Catch

L’éternel féminin (version WWE)

I wanna be the one to walk in the sun.
Oh,girls, they wanna have fun.

Cindy Lauper, Girls just wanna have fun

 

Ca y est, NXT devient le nouveau repaire des adolescents en manque de films d’auteurs sur Canal + . En effet, ce ne sont plus six rookies, mais bien six "rookettes" qui vont s’affronter pour avoir l’insigne honneur de venir grossir les rangs des "eye candies de la WWE". Les CDC, fidèles au poste, ont envoyé deux pervers spécialistes s’appesantir sur le sort des jeunes naïades…

 

 

– Bon, les filles, TDS et moi, on est envoyés par les CDC pour évaluer votre technique de catch et vos capacités orat…

– Rhaa mais quel rabat-joie tu fais, Charentais! Mets-toi en tenue et danse!

 

 

Review de NXT du 7 septembre (premier épisode de la saison 3)

 

 

C’est avec une certaine fébrilité que TDS et moi-même entreprenons de prendre en main le show du mardi pour vous le faire partager. Il faut tout de même prendre la suite de la Table d’Annonceurs Espagnols la plus célèbre du monde, son sens du détail, ses encyclopédiques connaissances catchesques… et surtout une expérience forte d’un an de show! Que cette nouvelle chronique lui sont donc dédiée, lui qui maintenant vaque au travail titanesque du Powerslam (quel homme!).

 

Au moins, la rupture sera assez claire ne serait-ce que du point de vue du contenu: NXT sera donc, pour les semaines à venir, un réservoir à glamour qui devrait occasionner un certain développement de la personnalité chez les spectateurs.

 

Car autant être sincère: dans le contexte actuel, il y a quand même de quoi s’inquiéter. Les Divas sont tellement laissées pour compte en ce moment que les ceintures vont à nouveau être unifiées (une brand va donc se retrouver avec des divas sans objectif…) et la WWE n’a jamais brillé dans ses recrutements ni dans son exposition des filles: sexisme, grotesque, tout a été bon, jusqu’à transformer certaines d'entre elles en cannes de vieillesse pour guest hosts incontinents. A l’exception de Beth Phoenix, Jillian ou Natalya, les vraies catcheuses de talent ne se bousculent pas au portillon, priorité étant donnée aux jeunes femmes sublimes, quel que soit leur niveau par ailleurs.

 

Néanmoins, ne vendons pas la peau de la grande ourse avant de l’avoir tué, et penchons-nous dès à présent sur les rookettes de cette troisième saison de NXT:

 

  • AJ Lee est l’actuelle "Queen of FCW" (à ne pas confondre avec le titre de Championne des Divas de la FCW, détenu par Naomi). En théorie, son niveau est correct, et elle pourrait rejoindre assez rapidement le roster principal; mais dans cette hypothèse, pourquoi l’associer à Primo, un lowcarder que beaucoup annonçaient au chômage il y a peu? En même temps, le fait d'être Pro à NXT n'avait pas empêché le frère aîné de Primo, Carlito (pro de Michael Tarver) de se faire virer peu après la fin de la première saison…

 

 

     

Si Darren Young est la version black de John Cena, alors AJ Lee est l'incarnation brune de Kelly Kelly.

 

 

  • Aloisia présentait le profil le plus atypique: mesurant plus de deux mètres de haut, colossale donc, elle devait apporter quelque chose de nouveau à la WWE, un peu comme Awesome Kong à la TNA. Néanmoins, peu de temps avant le début du programme, on a appris que la géante était exclue du programme. La première raison avancée était son niveau in-ring, lamentable, mais le pot aux roses n’a pas tardé à être dévoilé: la jeune femme a fait des photos érotiques, ce qui est inadmissible, Tiffany et Mickie James peuvent l'attester… Bref, en réalité, tout cela ne tient pas bien la route, et difficile de se prononcer avec certitude sur la raison exacte de ce changement de dernière minute.

