Catch

Frères ennemis et destins croisés

Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis.

Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle.

 

Une nouvelle fois, quel RAW! Sur cette année 2010, la brand rouge marche sur l'eau, et nous a proposé un énième très bon épisode. Le fil rouge du soir fut la confection de l'équipe qui représentera RAW à Bragging Rights, et la storyline entre Cena et le Nexus se retrouva bien sur au coeur de ce weekly. Mais plus que tout cela, il me semble que le cœur de la période actuelle repose sur un basculement important: on voit en effet les deux superstars majeurs de RAW, le top heel et le top face de la dernière décennie à la WWE, basculer l'un vers l'autre, et ce de manière plutôt amusante à analyser.

 

 


Le thème éternel du duel au sommet.

 


Nalyse de RAW du lundi 11 octobre

 


Je commencerai par un grand merci à Sarah-Gatina pour la vignette d'intro. Sa source d'inspiration principale nous ayant temporairement quitté, elle noie son chagrin dans le champomy, la musique de fozzy et la littérature ouzbek du XVIIe siècle en version originale. Elle a quand même accepté devant mes sollicitations incessantes de faire ce petit montage. Courage Sarah, il va revenir…


Pas moins de sept matchs ce soir, ce qui provoqua inévitablement beaucoup de matchs courts, mais de manière surprenante et agréable, peu de mauvais matchs. Six ont concerné la formation de la team RAW à Bragging Right, alors que le dernier a mis en scène le champion, dans un rôle particulier depuis quelques semaines…

 

 


Quand Randy lance ce genre de sourire au Kidz, ça n'est pas qu'il veut les bouffer, mais bien une opération séduction.

 


Mais je reviendrai plus tard sur ce point. Commençons par nous débarrasser de ce que j'ai trouvé le moins intéressant de l'épisode, sans forcément être catastrophique: les divas. On vit ainsi Natalya prendre le micro dans une prestation solide, même si assez peu sexy, et qui fut interrompue par un énième numéro des Laycool. Ces dernières nous racontèrent que Natalya avait de la barbe comme son père (lolylol, Micky c'est une truie, hihihi, et Beth c'est un homme, huhuhu, et Natalya elle a de la barbe comme son papa, houhouhou lolylol topmégafun!), avant de se heurter à la meilleure réaction possible de la Canadienne qui se mit le public dans la poche en exprimant tout haut ce que tout le monde pense. Rigolant devant la blague des Laycool comme McOcee que l'on traiterait de faible femme, Natalya prit également une posture dominante dans cette confrontation morale en restant calme.

 

 


C'est un des avantages d'être blonde teintée en rose, on ne comprend vraiment rien, ce qui fait que les insultes glissent sur vous comme un guest host entre les cuisses d'une Bella Twin.

 


Le segment se conclut par une intervention des faces brunes de RAW (Gail, les Bellas, Eve et Melina), qui boutaient les Laycool hors de l'enceinte. A propos des deux chipies, je dois dire que je suis étonné qu'elles ne déclenchent pas plus de heat avec tout ce qu'elles balancent: à chacune de leur intervention, je griffe mon bureau plus profond que ce que Sarah s'imagine faire aux épaules de Jericho dans ses rêves les plus chauds, et j'en ai des pensées proches de celle qui poussèrent Edge à détruire l'ordinateur de l'AGM. Bref, je me demande encore comment les gens font pour ne pas leur jeter des cailloux…

 

 


Natalya de son côté nous explique les préceptes zens qu'elle applique.

 


A côté du passage obligatoire féminin, la grosse majorité de l'épisode concerna le build de Bragging Rights, qui a vu cinq matchs courts (entre deux et cinq minutes) désigner cinq des membres de la future équipe RAW du prochain PPV. Malgré leur durée, j'ai trouvé tous ces matchs très distrayants, car ils abordaient chacun avec qualité un aspect du business. Par exemple l'opposition la plus courte, entre Santino et Zach Ryder, s'orienta vers le versant comique du catch. Ryder a été correct comme d'habitude, et Santino a parfaitement su jouer avec le public. Ca parait incroyable de voir un lowcarder soutenu à ce point et qui voit son nom scandé dès le début du match. Ce dernier se conclut d'ailleurs sur un feelgood moment et la victoire de l'Italien sur Cobra (?!?), tout de suite félicité par une Tamina aussi conquise que le public.

