Catch

The best in the world at what he did

I'm sailing away,

Set an open course for the virgin sea,

'Cause I've got to be free,

Free to face the life that's ahead of me.

Styx, Come Sail Away

 

Mea culpa: je m'étais réjoui trop tôt la semaine dernière. En intitulant ma review de Raw "Y2Stay", je croyais pouvoir affirmer que les rumeurs faisant état d'un départ (ou, du moins, d'un long hiatus) imminent de Chris Jericho étaient infondées. Il a suffi d'un bon vieux punt kick de Randy Orton pour que la terrible réalité s'impose: on devra faire sans le cœur de lion de la WWE pendant au moins "un certain temps", comme disait Fernand Raynaud. Voire plus.

 

 

Et l'éternité, c'est long. Surtout vers la fin.

 

 

Nalyse de Raw du 27 septembre

 

 

Les Raw de bonne qualité se succèdent depuis quelque temps (approximativement depuis la dernière draft). Pourtant, les ratings du dernier épisode ont été particulièrement bas. La faute, en grande partie, à la saison de NFL qui a repris et, inexplicablement, détourne une partie des spectateurs habituellement branchés sur Raw. Nous autres qui avons vu en action Ben Roethlisberger et, plus récemment, machin 85, savons bien qu'il n'y a rien à voir du côté de la NFL, mais les Américains s'entêtent à suivre ce sport de bourrins. Pourtant, c'est bien à Raw que s'est produite la plus belle transformation de ce lundi soir: l'élan de Randy Orton fut parfait, son équilibre dans la course irréprochable, et son kick dans le crâne de Chris Jericho allia puissance et précision. Et dire que les boulets branchés au même moment sur quelque sinistre Salem Cougars – Louisville Rednecks ont raté ça…

 

 

Tiens, ça sonne pas creux comme la tête de Cena…

 

 

Ce punt kick venait couronner un main-event de haute volée, comme c'est toujours le cas quand on laisse Chris Jericho faire des siennes. Le Best avait lancé l'affrontement par une promo qui arracha sans doute des larmes émues aux Jericholiques du monde entier, et qui annonçait déjà l'issue fatale de son combat: en un clin d'œil à son glorieux passé et à la plus célèbre de ses innombrables brillantes promos, Chris se lança, après avoir consciencieusement mis over en préambule Randy Orton, dans l'énumération de tous les grands noms qu'il avait vaincus. Démarrant comme de juste par Stone Cold et The Rock, il cita ensuite Triple H, Cena, l'Undertaker… et se mit carrément en demeure de citer tous les hommes qu'il a battus dans sa carrière! La pub le coupa à ce moment-là mais au retour de l'image, Chris était encore en train d'égrener l'interminable liste de ses triomphes, citant en vrac des catcheurs japonais, des serial jobbers, trois personnages différents incarnés par le seul Kevin Nash, Sting, Ric Flair (décidément, il est bien loin, le temps où le nom des stars de la TNA ne devait en aucun cas être prononcé à la WWE)…

 

 

Retrouvez sur ces trois DVD de trois heures chacun: la promo de Chris Jericho en intégralité.

 

 

Evidemment, il s'agissait d'une resucée de sa fameuse promo "man of 1004 holds", tenue lors de sa feud contre Dean Malenko il y a de nombreuses années. Je pourrais vous donner le lien direct de cette promo historique (où Jericho, désireux de montrer sa supériorité sur Malenko, "l'homme aux mille prises", récita les 1004 prises qu'il maîtrisait, dont près de 950 fois la clé de bras), mais tant qu'à faire je préfère vous orienter carrément sur le très complet article que l'ami Ultor a consacré ici-même à Malenko, tout y est. 

 

Par ce double rappel de son immense passé d'orateur et de catcheur (la promo dupliquée + la liste de ses victimes), Jericho nous laissait déjà entendre qu'il n'avait plus énormément d'avenir. Ce discours ressemblait presque à un addendum à ses Mémoires. Pourtant, Dieu sait qu'il en a encore sous la pédale, l'animal. Il le prouva avec maestria quand Orton interrompit enfin son monologue et s'engagea avec lui dans un match où Jericho, désireux de partir en un dernier éclat, donna sa pleine mesure, claquant la plupart de ses 1004 prises, échappant au RKO, volant d'une corde à l'autre… D'ailleurs, il ne perdit ce match que par DQ, quand Sheamus, venu prendre un cours de lutte en ringside, et qui squattait là depuis quelques minutes, se décida à intervenir (fort maladroitement).