 

 

Miam, sexy!

 

 

  • Jamie Keyes a été, un temps, annonceuse de NXT (avec un talent très limité). Avec pour Pros les Bella Twins, et un physique… généreux, son association avec les plantes vertes paraît lui tracer un chemin direct vers le statut de plante verte.

 

 

Prometteur, isn’t it?

 

 

  • Aksana est une ancienne bodybuildeuse, recrutée par la WWE il y a moins d'un an pour faire la "valet" d'Eli Cottonwood à la FCW. On ne l'a laissée catcher qu'à partir de mars dernier à la FCW, sans qu'elle y connaisse de grands succès… Elle était prétendument ukrainienne, mais lors du show elle est subitement redevenue lituanienne, ce qui correspond à la vérité. On comprend en tous cas dès qu’on la voit que NXT veut redorer le blason de la division féminine de la WWE en montrant de grandes championnes… A ce stade, ce n’est plus de l’inquiétude que l’on peut avoir pour les Divas, c’est carrément de l’appréhension.

 

 

Je devoir partir, je apercevoir Brice Hortefeux!

 

 

  • Naomi Night est la championne actuelle de la FCW, donc censément la plus performante sur le ring. Son association avec Kelly Kelly, la petite fiancée des fans américains, en fait donc doublement une candidate pour la victoire finale.

 

 

Exclusif ! La WWE met des négatifs de ses Divas en surimpression!

 

 

  • Enfin Maxine, rookette d’Alicia Fox, est elle aussi un ancien mannequin, mais elle a tout de même catché à la FCW sous le nom de Liviana.

 

 

Maxine, vous en conviendrez, a l'air sympathique et intelligente.

 

 

Le décor étant posé, passons maintenant à ce premier show, en espérant que la WWE ait vraiment autre chose en tête que de satisfaire les pulsions sexuelles des adolescents…

 

Le spectacle commence sur le nouveau générique, You Make The Rain Fall me semble-t-il, parfaitement dans le ton puisque l’on s’attend à voir de jeunes femmes à moitié nues faire du pole dance (à noter que le début de la proposition est parfaitement cohérent). NXT arbore un habillage violet de fashion week, écrin de choix s’il en est, et en réalité il ne manque plus que Lawler pour donner à l’ensemble un côté glauque angoissant.

 

 

Règle de base: les poufs en mini-jupe, la catcheuse en pantalon.

 

 

Matt Striker n’est pas exactement à la plus mauvaise place, cela se voit sur son visage, lorsqu’il accueille, une à une, les Pros et leurs élèves. Trois remarques, du reste: chaque rookette est accompagnée d’un commentaire sur ses hobbies, comme sur le premier site de rencontre venu (signe qui trahit le fond de la pensée de la WWE, à mon humble avis); Goldust a vraiment un grain qui passe très bien au micro, et enfin: POURQUOI Vickie Guerrero est-elle Pro? Bien sûr, elle est certainement la personnalité féminine la plus incontournable du WWE Universe, et elle est toujours sensationnelle au micro, mais il faut tout de même suspendre très haut son incrédulité pour l’imaginer donner des leçons de catch à sa rookette.

 

D’ailleurs, cette rookette, qui est-elle? Nous l’avons dit, Aloisia a été suspendue. Si la WWE cherchait dans ce genre de gabarit, elle aurait peut-être pu opter, justement, pour Awesome Kong, libre de tout contrat. Voilà enfin un petit moment de suspense et d'espoir, vite douché hélas par cette nouvelle rookette: Kaitlyn, c’est son nom, est magnifique, certes, mais elle ne dénote pas autant que l’on aurait pu l’espérer au milieu de ses consœurs aspirantes Divas (il va falloir que j’évite cette formulation à l’avenir).

 

 

Et quand lama pas content…

 

 

Lorsque chaque Diva a dû se prononcer, je confesse avoir eu une petite inquiétude (de ces inquiétudes qui donnent envie de couper le son pour se délecter du réjouissant spectacle).

