Catch

Thanksgiving (mais qu’à moitié merci)

You may not have a car at all

But remember, brothers and sisters

You can still stand tall

Just be thankful for what you've got

Massive Attack, Be thankful for what you've got

 

Bonjour à toutes et tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où, j'avoue, je me suis fait piéger par la WWE ….

 

 

A chaque Thanksgiving, c'est la même question : Avec quoi fourrer la dinde ?

 

 

Oui, comme beaucoup de monde, j'ai tendance à voir dans les Survivors Series la dernière roue du carrosse des grands Pay-PerViews de la WWE, sans doute parce que c'est celui qui est le moins connecté à Wreslemania et j'ai même souvent du mal à le distinguer des autres événements qui le précèdent, le voyant comme un étape de transition parmi tant d'autres. Pourtant, la WWE s'est appliquée à nous le rappeler ce dimanche en donnant un spectacle dont la qualité remettait les Survivor Series à leur place originelle, celle du second Pay Per View fondé juste après Wrestlemania, histoire que les américains profitent de la digestion de leur dinde de Thanksgiving pour regarder des costauds en slip se taper sur la gueule dans un divertissement tout sauf soporifique.

 

Nalyse des Survivors Series

 

 

En guise d'opener, la WWE nous offert une confirmation : celle que Daniel Bryan est le meilleur catcheur de son roster. Après avoir régulièrement fait le meilleur match des trois précédents Pay Per View, l'American Dragon a une nouvelle prouvé qu'il avait tout ce qu'il fallait pour porter la ceinture USA. Sa performance victorieuse contre Ted DiBiase, même si elle était un ton en dessous des précédentes, avait encore une fois de la gueule. Parmi la cohorte de jolis mouvements, je voudrais relever notamment cette souplesse effectuée par DiBiase qui le projette par dessus les cordes et l'envoie d'un coup à l'extérieur du ring. La performance de celui qui avait le surnom de Best In The World en indy est d'autant plus remarquable qu'il avait en face de lui le fils du Million Dollar Man, qui représente l'une des plus grandes déceptions de ces dernières semaines.

 

Son niveau in-ring était insuffisant, à un point tel que la WWE l'avait entrainé dans une feud avec Goldust. Aucune offense envers le Bizarre One mais je pense que tout le monde a compris depuis longtemps qu'il était l'un des membres du roster chargés de mettre le pied à l'étrier aux plus jeunes (et il réussit d'ailleurs très bien dans son rôle de vétéran/formateur) et le fait que Ted Di Biase ait dû de nouveau subir un stage de mise à niveau, si longtemps après ses débuts à l'antenne, n'était pas vraiment bon signe. Il n'empêche que Daniel Bryan a assuré et lui a permis d'avoir l'air d'une star ce dimanche, certes ce match n'était pas la meilleure performance en Pay Per View de Bryan depuis ses débuts dans la fédération mais il est progressivement en train de se construire dans le ring de la WWE une réelle réputation, celle du type qui serait capable de faire un bon match de 10 minutes contre n'importe qui ou n'importe quoi, y compris un balai brosse ou le catcheur japoniais (Non, c'est pas une faute de frappe) Yoshihiko.

 

 

Bon Ted, pour ta formation accélérée, on va commencer par quelque chose de simple : Fais comme moi …

 

 

Da'illeurs, faites passer le message à Seth Rollins (ex-Tyler Black à la ROH) que la WWE sait bien prendre soin des anciens champions de sa fédération puisqu'elle a permis à Kaval de faire ses débuts en PPV ce week-end (dans un des Big Four, comme Bryan il y a quelques mois) contre Dolph Ziggler. C'était l'occasion idéale pour celui qu'on connaissait sous le nom de Low-Ki de montrer ce dont il était capable et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il a réussi, offrant au public un certain nombre de mouvements inédits et qu'on n'a clairement pas l'habitude de voir dans un ring de la WWE, surtout depuis que Rey Mysterio lutte avec le frein à main pour économiser son corps. On a donc eu droit à un joli springboard moonsault et un tout aussi impressionnant saut périlleux avant précédé d'une vrille du haut du poteau de coin.

