Catch

Manipulations à l’anglaise

Et la guerre? Et les forfanteries de la perfide Albion tournant en eau de boudin? Farce! Farce!

Gustave Flaubert


Cette semaine la WWE était en Angleterre, et ça tombe bien, elle a adopté quelques unes des coutumes locales: après s'être compromise dans le sacro-saint rituel du thé, elle a décidé de pratiquer un peu la coutume locale de tricherie et de manipulation. C'est ainsi que les interventions et surprises furent nombreuses, lors d'un épisode particulièrement soigné dans ses détails. Et si on peut lui reprocher un manque de séquences marquantes, il faut quand même reconnaitre que l'on a bien avancé dans la route vers les Series. Leur devoir accompli, nos Superstars ont pu filer… à l'anglaise.

 

 


Rappelez vous qu'avant cet épisode, Wade avait dit à David qu'il le brûlerait comme Jeanne d'Arc en cas de défaite…

 


Nalyse de Smackdown! du 12 novembre 2010

 


La storyline principale de SD! concerne le titre WHC, ce qui est plutôt logique. Après une opposition magique et de puissance brute entre les deux frères de la destruction, il était logique de changer d'approche pour la feud suivante. Ainsi entre Edge et Kane, on se situe plutôt au niveau des coups bas, interventions illicites et manipulations. Et fort d'une grosse expérience en la matière, le face a donné une leçon de heel à son adversaire, après avoir quand même perdu un de ses premiers matchs depuis fort longtemps.

 

 


Quoi j'ai perdu? Pas contre un mec trop mal classé au classement Powerslam j'espère?

 


Habile transition, l'épisode du show bleu commençait par des images du dernier RAW, dans lequel Wade Barrett envoyait David Otunga à SD! Si ce dernier ne l'emportait pas contre Edge, il serait viré du Nexus, et de nombreuses personnes voyaient déjà Monsieur Jennifer Hudson viré du gang airain et or. Après cette mise au point (d'ailleurs je suis curieux de savoir si ce teasing a poussé des gens à voir l'épisode, personnellement j'accorde autant d'importance au A-lister qu'Axl aux bouteilles de vodka vide), nous pouvions commencer.

 

 


Big Brother is watching you…

 


Ainsi SD! commença par une double explosion, celle des batteries du thème d'Edge consécutives au mythique "u think u know me", puis celle de la foule devant l'entrée de la rated-R-superstar. Edge est over un peu partout, et force est de reconnaitre qu'il a une prestance remarquable (je ne me toujours pas remis de sa présence au houseshow de Bercy), mais là, le public Anglais lui a réservé un accueil de premier choix. Sans doute la pop de la soirée, rien que ça. Au temps pour le Nexus, Edge nous parla de ce qui lui importait réellement en ce moment: aller à Wrestlemania XXVII avec le titre de champion, et donc commencer par le remporter à Survivor Series, dans huit jours. Le Canadien finissait par un petit tacle à David Otunga, et ce fut le moment révé pour l'entrée des jaunes et noirs, menés par leur leader.

 

 


C'est marrant par contre, il ont remplacé "we are one" par la marche funèbre.

 


Le Nexus entoura le ring, mais quand il fut sur le moment d'y entrer, Vicky intervint. Et ô surprise, cette dernière n'entamait pas son speech par un "excuse me" aussi récurrent que le "fais tourner le joint" de McOcee pendant les brainstormings de la rédac. Vicky nous raconta que Long absent, elle prenait le show en charge. On la retrouva ainsi dans un rôle de manager face assez surprenant, la foule ne sachant pas trop comment réagir, et attendant un coup en traitre qui ne viendra pas. Ainsi la Guerrero nous présenta en détail les matchs principaux de la soirée, et on appris que le Otunga-Edge serait un lumberjack match, avec pour bucherons les membres du Nexus et l'intégralité du Roster bleu. Et tiens, si un autre membre de la stable heel entrait dans le ring, Otunga serait disqualifié. Pour finir, la veuve d'Eddie demanda à Edge et Otunga de se serrer la main en bons gentlemen (?!?), le Canadien ayant le plus de mal à obtempérer, mais le faisant après un "excuse me sweetheart" délicieux de la cougar (et accessoirement, elle menaça de le retirer de son match à Survivor Series pour le convaincre…).

 

 


Edge terrifié à l'idée d'être contaminé lors de ce contact par la terrible Otungose aigüe, qui transforme en mauvais catcheur.

