Catch

La nuit des rois

Jerry Lawler a oublié plus de choses à propos du catch que Le Miz n'en a jamais appris.

CM Punk

 

Bonjour à toutes et tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où c'était la nuit des rois à l'occasion de ce RAW Special King Of The Ring.

 

 

Quel est le con qui a vomi sur mon T-Shirt ?

Allez, dénoncez-vous les gars. le show ne commencera pas tant que je ne sais pas qui a fait ça…

 

 

Oui, l'air de rien, cet épisode spécial de trois heures de RAW posait la vraie question qui brûle les lèvres des suiveurs attentifs de la WWE, à savoir : qui est vraiment le top-guy de la fédération en ce moment ?

 

Nalyse du RAW du 29 novembre, special King Of The Ring

 

Avec les départs définitifs d'un Shawn Michaels et d'un Batista, il y a quelques mois, celui (probablement temporaire) de Chris Jericho, il y a quelques semaines, celui (incertain) de l'Undertaker et la pause longue durée de Triple H (pour cause de vacances, tournage de film, blessure et baby-sitting), la donne a changé. Elle est même d'autant plus modifiée que Randy Orton a laissé échapper, il y a quelques jours, le titre tandis que John Cena est officiellement « viré » de la WWE.

En peu de mots, on se retrouve avec une fédération extrêmement différente de celle que l'on suivait il y a simplement un an et dont le haut du roster semble en plein renouvellement puisque le seul type qu'on imaginait à cette position juste après les Survivors Series 2009 était Randy Orton, nouvellement destitué.

 

Et, pourtant ce soir, il n'y aura pas de Randy Orton. On l'apprendra assez tôt dans le show, la Vipère est hors-antenne, vendant sa blessure à la jambe. C'est assez discutable, cette stratégie de le laisser éloigné des projecteurs afin qu'il ne vole pas de la lumière et des applaudissements aux autres acteurs du show. L'ancien champion nous a été présenté comme prêt à tout pour obtenir le titre, y compris infliger une commotion cérébrale à sa propre grand-mère, il a perdu son titre dans des circonstances qui devraient lui mettre les nerfs en pelote et il aurait peut-être été de bon ton de le faire apparaître un peu plus constant dans sa motivation, voire même revanchard.

 

 

Randy Orton a désormais changé de stratégie. Il roule des pelles à ses pires ennemis.

 

 

Mais, bon, le propos majeur de la soirée était le vrai roi de la WWE : John Cena. Bien qu'officiellement viré de la fédération, l'ex-éternel champion a fait sentir sa présence par trois fois. D'abord dans un segment backstage extrêmement bien foutu où il a agressé à sa sortie des vestiaires Michael McGillicutty. Filmée à la perfection, la séquence nous faisait deviner, via une caméra renversée suite à une bousculade, un sérieux Beatdown pour Perfect Junior mais sans jamais montrer le visage de son assaillant, ni même laisser planer le moindre doute sur son identité grâce à des plans sur les chaussures d'un mystérieux agresseur qui terminait la séquence en adressant un « You Can See Me » à l'objectif.

 

La deuxième intervention du champion sera bien plus discutable et se déroulera lors du match par équipe de la Team Nexus (contre Mark Henry et Yoshi Tatsu). Cena apparaît dans le public, portant bien haut une bonne poignée de billets pour s'installer au premier rang, troubler le match, permettre la victoire des challengers sur les champions avant d'infliger un joli Attitude Adjustment à Heath Slater au travers de la table des commentateurs. Déjà vue, il y a quelques mois, dans le cadre de la feud Matt Hardy/ Drew McIntyre, la séquence avait un petit goût de rediffusion.

 

 

Message personnel : John, tu sais, il suffit d'un seul billet pour avoir une place, c'est inutile d'en acheter deux !

 

 

En revanche, le troisième segment sera un véritable régal (William de son prénom), puisqu'il a consisté en une promo in-ring de Wade Barrett, toujours aussi bon orateur, tandis que Cena le narguait quelque part dans les coulisses. La conclusion, inévitable, verra les membres du Nexus (moins MMGC et Slater déjà assaillis et Barrett resté dans le ring) tenter un assaut sur Cena avant que celui-ci, aidé du prompt renfort du Job Squad de RAW, ne prenne le dessus et inflige à Justin Gabriel un attitude adjustement sur le capot d'une voiture. En dehors de l'aspect Parking Lot Brawl, assez réussi, notons surtout la cohérence du scénario et le rappel du fait que les agents de sécurité du show étaient assez peu pressés d'empêcher John Cena de nuire au Nexus puisque le gang au N a fait ses débuts en détruisant tout sur son passage, y compris le petit personnel.