 

 


Tamina sur le point d'arracher son t-shirt avant de se rendre compte qu'elle est dans une enceinte publique remplie de 20 000 personnes.

 


Tyson Kidd et John Morrison nous proposèrent une opposition fort sympathique entre highflyer, dans un match qui était annoncé comme un triple threat avec un David Hart Smith qui finalement ne put pas venir (storyline? réel absence avec sanction en perspective? blessure? grève à cause du classement Powerslam dans lequel il se juge mal classé?). Le match était distrayant avec plusieurs enchainements sympathiques, desquels je ressortirai le russian legswip de Tyson depuis les cordes, et surtout le sublime C4 réalisé pour la seconde fois par le monday night delight, cette fois-ci comme finisher lui donnant la victoire! Ne pouvant être réalisé qu'avec les adversaires aptes à l'encaisser, ce finisher originalement créé par Paul Burchill (un immense raté pour la WWE que je mettrais au niveau de celui de Shelton Benjamin) est ultra spectaculaire et on espère le revoir plus souvent.

 

 


La preuve, même Tsurugimi est devenu fan de JoMo depuis qu'il a la barbe.

 


Le premier match de la soirée opposa R-Truth à Ted dibiase, dans un match où on sentait venir l'intervention de Goldust à 8078 km (la distance entre mon foyer et Seatle). Sans surprise le bizarre one accompagné de la lituanian one arriva à la fin du match, et permis au rappeur de l'emporter, présageant une feud mixte entre le million dollar couple et le trav' couple. Malgré un public mort (sans douté lié au changement de themesong de R-Vérité, qui passe d'un rap à la limite du génial pour chauffer un public, à quelque chose de… différent), je tiens à noter l'excellente prestation des deux catcheurs. En l'espace de trois minutes et au delà de leurs trademark move usuels, Ted nous proposa un sitted spinebuster tout simplement incroyable et what's up ne fut pas en reste, nous gratifiant d'un joli scoop slam et d'un tout aussi efficace suplex facebuster. En bref et je n'ai pas peur de le dire un grand match pour le temps qu'il a duré!

 

 


– Truth, c'est formidable, tu as gagné, t'es vraiment un symbole de réussite pour tous les jeunes noirs Américains!
– Ca veut dire qu'on peut baiser?
– Même pas en rêve…

 


Dernier match avant le main event car il nous dévoilait la nouvelle acquisition de RAW pour compenser la perte d'Edge: Evan Bourne opposé à… CM Punk! Pas vraiment une surprise, mais quand même une grosse satisfaction et une raison de plus de regarder RAW. Visiblement limité par la blessure qui va entrainer une opération et donc qui justifia le beatdown post match, Evan ne résista que deux minutes ce qui n'empêcha pas quelques séquences agréables. Détail fun, je noterai que Punk a l'habitude de galérer pour lancer en l'air sa victime lors de son GTS, et là avec Evan Bourne il l'a jeté trop loin… Mais revenons à Punk car le match en lui même est anecdotique: il a un nouveau look avec une barbe plus courte, qui lui va carrément bien, et qui marque clairement le changement de page après la période SES. Si besoin était, son booking dominant et destructeur après plusieurs mois booké très faible confirme la chose. On a hâte de voir ce que la suite nous réserve, mais je note avec surprise que même pendant son beatdown vraiment cruel, la salle entière l'encourageait.

 

 


Vous allez vous aimer les uns les autres, bordel de merde!

 


Dernier match qualificatif avant le main event, le plus long des cinq et sans doute le plus attendu: le rematch entre Daniel Bryan et Sheamus. Après le massacre du champion US, cette revanche devait clarifier les choses. Il était quasiment écrit qu'il perdrait (l'opposition entre le champion Us face de RAW et le champion IC heel de SD! me semble d'une logique implacable à Bragging Rights), restait à savoir comment. Ainsi Bryan entama le match de manière hyper agressive et tout à fait logique, le storytelling du match fut parfait (au contraire de Michael Cole, qui avec une objectivité égale à celle de nos discussions sur Cena et Orton avec Axl, déclarait que Bryan avait fait perdre la team RAW à Summerslam alors qu'ils ont gagné…) avec une alternance des phases de domination où chacun des acteur sortit ses coups emblématiques très biens vendus par l'autre. La séquence de fin presque botchée par l'american dragon (la faut à l'angle de caméra?) et rattrapée par Sheamus voyait Bryan échapper à la powerbomb de Sheamus qu'il transformait en sunset flip, avant que le géant bicolore ne se relève et mette KO le dragon d'un bicycle kick. Je ne vois pas pourquoi Sheamus descendrait vers l'US et je ne pense pas qu'il le fera, mais une feud entre les deux avec un match de PPV en ligne de mire pourrait faire des étincelles tant l'opposition de style est grande et les deux semblent complémentaires.

