Catch

Review de TLC 2010

Vivre sans amis, c'est mourir sans témoin.

George Herbert

 

Nous ne sommes finalement pas seuls au monde. Dans l'univers des graphomanes francophones fans de catch, nous nous sommes même fait des amis parmi l'équipe de la rédac' de l'excellent site Catch  Breaker. Et pour célébrer cette amitié naissante, nous avons eu l'idée d'échanger nos nalyses du dernier PPV de l'année. Celle de nos confrères est donc publiée sur nos pages, tandis que la nôtre est désormais en ligne chez eux, ici. Sous vos applaudissements à tout rompre, here come Nak & Sharpshooter, nos invités du jour!

 

 

TLC 2010, un PPV renversant

 

 

 

Nalyse de TLC par nos amis de Catch Breaker

 

 

Après une première édition l'an dernier qui avait abouti à deux moments historiques, à savoir l'éclosion de Sheamus au sommet de la fédération avec son premier titre de WWE Champion et le premier (et unique) titre de D-Generation X, le PPV Tables, Ladders and Chairs revenait cette année avec la volonté d'affirmer plus que jamais son statut de PPV à thème : six matchs prévus sur la carte, et six matchs à stipulation ! Deux Ladder Matchs, deux Tables Matchs, un Chairs Match, et évidemment l'indispensable TLC. Si l'on pouvait craindre que trop de stipulations ne tuent la stipulation, il n'en demeure pas moins que la carte proposée par la WWE était très alléchante et ambitieuse. Alors, la WWE a-t-elle tenu toutes ses belles promesses pour cette édition 2010 ?

 

 

Triple Threat Ladder Match pour le WWE Intercontinental Championship : Dolph Ziggler © vs Kofi Kingston vs Jack Swagger

 

Le PPV s'ouvre donc sur un nouvel affrontement autour du titre Intercontinental, comme ce fut souvent le cas en cette année 2010. Le suspens était entier autour de ce match, tant la situation de la ceinture secondaire de Smackdown peut intriguer. Le règne de Dolph Ziggler commence à atteindre une durée plus qu'honorable (près de cinq mois) en cette ère où les titres changent de mains beaucoup plus vite qu'avant, et malgré un ratio de victoires/défaites pas forcément si flatteur, le toyboy de Vickie Guerrero a franchi un palier depuis l'acquisition de ce titre, ne décevant que très rarement les observateurs. Il s'est imposé comme un champion crédible et reconnu, à tel point que le nombre de challengers potentiels pour le titre se réduit comme peau de chagrin (ce qui est aussi dû à la mini-crise de la Midcard face de Smackdown, qui a perdu pour des raisons diverses Christian, MVP et Matt Hardy). Les bookers ont ainsi décidé de relancer la feud que Ziggler avait eu avec Kofi Kingston lorsqu'il a remporté ce titre, en y incluant par la même occasion Jack Swagger qui lui aussi était en rivalité avec Kingston. Celle-ci n'étant absolument pas creusée, impossible de savoir qui partait réellement favori de ce match. D'ailleurs cette absence de fond réel dans la storyline a sans doute eu une influence sur les très faibles réactions qu'ont obtenues les trois hommes à leur arrivée (pop gentillette pour Kingston, heat quasi inaudible pour les deux heels). Au passage, je trouve intéressant le fait que Vickie n'introduise plus Ziggler à chaque début de match, comme s'il n'en avait plus forcément besoin.

 

Le match démarre avec un petit règlement de comptes entre les trois participants, où Swagger continue l'angle entamé vendredi en s'attaquant aussi bien à Ziggler qu'à Kingston, posant les bases d'un Triple Threat très individualiste. Ziggler disparaît très vite de l'action, laissant Kingston et Swagger se battre dans un brawl un peu mou conclu par une collision qui les envoie tous les deux à l'extérieur du ring. Ziggler en profite pour s'emparer d'une échelle et essayer de récupérer la ceinture. C'est une structure qu'on retrouvera d'ailleurs assez souvent au cours du match avec un Ziggler opportuniste, plutôt en retrait de l'action, laissant Kofi et Swaggie se battre ensemble. Cela est particulièrement vrai à travers l'un des spots les plus marquants du match où Ziggler porte son Leg Lariat Bulldog sur Kofi qui venait de fracasser une échelle sur Swagger, ou encore lors du passage de l'Ankle Lock de Swagger où Ziggler grimpe carrément par-dessus ses deux adversaires pour tenter de décrocher la ceinture. A cela se rajoute une partition du côté du champion tournée vers l'esquive et le contre, à l'image de ce saut de Kingston que Ziggler esquive, faisant retomber le Ghanéen sur une échelle disposée dans un des coins. A ce propos, on peut constater que les coups de Dolph claquent de plus en plus, il corrige progressivement un de ses principaux défauts, qui résidait dans un style un peu trop brouillon. L'autre angle récurrent du match concerne tout le travail autour du bras du All-American American, victime dès les premières secondes d'une échelle qui, en tombant, s'est fracassée sur son poignet. Mais en raison du faible temps du match, cet aspect est à peine effleuré et n'a pas eu l'influence qu'il aurait sans doute dû avoir sur ce match. D'ailleurs, quand à la fin du match, Swagger se bat avec Kofi pour détacher la ceinture, il se sert de sa main blessée… C'est d'ailleurs au bout de cet angle que se situe le dénouement du match (apparemment improvisé) : dans leur lutte, Kingston et Swagger décrochent la ceinture mais la laissent tomber au sol. Ziggler, encore en train de récupérer d'une chute, se relève et s'en empare, ce qui fait de lui le vainqueur du match.

 

Avec le savoir-faire de la WWE en matière de matchs de l'échelle (à titre personnel, je considère que sur les trois stipulations qui composent le titre du PPV, la WWE est nettement plus à l'aise avec les échelles), et la relative expérience de ces trois hommes qui se sont déjà croisés dans le Money in the Bank du dernier Wrestlemania (Ziggler et Kingston ont même participé à celui du PPV éponyme) et à moult reprises à Smackdown, on pouvait s'attendre à un opener explosif. Et force est de constater que le résultat obtenu est assez décevant. Déjà, on pourra pester contre la trop faible durée du match : neuf petites minutes pour un Ladder Match, c'est bien trop peu, encore plus quand c'est un Triple Threat, sachant de plus qu'un angle incluant Vickie essayant de récupérer la ceinture prend à lui seul une grosse minute du match. On peut aussi regretter le manque de passages à trois catcheurs et surtout l'absence de spots véritablement marquants, hormis le désormais traditionnel « Kofi Kingston Moment » de tout Ladder Match avec cette espèce de Springboard Diving Knee Drop à travers  une échelle, porté sur Swagger. Si le dénouement peut en irriter certains, il ne me dérange en aucun cas en ce qu'il s'inclue bien dans le booking opportuniste de Ziggler sur ce match. On peut ne pas être d'accord avec cette orientation qui ne fait que rajouter un point commun entre l'actuel champion Intercontinental et la Rated-R Superstar Edge (pas forcément au crédit du premier, dans ce cas), mais sur ce match, ce finish apparaît comme relativement cohérent. Bref, un opener correct, bien mené, agréable à regarder mais bien en-dessous de ce à quoi on pouvait espérer.