 

 

Nick Patrick… El Dandy… Chris Kanyon… Bobby Duncum Jr…

Attends t'es à quelle année là, Chris?

1999.

– Rhaaaa!

 

 

Orton DDTisa naturellement l'Irlandais et arma le Punt… quand Jericho l'intercepta d'un Codebreaker au timing parfait. Pour une raison qui m'échappe encore, il décida alors de défoncer le champion à coups de chaise. Naturellement, le temps qu'il sorte du ring, attrape une chaise et revienne, Orton avait repris ses esprits. Le RKO partit, puis Randy se raidit (notez l'allitération, notez aussi qu'il n'y a aucun sous-entendu d'ordre érectile), plissa les yeux, laissa ses muscles rouler des pommettes jusqu'aux biceps, recula dans le coin… Jericho, difficilement, se redressait, amenant sa tête exactement à la hauteur voulue, pour l'un des tout meilleurs (au sens "réalistes") Punts de celui qui, à cet instant précis, justifia plus que jamais son surnom de Legend Killer. Le show se termina sur le regard horrifié de Sheamus et l'intervention de l'équipe médicale.

 

 

Prince Iaukea… Konnan… Silver King…

Qu'est-ce qu'il raconte?

Je sais pas. Il délire.

 

 

Certes, la perte de Jericho (qui a une tournée avec Fozzy à venir, ainsi qu'un mois de break complet prévu aux Maldives avec un banjo et Sarah-Gatina) est à court terme un coup dur. N'empêche, je veux continuer de croire que ce n'est pas la dernière fois qu'on l'a vu dans un ring de la WWE. Oui, il va sur ses quarante ans, et alors, la belle affaire? McOcee, qui a près du double de son âge, court encore le cent mètres en 11 secondes (et en talons aiguilles). Allez, laissons-le s'amuser un peu, ce grand gamin, et retenons notre souffle quand, en janvier prochain, retentira la sirène annonçant le trentième entrant au Royal Rumble!

 

 

Il va tout casser avec ce gimmick de Canadian Badass.

 

 

Outre l'émotion suscitée par le sort malheureux de Chris, ce segment fut également l'occasion de confirmer la direction dans laquelle les bookers veulent aller avec Orton, une direction qu'on est très heureux de les voir suivre avec constance depuis le début du face turn vipérin.

 

Comme Randy l'a dit la semaine dernière, il n'est pas un homme bien. Il reste une brute finie, capable de démolir un concurrent parce qu'il lui casse les couilles, comme ici avec Jericho (n'oublions pas que la semaine dernière, c'est Orton en personne qui était venu défier le Canadien, au prétexte qu'il n'en pouvait plus d'entendre sa voix – reflet exact du retour de Y2J en 2007, quand Jericho, alors face, avait hurlé à Orton qu'il en avait marre d'entendre sa voix, comme quoi les vipères, ça a la mémoire longue). Orton face continue de dégommer ses ennemis sans pitié, de se moquer éperdument du public, auquel il n'offre rien d'autre que sa pose plastique, il ne parle jamais au nom du "WWE universe" et il RKOïse de temps à autre un face qui se trouve au mauvais moment au mauvais endroit. C'est ainsi qu'il doit être, un assassin silencieux qu'il vaut mieux ne pas faire chier. L'homme est taillé sur mesure pour ce rôle, c'est une certitude. Mais son face-turn pourrait à terme, en plus, le faire évoluer en ring, terrain d'attaque principal de ses contempteurs.

 

Déjà, quoiqu'en disent les mauvaises langues (de vipère), il est plus rapide que du temps où il était psycho-heel. Plus rapide dans l'arrivée vers le ring, plus rapide dans les séquences intermédiaires. Reste à ajouter une prise ou deux à sa panoplie, en commençant par rétablir son magnifique standing dropkick, qu'on ne voit plus qu'épisodiquement désormais, et peut-être lui donner une prise de soumission (j'ai toujours pensé que son personnage devait absolument en posséder une, et je ne parle pas du chinlock)… Haters will hate, comme disait l'autre, de même qu'une frange du public conspuera toujours Cena, mais pour ma part, je n'ai pas grand-chose à redire au build actuel de Randy Orton.

