Makeover match, défilés en maillot de bain et autres conneries visant à promouvoir uniquement leur physique). Leurs matchs sont tous ridiculement courts, comme l'a encore illustré celui de ce soir, et même un show comme Superstars leur accorde rarement plus de trois ou quatre minutes, ce qui empêche forcément l'amélioration de leur catch. L'unification des titres est nécessaire, mais elle ne signifie pas forcément que la division en sortira renforcée: suffit de voir l'évolution de la division tag team après l'unification des titres par équipes il y a un an et demi. Il appartient à la WWE de faire de ses nanas autre chose que des "eye candy", notion d'autant plus absurde que, si le spectateur a envie de se rincer l'œil, des milliers d'émissions ou de sites web le lui permettront bien plus facilement que les tenues bien sages de nos Divas. On espère que les filles bénéficieront de la réforme, mais rien n'incite à l'optimisme, en vérité.

 

 

Heu… quelqu'un aurait de la colle?

 

 

Puis le Nexus, dans son vestiaire, promettait de faire ce soir quelque chose d'inoubliable pour entrer dans les récaps des Raw du futur. Hé les gars, vous étiez déjà dans les récaps de ce soir, grâce à votre arrivée il y a onze semaines! En attendant, les hommes au N n'ont pas cherché à nous inventer quelque storlyine bidon pour justifier l'absence de Skip Sheffield: il s'est pété la jambe, ont-ils constaté, mais on est encore une vraie menace, et on va le montrer, mwahaha.

 

 

– Ce soir, on fait un truc sensationnel les gars, du jamais vu!

Est-ce que ça inclut une attaque collective sur un adversaire isolé, un beatdown et un 450 Splash de Justin pour finir?

– Ben, comment t'as deviné?

 

 

Ceux qui ne sont pas vraiment une menace, c'est Morrison et Truth, toujours collés ensemble comme un vieux couple foireux qui n'a plus grand-chose à se dire mais qui continue, faute de mieux, à se supporter. Face à eux l'attelage Rhodes-McIntyre, venu de Smackdown gratter un statut de first contenders, car c'est ce qui était en jeu ce soir! Un peu dur pour les autres équipes, qui se battent depuis longtemps pour ça, mais bon, ça augurait d'un bon match. Manque de pot, le brawl à quatre démarrait très vite et l'arbitre disqualifiait tout ce beau monde. Hein quoi, what the fuck? Bon, c'est pas trop grave en vérité, car ça augure de quelques autres matchs pour désigner les first contenders, et ces deux équipes, douées dans le ring, fourniront donc quelques combats ces prochaines semaines. Tout ce qui augure d'un signe de vie de la division par équipes est bon à prendre.

 

 

Quand on parle d'alchimie parfaite entre deux catcheurs, on ne parle probablement pas de R-Truth et Cody Rhodes.

 

 

C'est ensuite qu'intervenait la nouvelle la plus atterrante de la soirée: dans une interview backstage à Josh Matthews, Chris Jericho déclarait qu'il quitterait la WWE s'il ne gagnait pas le titre à Night of Champions. Les bruits couraient depuis longtemps sur la volonté de Y2J de faire un break (définitif ou non), et cette annonce vient les confirmer. Seul espoir: l'idée qu'un éventuel départ à la retraite de Chris Jericho soit un événement suffisamment énorme en soi pour justifier toute une longue storyline au préalable. On pourrait en effet bâtir des semaines de show sur un départ d'une star de ce calibre. En faire part presque en catimini, deux semaines avant un PPV où Jericho participera à un match à six, voilà qui ressemble à un gros gâchis. Or la WWE sait mettre les grands moyens pour accompagner ses stars vers la sortie (cf. les départs récents de Ric Flair, Shawn Michaels, Batista ou encore the Brian Kendrick). Donc peut-être que Jericho va surprendre tout le monde et gagner à NOC, et donc demeurer à Raw encore un bon moment…

 

 

– Chris, vous allez faire quoi une fois à la retraite?

– J'ai pour intention d'établir mon pouvoir unique et sans partage sur la totalité de l'humanité, qui gémira sous le joug impitoyable de ma dictature féroce et sanguinaire.