 

Le top :  le règne de Ziggler se poursuit de manière assez surprenante. Il a réussi à s'imposer comme un champion très crédible et redouté sans jamais dominer ses rivalités (même ses défaites le grandissent), et pourtant, il ne donne que très peu l'impression d'être réellement faible. Tantôt arrogant, tantôt opportuniste… si Ziggler se cherche encore un style, il a déjà trouvé une vraie crédibilité de champion.

 

Le flop :Au vu de ce que nous a offert la WWE pour ses derniers matchs de l'échelle, on est dans une moyenne très basse, essentiellement à cause d'une durée bien trop courte.

 

Note : **1/2

 

 

 

First Ever Womens Tag Team Tables Match : Natalya & Beth Phoenix vs Laycool

           

Tous ceux pour qui le catch féminin se résume à autre chose qu'à une pause pipi (ou tout autre liquide provenant de cette partie du corps) s'étaient sans doute réjouis de cette affiche qui opposait sans doute les quatre meilleures catcheuses actuelles du roster de la compagnie, qui plus est dans un match avec une stipulation on ne peut plus sérieuse (hormis l'angle un peu gamin de cette table rose représentant Laycool en sorcières) et ambitieuse, à savoir un Tables Match. Pour tous ceux qui pensent que la WWE se fout du catch féminin, voilà qui pourrait les amener à reconsidérer leur point de vue. Pas de titre en jeu dans ce match, mais cela n'a pas tant d'importance, tant l'affiche sur le papier fait saliver. D'un côté, deux Divas souvent citées comme les meilleures de la compagnie de Stamford ; de l'autre, celles qui ont dominé outrageusement la division depuis la formation de leur alliance, non sans raison d'ailleurs. Il s'agissait donc potentiellement d'un des meilleurs matchs que les Divas pouvaient nous proposer depuis des mois, voire plus.

 

Premier point non négligeable : les deux équipes portent des tenues de la même couleur : Laycool est en vert (ou en doré, voire un mix des deux) et l'association Beth/Nattie s'est mise au diapason de la championne et donc aux couleurs de la famille Hart. Ce n'est pas grand chose me direz-vous, mais cela renforce l'idée de cohésion dans les deux camps et cela rend l'action plus claire à suivre, surtout avec des règles Tornado.

 

Quatre catcheuses talentueuses et qui ne rechignent pas à faire un petit bump de temps en temps, des tables, un public apparemment assez content de la tournure que prend la division féminine, tous les éléments étaient réunis pour obtenir un bon match, et la WWE a d'ailleurs tout fait pour, octroyant à ce match la bagatelle de neuf minutes, soit autant que le Ladder Match qui vient de se dérouler ! Le début du match est entièrement à l'avantage des faces qui prennent vite l'avantage grâce à un double Bodyslam, Natalya se permettant même de projeter Layla sur sa partenaire. Bref, les Pink and Black Ladies sont montrées comme plus puissantes, rien d'anormal à cela. La table fait alors très vite son apparition et globalement, on va s'apercevoir que la WWE n'a pas pris ce match à la légère car finalement toute la structure de l'action a tourné autour de cette fameuse table. Action qui a en plus largement fait la part belle au travail d'équipe entre ces demoiselles. Alors que la table est à peine montée sur le ring, les faces passent déjà près de la victoire, Beth levant Michelle sur ses épaules. Layla intervient alors pour l'en empêcher mais celle-ci parvient de manière très impressionnante à lever les deux Laycool en même temps (ce à quoi bon nombre d'hommes dans le WWE Universe ont dû rêver un jour, d'ailleurs), dans un angle qui n'est pas sans rappeler celui du Triple Threat de Wrestlemania XXV, où Cena avait porté Big Show et Edge en même temps. Si la victoire n'est pas au bout, au moins le match est parfaitement lancé!

 

L'usage du parallélisme est extrêmement frappant dans ce match, chaque équipe donne vraiment l'impression d'une symbiose qu'on retrouve rarement dans les Tag Teams féminins : quand Beth Phoenix porte une Clothesline sur Michelle, Natalya fait de même avec Layla, quand les anciennes co-championnes reprennent le dessus, McCool écrase Beth Phoenix contre une table quand au même moment, Layla maltraite la Divas Champion contre le rebord du ring. Cela va durer ainsi pendant tout le match, les passages vraiment en un-contre-un étant finalement très rares, même après une très mauvaise chute de Beth à l'extérieur du ring, chute impressionnante qui aurait pu la blesser gravement aux cervicales et dont elle s'est heureusement sortie indemne. Le match distille ainsi parfaitement des moments de tension où chaque équipe passe tour à tour près de la victoire. Bien que peu évoluée techniquement, l'action est fluide et bien chorégraphiée, privilégiant le teamwork à l'individualité puisqu'à plusieurs reprises, les attaques d'une équipe sont contrées par la solidarité de la team adverse (Le Faithbreaker contré par Beth, Michelle qui repousse la table alors que Layla allait encaisser un Double Gorilla Press Slam, Beth qui empêche une Double Superplex décisive en fin de match…). Enfin, n'oublions pas le moment phare du match : ce magnifique double Sharpshooter porté par Natalya sur les deux Laycool, aussi sublime pour les yeux qu'utile dans le déroulement du match puisqu'en immobilisant à elle-seule les deux Laycool, Natalya permet à Beth de mettre en place la table qui servira à la victoire. Victoire qui interviendra après une double Superplex contrée par Natalya, qui projette les deux inséparables à travers la table. Sauf que celle-ci, contrairement à ce qui était prévu, ne se casse pas : qu'à cela ne tienne, Natalya conclut le tout avec un joli Splash qui ne laisse cette fois aucune chance de résistance à la pauvre table. J'en remercierais presque les lois de la physique de nous avoir offert cette hésitation finale, un Splash à travers une table étant un finish bien plus classe qu'une simple poussette de la troisième corde (en plus, cela avait été déjà fait l'an dernier).