 

 

Surtout que maintenant, il nous fait risette de temps en temps!

 

 

A l'inverse de ce que prétendent certains de ses détracteurs, il n'a pas, d'un coup, brusquement, été booké dix fois plus fort qu'auparavant. De mémoire, on ne l'a vu qu'une seule fois survivre à un finisher adverse (contre Sheamus à Summerslam). Il est redevenu champion WWE à Night of Champions, après un an de disette et quelques moins en midcard à feuder contre Kingston, puis contre Rhodes et DiBiase. Depuis son face turn définitif à Wrestlemania, il n'a pas battu un seul main eventer établi en un contre un (et au passage, il a jobbé clean à Jack Swagger). Après sa victoire à Mania sur Rhodes et DiBiase, il n'avait pas gagné un match de ppv jusqu'à Night of Champions, à l'exception du match contre Sheamus à Summerslam, qu'il avait remporté par DQ.

 

En réalité, les accusations de "Supermanerie" le concernant ont avant tout trait à plusieurs séquences où il RKO tout le monde, mais mon disbelief est suspendu suffisamment haut pour que je puisse admettre qu'un catcheur soit plus à l'aise que les autres dans les mêlées générales et parvienne, mieux que les autres, à porter son finisher à ses copains (finisher qui nécessite moins de préparation, de temps et d'espace que le AA, le Spear et autres Wasteland). Bref, on est encore très loin des règnes d'über-face hoganien qu'on a connus il n'y a pas si longtemps avec Triple H et Cena.

 

 

On en reparle dans un an, si tu veux bien.

 

 

Orton se retrouvera dimanche dans une cage avec Sheamus, et l'épisode de ce lundi réussit joliment à souligner la brutalité et la volonté de l'Irlandais, décidément très bon dans tous les domaines. Il commença par une fascinante histoire irlandaise de main tranchée et jetée sur le trône pour gagner une course (une technique à employer la prochaine fois qu'il y aura un Strap Match, tiens) avant de défier tout le roster à venir se prendre une branlée. Evidemment, c'est Khali qui s'y colla (allitération deux, et toujours pas de sous-entendu sexuel). Sheamus ne se montra pas trop intimidé, mais une fois encaissé une bonne claque dans la poitrine, décida de sacrifier son classement Powerslam: il se fit disqualifier mais démolit le géant indien en ringside, nous ramenant au début de son build, quand il décalquait semaine après semaine des jobbers, des Jerry Lawler et des Jamie Noble.

 

 

A noter que, d'après la Pravda, il n'a pas eu match perdu. Vous voyez que la WWE prend le classement Powerslam très à cœur!

 

 

Je m'aperçois que j'ai consacré un peu trop de place aux récriminations anti-Orton, mais c'est votre faute, vous n'aviez qu'à pas avoir un avis différent du mien. Je vais donc essayer de traiter assez rapidement le reste de cet excellent show, qui débuta par une promo du Miz vite interrompue par l'arrivée de ses deux ex. Bryan et Morrison formaient une équipe de rêve, face à Miz et Alex Riley, aka Mini-Miz (© Spanish). Le match commença bien mais fut hélas trop court, Miz réglant son compte à Bryan avant de se lancer dans un beatdown vite interrompu par Morrison. Alors que les anciens compères se castagnaient près de la barricade, ils prirent sur la gueule un suicide dive de Bryan qui ne fut pas du goût de Morrison, lequel balança une droite à l'American Dragon, qui répliqua! La baston continua quelques instants, le temps pour le general manager, terré dans son bunker, de taper un mail de ses petits doigts boudinés, décidant d'un Triple Threat Match entre ses trois-là à Hell in a Cell.

 

 

– Bryan, tu n'es qu'une petite merde, je veux te voir mort, je veux que le Miz profane ton cadavre et qu'Alex Riley pisse dans tes entrailles, que les chiens du désert dévorent ta…

– Heu, Michael, et ce mail du General Manager?

– Hein? Ah oui, désolé, je me suis un peu dispersé.

 

 

Faut-il voir dans cet épisode les prémices d'un turn de Morrison? J'en serais personnellement ravi, car après un heel turn, on reçoit généralement un push, et putain, un programme pour le titre entre Orton et Morrison, miam de miam. On n'en est pas là, loin de là même, mais ce Triple Threat spécial soumissions est d'ores et déjà très attendu (pour moi, c'est sans aucun doute LE match à voir au ppv, l'autre étant Cena-Barrett, mais uniquement pour le résultat final).