 

 

Tragédie chez les X-Men : Charles Xavier a confondu la machine à laver avec le Cérébro.

 

 

L'ensemble ne manquait pas de liant et de storytelling grâce au travail intelligent d'un Dolph Ziggler qui a su se mettre en retrait au profit de son adversaire, assurait la cohésion de l'histoire et évitait de transformer le match en une simple spotfest sans queue ni tête avant de terminer sur un roll-up, réalisé, personnage heel oblige, avec une main sur le caleçon de son adversaire.

 

Entre ces deux mises en bouche, la WWE nous a aussi offert un bon match avec le Sheamus/John Morrison. Pourtant, le premier adjectif qui viendra à l'esprit à propos du combat ne serait pas bon mais déconcertant. En effet, on s'attendait à ce que l'histoire racontée dans le ring soit l'éternel couplet du big man, puissant, contre un compétiteur plus léger mais plus vif et plus spectaculaire. Ce ne fut pas exactement ça, une légère variation fut introduite, histoire de brouiller la donne. L'Irlandais a joué le rôle de brute épaisse mais JoMo, après quelques coups de boutoir acrobatiques et son toujours plaisant saut vrilé par dessus la troisième corde, a pris le dessous du match et a dû jouer le rôle de l'encaisseur, du type qui résiste quoiqu'il advienne en attendant une hypothétique ouverture.

 

 

Le WWE Universe se moque mais à Dublin, Galway, Cork, Shannon ou Killarney, Sheamus ne paye jamais ses bières.

 

 

L'avantage d'une telle stratégie narrative permettait deux choses : d'abord ne pas voler aux performers placés avant (Bryan & DiBiase) et après (Ziggler & Kaval) dans la carte quelques-uns de leurs effets et notamment celui d'arracher un « Wow » bien légitime au public. Ensuite, il permettait aussi au Shaman Of Sexy de développer un aspect de son personnage qui n'avait pas encore été mis en avant à l'antenne (sa résistance) et qui semble indispensable pour passer à l'étape suivante de sa progression vers le Main-Event (ce qui tombait d'autant mieux qu'avec Sheamus, il était opposé à un vrai Main-Eventer légitime, ancien champion du monde, qu'il avait d'ailleurs contribué lui même créer en lui donnant la victoire aux Survivor Series l'année passée). Le Guru Of Greatness a donc du subir le assauts ravageurs d'un Sheamus particulièrement virulent et très acharné sur sa jambe gauche (Ah, ce moment où Sheamus balance JoMo par dessus son dos en le prenant par la jambe) avant de pouvoir entrevoir la possibilité de placer quelques contres dont un particulièrement favorable, sous la forme d'un Starship Pain. Hélas pour Morrison, la manœuvre est esquivée par Sheamus qui la transforme en High Cross elle aussi esquivée, bientôt suivie d'un Chuck Kick puis d'un running knee pour que le Shaman Of Sexy remporte la victoire.

 

Là aussi, l'idée de terminer le match par un mouvement qui n'est pas le finisher officiel ou même officieux du vainqueur est intéressante et me semble habile pour renforcer son importance dans la carte. Cela souligne encore une fois l'image du moveset imprévisible de JoMo et lui permet de paraître encore plus crédible qu'il ne l'était avant ce match.

 

 

La barbe aussi, c'est mieux niveau look, ça fait plus dur à cuire.

 

 

D'ailleurs, s'il y a un point commun à tous ces combats qui ont débuté le show, c'est qu'au delà de leurs qualités, ils ont été marqués par les performances de tous ceux qui y participaient et qui donnaient véritablement l'impression de, non seulement, donner le meilleur d'eux-mêmes sur le ring mais surtout d'être capables de tirer le meilleur de leur adversaire dans ces conditions. C'est d'autant plus important qu'on verra que ce n'est pas vraiment ce qui arrivera par la suite.