 

Avec le recul, il faut quand même pondérer le constat très élogieux que peut laisser supposer cette review, le match n'était pas grandiose, mais il fait partie de ces matchs rares qui montrent vraiment le vivier de talents féminins de la WWE. Ce n'est peut-être pas un festival technique mais la stipulation est parfaitement exploitée et ces demoiselles s'emploient parfaitement à travailler le suspens de cette opposition. Plus qu'un match de Divas, c'est un match de catcheuses, le meilleur de la compagnie en 2010 avec le sous-estimé Extreme Makeover d'Extreme Rules, déjà entre Michelle McCool et Beth Phoenix.

 

Le top:Quand la WWE se rend vraiment compte qu'en plus de ses modèles, elle a aussi des catcheuses, on se rend compte à quel point la division Divas n'a pas grand chose à envier aux Knockouts de la TNA. Natalya s'affirme enfin au niveau qui est le sien, et en plus le public aime, du tout bon.

 

Le flop:Pas grand chose à reprocher à ce match finalement, si ce n'est peut-être un léger manque de variété dans le ring.

 

Note : **3/4

 

 

 

WWE Tag Team Championship : Santino Marrela & Vladimir Koslov © vs Nexus (Justin Gabriel & Heath Slater, with Husky Harris & Michael McGillicutty)

 

C’est donc l’heure du traditionnel match surprise qui n’était pas prévu à la carte, familièrement appelé match bouche-trou. Pour nombre de personnes il était inutile et phagocytait un temps d’antenne qui aurait pu être mis à profit pour rallonger d’autres oppositions plus étincelantes, à l’instar de l’Opener. A mon sens il présente au moins le mérite de mettre en valeur nos nouveaux champions par équipe, le duo comique «Vladino » ou « Santinov », c’est selon. Car il est un constat auquel personne ne peut s’opposer : à ce jour la division par équipe de la WWE est morte. Et les deux énergumènes qui vont défendre leurs ceintures ce soir parviennent malgré tout à s’attirer une pop énorme, ce qui signifie qu’ils rencontrent un beau succès auprès des fans, succès que la Hart Dynasty n’a même pas effleuré en 6 mois de règne.

 

Si la fédération de Stamford cherche à reconstruire doucement sa division, il faut donc faire de cette équipe un duo crédible avant qu’une autre Team ne la détrône plus tard. Et cela, ça passe par des défenses, des matchs plus longs, et une exposition importante. Ce n’est peut-être pas un hasard si nous les avons aperçus à Smackdown deux fois de suite avant de les voir apparaître à TLC. Passons ce petit discours sur nos champions, ce sont eux qui prennent le micro avant le match. Un speech bateau de Santino (« Nous sommes les meilleurs de la galaxie », « TLC= Totally Lethal Cobra »…) qui, là encore, reçoit de très bonnes réactions. Simple et efficace. On découvre leurs adversaires du soir, et ce sont leurs prédécesseurs qui entrent, appliquant ainsi la clause de rematch habituelle. A noter que les 4 membres de Nexus qui entrent ont une certaine présence, et notamment Justin Gabriel et Slater, qui ont une petite aura désormais, je trouve. On s’éloigne de l’icône gay de NXT et de Mylène Farmer en somme. Le sud-africain et Santino débutent.

 

Le début du match est marqué par un sympathique takedown de Gabriel, puis un petit jeu de miroir entre lui et l’italien, assez divertissant. L’entrée de Slater aggrave la note pour le Nexus, puisqu’il se fait dominer par Santino d’abord, puis Kozlov ensuite (qui nous gratifie d’un beau Last Call). Il faudra une intervention illicite de Harris pour inverser la donne. S’ensuit une séquence où Kozlov est mis dans le rôle du face en péril (paradoxal de le voir booké plus faible que Santino de ce point de vue) et où les deux membres de Nexus le mettent à mal. L’inévitable finit par arriver et Santino revient dans le combat, domine aisément Gabriel avec son combo Arm Drag-Grand Ecart Stunner. Fort heureusement le Cobra ne se montrera pas, la faute à Michael McGillicutty qui a causé la disqualification de son clan en frappant Santino.

 

Finalement cette fin est la meilleure possible d’un point de vue pratique : Santino et Kozlov en sortent toujours champions, apparaissent comme capables de tenir tête à Nexus, et ces derniers perdent par disqualification, ce qui est moins dommageable pour leur crédibilité.

Mais le match demeure très moyen et court, et il est dommage que d’autres astuces n’aient pas été employées pour donner un peu plus de suspens (j’aurai aimé voir Nexus faire à la manière du Spirit Squad en son temps et présenter deux autres membres pour reconquérir les titres, à savoir la team McGillicutty-Harris). Après le match, nous avons droit à un traditionnel beatdown, et Barrett vient faire sa publicité de la soirée en venant armé d’une chaise pour donner deux coups symboliques à chaque moitié des champions par équipe. C’est toujours ça de pris pour mettre le clan en avant…

 

Le Top : Une pop considérable et de l’exposition pour les champions par équipe, ce qui est une bonne nouvelle même si cela ne compense pas l’état déplorable de la division…

 

Le Flop : Un Nexus qui n’en sort pas très grandi, avec ce nouvel échec. Dommage, Slater et Gabriel avaient une certaine classe en tant que champions.

 

Ma note : **

 

 

 

Ladder Match pour le statut de Number One Contender au WWE Championship : Sheamus vs John Morrison

           

Ce qui au départ apparaissait comme une petite rivalité de transition a pris un peu plus d'envergure que prévu. A priori, entre un Sheamus écarté du title picture du WWE Championship et l'éternel espoir John Morrison, tout laissait à croire que la rivalité n'allait servir qu'à occuper l'Irlandais et à offrir un peu de spotlight à JoMo. Au final nous avons devant nous les deux finalistes du King of the Ring de cette année, et le prochain challenger pour le WWE Championship. Leur opposition des Survivor Series avait déjà laissé entrevoir de très belles choses, l'opposition de ces deux styles ayant déjà fonctionné de manière prometteuse. Fraîchement couronné King of the Ring, le Celtic Warrior a ajouté une ligne de plus à un palmarès flatteur pour un catcheur présent depuis seulement un an dans le roster principal. Et d'un autre côté, Morrison semble sur un nuage en ce moment, presque transformé. Son booking remarquable a changé le playboy un peu lisse qui stagnait en Midcard en une sorte de guerrier mort de faim, un compétiteur intense à la fois puissant et élégant.  Deux hommes qui finissent donc parfaitement l'année 2010 et qui se voyaient offrir un match en forme de cadeau empoisonné. Tout gratifiant que soit ce programme (un title shot à la clé tout de même), il servait surtout de test pour les deux hommes, et surtout pour JoMo. Sheamus se voyait pour la première fois dans la peau du favori dans un match à enjeu et avait donc de grandes chances de devoir porter le match ; quant à Morrison, il se voyait offrir l'un des matchs en simple les plus importants de sa carrière. De ce match et de sa prestation vont sans doute dépendre ses chances d'accéder enfin au Main-Event, après des mois et des mois, des années même d'espoirs déçus.