 


Après cette poignée de main, Edge alla pour quitter le ring avant de se souvenir de quelque chose (merci au public qui joua son rôle de souffleur), et se retournant vers Otunga en train de quitter le ring, il l'envoya d'un spear s'écraser sur ses alliés. Husky et MMGC jouèrent le rôle de quilles, pendant que Slater et Gabriel se ruèrent sur le ring duquel Edge s'éloigna vélocement vers le titantron qui jouait sa musique. Pose victorieuse du Canadien, et fin du premier acte. A noter durant ce segment, l'attention accordée aux tag team champions. Lors de l'encerclage du ring, la caméra s'attarda sur l'encouragement de Gabriel pour Slater, d'une tape amicale dans le dos. Ensuite quand Otunga fut éjecté, les champions furent les deux seuls à tenter d'attraper Edge. Bref, l'image des deux talentueux porteurs de ceinture se construit doucement, par petits traits, de manière à les montrer compétents et complices. Ca ne change pas la face du monde, mais c'est bien vu dans le cadre d'un build de long terme.

 

 


C'est génial les gars, quand David sera viré, on pourra jouer à la belote, parce qu'il y en a marre du tarot!

 


Un peu plus tard dans la soirée, on retrouva nos quatre sbires du Nexus en train de se faire du mauvais sang. Entre Edge et les seize bucherons qui les haïssent, ils doutaient fortement de l'intérêt de soutenir le pauvre David Otunga. Mais ce dernier intervint, et nous servit peut être son meilleur speech: dans un discours désarmant de faiblesse, il implora le soutien de ses frères. Puis, après les avoir touché, il les harangua de très convaincante manière. David s'impose enfin ici comme un leader potentiel convaincant, paradoxalement au moment où il est le plus près de se faire virer. Bien que court, le discours fit mouche, et à ce moment, on donna enfin une petite chance de s'en sortir pour Otunga.


Dans la foulée, Kane eut droit à un segment pré-enregistré à ranger dans la catégorie des "promo censée faire peur avec une musique et un éclairage flippant". Peu de contenu, c'est surtout la forme de ces promos qui comptent. Le Big Red Monster a battu Taker, et il battra Show, puis Edge de la même façon. Le but principal de ce genre de promo est sans doute de builder le big man comme dangereux et effrayant, mais force est de reconnaitre que l'impact est inversement proportionnel à son âge.

 

 


… et ce soir, quand tu te coucheras, et que tu éteindras la lumière, je sortirai de sous ton lit, et je mettrai le feu à ta maison…

 


Tout était en place pour que le match d'Edge commence. Après les catcheurs, les Lumberjacks débarquèrent, et ce fut avec plaisir que l'on vit arriver Finlay, et avec autant de surprise qu'on aperçut Tyson Kidd, Goldust ou Primo. Le match n'eut aucun autre intérêt que de poursuivre le stage de formation du A-lister, à part quand l'un ou l'autre des catcheurs tombaient hors du ring. David encaissa plusieurs beatdown des bucherons (dont une petite vengeance de Rey Mysterio), et la fin du duel se mit en place sur une sortie d'Edge. Ainsi Del Rio déséquilibra Edge pendant sa remontée dans le ring, et Swagger accompagné de McIntyre renvoyèrent prestement le Canadien vers Otunga, ce qui amena un temps fort du heel. Plus tard, Edge se vengea du Mexicain burné qui entre temps s'était pris la tête avec MVP, ce qui provoqua une grosse brawl en ringside. Profitant de la confusion, McGillicutty tenta d'agresser Edge qui préparait un spear, et ce dernier partit tout seul sur le fils de Mr Perfect qui était entré dans le ring au su et à la vue de l'arbitre (est-ce-que ça ne devait pas disqualifier Otunga?). Puis Kane pénétra discrètement dans le ring, et éclata la rated-R-superstar d'un chokeslam assourdissant qui ne fit même pas tourner la tête de l'arbitre. Tout cela permit à Otunga d'obtenir un tomber improbable.

 

 


If Otunga wins, i riot… Et merdeeeeuuuu!!!

 


Le segment post-match fut chaotique, entre brawl générale et confusion totale. Kane toisa Edge qui lui rendit un regard encore sonné, pendant que les membres du Nexus évacuaient Otunga en vitesse alors qu'une grêle de coups pleuvaient sur eux. Spanish a fait remarquer l'importance de cette séquence sur le forum, mais force est de reconnaitre que le professionnalisme et l'expérience de deux catcheurs (Finlay et Goldust) ont rendu cette séquence totalement crédible et haletante. En continuant d'attaquer Gabriel, Husky et Slater qui ramenaient Otunga en backstage, cette sortie prit un air dynamique. Ce simple petit détail fait la différence entre une impression qui retombe après un match, et une conclusion tambour battant. Dans un angle de beatdown où la confusion a le rôle clé, une telle fin apporte énormément de crédit. Puissent les jeunes en prendre de la graine.