 

 


En attendant, Bryan était dans son état natal en a profité pour faire un petit somme chez sa mère histoire de récupérer.

 


Mais en réalité, tous ceci n'était qu'emballage de la très grosse storyline actuelle, voir de ces cinq dernières années! Les créatifs de la WWE ne s'y trompent pas en ayant consacré autant de temps au Nexus, ils tiennent quelque chose d'exceptionnel qu'ils sont en train de réussir totalement. Il faut dire que le risque est moins important qu'il n'y parait de mettre ces jeunes catcheurs au centre de tout intérêt, car c'est bel et bien John Cena qui porte la majeure partie de cette storyline (qui révèle également un fantastique Barrett). Ainsi la soirée commença sur le themesong du Marine, souriant comme on ne s'attendait pas à le voir et qui débarqua sous une réaction toujours aussi importante du public. Cena prit le micro et sortit un discours très intéressant incluant du shoot: il avait besoin du soutien des gens, il assumait sa défaite, mais pas vraiment ce qu'il serait amené à faire forcé par le Nexus. C'est là que ça devient passionnant: ce discours oriente pleinement la storyline vers un aspect psychologique pour le héros. Il est déchiré, et montre de la faiblesse. Il demande du soutien, mais contrairement à d'habitude, on le voit craindre ne pas l'avoir. Il se justifie pour ne pas perdre l'amour des fans. Bref, on sent que Cena est fragile, peut être pour la première fois de manière crédible. Et on a une réelle possibilité de le voir turner d'une manière différente des turns brusques traditionnels, ou si jamais il en réchappe (ce que je ne souhaite pas), ce qu'il va endurer lui donnera une légitimité pour changer son personnage. En bref, j'imagine quoi qu'il arrive un nouveau personnage de Cena dans l'avenir.

 

 


Avec un nouveau t-shirt: u can give up, but only once.

 


Cet appel au secours moyennement reçu par les fans malgré le talent micro de Cena (les "boring" des haters étaient un peu dommageables, quand justement, le catcheur ciblé est dans une période où il pourrait changer de gimmick…) fut interrompu par le "awesome" annonçant l'arrivée d'un Miz très élégant en costume gris clair. Ce dernier accompagné de son Riley personnel vint tenter de recruter Cena pour la team RAW avec un joli speech. Le Marine apprécia l'idée, mais annonça qu'il se voyait bien capitaine (sans doute un moyen de tenir son esprit occupé loin de sa situation actuelle) à la place du capitaine, ce qui donna une scène avec les deux athlètes se régalant au micro avec la foule. Mais il faut croire que le ring était trop grand, et un autre géant du micskill rejoignit ces deux maîtres en la matière, en la personne de Wade Barrett. Et il effectua une mise au point simple: peu importe RAW ou Smackdown!, seul importait le Nexus et le titre WWE, donc Cena allait se concentrer là dessus. Cena tenta de négocier à la manière d'un adolescent avec ses parents et sans aucune autorité sur la situation, en expliquant qu'il pouvait très bien assurer les deux choses (le capitanat de la team RAW et le soutien de Barrett en ME).

 

 


– Allez papa, fais pas ta pute, laisse moi rentrer à 11h ce soir!
– Même pas en rêve, file ranger ta chambre, et je te l'ai déjà dit mille fois, tu portes ta casquette normalement quand tu es à la maison!