 

 

Les secrets séduction du Shaman of Sexy: laissez toujours traîner votre langue, on sait jamais, y a peut-être un truc à lécher qui passera à proximité.

 

 

Heel turn, synonyme de push? Voire. Ce n'est pas forcément ce qui se produit en cas de split d'une équipe face, comme peut l'attester le costaud des Cryme Tyme, s'il est encore vivant. Pas découragé par le triste destin de Shad "THIS IS MY TIME" Gaspard, DH Smith semble parti pour prendre le même chemin. Pour une raison pas très claire, les Hart, déjà défaits à Smackdown le vendredi précédent, avaient un nouveau title shot ce lundi pour les ceintures qu'ils avaient perdues sans gloire à Night of Champions. L'occasion de revoir les Dashing Ones à Raw, ce qui est toujours un plaisir, surtout pour eux. Drew semble plus à l'aise qu'auparavant en tag, et même si, pour lui, ce passage équivaut à une relégation (il y a peu, il était quand même champion IC, exécutait des promos de dix minutes en ring et annonçait viser le titre de champion du monde), il peut finir par en tirer profit… si, bien sûr, le catch par équipes continue d'avoir droit de cité à la WWE à l'avenir!

 

Car après la nouvelle défaite des Harts, consécutive à une poussette de Drew sur Tyson quand celui-ci s'apprêtait à porter une Hart Attack à Rhodes, le gros nounours Smith refusa la consolation musclée de Natalya et se barra, envoyant chier ses camarades rose et noir. Rien de bon là-dedans: si le split se confirme, on perdra l'une des rares teams rodées et over de la WWE. De là voir la team "borchtch et spaghetti" monter d'un cran et être réellement prise au sérieux, il n'y a qu'un pas, qu'on aimerait bien voir franchi!

 

Niveau Dynasty, en tout cas, pas de raisons de pavoiser. Les chances de Smith de faire une grosse carrière individuelle ne semblent pas énormes (et une éventuelle stable de Fortunate Sons qui se monterait autour de Ted DiBiase sentirait quelque peu le faisandé post-Legacy). Quant à Kidd, qui a encore réussi quelques moves sublimes ce lundi, son gabarit lui interdit probablement de viser autre chose que la midcard. Bref, le fils du bouledogue a intérêt à se rabibocher avec Tintin, sinon c'est direction Chavoville.

 

 

Changement de rôle chez les Hart: dorénavant, c'est Tyson et David qui seront les gardes du corps de Natalya, et non plus l'inverse.

 

 

Une bonne chose ressort tout de même de la probable scission des Hart: Natalya a enfin les mains libres! Plus tôt dans la soirée, celle qui est probablement la meilleure technicienne de la WWE actuelle avait remporté une bataille royale un peu confuse (Melina fut la première éliminée, probablement sur un botch de sa part, et certaines autres éliminations, notamment celle d'Eve, frôlèrent le risible) puis lancé quelques œillades charmeuses à Laycool, installées à la table des commentateurs (et qui m'avaient plutôt fait marrer par leurs simagrées durant les 4 minutes que dura le combat). J'aurais bien sûr préféré que Nattie ait été inscrite dans la title picture il y a des mois, par exemple quand Kidd et Hart avaient les titres de champions par équipe; mais ne faisons pas la fine bouche, c'est déjà une très bonne chose de la voir de retour entre les cordes, pour un programme qu'on espère long contre les deux succubes de Smackdown.

 

 

Michelle, on la connaît pas trop elle…Comment on va la vanner?

Hmm… Voyons voir. Elle est grosse comme Piggie James et blonde comme Smelly Kelly…

OK, je sais! On va dire qu'elle est grosse et qu'elle pue!

Génial!

 

 

Pour être complet sur les filles, Maryse a décidément des embrouilles avec Ted, et on saura la semaine prochaine qui est l'admirateur secret de Ted (ou de Maryse?). Le problème, c'est qu'on n'en a toujours rien à faire. DiBiase catche peu, pas très bien, et son personnage n'a presque rien à se mettre sous la dent et souffre de la comparaison aussi bien avec son flamboyant daron qu'avec l'hidalgo aux bourses hypertrophiées de Smackdown. Il y a pourtant de quoi faire avec un gimmick de fils à papa pété de thunes, mais la WWE n'a pas l'air de vouloir se fouler pour Ted, peut-être à cause de l'échec critique de The Marine II, même pas sélectionné au Festival de Cannes.