 

La dénommée Kaitlyn ouvre donc les hostilités, se présentant en substance comme une fille "différente". Le speech est tellement faible que Vickie interrompt la jeune femme pour l’humilier publiquement (au moins, elle pourra lui enseigner quelque chose: le micro) et exige qu’elle recommence immédiatement. Intéressant jeu de Kaitlyn, déboussolée, la jeune fille bafouille son admiration pour sa Pro, plus que jamais dans un rôle de Cruella, ce qui augure d’un rapport intéressant entre la marâtre et la Cendrillon biatch…

 

Vient le tour d’Aksana, la billion dollar baby from Lithuania, la fille qui suit ses rêves et son cœur blablabla. Classique, pas trop massacré, de quoi éviter de sombrer d’ores et déjà dans la dépression, jusqu’à ce qu’elle parte dans un discours en lituano-anglais incompréhensible…

 

Tellement incompréhensible que sa camarade Maxine le relève, avant de se présenter à son tour: première heel avérée, elle affirme avoir tout pour réussir et être la future gagnante. Il faut tout de même admettre qu’elle est pour l’instant la plus à l’aise au micro.

 

AJ, pour sa part, est un peu la branleuse du groupe: elle n’a jamais rien fait de sa vie, mais a envie de devenir une Diva et va se donner les moyens de réussir.

 

Jamie est donc l’ex-annonceuse de NXT. Son discours n’a pas grand intérêt, mais son cas davantage: elle est la seule à jouir d’une petite notoriété, il est donc plausible que la WWE fasse reposer le début du show sur ses épaules pour maintenir un minimum d’identification du programme.

 

Naomi, enfin, incarne un archétype devenu rare depuis la blessure de Beth Phoenix: la guerrière. La féline donzelle explique que les actes surpassent les mots, avant d’affirmer qu’elle fera ses preuves sur le ring.

 

 

Et Striker fait son marché.

 

 

Vous l’aurez compris, les promos ont été classiques, les archétypes sont clairement identifiés, la WWE ne sortira pas des sentiers battus. Néanmoins, à l’exception peut-être de la championne en titre Naomi, il est bien difficile de sortir une favorite du groupe, et il est fort probable que la WWE capitalise sur ce brouillard pour maintenir un certain niveau de suspense dans son programme.

 

Je jetterai un voile méprisant sur le premier challenge des Divas. La première élimination aura lieu dans 4 semaines, celle qui aura le plus gagné de challenges aura l’immunité, et la première épreuve sera… de la danse. Les Rookies de NXT s’humiliaient publiquement dans des épreuves débiles; il semble évident que ce sera pire pour les jeunes femmes, qui en sont réduites à danser comme des pouffes de discothèque pour exciter les puceaux, incarnés au demeurant à merveille par Cole (en chaussettes rouges et chapeau tyrolien, à s’en faire chambrer par Matthews, c’est dire), Matthews et… Tony Chimel. Séquence oubliable et vraiment pathétique, pour une épreuve remportée par Naomi.

 

 

– Tu es sûr d’être un producteur mondialement célèbre ?

– Mais oui mais oui.

 

 

Le show est déjà écoulé à moitié, et nous allons enfin avoir droit à du catch… Le premier numéro de chaque saison n’a jamais brillé par son volume de catch, mais celui-ci bat tous les records, puisque l’on en vient à espérer de voir enfin les Divas se battre (c’est dire)!