 

La WWE a choisi de ne pas montrer John Cena absent de l'antenne, ne serait-ce qu'une semaine. Si le choix pouvait paraître moyen et qu'un petit break hors-antenne aurait pu renforcer l'angle narratif, j'avoue que le succès de toutes ces séquences auprès du public semble démontrer que ce n'était pas nécessaire. Toute la storyline Nexus vs Cena a fait son effet et cela faisait très longtemps que le Marine n'avait reçu autant d'accueil positif de la part du public, visiblement aussi ravi de le revoir que de voir les méchants se faire infliger la bonne correction qu'ils méritent. En conclusion et pour ceux qui auraient pu en douter à cause de la storyline de licenciement, John Cena est toujours le roi incontestable (dommage, Randy) de RAW.

 

 

Plus fort que David Arquette, champion de la WCW, Daft Punk Champions par équipe.

 

 

A tout roi son bouffon et il est, lui aussi, incontestable : c'est Santino Marella qui nous gratifiera d'une sérénade pour sa nouvelle dulcinée, Tamina. Dans un segment qui faisait écho à la jolie prestation vocale et au Ukulélé de la diva la semaine dernière, l'Itaien a joué ce soir les playboys pour poursuivre une nouvelle fois cette love-story à l'antenne. C'était amusant sans être particulièrement mémorable. D'autant moins d'ailleurs que Santino a quand même déjà énormément exploré les scenarii d'histoire d'amour avec des divas de RAW – presque autant que Vickie Guerrero qui a, elle, joué cette partition avec les catcheurs de Smackdown – et on finirait presque par se demander si les auteurs du show ne photocopient pas leurs vieux brouillons d'il y a quelques mois en remplaçant le nom d'Eric Escobar par celui de Dolph Ziggler ou celui de Beth par celui de Tamina.

 

En plus, je dois bien avouer que c'est quand même dommage de la part de la WWE de mettre six divas (dont 4 ayant porté un titre) dans un ring pour un tag-team match de deux minutes interrompu par un segment de comédie. Si la division Diva de la WWE était totalement au fond du trou et composée uniquement de filles incapables de lutter, je ne dis pas. Mais, là, il y avait du potentiel autour du ring et de la motivation aussi, probablement, vu que ces quelques catcheuses établies ont dû regarder NXT la semaine dernière et moyennement apprécier de se voir voler la vedette par deux rookies.

 

 

Depuis l'arrêt des guest-hosts, les Bella Twins se rabattent sur ce qu'elles trouvent.

 

 

Pour l'anecdote et ceux qui voudraient tenir des statistiques, c'est l'équipe Gail, Melina et Natalya qui a eu le dessus sur Alicia, Maryse et Tamina graĉe à un sharpshooter de la championne sur sa jobbeuse préférée, Melle Fox qui commence à avoir une losing streak assez impressionnante d'ailleurs.

 

Passons maintenant au tournoi du King Of The Ring proprement dit, puisque c'était quand même le but premier de cette soirée que de désigner un nouveau roi du ring. Le premier tour, extrêmement équilibré (que des matchs inter-promotionnels entre gentils et méchants) nous a offert quelques belles affiches. Mais on a pu voir toutes les limites du concept qui consiste à tenir un tournoi dans un show de ce genre qui traite aussi de trop d'autres choses (Cena vs Nexus, Santino vs Tamina et The Miz auquel on viendra plus tard). La plupart des matchs qualificatifs étaient trop courts pour être intéressants à suivre. Si la double disqualification entre Ezekiel Jackson et Drew McIntyre en moins de trois minutes faisait sens en termes de booking et permettait de faire l'économie d'une demi-finale, le reste fut un peu terne. Le Sheamus/Kofi Kingston, bouclé en moins de cinq minutes, a rempli son objectif : faire de l'Irlandais un favori, mais il n'a pas réussi à mon sens dans l'objectif de faire de Kofi un compétiteur qui sort grandi malgré la défaite. Et si le John Morrison/Cody Rhodes (moins de 4 minutes) a gagné ce challenge, leur match n'avait absolument pas la classe de la dernière confrontation de ces deux-là en un contre un, le tout malgré un finish extrêmement intelligent ou les deux superstars tentaient de se mettre au tapis avec leurs coups de pied donnés en springboard (Beautiful Disaster vs Flying Chuck) avant que JoMo n'achève le Dashing One d'un Running knee à la tempe..