 

En attendant de passer aux reproches, reconnaissons que la WWE a très bien réussi son coup avec l'élimination match à 5 contre 5. C'est d'autant plus agréable d'ailleurs que cette année entre le main-event de Summerslam et Bragging rights, on a déjà été largement fourni en matchs de ce genre. Mais là, le booking, intelligent a sauvé le spectateur de la lassitude. L'équipe d'Alberto Del Rio a en effet, sorti une jolie partition de heels caricaturaux jusqu'à l'excès. Le nouveau-venu mexicain a très bien rempli son rôle de capitaine, envahissant le ring et ses alentours par son arrogance supposée. Il se moquera de ses adversaires, organisera des changements rapides et efficaces, trichera pour entraîner la première élimination (celle de MVP) et narguera le Big Show après avoir fait un changement. Il lui en coutera un KO Punch qui le fera sortir du match entouré de soigneurs sans être éliminé.

 

 

Le catch pour les nuls : ces cinq hommes ont l'air d'une équipe soudée et bien organisée mais comme ils ont été incapables d'harmoniser la couleur de leurs slips, ils vont perdre.

 

 

La manoeuvre de booking, en plus d'être habile – elle permet au capitaine de trahir sa propre équipe sans pour autant le faire passer un salaud complet – fait un écho au destin de Rey Mysterio lors de Bragging Rights et m'a beaucoup plu. Elle scellera le sort du match. Malgré une résistance valeureuse, la bande des méchants n'arrivera pas à prendre le dessus. Malgré un Swagger très technique et bien plus convaincant contre le Big Show que lors de leurs affrontements pour le titre, malgré un Cody Rhodes utilisant (trop peut-être) son gimmick Dashing pour fuir le ring dès qu'on effleure son visage, malgré un Tyler Reks qui n'a pas été réduit au rôle de figurant et a eu droit à quelques moments in-ring assez convaincants (notamment il aura le privilège de mettre le gentil mastodonte à terre) et malgré un Drew McIntyre qui prendra le tombé final, la bande de heels perdra son match, face aux assauts du duo Big Show/Rey Mysterio.

 

 

Le catch pour les nuls : tous les costumes ont la même nuance majoritaire, le bleu, la victoire est assurée.

 

 

Bien géré dans son booking, laissant à chacun son petit moment de bravoure, flirtant avec le comedy match mais juste ce qu'il faut, ce cinq contre cinq est pour le moment le meilleur match à élimination de l'année, il constitue un exemple de ce que doit être ce type de match tant il a présenté tout ce qu'il fallait : différents registres de lutte, de l'entertainment et un feel-good moment avec la victoire finale des deux babyfaces les plus populaires. C'est comme cela que se clôturera une première moitié de Pay Per View, certes pas irréprochable mais extrêmement bonne.

 

La seconde moitié commence par l'image à conserver de ce Pay Per View. Pour moi, c'est celle de Natalya qui, au terme d'un match sur lequel je vais revenir, a gagné son premier titre à la WWE, celui des divas. Je ne sais pas vous, mais moi, ça m'a fait un plaisir fou de voir quelqu'un gagner un titre et avoir l'air visiblement ému. D'autant plus, d'ailleurs, qu'on a pour les deux titres mondiaux des storylines un peu compliquées où les ceintures sont mises au second plan. L'angle Cena/Nexus, aussi bon soit-il, a réduit la chasse au titre au même niveau que le destin du Marine et la lutte fratricide entre l'Undertaker et Kane, si elle semble finie, se prolonge via l'intégration d'Edge et d'un Paul Bearer kidnappé.

 

 

Natalya, découvrant qu'une fois le titre conquis, elle allait devoir feuder avec Kelly Kelly pour le reste de l'année.