 

Le début de match est à l'image de leur rivalité : nerveux, tendu, c'est un brawl solide, avec des coups qui claquent et des contacts à l'épaule. Sheamus prend rapidement l'avantage du fait de sa puissance naturellement plus développée que Morrison, qui lui, endossera plutôt le rôle du type qui subit, fait le dos rond, mais ne lâche rien, avant de placer ses banderilles au moment opportun. Il le prouve dès le début du match en esquivant une projection contre une échelle placée horizontalement, en se laissant glisser dessous, avant de piéger Sheamus en le provoquant. Le match est tendu, les deux hommes restent énormément dans le corps-à-corps et se rendent coup pour coup avec l'intensité de deux compétiteurs qui semblent réellement lutter comme l'enjeu l'exige. D'ailleurs la première échelle se retrouve utilisée au coeur d'une épreuve de force entre Morrison et Sheamus qui montre bien la schéma de ce match : Sheamus domine Morrison en force pure, alors ce dernier doit exploiter ses qualités athlétiques pour pouvoir lutter, ce qui va se traduire par le premier gros spot de ce match, un splendide Springboard Corkscrew Dive du haut de l'échelle positionnée dans le coin ! Morrison passe près de la victoire et est le premier à s'approcher du contrat mais Sheamus revient à temps pour coincer sa jambe gauche entre les barreaux de l'échelle. Va alors s'engager une très longue série d'attaques très variées détruisant méthodiquement/chirurgicalement/méticuleusement/sadiquement (rayez la mention inutile) avec ou sans l'aide des échelles, qui servent dans ce match de manière radicalement différente que lors de l'opener. Là où dans le Triple Threat, elles amenaient de la hauteur pour des spots aériens et acrobatiques, ici, l'échelle est vraiment une arme redoutable, un projectile, un étau, un obstacle. C'est en tout cas de cette manière que le Celtic Warrior démolit avec une violence et un sadisme assez jouissifs la jambe du pauvre JoMo. Il n'y a qu'à voir ce spot où Sheamus fait basculer l'échelle, la jambe de Morrison encore coincée à l'intérieur, pour s'en rendre compte. Il n'est pas nécessaire de faire l'inventaire complet de toutes ces prises, mais leur exécution est aussi réussie que ce soit dans leur violence ou dans la manière dont elles sont vendues par Morrison. Ici on atteint vraiment un point qui donne au match une toute autre dimension : la psychologie. Le terme est parfois un peu dévoyé, mais ici c'est vraiment le cas. Sheamus attaque Morrison à la jambe pour l'empêcher de grimper vite, certes. Pour entraver le Starship Pain, bien sûr. Pour ralentir le catch d'un adversaire avant tout connu pour la fluidité de son move-set, c'est entendu. Mais il y a plus que ça. Derrière la stratégie de match, il y a aussi l'expression de la brutalité de Sheamus, celle qui a fait de lui l'excellent brawler qui nous a fait oublier Triple H. Un type normal aurait attaqué quatre ou cinq fois cette jambe, Sheamus l'a fait pendant près du tiers du match. Et c'est à mon avis ce qui rend ce match spécial : il exploite à fond et parfaitement le caractère de ces deux hommes. Morrison plie, plie encore, plie beaucoup, mais ne rompt pas, il se bat, revient toujours avec l'énergie du désespoir, quitte à se prendre un Brogue Kick dans la jambe, quitte à sortir des prises qui utilisent avant tout ses membres supérieurs, quitte à remplacer sa jambe par une échelle sur un Inverted Atomic Drop. Et le public a adoré, le soutenant de plus en plus à mesure que le match avançait. La force du match réside vraiment dans cette construction quasi parfaite qui a rendu over les deux hommes à coups de spots de plus en plus gros, le dernier étant ce très long spot entretenant un suspens total conclu par le passage OMGesque de Sheamus à travers l'échelle placée à l'extérieur du ring. Et pourtant, ce n'est pas celui qui va conclure le match. Morrison est à deux doigts de remporter le combat lorsque Sheamus revient miraculeusement dans la bataille. Mais il n'arrive pas à déséquilibrer suffisamment son adversaire en faisant basculer l'échelle : le retour de flamme arrive sous la forme d'un magnifique kick en pleine tête, un petit bijou. Morrison peut aller décrocher le contrat et le match de championnat qui va avec.

 

Vous avez pu vous en rendre compte, ce match a même dépassé mes espérances. Sans doute trop juste pour un Match of the Year, mais sans doute dans mon top 5 personnel de 2010. Le match est extrêmement cohérent, spectaculaire, Sheamus et Morrison font preuve d'une complicité dans leur style indéniable et les deux ont offert sans doute l'un des meilleurs matchs en un-contre-un de leur carrière. Un brawl nerveux, violent (pour du contenu grand public évidemment) avec deux loups prêts à tout pour aller chercher ce contrat. Un excellent match, et la preuve supplémentaire que la WWE est en train de faire naître la relève du côté de RAW.

 

Le top :John Morrison est en train de crever le plafond en cette fin d'année. Transfiguré, il nous montre pourquoi nous avions tant d'espoirs le concernant. L'occasion était parfaite pour lui et il a su enfin la saisir. Le WWE Champion, The Miz, son ancien partenaire, lui offre une rivalité en or et si la WWE réussit bien son coup, il serait extrêmement intéressant de la voir aller jusqu'à Wrestlemania.

 

Le flop:J'ai du mal à trouver un réel défaut, on peut trouver le selling parfois imparfait, mais globalement c'est bien au-dessus de ce à quoi on peut assister traditionnellement dans un Ladder Match.