 


Quand Riley prit le micro, c'était complètement inattendu: devant un Miz médusé, le roquet grande gueule (à l'image de son maitre) énonça que Cena ferait bien d'écouter Barrett, car qui que soit le vainqueur, Miz pourrait très bien cash in sa mallette. Au temps pour la surprise, comme le reconnut ce dernier, qui fut néanmoins assez flatté pour pardonner à son esclave enthousiaste. L'AGM interrompit cet excellent échange pour effectuer sa mise au point: RAW devait gagner et ne pas perdre sur une trahison comme l'an dernier, il y aurait un match ce soir même pour déterminer le capitaine, et si Cena devait obéir à Barrett, tout le monde Barrett compris devait lui obéir à lui, l'AGM. Miz vint aboyer un peu plus fort à la face de Barrett, et l'Anglais au sang chaud lui répondit d'un bon coup de boule (faut pas faire chier l'anglais quand il n'a pas mangé son bacon à la confiture de menthe au petit déj'). Le tout tourna en brawl dominé par la force du nombre par Miz et mini-Miz, avant que Cena longtemps indécis n'intervienne en foutant le Miz hors du ring, et en attitude-adjustant Riley pour la forme.

 

 


Barrett, t'es un sale homosexuel d'Anglais, quant à toi, Cena, ta stupidité n'a d'égal que l'hypertrophie de tes muscles dopés. Et si vous êtes pas contents, ben, je vous laisse le dire à Riley qui me transmettra vos plaintes.

 


En bref, un bon petit opener qui allait dans tous les sens et qui mettait en lumière pleins de choses intéressantes (la mallette, le ME du soir, le match WWE de BR, le match interbrand de BR, la faiblesse de Cena). Un petit segment au milieu de RAW développait plusieurs autres points importants: les trois Nexus restant menés par un Otunga largement mis en valeur interrogèrent Husky Harris et Michael McGillicutty pour savoir ce qu'il en était de leur cas et du rôle de Barrett dans toute cette histoire. Wade interrompit le tout, renvoyant les deux fils de légendes faire un tour (au passage Husky assure vraiment le peu qu'il a à faire avec ses mimiques et son air de bourrin sournois). Il expliqua que ce soir, un membre du Nexus affronterait Randy Orton. Otunga prit la parole de manière crédible, et se posant en stratège, proposant que Gabriel y aille pour faire le plus de dommage possibles. voilà qui était intéressant, et qui donnerait de bonnes indications.

 

 


Wade, je suis volontaire pour que Gabriel aille manger un RKO ce soir.

 


Autre segment de milieu d'épisode, faisant écho à une discussion ayant lieu juste avant Hell in a Cell, R-Truth vint voir Cena dans le vestiaire. Truth fut dur avec John, mais assez juste, disant somme toutes que le reste de la locker room n'avait plus confiance en lui étant donné qu'il pouvait attaquer n'importe qui sur ordre du Nexus. Et que pour prévenir toute escalade dans les catastrophes, Cena ferait bien de tout abandonner. La scène était rude, Cena ne dit pas un mot, il était effondré en début de segment, mais le salut de Truth lui arracha un sourire. Cependant tout le discours le fit replonger dans la morosité, et quand Truth ponctua son intervention d'un "just quit" avant de partir sans un regard, Cena baissa la tête de plus belle. Le voici maintenant abandonné par ses collègues catcheurs, on voit la spirale infernale continuer d'emporter le Marine toujours plus profond, et chaque possibilité d'échapper à son destin s'effacer petit à petit. Sa volonté s'érode progressivement et inexorablement, jusqu'à quand tiendra-t-il?

 

 


Au fait John je voulais te dire: je te trouve complètement over-rated, tu sais pas catcher et tu nous fais tous chier, casse-toi tu pues, et marche à l'ombre.

 


Le main event commençait sur une énième mauvaise nouvelle pour notre héros: le match serait un match no disqualification, et avec Riley autour du ring, autant dire pire qu'un match à handicap (en effet dans ce dernier format, Cena aurait pu effectuer le compte de trois sur mini-Miz, là il ne peut même pas…). Le build du match était assez anecdotique, sans être mauvais. Cena domina globalement, mais seul contre deux, il fut souvent coupé dans ses temps forts par Miz ou Riley. John toujours aussi résistant (c'est ça l'entrainement des marines!) affronta vents et marées, avant de voir une opportunité se présenter: il appliqua son STF à Miz d'abord, puis à Riley suffisamment longtemps pour l'éliminer temporairement, et revint ainsi à Miz pour "finir le boulot". Husky et MMGC choisissaient ce moment pour intervenir, chacun appliquant son finisher à la face de la compagnie avant que Miz ne l'emporte. Quatrième défaite en huits jours pour Cena, qui voit pointer le niveau des jobbers au classement Powerslam. Et victoire opportuniste, mais importante pour le Miz, qui se voit confirmé sixième homme et capitaine de l'équipe RAW alors que Cena n'y sera pas (ce qui est assez étrange sachant qu'il aurait pu en être capitaine, enfin bon…).