– Eh bien merci Chris, et bonne chance!

 

 

Cette nouvelle à peine digérée, on plongeait vers un match datant d'il y a vingt ans: ce Bret Hart – Undertaker, donc, dont on savait bien qu'il n'aurait évidemment pas lieu. La manière de l'annuler fut un peu étrange, cependant. A peine l'entrée de 25 minutes du Taker achevée et la lumière rallumée, Barrett se pointa seul et déclara qu'il allait faire un truc de ouf, à savoir péter la gueule au Taker. Manque de pot, l'autre l'exécuta comme un malpropre et le vida du ring, puis se retourna vers Hart… Gong! Extinction des feux! Rallumage! Kane! Baston! Kane en difficulté! Gong! Obscurité! Rallumage! Le Nexus est là et attaque le Taker! Mais celui-ci s'en sort! Gong! Fait noir, on voit rien! Rallumage! Barrett tient le Taker sur ses épaules et lui porte le Wasteland, tandis que Kane, sur la rampe d'accès, se marre. Bret Hart se terre probablement sous le ring. Le Nexus traîne le cadavre jusqu'au coin, où Gabriel le finit d'un 450.

 

 

Aujourd'hui, dans Orange Mécanique, le héros et ses amis tombent sur un clochard solitaire…

 

 

Ouf. Séquence complètement overbookée, mais largement acceptable dès lors que l'on prend son parti d'une feud Undertakane. Il y aura plein de trucs comme ça pendant des semaines, alors autant s'y faire: des coups de gong, des explosions, des plongées dans le noir, des téléportations et des promos à base de démons, d'enfers et cauchemars. Alors, autant qu'au moins ça soit énergique, un peu original (Kane semble avoir subtilisé quelques superpouvoirs à son frérot) et si, au passage, le Nexus peut en profiter pour tirer un peu de gloire à soi, on va pas s'en plaindre.

 

 

OK, il fait des 450 Splash, mais pour toucher son nez avec sa langue, y a plus personne.

 

 

Suivait, dans ce Raw très chargé, une respiration. Du moins, c'est ce qu'on croyait… Car ce match entre Swagger et Bourne, au demeurant deux très bons catcheurs qu'on aime beaucoup voir l'un contre l'autre, ne serait pas ce "filler match" que l'on attendait. Non, car dans ce Raw où tout Smackdown devait trouver où se caser, comment se passer de l'incontournable, le seul et l'unique (et pas l'eunuque, loin de là)…

 

 

AAAAAAALBEEEEEERTOOOOO DEL RRRRRRRRRRIO, ARRIBA ARRIBA!

 

 

Oui voilà, merci. Don Alberto, sa musique d'opérette, sa Bentley et son sourire de télénovela apparurent au beau milieu du match. L'homme qui porte le costard aussi élégamment que Silvernights porte le tshirt Johnny Hallyday (celui avec un loup qui hurle à la lune devant, et une Harley derrière) contourna tranquillement le ring, où Swagger finit par faire abandonner Evan d'un Ankle Lock bien violent, prit le micro pour dire que, hélas, son petit chihuahua Rey Mysterio ne serait pas là, mais qu'on ne devait pas s'en attrister car il allait nous montrer, sur un autre petit chihuahua, ce qu'il avait fait à Rey. Sur ce, l'homo supérior céda en un clin d'œil, c'est le cas de le dire, la place à l'animal sauvage, et Alberto sauta dans le ring où les arbitres tentaient de réanimer Bourne et lui infligea sa clé de bras, avant de se relever, de nouveau souriant. Il décidait ensuite d'en finir pour de bon avec Bourne en lui bloquant le bras dans une chaise mais fut chassé, ô surprise, par Mark Henry, qui lui fit exploser la chaise dans la main. Peu importe, Del Rio battait en retraite fort dignement, tout en œillades de latin lover à l'attention d'Henry. On doute que ces deux-là aient un programme à l'avenir: le gros Mark n'était là que pour marquer un point au classement Powerslam; quant à Supermex, il est venu à Raw, il a vu, il a vaincu, suscitant une grosse heel heat et tenant son rang à la perfection!

