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RAW mais pas comme d’habitude

Je me lève et je te bouscule, tu ne te réveilles pas, comme d'habitude …

Claude François, Comme d'habitude …

 

Bonjour à toutes et tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où, cette semaine, on a eu une magnifique illustration de la mégalomanie de Vince MacMahon….

 

 

 

Au retour des vacances, c'est facile de savoir qui est allé à la plage ou pas.

 

 

Ce lundi, Raw fanfaronnait sur tous les tons que c'était sa « Season premiere », ce qui était absolument ridicule puisque l'une des spécificités du show rouge de la WWE est d'être une des rares émissions qui, à la télévision US, ne s'arrête jamais. Mais qu'importe, il fallait marquer le coup.

 

Nalyse du RAW du 14 septembre

 

 

 

C'est, en effet, le moment où bon nombre des concurrents les plus sérieux de la WWE reparaissent à l'antenne et pour ça Vince MacMahon avait un plan : donner à ses spectateurs tout ce que la télévision peut leur apporter par ailleurs, en seulement deux heures. Ouais, rien que ça ….

 

Histoire d'éviter que le côté fourre-tout de cette démonstration ne soit trop visible, on avait même ressorti cette bonne vieille RAW Roulette qui était censée déterminer des stipulations au hasard. Mais pour commencer, et histoire de faire la démonstration sur les chapeaux de roue, on a eu droit à un guest Host : Chad Ochocinco.

 

 

Anecodte amusante : Quand la RAW Roulette ne sert pas à l'antenne, elle est entreposée dans la chambre de Triple H et Steph.

 

 

Ochocinco, pour ceux qui ne seraient pas fans de la NFL (qui, et ce n'est pas un hasard, reprenait cette semaine), est un des joueurs de foot américain les plus exubérants, à tel point qu'il a un Reality Show rien qu'à lui. Histoire de définir le gars, disons qu'il est un des plus bling-bling du championnat, avec Terrell Owens (et que c'est ce genre d'athlètes qui avait inspiré au départ MVP pour son personnage de heel sportif qui se la pète à fond) et que le gars Chad est surtout connu pour avoir changé son nom de famille en « OchoCinco », histoire que cela colle avec la traduction espagnole de son numéro de maillot.

 

C'est assez surprenant de voir Ochocinco dans un ring de la WWE quand on sait ce que la WWE a pensé du fait qu'un de ses ex-catcheurs change son prénom en Ultimate et son nom de famille en Warrior pour éviter des procès en propriété intellectuelle. Mais bon le gars a été utilisé à minima (une promo introductive contre le Miz) et la WWE a obtenu la publicité médiatique qu'elle attendait en l'invitant, on ne peut donc pas la blâmer. Fan de sport, de reality-show sur la vie des vedettes, suis la WWE, tu ne seras pas dépaysé … tel était donc le premier message du show.

 

 

En fait, je m'en fous de RAW … Je suis juste venu pour avoir les Bella Twins en cadeau.

 

 

En continuant la liste des grands succès de la télé US, on notera aussi évidemment les dessins animés destinés à un public pas uniquement enfantin comme les Simpsons (qui sont plus vieux que Monday Night RAW soit dit en passant), South Park ou Futurama. Et pour évoquer ce domaine, la WWE nous a offert un très cartoonesque match dont la stipulation (Trading Places) impliquait que chaque catcheur porte le costume de l'autre.

 

Goldust et William Regal, deux jobbers dévoués et à l'aise dans leur personnage ont donc inversé leurs rôles pour un match médiocre mais un segment somme toute divertissant et assez court grâce à la grande faculté de chacun de se mettre dans la peau de l'autre. Là encore, il n'y avait pas grand chose à dire ou à redire.

 

 

Que tous ceux qui pensent que William Regal a été humilié par ce segment se rappellent qu'il a rejoint volontairement le Kiss My Ass Club de Vince MacMahon.