 

Note : ****1/4

 

 

WWE Championship, Table Match : The Miz © vs Randy Orton

 

Nous savons désormais que John Morrison affrontera le vainqueur de ce match au Royal Rumble (à moins que les bookers ne glissent un title match à Raw). Le suspense parait donc bien peu présent, c’est une évidence. Toutefois l’opposition n’est pas dénuée d’intérêts. Maintenant que The Miz est champion du monde, il se doit de conforter son nouveau statut. Et je ne parle pas forcément en terme de crédibilité puisque de toute manière il est booké faible, et il est donc évident qu’il subira les agressions d’Orton dans le match et que son fidèle Riley sera là pour lui donner un petit coup de main. Non, je parle du fait d’assurer une présence sur le ring, d’être là à chaque instant, concentré, de mettre de l’intensité dans ses coups, et autres ingrédients essentiels. Ce qu’il maitrise déjà, mais de manière irrégulière.

En attendant, notre champion chauffe la foule en deux temps. D’abord par un petit segment efficace avant le match (où Riley apporte le WWE Title dans une mallette), puis en entrant dans l’arène alors que sont rediffusées les images de son génialissime cash-in. Il arbore pour l’occasion un très beau slip noir et or.

 

Présentation du champion et du challenger, regards haineux de rigueur, et c’est parti. On débute, ô surprise, par une domination sans partage de Randy Orton. Mais on assiste plus à un brawl qu’à un véritable combat pour le moment, malgré une belle Suplex de la vipère en ringside. Riley tente d’aider comme il peut mais semble effrayé par Randy. On s’ennuie ferme et il faut attendre de voir la première table dressée pour que le combat se débride un peu à l’image d’une séquence sur l’escalier en métal, où The Miz prend enfin l’ascendant sur son challenger. Il capitalise immédiatement en donnant un coup d’escalier à Orton, avec un bel impact, puis en allongeant l’ex Legend Killer sur une table pour porter le coup de grâce (avec un petit botch au passage, car la table avait été mal bloquée dans un premier temps, petit détail révélateur de ce que je disais au début). Mais le prétendant au titre s’esquive rapidement et on repart pour un tour de brawl, un peu plus nerveux, avant de revenir sur le ring, où l’Awesome One réussit sa sublime Mizline. 2 prises portées en plus de 5 minutes… On note une très belle heel heat pour le Miz, qui montre qu’il sait saisir les moments clés pour récolter les réactions adéquates. Orton riposte avec un … Angle Slam ! Prise récemment incorporée dans son moveset, et qui n’est pas de trop. Randy domine et veut gagner, il part pour une Superplex sur une table, mais Riley vient de nouveau jouer les anges gardiens et retire la table avant l’impact, sous le regard éberlué du challenger. On en arrive à l’instant clé du match : après une séquence sponsorisée par Batman (un humain pour changer, car je suis intimement persuadé que Orton ne vient pas de Krypton), l’ancien champion éjecte le Miz en ringside, et l’arbitre en même temps. Il assène un RKO à Riley et le fait passer à travers une table … et The Miz revient par derrière pour lui porter son Skull Crushing Finale, avant de le placer sur les débris de la table. Il réveille l’arbitre, qui valide une victoire factice ! OUAIS ! OUAIS ! HAHAHA, QUELLE SALOPE, QUE C’EST BEAU ! Ma réaction en live est proche de cela, et il est vrai que la manœuvre de Mizanin pour conserver son bien est très ingénieuse (et vicieuse), digne de feu Eddie Guerrero. Toutefois, à cause d’un arbitre trop attaché à l’éthique et digne de la Ligue 1, le match redémarre suite au visionnage du replay (eh oui, le catch est en avance sur le foot, c’est un mot à faire passer aux Cahiers du Foot). Je n’ai pas le temps de vociférer sur l’homme en noir (et blanc) que Orton étale sa rage sur Mizanin avec un beatdown en ringside. Il le renvoie sur le ring, monte sur le tablier … et se prend un Riley utilisé en projectile par le champion avant de tomber sur la table derrière lui ! OWNED, DEUX FOIS, DANS TA FACE ORTON ! Encore une manœuvre contestable, mais cette fois-ci légale (tout relatif que soit ce terme dans un match du genre), et qui permet au Miz de conserver son titre pour de bon. Il célèbre avec son couteau suisse (car un Riley ça peut tout faire), ce qui nous vaut des regards désespérés de la part des enfants du public.

 

Au final, on a eu un match très moyen, mais redynamisé par les ficelles scénaristiques (ce scénario n’étant pas sans rappeler le match Orton vs Cena de Summerslam 2009, avec 4 fins différentes). Mais la faute n’en incombe pas tant aux deux belligérants qu’à la stipulation. A mon sens le Table Match, bien que porteur d’une certaine tension liée au fait que la fin peut survenir n’importe quand, limite les possibilités en terme de construction du combat. Mais je reste sur une bonne impression, et pour la comparaison j’ai préféré ce match à celui de l’an passé entre Cena et Sheamus. Notons également que le public a fait acte d’une bonne présence. Désormais, c’est donc un John Morrison vs The Miz que nous avons en ligne de mire, voilà qui est alléchant.

 

Le Top : Deux manœuvres purement heelesques du Miz, qui l’établissent en champion de la WWE sans grand mérite. Adorablement détestable. Notons aussi le rôle d’importance de Riley, qui bénéficie tout de même d’une grosse exposition pour un valet.

 

Le Flop : Un début très lent, et des séquences de brawl répétitives.

 

Ma note : **3/4

 

 

World Heavyweight Championship TLC Match : Kane © vs Edge vs Alberto Del Rio vs Rey Mysterio

 

Le TLC se situe donc en pré-Main Event. Choix étonnant de la part de l’équipe créative, qui place donc la stipulation phare du PPV avant une de ses déclinaisons. Il est vrai que la feud entre John Cena et Wade Barrett est plus intense et construite que les deux autres rivalités réunies pour le 4-Way (et ce en dépit d’incohérences dérangeantes et d’un goût du travail bâclé) mais de là à lui donner l’honneur du Main Event, je reste dubitatif. La suite nous dira si cela fut judicieux. En attendant, (voix nasillarde) « c’est donc le Championnat du monde poids lourd qui est en jeu mesdames et messieurs, the World Heavyweight Championship is on the line, ladies and gentlemen » (copyright Nelson Monfort). Et le choix de la part de la WWE d’avoir changé le match à la dernière minute prête à débat. La feud entre Edge et Kane, bien qu’à sens unique, était-elle si faible ? Ou alors s’agissait-il de réunir deux rivalités sans lien juste pour économiser du temps car il était impossible de leur donner des expositions séparées ? En tout cas si cela rend l’affiche plus belle sur le papier, il s’agit tout de même d’une belle lacune dans la construction pré-match. Il aurait été préférable que ce choix se fasse juste après les Survivors Series (ce qui nous aurait épargné la feud entre Bip-Bip et Coyote à laquelle nous avons eu droit). D’autant plus que nous n’avons pas eu de justification très claire pour expliquer ce changement, ce qui n’est pas très bon pour la cohérence.   