 

 


– Maintenant que tu es chef de la team RAW, que vas tu faire, Cortex?
– Comme tous les soirs, Minus, conquérir le monde!

 


Il restait néanmoins dix minutes pour la scène finale (curieux, alors que SD! ne dure plus que 80 minutes effectives, RAW se rapproche des 100 minutes, allez comprendre…) car Cena se releva face aux deux anciens rookies de la saison 2 de nXt, et entreprit de se défouler sur eux. Barrett arrêta le Marine, qui faillit le frapper, mais stoppa son geste, pétrifié. Cena sur le point de sauter à la gorge de son maitre fut interrompu par un mail de l'AGM: le ME de la semaine suivante opposerait Husky/MMGC à… Attitude RKO!!! Barrett s'empressa de prendre le micro pour dire que si les deux rookies l'emportaient, ils seraient intégrés au Nexus, et affirma à Cena qu'il était certain que celui-ci ferait ce qui est juste. On imagine déjà Cena forcé de voir son ancien ennemi et dernier recours se faire massacrer pendant qu'il ne pourra rien faire, mais on n'en est pas là. Car la soirée continuait encore un peu, et vit le plus haïssable numéro depuis longtemps à la WWE. Un Barrett au sommet de son art humilia totalement son nouvel esclave: il le traita de lâche, affirma qu'il laissait tomber son public, l'insulta et lui tourna le dos, l'accusa d'être un poltron. Le pire était le coup final, quand Cena quittait le ring tête basse: Wade avec le regard le plus sadique possible et le sourire aux lèvres lui ordonna de se retourner, puis lui jeta un "John, u can't see me" en mimant la célèbre posture de Cena se passant la main devant le visage. Cena était humilié, vaincu, et quitta la scène. Je n'ai jamais vu la WWE jouer autant sur la corde psychologique dans une storyline, et elle le fait avec une maestria fantastique, il faut le dire servi par des catcheurs au sommet de leur art. Je ne sais pas si cette storyline a la même force pour tout le monde, mais pour les smarts fans de Cena, on ne peut pas faire mieux. Et Barrett est totalement parfait aussi.

 

 


Hé tocard, t'as oublié un truc: regarde ton taunt pourri, c'est moi qui l'ai récupéré!

 


Ainsi Cena glisse lentement mais dangereusement vers le côté heel. Seul contre tous, mais avec une stable à ses côtés, il a un gros potentiel de développement. Rajoutez que son personnage se transforme petit à petit, avec un rôle où il s'exprime de plus en plus par des expressions faciales fortes. Et finissez sur le fait qu'il n'est plus invincible, loin de là, et que son booking le force à être plus brutal et à placer son AA bien plus vite que d'habitude, et à voir son STF encore plus mortel. Bref, lentement, je trouve qu'il s'oriente lentement vers ce que faisais Orton il y a encore un an. Bien sur Cena restera toujours Cena, mais force est de constater que certains petits trucs ont migré de la vipère vers Cena.


Et là où le raisonnement prend une toute autre dimension, c'est quand on regarde le build d'Orton actuellement. Souvenez vous des dernières semaines, souvenez vous de HiaC. Orton n'a-t-il pas un build invincible "à la Cena"? N'est-il pas ironique qu'il ait pris une séquence répétitive dans laquelle ses adversaires mordent toujours, et qui fait hurler la foule (clotheline, clotheline, taunt et esquive du coup de poing systématique de l'adversaire aveuglé par la rage qui rebondit sur les cordes, et revient sur Orton qui place son scoop slam)? N'est-il pas encore plus ironique, qu'après vingt minutes de match dans la structure de l'enfer la plus destructrice, il monte frais comme un gardon sur le haut de la cage à la force des bras pour célébrer sa victoire? Je vous laisse vérifier tout cela avec la vidéo récapitulative de HiaC et montée par notre indispensable Panda, qui quand il ne mange pas du bambou ni ne dors, travaille d'arrache patte pour les CdC.