 

 

La souplesse arrière pour les nuls : Figure 1

 

 

Il n'y avait vraiment que le tout premier match du tournoi : Daniel Bryan / Alberto Del Rio qui donnait le sentiment de voir un match un peu spécial, à la fois construit, plaisant et totalement achevé. Il y avait un vrai story-telling avec le travail d'Alberto sur le bras de son adversaire, de vraies occasions pour chacun de briller, une victoire clean pour le Mexicain en conclusion mais un champion des Etats-Unis qui avait eu suffisamment de temps pour briller. Rien à redire à propos de ce match qui se permettra même de mettre en parallèle les deux souplesses pontées du moveset des deux adversaires dans un amusant jeu de miroirs.

 

 

La souplesse arrière pour les nuls : Figure 2

 

 

La demi-finale Del Rio/JoMo, elle aussi, sera expédiée un peu trop rapidement grâce à l'intervention extérieure de Rey Mysterio qui s'introduira dans la rutilante Rolls-Royce de sa nemesis concitoyenne et klaxonnera pour assurer la distraction et permettre au Shaman Of Sexy de l'achever d'un Flying Chuck bien senti. Si tous ces matchs avaient un bon potentiel mais la WWE n'a pas osé leur donner les quelques minutes de plus nécessaires pour faire du tournoi dans son intégralité un vrai événement, il n'empêche que la finale était vraiment bien. Ce John Morrison vs Sheamus avait tout ce qu'il fallait pour être au niveau du dernier affrontement des deux lutteurs à Survivor Series. Et s'il racontait la même histoire, la conclusion fut diamétralement opposée avec un Guru Of Greatness qui tombe au champ d'honneur sur un High Cross qui le voit traverser le ring dans la diagonale et le fracas d'un corps qui s'écrase contre le sol.

 

Avant de dire quelques mots sur le couronnement de Sheamus en tant que King Of The Ring, juste une remarque : Morrison a, cette semaine, été le MVP de ce show, délivrant deux matchs solides dans la même soirée et un très bon match pour conclure. Si être couronné King Of the Ring convient mieux à un heel, j'espère que la WWE a su remarquer ces performances et réussira à capitaliser sur le potentiel d'un JoMo qui semble avoir trouvé le petit truc en plus qui fait que son style dans le ring est passionnant à suivre. Je pense que cette métamorphose est liée au fait que JoMo semble avoir plusieurs finishers à son arsenal (on l'a vu tenter un Starship Pain contre l'Irlandais, alors qu'il a fini ses matchs avec deux mouvements différents auparavant).

 

 

Rien à foutre d'être King of The Ring, je suis déjà Shaman Of Sexy, c'est autrement plus classe.

 

 

Quant au verdict final : Sheamus couronné, il est assez logique et pas déplaisant. Il annonce probablement un retour de Triple H pour un King Of Kings vs King Of The Ring. Leur histoire déjà ancienne n'avait pas forcément besoin d'un tel slogan pour être ramenée sur le devant de la scène. Mais ni les performances récentes de l'Irlandais, ni son caractère heel, ni son palmarès ne fournissent une mauvaise raison pour qu'il n'ait pas droit à la couronne.

 

A propos de couronne, décernons-en une de suite à CM Punk, qui a musclé son jeu aux commentaires et vraiment joué un très bon rôle de color commentator heel. Le Second City Saint a multiplié les allusions destinées aux Smart Fans. Son association d'idées le poussant à faire un rapprochement entre Pat Patterson et Cody Rhodes était assez amusante, compte tenu du fait que le Dashing ex-membre de la Legacy a multiplié depuis deux ans les angles dotés d'une forte dose d'homo-érotisme. Certaines mauvaises langues diront que je lui dresse des lauriers parce qu'il a fait une référence à la Spanish Announce Table qui m'a servi de fonds baptismaux mais non, il a vraiment assuré et s'il m'a conquis, c'est plus parce qu'il s'est pointé devant les caméras avec un T-Shirt de Colt Cabana. Faire la promotion de son pote, c'est toujours sympa. Surtout que l'ex-Scotty Goldman de la WWE lutte à la télévision pour d'autres fédérations (la ROH et la NWA Hollywood) et que de nombreuses rumeurs avaient fait état du peu d'appréciation du management de la WWE pour les goûts vestimentaires de l'icône Straight-Edge.