 

 

Si la quête du titre des divas a arraché quelques larmes à la fille de Jim The Anvil Neidhart, le match en lui-même ne donnait aucune raison de pleurer (ni de rire d'ailleurs). Il était assez original dans son caractère, plus proche de la bagarre de rue à une contre deux, que du traditionnel affrontement de lutte. Ce n'était pas forcément captivant à voir mais on avait déjà eu droit à de nombreuses variations dans l'autre style tout au long de la feud et ça valait donc le coup de tenter autre chose surtout durant quatre petites minutes. La paire Lay-Cool a été très bonne dans l'exercice, réussissant à enchainer les mouvements où l'une et l'autre des deux pimbêches se heurtent et se gênent. Michelle tombe au champ d'honneur sur un sharpshooter avant d'entamer un mouvement de vengeance bien heel en commençant avec son acolyte un beatdown des familles sur la nouvelle championne. Tout cela permettra à Beth Phoenix de faire son grand retour sous la forme d'un sauvetage de la nièce de Bret Hart – et aussi d'Owen Hart et du British Bulldog, ça c'est une petite note pour les commentaires futurs de Matt Striker – et occasionnera une belle célébration post-match entre la nouvelle championne et celle qui revient de l'infirmerie.

 

 

C'était donc vrai cette histoire à propos de Beth qui serait un homme.

 

 

Non sérieusement, le titre de champion c'est important. D'ailleurs, j'en veux beaucoup à Justin Gabriel de n'avoir pas su le lever bien haut au dessus de sa tête après l'avoir conservé en quittant l'Arena, contrairement à son partenaire Heath Slater. Le match pour le titre par équipe, entre la paire Kozlov Santino et les champions par équipe fut, allez, lâchons le mot, ordinaire … Les champions en titre ont fait toutes les manigances nécessaires pour tricher dans le dos de l'arbitre tandis que les challengers, les gentils, avaient bien appris leur rôle : Kozlov le face en péril, puissant mais submergé par les infractions au règlement de Slater et Gabriel n'avait qu'une issue, celle d'un Santino sauveur. Et quand le changement prendra place et que le titre semblait basculer grâce au cobra de Marella, c'est l'appui des autres membres de la Nexus, présents en ringside, qui permettra la distraction victorieuse pour que Slater place son finisher.

 

 

Bon, Justin, c'est après le match qu'il faut être d'être champion, pas avant …

 

 

Un match ordinaire, donc, mais présent et compte-tenu du niveau auquel était la division par équipes ces derniers temps (matchs absents de la carte des PPVs ou rajoutés au dernier moment, sans annonce), inutile de se plaindre, c'est mieux que rien. Toujours placé sous le même thème, « mieux que rien », ajoutons aussi à ce match, le segment-promo du Miz. Le seul membre du roster non annoncé sur la carte alors qu'il aurait pu y avoir une place légitime, a fait un discours assez convenu pour un heel en se basant sur la rivalité en NBA de Cleveland, sa ville natale et celle de Miami, la ville hôte, avant de déclarer qu'il en avait marre de trimballer sa mallette et que désormais il ne fallait plus se demander s'il allait l'utiliser mais quand il allait le faire – Ce qui fait une jolie catchphrase mais ne veut pas dire grand-chose au final – . Rien d'exceptionnel, là aussi. Je l'ai déjà dit : Le Miz donne l'impression de plafonner dans ses capacités au micro et dans le ring. J'ignore si c'est à dessein et pour mieux nous surprendre quand arrivera l'heure de passer la vitesse supérieure mais ça va finir par être irritant, si ça s'éternise.

 

Toujours au niveau des moments mitigés de ce Pay-Per-View, le match entre Kane et Edge était étrange, assez solide in-ring pour qu'on ne puisse rien lui reprocher mais pas étincelant du tout non plus. Le rythme du match était correct pour deux catcheurs qui ont 80 ans à eux deux mais il n'y avait pas non plus de malentendus possibles : ni l'un, ni l'autre de ces catcheurs ne sont au meilleur niveau de leur carrière et, même si le public a toutes les raisons de les applaudir au vu de leur passé, ils n'ont pas réussi à vraiment emballer le match, ni à donner l'impression que leur adversaire était meilleur qu'il ne l'est en réalité.

 

 

Un fauteuil roulant ? On dirait que la WWE tease déjà un retour prochain de l'Undertaker.