 

 

Y a écrit: "bwaaaaaa bwaaa bwa bwaaaa".

Eh merde. On est partis pour une storyline avec Khali.

 

 

C'est avec R-Truth que DiBiase feude paresseusement ces temps-ci, mais pas cette semaine. Le rappeur zézayant avait plus important à faire: une promo vide de sens avec Cena (bien meilleur rappeur que lui, soit dit en passant) dans le vestiaire. Il en ressortit que Cena était un fou furieux, pas un mec mesuré qui prend garde à lui. Ouais, bon, OK. Personnellement, j'ai espéré un instant apercevoir un Cena réellement inquiet à l'idée de se fader Barrett au pay per view: ah, si seulement il avait demandé à Truth de surveiller le reste du Nexus ce dimanche, là on aurait vu un Marine prenant la menace au sérieux… Comme je serais absolument ravi de voir Cena jouer les porteurs d'eau de Tarver et Otunga, j'espère que l'insouciance globale dont il fit preuve dans cette courte séquence annonce une grosse désillusion pour lui au ppv…

 

 

– Dis, Truth, t'as été le pro d'Otunga à NXT, tu pourrais me donner des tuyaux sur lui?

– Sérieux?

– Ha, tu m'as cru, corniaud!

 

 

Cena n'allait pas rester au vestiaire bien longtemps, puisque le GM anonyme le sommait quelques instants plus tard d'en sortir pour aller péter la gueule à Edge. Il faut dire que Rated-R, aussi remonté contre le règne des machines que John Connor, n'avait pas ménagé ses vannes à son chef hiérarchique lors d'un Cutting Edge complètement débile et donc très rigolo. Représenté par un ordinateur surmonté d'un micro dont sortait une voix robotisée, le General Manager encaissa les sarcasmes du Canadien pendant quelques minutes avant d'ordonner un match face à Cena, voyant que décidément, il n'arriverait pas à prendre le dessus avec un humain dans une joute verbale.

 

 

Quelle misère. Ils auraient au moins pu me faire feuder avec iMac…

 

 

Cena (qui doit avoir un iPhone pour communiquer aussi vite avec le maître de céans) surgit alors pour, comme on le croyait, botter les fesses opportunistes d'Edge de ses baskets patriotiques. Quelle surprise, alors, quand au bout de quelques minutes plutôt agréables, Edge rebondit dans les cordes et Speara le Marine! Celui-ci avait nettement le pied sous les cordes, mais l'arbitre n'y voyait que du feu, décomptait le tombé, et Edge, aux mimiques toujours aussi exubérantes, n'en croyait pas ses yeux exorbités! Il avait battu Cena! Manque de pot, ce putain d'ordinateur se manifesta de nouveau (rhaa, cette voix horrible digne de Ned Gerblansky! Rendez-nous Michael Cole!) et proclama que lui avait tout vu grâce à ses milliards de capteurs, et que le match devait reprendre! Evidemment, le STF s'ensuivait, Edge abandonnait, Cena retournait au vestiaire débattre avec R-Truth de la crise financière internationale, et Edge…

 

 

Et Edge le prit su-per bien.

 

 

Ouais. Aaah, y a que lui dans ce registre de taré hilarant! Edge, tel un militant anti-chépakoi décidé à détruire le symbole d'une société dématérialisée et déshumanisée, massacra littéralement l'ordinateur, qui eut juste le temps d'appeler à l'aide Michael Cole (pas très malin, ça) avant d'être mis en pièces. Dans un moment particulièrement grandiose, Edge effectua sur le clavier déchiqueté une descente du coude! Avant de finir l'écran à coups de chaise et coups de boule, au point de s'ouvrir le front. Je fais exactement pareil quand, rédigeant une review depuis deux heures sans avoir pris la peine de l'enregistrer, j'appuie par mégarde sur ctrl W.

 

 

Radical, ce nouveau logiciel anti-virus.