 

Place au match. Une fois n’est pas coutume dans un match à 4, l’action est immédiatement séparée en deux, en suivant la logique des rivalités. Edge et Kane partent donc faire un petit tour du ring et se neutralisent par un double Big Boot, laissant le spotlight à leurs camarades mexicains (aucun sous-entendu sur l’immigration en Amérique). Cela nous donne le premier spot du match, avec Del Rio qui fait chuter le Chihuahua de l’échelle sur Bip-Bip et Coyote, justement en train de se relever. Inspiration cartoon ? Les deux latinos continuent un moment encore, commençant à jouer avec les échelles (on notera un joli saut de Mysterio depuis le coin, sur une échelle, mais gâché par un retard de synchronisation avec son adversaire qui était prêt à recevoir le coup depuis un moment). Del Rio out, c’est donc Kane qui arrive, respectant ainsi la fameuse loi de deux (pas plus de deux combattants sur un ring). Et bis repetita avec Edge qui débarque pour prendre la relève de Rey. Changement de feud en somme. Après le premier signature move de ce qui sera au final une longue série (Impaler DDT d’Edge) Kane prend l’ascendant sur ses trois adversaires, qui finissent par s’allier pour calmer sa colère teintée de schizophrénie et d’accès psychotiques. Après une petite collaboration entre Edge et Rey (j’aime bien les voir œuvrer ensemble, comme ce fut le cas à Bragging Rights, je ne saurai dire pourquoi), nouveau spot très sympathique avec un Splash de Edge depuis une échelle sur le Big Red Monster allongé sur une table. Le match va continuer ainsi, avec une succession d’alternances de duos, ponctuée de temps à autre de moments clés à l’instar du Running Enzeguiri de Del Rio sur un Rey adossé au turnbuckle bientôt suivi de deux Spears (le finisher, pas la chanteuse) à l’encontre des mangeurs de Tacos. L’opposition se délocalise sur le titantron avec un Kane dominateur, et rebelote ! Running Enzeguiri sur le gros monstre rouge (aucune analogie avec le Père Noël), suivi d’un Spear. Mysterio enchaîne en montant sur le décor et en sautant sur Kane, mais de sa position précaire il perd un peu l’équilibre et rate en partie le mouvement. L’idée était bonne, dommage.

 

Retour sur le ring avec les trois survivants, pour deux 619 dont un contré avec une chaise par l’Ultimate Opportunist. Après une double neutralisation des deux top faces (le match est placé sous le signe du 2, c’est un fait), tout le monde est KO. C’est alors que Ricardo est arrivé sans se presser. Après s’être tâté un instant (aucune corrélation avec les DEUX grosses couilles de son maître) il monte pour tenter de ramener le Graal, en bon chien. Mais Kane interrompt cet instant sympathique d’un Chokeslam. Puis un autre sur Del Rio, et un dernier sur Edge, expédié sur une table… et nouveau 619 de Rey sur Kane. Et pour parachever le tout, un Armbar made in Del Rio sur l’Ultimate Underdog. Alberto est désormais en position de force, mais perd du temps à s’acharner sur Rey.  Et quand il monte sur l’échelle, le chihuahua la renverse, envoyant Del Rio sur des tables en ringside, dans le plus gros bump du match. Au tour de Rey de croire à la victoire, mais Kane vient le déloger et lui assène un Tombstone. Jamais deux sans trois, Edge revient et assène un ultime Spear à son rival, pour monter et décrocher enfin la ceinture. C’est son 10ème titre de champion du monde. Superbe ovation, très belle célébration, et nouvelle victoire dans un TLC pour lui.

 

Toutefois le match aura manqué de psychologie. J’insiste dans le résumé sur la litanie incessante de finishers, ce n’est pas innocent. L’opposition se résumerait presque à une succession de bumps et de finishers. Agréable à voir sans aucun doute, mais ça donne un arrière-goût d’inachevé, il manque cette étincelle qui fait vibrer quand untel monte sur l’échelle et tente de décrocher la ceinture. Etincelle qui était présente lors du TLC entre Jeff Hardy et CM Punk en 2009, ou celui entre Edge et Undertaker en 2008. Mais le spectacle reste à la hauteur de ce que l’on pouvait attendre pour un match annoncé 2 jours avant l’événement. Si d’aucuns critiqueront la victoire d’Edge, je trouve qu’il s’agit d’un excellent choix. Alberto est encore un brin trop tendre, et il faut le tester dans la peau du challenger. Dès le Royal Rumble ? Pourquoi pas. Ce PPV est là pour tester des affiches peu coutumières en termes de titres mondiaux, puisque le spotlight est assuré par le Rumble en lui-même. Autant en profiter.  Et si le nombre de règnes de la Rated R Superstar vous donne des boutons, n’oubliez pas que ses précédents ont tous été très courts. Je pense que le nombre de règnes n’est de toute manière pas un indice fiable de nos jours, alors que les changements réguliers de ceinture sont monnaie courante. Et à ce titre saluons la durée du règne de Kane (6 mois), qui fait figure d’exception. Reste à voir ce qui attend désormais nos protagonistes : Edge aura sans doute à confirmer son nouveau statut dans un rematch contre Kane. En espérant que cela se déroule à Smackdown et laisse le champ libre à Alberto Del Rio pour le Royal Rumble. Rey quand à lui devrait jouer les trouble-fête lors de l’événement. A moins qu’il ne prenne un peu de repos. Wait and see.

 

Le top : Les matchs dans le match et la succession des finishers et des bump font que, une fois passé un début peu captivant, on ne s’ennuie plus.

 

Le flop : Un manque d’intensité, et une alchimie largement perfectible entre les protagonistes.