 

Le premier match opposera donc Alicia Fox et Maxine à Double K et Naomi. Intéressant, en un sens: Alicia Fox a beaucoup progressé ces derniers temps, alors que Kelly Kelly est toujours nulle, tandis qu’en théorie Naomi est la meilleure rookette de la promotion. Et le match confirme cette impression: après l’entrée en matière des deux pros, les deux élèves s’empoignent, et si Naomi assure quelques moves sympathiques, très aériens et assez rafraîchissants, en revanche Maxine est absolument médiocre: basique, ne sachant pas porter le moindre coup élaboré, elle a donc clairement été retenue pour son aisance relative au micro, car son niveau in ring n’est pas sans rappeler Otunga (là aussi, c’est dire). En revanche, je ne saurais que trop conseiller aux médecins de la WWE un contrôle antidopage pour la beauté d’ébène: des jambes de cette taille, ce n’est pas normal. Plus sérieusement, je serai peut-être le seul, mais cette longueur de jambes fait que certaines prises donnent un rendu visuel très curieux, assez déstabilisant en fait.

 

 

Comme ça le Dropkick, Kelly?

– Heu… Je suppose, oui.

 

 

Toujours est-il que la victoire revient à Naomi et qu’elle semble assez solide pour aller loin. La voir catcher contre Fox est d’ailleurs assez amusant comme clin d’œil, car la jeune rookette semble avoir largement les moyens pour venir chasser sur les plates-bandes de la Panthère en tant que star féminine noire de la WWE.

 

 

Saurez-vous retrouver la patte de chameau habilement dissimulée sur cette image?

 

 

A noter également un premier "botch", il était temps: alors que la victoire est déjà attribuée, la musique de Kelly Kelly ayant retenti, Naomi place un second pinfall… Erreur dans la chorégraphie? Incompréhension de la rookette? Ce n’est en tous cas pas exactement rassurant sur la suite des événements.

 

Nouvelle épreuve indigne, et nouveau blackout total de ma part, pour lequel je vous demande de me pardonner: une sorte de "chasse au drapeau" ridicule s'achevant par une nouvelle victoire de Naomi, qui aura bien rempli sa soirée…

 

 

A moi les strings!

 

 

Suit le main-event de la soirée: Aksana + Goldust contre Primo +AJ. Je confesse un certain intérêt: Goldust et Primo sont largement capables de rendre une copie propre, et AJ est l’une des rares rookettes précédées d’une petite réputation de catcheuse. L’interrogation concerne Aksana, dont le parcours laisse quand même à désirer, et les craintes sont justifiées: alors que la ravissante AJ livre un match correct, et même bon par moments (oui, j’assume totalement ma partialité), son adversaire se révèle pire encore que Kelly Kelly et Maxine réunies: botchs en pagaille, coups mal ajustés, trac palpable… Fort heureusement le match est très court, et à part une interruption de Vickie qui veut que son élève se présente une troisième fois, ce qui lui vaut de recevoir ladite élève dans les gencives, obligeamment envoyée par une AJ courroucée, le show se termine sur une image d’AJ triomphante que l’on devrait revoir souvent.

 

 

Lààààààààà… Saaaaaaaaaage.

 

 

Que dire? Comment conclure? La WWE a, une nouvelle fois, soufflé le chaud et le froid. Les photos érotiques sont une excuse complètement bidon: il est clair qu’Aloisia ne rentrait pas dans le moule féminin de la WWE, incarné par Kelly et Maryse, et ce triste constat s’est vérifié. Si AJ et Naomi, stars annoncées, semblent en avoir sous le pied, les autres sont un triste amas de chair fraîche. Au temps pour ceux qui auraient espéré que la WWE se serve de ce show comme tremplin pour redorer le blason de sa division féminine en y injectant du sang neuf, talentueux, et surtout connu du public via cette émission qui offre à de jeunes athlètes une exposition préalable précieuse: la fédé de Stamford ne change pas son fusil d’épaule. Reste à attendre que les choses évoluent, et même si l’émission ne révèle que deux catcheuses de talent, ce ne sera toujours pas inutile…

 

La semaine prochaine, vous retrouverez TDS, et je vous dis pour ma part à dans quinze jours!

 

 

D'ici là, c'est bien le diable si Josh n'arrive pas à choper.

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