 

 

Si Kane a fait le boulot pour vendre la storyline de l'enlèvement de Paul Bearer, n'hésitant pas à hurler « Where's my father ? » en matraquant son adversaire de coups de poing, l'histoire en elle-même a quand même montré sa limite. Il est toujours plus facile de combler les manques d'un match grâce à une présence au bord du ring qu'avec une absence. Un combat bien mené mais sans réel relief, un angle narratif dont on pourrait dire exactement la même chose, que dire de plus ? Rien, à part qu'on a eu exactement un finish dans le même esprit : Edge qui réussit un joli spear sorti de nulle part qui met les deux hommes au tapis. L'arbitre compte et fait sonner la cloche, on annonce le dixième titre d'Edge avant que l'arbitre s'explique sur le résultat : double tombé réalisé par les deux adversaires, donc match nul et Kane conserve son titre.

 

Je sais qu'un match au final pourri dans ce genre ne fait jamais plaisir, mais il en faut de temps en temps. Et honnêtement ce Dusty Finish ne me dérange pas plus que ça : il ne nuit pas à la feud entre Edge et Kane, qui n'en est qu'à ses débuts et qui a rebondi après qu'Edge ait envoyé Kane sur un fauteuil roulant transpercer les barrières de protection. Il ne nuit pas à l'équilibre d'un Pay-Per-View qui n'a pas été saturé du tout par ce genre d'artifices scénaristiques et il a été très bien exécuté par tous les acteurs, arbitre et annonceurs compris. On peut évidemment toujours pester contre ce genre de procédé mais, globalement, ce n'est ni le reproche principal à faire à ce match, ni même celui à faire au PPV.

 

 

La prochaine, on vous fera une double soumission.

 

 

Non, le reproche principal à faire à ce Pay Per View, c'est son Main-Event : Randy Orton contre Wade Barrett pour le titre avec John Cena, sous le coup d'une stipulation Free or Fired, en arbitre spécial. Après plusieurs visionnages, je ne sais toujours pas quoi dire de ce match. Etait-il trop long ? Simplement lent ? Ou cumulait-il les deux défauts ? Je ne saurais trancher. En tout état de cause et même s'il ne faut pas le qualifier de mauvais, il n'était clairement pas assez bon pour être digne du main-event d'un Pay Per View, encore moins un « gros » PPV du Big Four.

 

Le parti-pris de la WWE d'adapter sa production au storytelling du match en multipliant les cadrages de caméra sur le visage des différents acteurs du match, un peu à la manière d'un western spaghetti pendant l'inévitable séquence du duel, disait tout. Un match où la caméra a le temps de s'attarder sur le regard des divers protagonistes, c'est un match où il se passe trop peu de choses et qui éteint le public (déjà plus beaucoup allumé d'ailleurs depuis le Kane/Edge).

 

 

Botch of the night : John Cena a raté son You Can't See Me.

 

 

Pour résumer le combat, c'était globalement du même niveau que le match précédent entre Orton et Barrett, ni pire ni mieux (donc pire puisqu'il eut été logique de penser qu'avec le temps l'alchimie entre les deux catcheurs allait s'améliorer). Le scénario a été classique et Randy a sorti tout son moveset sur Wade (je n'ai rien contre le Hangman DDT, réalisé les deux pieds de l'adversaire sur les cordes mais le placer à chaque fois, c'est un peu trop souvent souvent à mon avis, surtout que ce n'est pas une séquence facile à amener dans un match). Et le final était d'un classicisme assez convenu : Barrett place son Wasteland tente le tombé, n'obtient que deux, s'insurge contre l'arbitre (Cena) qui le distrait suffisamment pour qu'il tombe sous un RKO venu de nulle part.