 

Ma note : ***3/4

 

 

 

Segment Rhodes/Big Show

           

Alors que l'on attend tous de voir Cena et Barrett se mettre dessus pour régler leurs comptes résonne le thème d'entrée de… Dashing Cody Rhodes! Rhodes, sapé comme pour aller à son premier bal de promo, débarque dans l'indifférence d'une foule qui, tout comme nous, se demande vraiment ce qu'il fout là. Honnêtement, je n'ai rien contre un segment impromptu en plein PPV, mais en sous Main-Event, alors que le TLC est déjà passé, ça ne fait qu'ajouter au sentiment frustrant d'assister à une fin de show mal construite. Avant même que Dashing n'ouvre la bouche, on part donc un peu réticent sur notre appréciation du segment. Surtout que Rhodes enchaîne avec deux mots qui nous hérisser les poils du nez (comme tout vrai homme viril fier de sa pilosité) : Grooming Tips. Déjà que je zappe les segments à Smackdown alors en PPV… La foule semblant quand même particulièrement réceptive ce soir, Rhodes arrive quand même à s'en sortir honorablement en terme de heat grâce à cet outil merveilleux qu'on appelle la cheap heat (qui tourne généralement autour de « Votre ville est moche, elle pue, vous êtes gros et vous êtes tous des tarés analphabètes », le mot ville pouvant parfois être remplacé par l'équipe de basket, de football ou de base-ball locale quand vous vous appelez The Miz). Je ne connais pas les habitants de Houston, qui doivent être au demeurant des gens charmants, mais je ne vois pas en quoi Houston serait spécialement une ville plus crade qu'ailleurs. Bref, le segment n'est pas mauvais, mais ne justifie en rien sa raison d'être dans la carte, encore moins à cette place, qui vole du temps à d'autres matchs. Dire qu'on a sacrifié cinq minutes de l'opener pour ce segment. Mais le pire est à venir.

 

En effet, les bookers ont rien trouvé de mieux que de nous sortir le traditionnel segment de Noël comme chaque Noël, et ce en plein PPV. Les segments de Noël, c'est généralement comme les segments de Thanksgiving ou les Tribute to the Troops : longs, moches et ratés. Et cette année on a droit au World's Largest Santa Claus qui vient offrir aux fans le DVD de Knucklehead. Et en ce sens, ce segment nous rappelle tous ces Noëls où on recevait des cadeaux à la con, mais qu'on acceptait avec le sourire pour faire plaisir. Dire qu'en une soirée la WWE écoulera sans doute gratuitement en cinq minutes autant de DVD que sur toute sa durée de mise en vente partout ailleurs aux Etats-Unis… Le reste oscillera entre le pathétique et l'inutile, bourré de blagues pas drôles, de menace de pandémie cinématographique (oui, Cody, si tu continues à me faire chier, je fais Knucklehead 2!) et conclu par un Cody tout honteux de finir en slip, martyrisé par le père Noël. Bref, un segment absolument inutile et ridicule, qui n'aurait jamais dû avoir sa place dans un PPV jusqu'ici si bon.

 

 

 

Chairs Match : Wade Barrett vs John Cena

 

C’est donc l’heure du Main Event. Pas de titre en jeu, une stipulation peu éclatante, seule l’affiche est vendeuse. Pourquoi placer ce match en fin de PPV alors ? Sur le moment le sentiment est qu’il va se passer quelque chose de grand, d’inattendu. Qu’en sera-t-il vraiment, telle est la question. En attendant, une odeur de fin de rivalité plane sur Houston. Et cette rivalité aura profondément contribué à renouveler l’intérêt porté à la WWE par les fans, dans le bon ou le mauvais sens. Marquée par de nombreux moments chocs depuis ses débuts en juin, il me parait inutile d’en dresser un compte-rendu détaillé. Ce qui est à retenir, c’est qu’en dépit du retournement de situation de ces dernières semaines (avec la réintégration trop rapide du Champ), le Nexus aura mis à mal le personnage de Cena plus que quiconque depuis des années. Car dans les faits il a été privé de sa liberté puis licencié. Et même si en pratique les choses furent mal construites ou incohérentes, on ne peut enlever ces faits d’armes au Nexus. Orton, Edge, et Jericho entre autres avaient essayé d’éjecter Cena de la fédération mais n’y étaient jamais parvenus. Nexus l’a fait. Mais on peut regretter que les bookers n’aient pas joué le jeu jusqu’au bout et aient choisi, à mi-chemin, de revenir en arrière, comme si l’expérience avait été trop loin. Barrett, dont la crédibilité a été entachée après trois échecs consécutifs contre Orton, doit maintenant se ressaisir. Et ce ne sera pas chose aisée car le Nexus a été pris pour cible par Cena ces dernières semaines, parfois violemment. Et lors du PPV encore, Cena a attaqué les membres de Nexus un par un avec une chaise, faisant qu’au moment du match, le leader du clan est le seul debout.

 