 

 

Alberto del Rio ne regarde pas Raw depuis les tribunes comme le pékin moyen. Alberto del Rio prend sa chaise favorite et s'installe directement sur le ring. Comme ça, il a la place pour poser ses couilles. Alberto del Rio.

 

 

Après un long résumé du séjour en Chine de nos ambassadeurs favoris de la culture américaine, puis la séquence CM Punk – Big Show sus-mentionnée, on arrivait enfin au main event, qui démarrait par une interview sur la rampe de Sheamus, venu pleurer sur son sort de champion mal-aimé. Il était interrompu par Edge, qui lui rabattit son caquet sur un ton très tweener, puis tout le reste se pointa, Orton obtenant une fois de plus une pop à faire passer celle de Cena pour un pet de lapin à côté d'une explosion nucléaire. Le Nexus arrivait à son tour, Jericho demandait à ses camarades le droit de démarrer le match, faisait un peu de shadow boxing face à Michael Tarver puis… quittait promptement le ring. Il feignait de revenir mais laissait tomber et était décompté. Logique pour un heel, qui n'avait aucun intérêt à soutenir sa team. Edge suivit son exemple immédiatement, en se faisant disqualifier pour avoir poussé l'arbitre. Vint alors Sheamus, et on crut un instant que les trois heels allaient laisser Attitude RKO se démerder seuls. Mais non. Sheamus, dans la foulée de la promo où il exigeait plus de respect, décida de faire son match. Et il en mit plein la gueule à ses adversaires, l'Irlandais, marquant bien la différence entre un champion déjà accompli (je me répète, mais c'est quand même dingue comment, en un an, Sheamus est devenu un main eventer naturel! Barrett en sera-t-il au même point dans un an?) et des types qui portaient encore des futs de bière à NXT il y a trois mois.

 

 

Etre digne du main event, ça se joue aussi sur l'attitude au moment d'entrer en ring.

 

 

Mais sa volonté de marquer les esprits – et aussi de ne pas tagguer Orton et Cena – allait finir par coûter cher à l'Irlandais, qui céda sous le nombre. Slater lui portait son étrange finisher, sorte de mélange entre le ZigZag et le Paydirt, et le clouait pour le compte. Le Nexus était alors à 5 contre 2. Slater n'avait pas le temps de triompher que Cena déboulait, réalisait son combo habituel (shoulder block, slam, five knuckle shuffle, you can't see me, AA) et ramenait la partie à 4 à 2. Otunga était le suivant à craquer, pris dans un STF approximatif. A son crédit, le mari de Mme Hudson n'a pas raté le peu qu'il a eu à faire, c'est déjà ça. Une fois Otunga dehors, les événements s'enchaînaient à vitesse V: Cena prenait un 450 de Gabriel, qui l'éliminait (!), Orton RKOisait immédiatement Gabriel puis Tarver mais Barrett était de trop pour lui et Wade, sans doute celui des six candidats au Six Pack Challenge de Night of Champions qui avait le plus besoin de gagner ce soir, abattait Randy du haut de son Wasteland pour la gagne définitive, le show se terminant sur son triomphe. Entre Barrett qui a porté son Wasteland sur l'Undertaker et Orton (et pinné Orton), et Gabriel qui a exécuté son splash sur l'Undertaker et Cena (et pinné Cena), sans oublier Slater qui a pinné Sheamus, le Nexus a plus que tenu son rang ce soir.

 

 

Bon, on s'ennuie un peu là, il revient quand Triple H?

 

 

Résumons: des célébrations pas trop lourdingues; quelques progressions de storylines; des matchs plutôt agréables; et la sourde menace d'un départ définitif de Chris Jericho en guise d'accroche flippante pour la suite. Raw a bien rempli son rôle, si bien qu'on est prêt à en voir une bonne centaine de plus et qu'on comprend un peu mieux, au vu de cette machinerie qui reste impressionnante même si elle connaît parfois quelques ratés, que…

 

 

MAZETTE!!!

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