 

 

Par contre, là où la WWE s'est plantée, c'est quand elle a voulu évoquer tous ses talent-shows qui pullulent, ces émissions en forme de casting géant où on cherche qui le meilleur cuisinier, qui le meilleur chanteur, qui le meilleur danseur ou n'importe qui avec un talent un peu bizarre … Si on a échappé au retour du type qui enlève son œil de verre à l'antenne (mémorable au pire sens du terme), on a eu droit à deux segments assez idiots. D'abord, une séquence où on a vu John Morrison à l'entrainement backstage, en train de faire ses trucs de Yamakasi. C'était dispensable et n'apportait pas grand chose au show, presque redondant au vu de la performance in ring de JoMo ce soir-là, mais bon on y reviendra… Et puis, on a eu un mixed tag team match Eve Torres et R-Truth contre Ted DiBiase et Maryse dans un Sing & Dance Contest. R Truth a braillé du rap et Ted Jr a chanté « My Way » tandis que les divas ont dansé. C'était du grand n'importe quoi particulièrement inutile.

 

J'ajouterais aussi à l'intention de Ted DiBiase qu'à l'exception des gimmick de rappeurs (Cena, Cryme Tyme et R-Truth), les deux seuls souvenirs récents de gens que j'ai entendu chanter sont Shelton Benjamin et Trevor Murdoch qui sont ensuite passés par la case Future Endavours. A méditer, Teddy, à méditer …

 

 

Et la semaine prochaine, je vous interpréterais Femme des années 80 de Michel Sardou.

 

 

Histoire de tout à fait terminer le chapitre de la comédie, il va aussi falloir parler de Edge. On nous a resservi une nouvelle petite séquence backstage entre lui et Zack Ryder, ce qui est bien. Non pas parce que je suis un fan de Zack mais parce que j'ai horreur quand la WWE raye d'un trait le passé entre deux lutteurs. S'en suivront deux petits matchs avec une stipulation assez anodine Bodyslam Contest contre Evan Bourne (gagné, bien sûr, ça n 'étonnera pas beaucoup vu le gabarit des deux) et Mark Henry (perdu, pour les mêmes raisons). Sans vouloir trop m'avancer, j'ai l'impression que la WWE tourne un peu en rond avec Edge en ce moment et ne sait pas trop ce qu'elle veut en faire. Avec la nouvelle vague de Heels qui s'est imposée à RAW (le Nexus, Sheamus et Le Miz), la Rated-R Superstar manque cruellement d'un adversaire et même d'une place digne de son rang et de son palmarès dans la carte.

 

 

Dans tous les boulots, c'est la même chose : le salarié mis au placard est en général victime d'une dépression.

 

 

Bon, parlons, maintenant des choses sérieuse, de ce que la WWE a fait de vraiment bien dans ce show, c'est à dire ce qu'ele fait d'habitude : des matchs de lutte et plutôt bons de surcroît. En guise de Main-Event, Orton/Cena, énorme affiche, de nombreuse fois bookée en PPV l'an dernier et dans une stipulation inédite : le table match. Inutile de se faire plus idiot que l'on est, cette stipulation, déterminée « au hasard » par la roue, sert avant tout à donner au match une conclusion où quoiqu'il advienne, aucun en pourra se vanter d'avoir fait le tombé sur l'autre.

 

D'ailleurs après de nombreuses interventions (Nexus + les trois autres participants au 6 Pack), toutes terminées par une table brisée, on aura droit à un finish assez bizarre Attitude Adjustement contré en RKO au travers d'une table. Orton est déclaré vainqueur officiellement mais j'avoue que sur le premier angle de caméra, de face, j'aurais parié Cena tandis que le Replay accrédite la thèse officielle. A trop vouloir faire un final tendu, on perd parfois un peu en crédibilité, dommage puisque le match était malgré tout sympa même si les run-in tendaient un peu trop vers l'over-booking.

 

 

Aucune raison de s'endormir en ringside en tout cas.

 

 

De la même manière, le submission-match Miz-Bryan avait quelques défauts. L'utilisation d'une blessure du type « avant-centre italien dans la surface de réparation adverse », pour mettre le Miz hors du match et le remplacer par Alex Riley était une bonne idée. La ficelle un peu grosse a permis de retarder la confrontation entre les deux qui aura donc lieu en Pay per View. Evidemment, le match, plutôt bon, laissait sur sa faim mais ça donne envie de regarder le pay-per-view et, en terme de cliffhanger, ça n'a rien à envier aux meilleures séries.

 

 

Le Miz, victime d'une sérieuse douleur à la bite, a du abandonner le match.