Le match débute à l’avantage du revenant, avec un peu de lutte au sol et du brawl. Style d’affrontement désormais classique entre ces deux là. Ca ne vole pas haut sur le plan des prises mais l’intensité est grande, grâce à des mind game récurrents, notamment lors d’une première séquence en ringside ou Barrett et Cena jouent au chat et à la souris, l’anglais étant armé d’une chaise. Les deux acteurs jouent sur les expressions faciales, et finissent par se retrouver sur le ring, face à face, chacun une chaise à la main. C’est lent, mais je suis particulièrement friand de ce genre d’oppositions théâtrales. Et force est de constater que la chaise prend une dimension menaçante, ce qui est idéal pour mettre en valeur une stipulation qui en avait un grand besoin. Après cette période d’observation teintée de tentatives d’agressions, le match commence à se débrider. Le premier « gros » coup est porté par John Cena, qui assène un Running Bulldog à Barrett, sur une chaise. Par la suite, les deux hommes se neutralisent en se disputant la possession d’une chaise, ce qui deviendra une sorte de fil rouge. Quelques mouvements sympathiques tout de même, à l’image du traditionnel Pumhpandle Slam de Barrett, suivi de coups de poings de la part du brawler anglais très bien vendu par Cena. Là encore petit temps d’arrêt, et grosse heat pour le leader esseulé de Nexus. Froid, lent, méthodique. Ce sont des qualificatifs adaptés pour le décrire, et il le démontre en s’acharnant sur le Champ sans rage particulière, très calmement, d’abord avec les escaliers puis avec des chaises. L’action se dirige vers le titantron où John est désormais en train de ramper. Vient le moment de LA séquence entertainement du match. Cena reprend le dessus et met Barrett KO grâce à un surpassement. Il va en backstage et en ramène une chaise de bureau à roulettes sur laquelle il assoit un Barrett chancelant. Il lui envoie de l’eau au visage, l’air de dire « alors mon gars, vilaine gueule de bois hein ? T’inquiète on va arranger ca ! », avant de propulser la chaise sur la rampe, en plein contre un escalier qui avait été placé par Wade auparavant. Gros impact et fou rire pour ma part, une séquence très fun qui démontre une fois de plus les qualités d’entertainer de John. Cependant, les rosbifs sont rancuniers et le gagnant de NXT saison 1 n’échappe pas à la règle. Il riposte immédiatement en coinçant une chaise sur la tête de John et en l’envoyant contre un des coins métalliques du ring. Beau selling du Champ au passage, qui voit son rival s’attaquer à … sa cage thoracique et sa gorge. Vicieux on vous dit. Cena revient brièvement dans la partie avant de se faire piéger entre la 2ème et la 3ème corde. Etrange de constater que ce fait est coutumier de nombreux matchs où il était en péril, à l’image d’un affrontement contre JBL à One Night Stand 2008, et d’un autre contre Randy Orton à Hell In A Cell 2009. Il se libèrera finalement, avant de reprendre une nouvelle fois un avantage éphémère qui cessera brutalement sur un Sidewalk Slam de l’anglais. Petit jeu de miroir dans lequel les deux rivaux s’envoient tour à tour dans la même chaise, placée dans le coin. La fin va alors se mettre en place : tentative d’Elbow Drop avec une chaise sous le bras de Barrett esquivée par son Nemesis. Les deux hommes sont à terre, une chaise au centre du ring. Ils rampent pour l’attraper, poursuivant ainsi le fil rouge que j’énonçais tout à l’heure, mais Cena est plus rapide. Nouveau jeu de regards, et Cena se déchaîne. Coups de chaise, Fame Asser avec le fameux objet placé sous la jambe, et enfin, un Attitude Adjustement placé sur 6 chaises alignées. Tombé de rigueur, et c’est dans la poche. Mais le match ne s’arrête pas là, et le gagnant s’acharne sur son adversaire du soir, qu’il va poursuivre jusque sur le titantron en le frappant avec des chaises, avant de le placer sous une table en bois et de faire tomber une partie du décor (des chaises alignées sur la hauteur de l’arena) sur lui. Aller jusqu’au bout des choses, c’est ce que John Cena aura fait ce soir, de manière bien ironique. « Enterrer » son adversaire sous une myriade de chaises pour conclure un Chair match c’est tout de même symbolique (la séquence me rappelant au passage la fin du film « Les Jumeaux », où De Vito enterre le méchant sous des tonnes de chaines dans un parking)

 

Cela conclut donc une rivalité qui fut très intense. Il était écrit que Cena gagnerait à la fin et je ne critiquerai pas cela. Mon seul regret est que la période « Cena viré » ait été sous développée, voire même complètement bâclée. Et c’est d’autant plus regrettable que jusqu’à Bragging Right, tout avait été très bien travaillé. Mais si l’on juge cette conclusion indépendamment du reste, le match est très plaisant. Une intensité palpable, beaucoup de psychologie, de l’entertainement, une construction très travaillée, et surtout une exploitation excellente de la stipulation (qui cause par ailleurs la répétition du mot « chaise » un grand nombre de fois dans ma review). Attaques directes, prises, contres, pièges… les fameux objets auront été au centre du match (en atteste la symbolique de la chaise que se disputent constamment les deux belligérants) et c’est un très bon point. Surtout quand on se souvient de l’énorme bide du match Undertaker vs Batista l’an passé. On finit donc sur une bonne note mais avec un arrière goût de déception. La position du match prête à débat, et même s’il était prévisible que ça se finisse de la sorte, une surprise aurait pu faire de ce moment quelque chose de bien meilleur. Espérons désormais que le Nexus regagne un peu de crédibilité, je suis intimement persuadé qu’il aura une place très importante au Rumble. Avec une victoire de Barrett ? Pourquoi pas ?

 

 

Le Top : Un match très bien construit, un public chaud, une stipulation bien exploitée. Rien à redire, les deux hommes nous auront livré une très bonne copie.

 

Le Flop : Une fin prévisible qui a le mérite d’avoir été bien réalisée, mais un Nexus qui sort de cette rivalité très affaibli, mis à mal par un seul homme.

 

Ma note : ***1/2

 

 

 

Au final, ce TLC est bien meilleur que celui de l’an passé. Il exploite bien mieux les objets phares des stipulations, et hormis l’opener, aucun des matchs utilisant le T, le L, le C, où les trois ne m’a réellement déçu. Au niveau des répercussions, nous avons donc un changement de titre majeur, avec Edge qui est le nouveau World Heavyweight Champion. Amusant de constater qu’à l’image des deux précédents gagnants du Royal Rumble (Cena et Orton) il ne participera pas à l’événement, l’année suivant son gain. Reste à voir qui il défiera, en espérant que ce soit Alberto Del Rio. Autre événement à retenir, la fin probable de la rivalité entre Cena et Nexus. Mais ils devraient se retrouver très vite, pour le Royal Rumble, puisque la place de challenger n°1 au titre mondial de Raw est occupée par Morrison. Il sera intéressant de voir les interactions entre Cena, Orton, Nexus, et le reste du roster (et notamment Sheamus). Santino et Kozlov demeurent champion par équipe et devront se trouver de nouveaux adversaires puisque la clause de rematch du Nexus est épuisée. Du côté des Divas on peut présager d’une feud entre Natalya et Beth Phoenix (en espérant les voir apparaître au Rumble, ça serait très sympathique). Les rivalités pour les titres secondaires devraient être mises de côté en vue du Rumble, quoique le Miz avait du y défendre son titre des Etats-Unis l’an passé. Mais Ziggler risque de devoir vite remettre son bien en jeu vu la manière dont il l’a conservé. Enfin, le Miz reste à la tête du show rouge en tant que champion WWE, et nous nous dirigeons vers une alléchante rivalité contre son ancien partenaire. Qui aurait cru que ces deux là arriveraient aussi haut ensemble ? Et j’espère les voir aller jusqu’à Wrestlemania. En attendant, on se donne rendez vous pour le Royal Rumble, qui ouvrira la route pour le plus grand PPV de l’année (du moins sur le papier).

 

 

-Ma qué sour CatchBrékeur, on é pas dé rigolos !

-Da !

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