 

 

Ne dites pas à Vince que je fais de la pub pour mon pote qui est à la ROH, il croit que c'est un T-Shirt de la NRA.

 

 

Quelques reproches, cependant : Punk a annoncé dès l'entrée de Sheamus dans le tournoi qu'il allait rencontrer Morrison en finale et il a terminé la retransmission en réptéant une phrase que Vince McMahon lui hurlait probablement dans le casque mais qui ne correspondait en rien au personnage d'annonceur qu'il a développé. Et j'avoue aussi qu'un T-Shirt de Matt Classic aurait été encore plus classe et en profite pour conseiller à tous ceux d'entre vous qui parlent bien l'anglais de vous abonner immédiatement au Podcast The Art Of Wrestling de Colt Cabana qui est une mine d'informations sur le monde de la lutte professionnelle, indépendante et mainstream. Et que ceux qui doutent encore de la légitimité d'un tel conseil, commencent par écouter l'épisode consacré à Colin Delaney pour mesurer à quel point on peut découvrir des choses en mettant le bon flux dans Itunes.

 

Bon, passons maintenant à tout ce que la WWE a fait de mal dans ce show, à savoir le service après-vente du nouveau titre de champion du Miz. Tout avait pourtant bien commencé avec un segment backstage assez drôle entre Alex Riley et Daniel Bryan, où le premier reprochait au second d'avoir laissé passer une énorme opportunité en ne tenant pas compte des conseils de celui qui était son pro à NXT. Mais après, tout est parti en sucette. Le Miz entre dans le ring pour délivrer une promo censée célébrer sa victoire, quelques piques bien senties envers les vétérans qui n'ont jamais eu de titre l'améneront à se fâcher avec Jerry Lawler et tout cela se concluera par un match de championnat avec la stipulation TLC en main-event.

 

 

Fusion-acquisitions : le nouveau géant du Fast Food présente sa nouvelle mascotte Ronald Mc Burger King.

 

 

Ce serait mentir de dire que la promo du Miz était mauvaise mais ça ne veut pas dire non plus qu'elle était au niveau de ce que l'on attend de la part d'un nouveau champion du monde. Il n'y avait là rien de spécial, d'exceptionnel, si ce n'est Alex Riley avec un costume mal coupé et ce n'était à mon avis pas assez pour donner l'impression que le Miz savourait l'instant où il touchait au titre suprême.

 

Ce ne serait pas si grave que ça si la WWE n'avait eu l'idée de faire : un match Tables Ladders & Chairs entre Le Miz et Jerry Lawler en main event pour le titre mondial. Si jamais vous avez trouvé ce main-event « pas si pire que ça » comme le dirait Maryse et tout le monde au Québec, relisez bien soigneusement cette phrase en dehors de tout contexte de storylines avant de vous précipiter sur les commentaires pour marquer votre réprobation. Vous verrez alors que tous les termes de la phrase en gras portent le signe d'un échec. Personnellement j'en ai dénombré six.

 

 

Et vendredi prochain, Kane vs Mae Young dans un Hell in A Cell pour le World Heavyweight Championship

 

Commencons par la fin de la phrase : «pour le titre mondial ». Entre la poursuite d'un storyline majeure, le tournoi pour le King Of The Ring et l'investiture du Miz, cet épisode de RAW affichait déjà un programme bien chargé avec deux fils  conducteurs denses sur le plan narratif et répartis sur tout le show… Etait-ce vraiment la peine de rajouter encore un événement à deux événements en mettant un match de championnat ? Sérieusement, je n'en suis pas sûr…

 

Par contre, pas de doute, le fait de mettre ce match en Main-Event du Show était une mauvaise idée puisqu'il éclipsait l'autre événement de la soirée, à savoir la victoire de Sheamus dans le tournoi. Je veux bien que la victoire de l'Irlandais ne soit qu'accessoire et pas si importante que ça vu qu'elle ne sert qu'à préparer le retour de HHH. Il n'empêche. Pourquoi diable alors avoir depuis une semaine vendu le tournoi comme un événement qui couronne les meilleurs catcheurs de tous les temps en inondant l'antenne de promotions qui se sont autant concentrées sur son glorieux passé (SCSA, Edge, Triple H, Bret Hart, même Brock Lesnar, histoire d'exciter les gens qui aiment propager des rumeurs sur Internet) tout en oubliant soigneusement les autres à qui ce titre n'a rien apporté (Billy Gunn, Mabel, William Regal) ?