 


[video:http://www.youtube.com/watch?v=GiLbPUEU2hA&feature=player_embedded]

 


Or Orton justement, était opposé cette semaine à Gabriel comme on l'a vu plus haut, avec Slater et Otunga en ringside. On passera sur ces deux derniers qui se font virer (Otunga se prend un coup de pied dans le bide d'Orton, et en plus l'arbitre le vire derrière, c'était très drôle à voir), car c'est le contenu in ring qui était attendu. La dernière confrontation entre les deux avait vu une victoire par count-out complètement imméritée du Sud-Africain, mais surtout une humiliation du membre du Nexus pendant le match et après. Tout l'enjeu était de savoir si Gabriel était booké plus fort (il ne pouvait pas gagner, encore plus sans soutien hors ring), et la réponse fut claire: Gabriel est booké très fort! Il a tenu plus de huit minutes (soit le combat le plus long de la soirée, même plus long que le main event) et placé de nombreux trademark moves. Et c'est là que c'est fort: je n'ai jamais vu Orton prendre autant d'agressions de la part d'un type qui n'est pas main eventer. Franchement, ce match m'a rappelé exactement ce qu'a fait plusieurs fois Cena par exemple contre Swagger, Miz ou encore Gabriel: un match en milieu de show, assez long où le top face donne le rythme du match, mais laisse de nombreuses ouvertures au heel pour placer un maximum de son attirail. A l'image de ce que fait souvent Cena, Orton a même sorti un move original (un seul, mais quand même un) avec ce suplex enchainé après blocage de la jambe de Gabriel après un des kicks de l'ex-rookie. En bref pour Randy, la soirée aurait pu être parfaite, malheureusement il y a eu ce botch en fin de match: le 450 splash de Gabriel devait être évité par Orton, mais ce dernier a roulé vers l'intérieur du ring alors que le plus logique aurait été d'esquiver vers le turnbuckle (et je vois mal le reproche échoir à un type en plein vol en train de tourner sur lui même après s'être élancé, à qui on reprocherait de ne pas avoir mis les aérofreins et d'aller trop loin…). Heureusement, les deux semblent avoir évité la blessure, mais j'espère de tous cœur que Gabriel ne sera pas sanctionné ni même réprimandé pour ce qui est arrivé (même si ce genre de choses arrivent, au pire c'est 100% la faute d'Orton, au mieux, c'est une faute partagé).

 

 


En même temps, fallait pas priver Orton de pause clope, du coup ça l'a rendu nerveux et il a merdé le finish

 


En bref, et vous imaginez bien que je suis le premier à être ravi de tout cela: je trouve que Orton se bonifie et si Randy doit nous sortir régulièrement des matchs aussi enthousiasmants que celui de HiaC pour défendre sa ceinture, je signe tout de suite. Dans le même temps Cena change également, et de façon plaisante là aussi. Evidemment, je ne dis pas que les deux vont changer de rôle de façon symétrique, mais je trouve très amusant de voir une inspiration dans le personnage de l'autre pour renouveler leur gimmick de manière positive. Encore plus quand on sait qu'hors kayfabe, les deux sont très potes et s'entendent super bien.


En conclusion, je dirais qu'on a eu un épisode très bon, limite excellent avec ses 32 minutes de catch. L'aspect psychologique de la storyline Nexus-Cena est géré à merveille, et la team RAW pour BR tient la route. La carte du PPV sera intéressante, surtout si on ajoute un match entre champion US et IC qui serait logique à tous les niveaux. La team RAW a six membres, ce qui d'une part ouvre la porte à toutes les spéculations (retour de HHH? de l'AGM?) et la possibilité d'enlever un membre (Santino?) pour passer à cinq et de rajouter le Nexus pour faire un triple threat match à BR avec RAW et SD!

 

 


Et pendant ce temps, Cannette et Major Tom essaient sans succès de faire les intéressants sur la tribune pour avoir une vignette à leurs noms… (ici Cannette souhaitant un bon anniversaire à MT)

29 commentaires

Copyright © 2011 — 2018 Kayfabe Media. Tout droits réservés.

En haut