 

C'était donc très moyen en guise de final, mais fort heureusement John Cena a ensuite joué à la perfection et pendant 5 minutes sa partition de type « viré » (avec tous les guillemets qu'impose une telle storyline). Il déposa ses bandeaux en éponge au milieu du ring (Etait-ce une allusion au fameux quatrième round de l'Ultimate Surrender ?) puis communia avec les fans, en commençant avec le WWE Sign Guy (ce non-moins fameux grand type avec une casquette rouge qui se débrouille pour être très souvent en ringside une pancarte en main) avant de terminer avec un tour complet de l'Arena au milieu d'une foule assez silencieuse, interloquée par ce moment d'autant plus étonnant que Cena paraissait vraiment ému par les circonstances.

 

 

John Cena imagine le niveau qualitatif des main-events de la WWE, maintenant qu'il est viré.

 

 

Sur l'idée générale d'un John Cena « Fired », je ne vais pas m'éterniser, sachant d'expérience qu'entre le moment où je rédigerais ces lignes et celui où vous le lirez, RAW peut arriver et tout chambouler (ou tout confirmer). Disons simplement que j'aime bien l'idée que la WWE décide d'aller au bout des choses avec cet angle du Nexus qui, en cinq mois, a quand même bien bouleversé nos repères (un angle d'invasion mené par une demi-douzaine de quasi-inconnus qui sèment la terreur dans le roster principal, John Cena, le top face de la compagnie forcé d'être leur esclave et puis dorénavant renvoyé) et finalement réussi à repousser les limites de ce qu'on pensait être improbable.

 

Hélas, une telle conclusion a du mal à effacer le goût amer de la fin d'un Pay Per View qui, une fois encore, était extrêmement déséquilibré et contenait les meilleurs matchs au début du show. Si cela arrive une fois, on peut toujours croire à une erreur de booking mais quand ça se reproduit on ne peut y voir que le symptôme d'un réel problème. La WWE a aligné au début de la carte de ce show des workers solides capables de tirer le meilleur de leurs adversaires (Majoritairement c'était le cas sur les trois premiers matchs) et a conclu Survivors Series par des athlètes, certes plus over avec le public, en théorie du moins, mais qui ont tous peiné dans cet exercice et dans celui, lui aussi important, d'entraîner la foule derrière eux.

 

Au-delà de toutes les excuses, de tous les prétextes et de toutes les exigences qu'imposent telle ou telle storyline, il y a des leçons à tirer de ce demi-échec, surtout à ce moment clé du calendrier où la WWE commence, dit-on ,à se pencher sur ce qu'elle veut proposer à Wrestlemania. Prenons, par exemple, la « pop » formidable de MVP par l'Arena ce dimanche. Même s'il jouait à domicile et qu'il était plus que prévisible que sa ville natale lui réserve un bon accueil, il a obtenu une ovation assez incroyable, surtout que le public préférait l'encourager, lui, plutôt que les top faces incontestés de son équipe que sont le Big Show ou Rey Mysterio. La foule de Miami a fait autant de bruit pour MVP que celle de Chicago en a fait pour C.M. Punk il y a quelques mois. Sauf que sur les 18 derniers mois, Punk a obtenu un titre mondial et a eu l'occasion de briller avec une storyline majeure appelée la Straight Edge Society tandis que MVP a consciencieusement végété entre la lower-midcard de son show et le Main-Event de Superstars.

 

 

Quatre bras, deux paires de seins, les cheveux roses, arrêtez de dire que le dopage n'existe pas dans le catch, c'est ridicule.

 

Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres mais il me semble assez significatif du réel problème qu'a la WWE à permettre à certains de ses catcheurs de s'élever dans la hiérarchie. Au-delà des plans initiaux, du potentiel que le management voit en chacun, des diverses magouilles politiques backstage, il faut parfois savoir s'adapter et il me semble important que la WWE donne à des catcheurs qu'elle n'a pas « programmé » pour le main-event des opportunités de titres, d'ascension dans la hiérarchie et surtout d'évoluer à un plus haut niveau sur des durées plus longues. C'est d'autant plus important que ceux censés être à cette place sont apparus on ne peut plus poussifs ce dimanche.

34 commentaires

Copyright © 2011 — 2018 Kayfabe Media. Tout droits réservés.

En haut