 

 

Après cette séquence proprement géniale, les spéculations sur l'identité du GM sont relancées. Ce qui est certain, c'est qu'une fois son nom révélé, il ne faudra pas aller scruter toutes ses décisions pour y décerner une cohérence globale: hormis sa récente feud avec Edge, l'AGM n'a pas vraiment semblé avantager tel camp plutôt que tel autre. La dernière rumeur à la mode est particulièrement appétissante: le type assis derrière le vrai ordi serait nul autre que Mick Foley! Foley, paraît-il en bisbille à la TNA, vient de sortir un livre sur ses années TNA, livre que Michael Cole cita à l'antenne, ce qui est pour le moins super étrange. De plus, lors d'un segment "cette semaine dans le passé" diffusé à NXT, on nous remontra une victoire de Foley sur Triple H… En tout cas, ce serait magnifique d'avoir dans ce rôle l'immense Mick, excellent orateur et probablement le catcheur le plus intelligent de sa génération et de la suivante. Foley qui, ne l'oublions pas, avait eu en son temps une feud sanglante avec Edge…

 

 

Ouais, avant une feud contre Mick Foley, il vaut mieux bien s'échauffer à s'ouvrir le crâne.

 

 

Mais ne nous enflammons pas: on aura l'air malin quand on apprendra que l'inconnu le plus mystérieux du web est quelque sinistre mastard qui tape au clavier avec un sledgehammer. Revenons plutôt à l'action, avec le Nexus qui s'avance. Alors au Nexus, hormis le mâle alpha Barrett, il y a Tarver et Otunga, qu'on ne laisse presque pas catcher mais à qui on donne la parole de temps en temps histoire de rappeler qu'ils ont un rôle à jouer dans la stable; et il y a Slater et Gabriel, qui ne parlent pas des masses mais qui présentent la caractéristique de savoir catcher.

 

On les vit en duo ce lundi, face à l'association Bourne-Henry, déjà aperçue à plusieurs reprises ces mois derniers. Gabriel face à Bourne dans le même ring, c'est un peu la demi-finale rêvée d'un hypothétique tournoi pour le titre Cruiserweight (l'autre demi-finale étant Tatsu-Prim… heu, non, Bryan-Kaval, plutôt). Comme de juste, les deux high flyers se portèrent mutuellement leurs finishers. Ce fut d'abord Bourne qui airbourna Gabriel, mais Slater le poussa astucieusement au moment du pin, permettant à son pote de faire le tombé victorieux pour leur équipe. Puis, après l'irruption réglementaire des autres membres du gang, Henry fut passé à tabac en ringside et Bourne, comme d'hab, servit de punching ball à Barrett et compagnie, le 450 Splash de son alter-ego heel abrégeant ses souffrances. Suivit une promo hypant l'invasion de SD par la meute ce vendredi, plutôt bien servie par Otunga et surtout par un Tarver surprenant de hargne pour qui se souvient de ses misérables promos à NXT.

 

 

Cena prépare son prochain gimmick: conducteur du bus du Nexus.

 

 

Barrett profita de l'occasion pour expliquer pourquoi son clan voulait tant recruter Cena, et j'aimerais remercier personnellement Wade, car je me posais sincèrement la question. Sérieusement, si je suis les Dalton, est-ce que je voudrais que Lucky Luke enfile une tenue de détenu (tiens, même code couleur que le Nexus, comme quoi les criminels ont toujours eu une prédilection pour le noir et le jaune) et vienne prendre sa place dans notre rang? Bien sûr que non, je craindrais trop qu'il me tire dans le dos (et plus vite que son ombre) à la première occasion! Eh bien, Barrett a expliqué son raisonnement: avec dans ses rangs une star comme Cena, le Nexus franchira une nouvelle étape dans son ascension vers la domination totale sur la WWE. Bon, ça n'explique pas vraiment ce qui fait croire à Wade que Cena lui sera fidèle, mais c'est toujours ça de pris.

 

 

You’re either Nexus or against us!

 

 

Ce show très dense restera bien entendu en mémoire pour le punt qui envoie Fozzy en tournée européenne (je me refuse à croire que Jericho puisse réellement partir définitivement sans une énorme storyline préalable), mais il a connu beaucoup d'autres moments jouissifs, importants ou simplement agréables. Reste à savoir si Raw peut être aussi bon sans Chris Jericho…

 

 

Poser la question, c’est déjà y répondre, lamentable bactérie fécale.

 

35 commentaires

Copyright © 2011 — 2018 Kayfabe Media. Tout droits réservés.

En haut