 

 

Exclusif : des photos de la maison de Matt Hardy.

 

Sur le choix de l'adversaire du Miz, lors de son premier match de championnat, inutile de s'attarder : la WWE a eu beau faire un très joli pack vidéo pour promouvoir Lawler, il n'avait aucune raison valable de prétendre au titre. Ce n'est pas que le King a une condition physique défaillante, non, il s'est plutôt bien débrouillé dans le ring mais n'oulions  pas qu'il y a trois semaines, il était absent de l'antenne pour « raisons de santé », que la WWE l'a publiquement dit et là, subitement, on lui octroie un match de championnat. Je veux bien que la fédération ait été embarrassée par une éventuelle « vraie » blessure d'Orton et quatre de ses meilleurs midcarders babyface déjà engagés dans le King Of the Ring mais s'il suffit de cinq types occupés ailleurs pour que la WWE ne trouve rien de mieux à opposer à son champion qu'un Hall Of Famer retraité lors d'un show inter-promotionnel où elle peut mobiliser tout son roster, je crois qu'il y a un très sérieux problème de gestion d'effectif à Stamford.

 

Sur la stipulation, passons rapidement sur l'idée saugrenue de faire concourir un type de plus de soixante ans dans un match où il faut faire des spots un tout petit peu impressionnants. Même en pleine forme physique – ce qui semblait être le cas -, Lawler ne peut pas passer à travers une table ou prendre un bump de toute la hauteur d'une échelle ou alors en final, quand on est sûr qu'un éventuel accident ne heurte pas le cours du match. On savait donc dès le départ que le booking du match allait forcément impliquer bon nombre d'interventions extérieures, histoire de dissimuler le risque physique et virer plus du côté du comedy-match que de celui du match solide, propre à faire apparaître le champion comme un personnage crédible dans le ring.

 

 

En main-event ce soir : concours de barbes.

 

 

Sur le match lui-même, on a très vite vu le souci principal d'aligner Jerry Lawler et le Miz dans le même ring : il n'y avait aucun automatisme entre les deux. La meilleure preuve en est ce premier coup de chaise que le Miz donne au King : Lawler passe une éternité à quatre pattes à attendre qu'arrive enfin l'impact. Il n'y a rien de surprenant à ça : le timing entre des catcheurs se règle en house-shows et Jerry Lawler ne participe pas à ce genre d'événements.

 

Pour terminer, le finish du match (une intervention de Michael Cole qui empêche son collègue de prendre la ceinture et permet au Miz de conserver son titre) s'accompagne d'un début de rixe entre le héros des Coleminers et Jerry Lawler. C'est là encore une mauvaise idée. Que l'annonceur insupportable empêche le vétéran de gagner, c'est une chose. En terme de storyline, ça fait sens. Que l'autre riposte et livre au public ce qu'il attend depuis des semaines (que quelqu'un botte les fesses de Cole), c'en est une autre. Et c'est trop d'un coup, ça rajoute un événement à un show qui était déjà riche en émotions. A bien écouter la pop gigantesque qu'a eue le King quand il levé la main sur son collègue, on comprend que c'est l'événement qui a marqué le public dans cette soirée. Or cette soirée-là était déjà consacrée à la fausse absence de John Cena, au couronnement de Sheamus en tant que King Of the Ring et à la défense du titre du Miz; ajouter un début de feud entre les annonceurs, c'est ajouter une cerise sur un gâteau qui n'en avait pas besoin pour être appétissant jusqu'à l'écoeurement.

 

 

A propos d'appétissant, vous vous êtes déjà demandé quel goût avait la Liberty Bell ?

 

 

Bien sûr, aucune des six raisons que je viens d'énumérer n'est nécessaire et suffisante pour dire que ce match était une mauvaise idée et qu'il a terni un show par ailleurs d'excellente tenue. Toutes sont discutables d'ailleurs. Mais il n'empêche qu'elles sont nombreuses, trop nombreuses même, pour qu'on puisse estimer que cet affrontement final était indispensable pour clotûrer un épisode de RAW déjà riche qui aurait largement pu se contenter d'un segment où le champion célébrait son titre avec faste ou d'un non-title match, sans que cela ne heurte autant le déroulé du show.

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