 

 


On voit toute l'allégresse des membres du Nexus qui réalisent qu'ils vont encore devoir se taper Otunga pendant au moins un mois.

 


Plus tard, Kane fier de son coup rejoignit Paul Bearer en backstage dans l'entrepôt miteux qui leur fait office de planque, et qui rappelle un peu la cave de Spanish, les posters et masques de Lucha Libre en moins. Or il ne trouva personne, seulement l'urne au sol, traduisant bien qu'il y avait un problème. Plus tard encore, c'est donc un Kane furieux qui aborda le main event de la soirée, contre le Big Show. Les deux géants nous servirent un combat de plus de onze minutes, sans doute de qualité pour ceux qui aiment ce genre de matchs entre anomalies physiques comme le sont les deux géants. Mais je dois admettre que ces confrontation entre béhémoths ne sont pas ma tasse de thé, et du coup, le simple fait que j'ai trouvé le match correct m'incite à penser qu'il fut très bon si on aime ces oppositions. Les deux catcheurs alternaient les temps forts, mais c'est le champion qui pris le dessus. Alors qu'il s'apprêtait à placer son finisher, Edge intervint. c'est bien sur lui qui avait kidnappé Paul Bearer. Kane perturbé, le Big Show pouvait se relever discrètement et placer un Chokeslam qui fait encore résonner nos oreilles (et ça n'a rien à voir avec la cuite d'hier soir!) pour la victoire. Un partout, balle au centre, Edge fier de son coup pouvait quitter la scène avec un Bearer ligoté sur sa chaise roulante, laissant un Kane hurlant au milieu du ring.

 

 


Séance de torture insoutenable pour Bearer, qu'Edge force à regarder tous les matchs entre géants depuis la création de la WWF/E.

 


Booking logique alors qu'il ne reste qu'un épisode avant PPV, le contender parait fort à la fin, même si lui et le champion ont alterné les temps forts. Je savoure également fortement le personnage d'Edge qui reste un opportuniste prêt à tout pour gagner. Si on peut se poser la question de la mise en avant permanente de la figure du père à la WWE (le père de Kane? Le père de Swagger? les générations de superstars? le père de Cena? La relation vince-Shane?), force est de reconnaitre que l'enlèvement d'un allié heel par un face a de quoi interpeler. Personnellement, je me contenterai d'y voir un énième pied de nez à ceux qui trouve l'ère actuelle trop manichéenne. Entre le top face de RAW qui parle de mettre des RKO à sa propre grand mère ou à celle de son adversaire, le visage de la compagnie dans un tourbillon de traitrise et de dilemmes, et le top face de Smackdown! qui pratique l'enlèvement, on est servi, et loin de la caricature qu'on critique parfois.

 

 


Et tu sais quoi Paul, tu vas passer une semaine avec Rey la Crampe en cuir noir, alors, heureux?

 


Au delà de ce fil rouge qui occupa la majorité de l'épisode, nous eûmes droit à quatre séquences qui chacune à leur façon, firent avancer le schmilblik (c'est le terme technique correspondant à "ensemble des storylines"). Ainsi Layla devant son public ne décrocha qu'un nombre décevant de réactions, avant d'affronter et de perdre contre une Natalya très over devant le public anglais connaisseur. Un peu plus de 200 secondes pour ce match très agréable. Je trouve personnellement l'alchimie entre les deux catcheuses agréable, et si tous les matchs féminins à la WWE pouvaient ressembler à ça, je serais ravi (même si on peut faire mieux, mais on va commencer progressif…). La challenger l'emporta, dans huit jours elle affrontera les deux Laycool pour ce qui sonnera probablement la fin de la feud. Soit les Flawless l'emportent encore (peu probable, mais qui sait) et Natalya aura du mal à justifier un nouveau rematch, soit la Canadienne l'emporte et les deux grandes copines commencent à rompre. Ca serait parfait dans l'optique d'un retour de Beth, pour donner un Layla vs McCool à SD! et un Beth vs Naty à RAW.

 

 


Ou alors des séquences SM avec Layla tout de cuir vétue, ça m'irait aussi.

 


Autre intervention, celle en forme de coupure publicitaire par Cody Rhodes, qui tenta un grooming tips quasiment en live. En cinq minutes, le "fils de" nous proposa une séquence vraiment drôle, moquant les Anglais et reprenant même leur devise nationale pour promouvoir l'hygiène bucco-dentaire. Je dois confesser un éclat de rire quand il proposa un bain de bouche à un anglais, en précisant que ça contenait de l'alcool, et que donc il n'aurait pas de mal à le convaincre de l'utiliser. De même quand il offrit l'air très sérieux une brosse à dent à un gamin en ringside. Bref, une bonne petite séquence bien distrayante, et qui a le mérite de clarifier la position de Cody: certes son équipe avec Drew est brisée, et peut être que les deux vont avoir des frictions, mais ça ne le rend pas face pour autant.