 

 

Mais la vraie seule grosse storyline du soir, consistait dans la sixième place du match de Night of Champions. Qui allait bien pouvoir la prendre ? Le premier match annoncé à ce propos donnait des inquiétudes : John Morrison (que je ne peux m'empêcher d'appeler Job Morrison tant son push semble reporté) contre Sheamus (booké si faible en tant que champion qu'une défaite de plus ferait de lui un cas plus intéressant à étudier que celui de Jack Swagger). La stipulation, donnée par la roue, Falls Count Anywhere, semblait annoncer un enterrement de première classe pour le Shaman of Sexy.

 

Ben oui, mais, non.

 

Parce que si le scénario d'une victoire pas très nette de Sheamus (comme à chaque fois qu'il a un adversaire de taille) allait se réaliser, ces deux-là y ont mis la manière. La stipulation, qui autorise toute sorte d'utilisation de poteaux du ring, barricades, jouait en faveur de l'irlandais mais JoMo, avec son background de Yamakazi a permis de donner à l'affrontement une toute autre tournure … Rarement, un match avec une telle stipulation, plutôt en faveur du big man, n'avait proposé autant de spots acrobatiques et surtout amenés avec une fluidité qui change de la traditionnelle séquence basique de bagarre dans la foule avant un éventuel gros spot final.

 

 

En fait, John Morrison se fout de gagner ou de perdre des matchs, ce qui le branche vraiment c'est de faire des trucs de ninja à la télé.

 

 

Là, on a eu droit à une vraie épopée avec des tas de mouvements inédits, comme ce moment où Sheamus balance JoMo du haut de la scène comme un sac à patates pour qu'il retombe sur ses pieds comme un chat qui aurait été ninja dans une autre vie. La séquence finale, surprenante où Morrison surprend le champion par un crossbody du haut du titantron mais ne peut faire le tombé car Chris Jericho l'accueille par un coup de chaise, clôt un match agréable qui surtout redéfinit le standard et les attentes du public sur une telle stipulation.

 

 

Certains ont besoin d'un bon partenaire pour faire un bon segment promo. Donnez juste une chaise et un micro à Jericho et attendez.

 

Et puis, une fois le match terminé, Chris Jericho s'est installé tranquillement au milieu du ring, assis sur une chaise et a délivré une promo qui a prouvé qu'il était le Best In The World At He Does, en s'énervant contre un ordinateur qui faisait un son de cloche toutes les deux minutes. La discussion s'envenimant, Jericho ne pourra récupérer sa place que s'il arrive à gagner un handicap match en cage contre la Hart Dynasty.

 

 

I have a message from the General Manager and I quote : "Get a tree-trunk sized member with Viagra. Discount. Buy 20 % of the price"

 

 

Le match était bon (surtout ce final avec un hurricanrana transformé en Walls Of Jericho), mais je pense que la WWE s'est quand même largement plantée : d'abord en ne donnant aucune place à la Hart Dynasty dans les shows précédents, on a donc droit à deux champions en titre, censés défendre leur ceinture dimanche et qui ont droit un match (ce qui est rare) qui ne builde absolument pas leur éventuel match de dimanche. C'est juste incompréhensible, si la WWE décide de tuer sa division par équipe, qu'elle l'achève tout de suite, mais pitié qu'elle évite de la laisser agoniser encore pendant des semaines.

 

Ensuite, je pense qu'un petit rappel au commentaire des règles d'un handicap match en cage n'aurait pas été inutile tant la stipulation n'est pas évidente (visiblement il fallait que les deux adversaires de Jericho sortent de la cage pour permettre la victoire). Mais qu'importe, puisque le match était bon et que la sortie rapide de David Hart Smith a permis à Jericho de bosser longtemps avec Tyson Kidd avec qui l'alchimie semblait bien meilleure (et qui à mon avis, est le plus talentueux des deux).

 

 

Un grand moment du match : David Hart Smith sort de la cage et tout le monde s'en fout parce que ça compte pour du beurre et que personne ne lui a dit.

 

De l'action, du rire, du suspens, du sport, des célébrités, des chansons, c'était bien sûr beaucoup trop pour un seul show mais c'était la Season Première de RAW et Vince MacMahon voulait marquer le coup à cette occasion. C'est globalement réussi du pur point de vue de l'action in-ring mais pour le reste on repassera …

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