 

 


Tiens gamin, voilà le dernier produit dérivé de la gamme "Grooming WWE", fais en bon usage et pour une fois, "try this at home or at school".

 


De son côté, Alberto Del Rio continue également son petit bonhomme de chemin, avec son build solide écrasant les midcarters et ayant un niveau comparable aux catcheurs de l'upcard. Cette semaine c'est Kofi qu'on lui a envoyé en pature, ce dernier semblant se heurter une énième fois au plafond de verre (manière polie de dire qu'on n'est pas encore décidé du côté de Stamford à lui donner un title shot). D'ailleurs il est intéressant de voir à quel point les parcours de JoMo et Kofi sont parallèles. Mais revenons à notre Mexicain: ce dernier a encore une fois fourni une prestation complète, tant in ring qu'en dehors. Ses mimiques d'imitation de Kofi faisant le "boom boom" avec les mains sont particulièrement savoureuses, et font parti de ces détails donnant de la consistance à un personnage, et rappelant Jericho qui utilisait les mêmes artifices. J'ai hâte de voir Del Rio avec une ceinture pour le juger définitivement, mais jusque là force est de reconnaitre qu'il n'a commis aucune erreur. Toujours est-il que le segment se finit par un passage éclair de Mysterio (visiblement toujours diminué), qui apparut le temps de placer un 619 à son compatriote.

 

 


If Alberto wins, del riot!

 


On finit par le match pour le titre Intercontinental de Dolph Ziggler, obtenu la semaine dernière par MVP. Ce match avait un certain suspense, encore plus quand on sait, comme l'a fait remarquer Spanish, que la WWE donne souvent un "changement de titre" comme spectacle lors de ses déplacements en Angleterre. Comme ce changement concerne souvent un titre secondaire (le rematch de Wrestlemania qui dura 57 minutes entre Cena et HBK en 2007, et qui vit le Kid l'emporter sur le champion, reste quand même une rareté), une victoire de MVP n'était pas exclue. Malgré une durée assez faible (moins de six minutes), les deux catcheurs nous proposèrent un très beau spectacle. L'histoire du combat se joua près des cordes, avec des kick out et des attrapages de cordes du champion, jusqu'au final entre triche et intelligence de la part de Ziggler qui arracha la jambe de MVP posée sur les cordes pour obtenir le compte de trois. Tout cela donne un bon petit divertissement entre deux très bon techniciens qui semblent d'une grande intelligence dans le ring. Dolph a paru fort, pendant que Montel n'était pas discrédité. Bref, du tout bon! Le tout sans que Kaitlyn ni Vivky ne soient pour une fois impliquées.

 

 


Vicky était cachée en arrière plan avec un fusil de sniper, attendant désespérément que Kaitlyn pointe le bout de ses lèvres.

 


Au final, on a eu droit à un épisode pas réellement spectaculaire, mais plein de bonnes choses. Si je regrette que SD! soit de plus en plus court (76 minutes effectives pour cet épisode, contre 90 minutes en moyenne pour RAW, avec parfois des pointes à 95-100 minutes), force est de reconnaitre qu'on a de la consistance. Otunga, Edge et Kane, les divas, Dolph et MVP, tout cela a avancé. Del Rio continue d'être buildé, ainsi que Cody. Cet épisode fut aussi l'occasion de mettre le doigt sur ces nombreux petits détails qui donnent cohérence et consistance à la WWE. Bookers, production et acteurs méritent un grand coup de chapeau pour cela. De même, et je sais que mes autres compères de la rédaction abhorrent les segments purement promotionnels "stand up for WWE", je dois avouer que j'ai plutôt de la sympathie pour ceux-ci. Voir un peu les catcheurs hors Kayfabe, fusse pour faire de la propagande, me plait bien. De même, j'ai apprécié après le clip que Striker et Cole sortent quelques secondes du Kayfabe et se tapent dans la main, échangeant un regard plein de complicité. Ces petits moments où on est dans le réel sont une valeur ajoutée importante pour les vrais fans, qui sont toujours curieux de savoir ce qui se passez derrière la scène, et qui sont vraiment ces acteurs qu'on admire ou qu'on déteste chaque semaine.


La semaine qui arrive, juste avant les Survivor Series, devrait clôturer plusieurs builds et mettre en place un nombre potentiel important de changements.

 

 


Si je perds ma ceinture, je serai très triste.

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