Catch

Raw Smackdown – Au pied du sapin

Remets donc une buche. La dinde n'a pas fini de cuire.

Pierre Cauchon, évêque de Beauvais

 

Bonjour à toutes et tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où cette semaine les CDCs vont se la jouer Old School en ressucitant les analyses de RawSmack.

 

 

Dix kilos de marrons dans le fondement et au four. Comptez une demi-heure par kilo.

 

 

Nalyse de Raw du 20 et de Smackdown du 21 décembre

 

 

On va pas se mentir, ça nous arrange bien à la Rédaction des Cahiers du Catch de regrouper les deux nalyses parce qu'entre les shows de la WWE, on a des trucs à faire (genre beurrer des toasts, faire un glaçage au chocolat à une bûche ou appliquer un Figure Four Leg Lock à une dinde dodue) mais, aussi, il faut bien le reconnaître, parce que dans le Connecticut, on ne s'est pas vraiment foulé à propos de Smackdown : il ne suffit pas d'annoncer un show exceptionnel parce qu'il est live, il faut aussi faire le service minimum et donner à voir un produit consistant.

 

Le premier fil rouge de cette semaine étrange (vu qu'elle s'est terminée le mardi) était le passage obligé par le thème de Noël. Le truc s'est passé en deux fois deux temps, en opener de chaque show et aura été apte à séduire tous les fans mais dans des registres si différents qu'aucun ne pourra être pleinement satisfait. Au rayon des segments et autres promos, la WWE nous offrit à RAW un grand n'importe quoi en forme d'hommage à Un chant de Noël et d'une promo d'un Miz triomphant après sa victoire. Le double problème avec cette référence à Dickens est, d'une part, qu'elle n'est pas forcément intelligible pour tous – nous, Français, y compris – et d'autre part que l'association du trio Miz/Cole/Riley à un personnage aussi peu positif qu'Ebanezer Scrooge (sorte de grinch de l'ère victorienne) tombe un peu trop dans la facilité. Mais, bon, hormis le côté incongru du bazar, l'ensemble était assez bien éxécuté même si la première title défense du Miz en PPV aurait peut-être mérité une célébration avec un peu plus de lustre. Et puis, à côté du segment de Smackdown où on avait : le Big Show en Père Noël, Hornswoggle en lutin, Rosa Mendes en assistante de Santa Claus et Cody Rhodes en mec qui se fait ridiculiser durant le segment, il n'y avait pas photo.

 

Tiens, d'ailleurs, il y a doit y avoir une règle non écrite, à la WWE, qui fait qu'un auteur doit absolument donner un rôle à Rosa dans un show à l'exact inverse de l'alignement qu'elle avait au précédent. Là, à TLC, elle a eu droit à un court moment avec un heel Del Rio, donc ce mardi, elle était aux côtés du Big Show : c'est comme ça depuis le début de l'année. On pourrait presque dire qu'elle fait un turn chaque semaine mais en fait non, vu que tout le monde se fout de ce qu'elle fait dans et hors du ring (jusqu'au jour où elle lutte, alors là, tout le monde se plaint du faible niveau de la division féminine à la WWE).

 

 

Végétalien ou pas, Daniel Bryan a fourré deux dindes pour le réveillon.

 

 

Mais, le vrai Noël était dans le ring avec deux openers que la WWE avait soigneusement choisis pour les petits souliers de ses fans. A Raw, Daniel Bryan contre William Regal. Difficile de faire plus attrayant pour les smarks avec une telle affiche et ce genre de public étant ce qu'il est (c'est à dire par essence, toujours critique et jamais content, il trouvera à redire : match trop court, pas de build-up réel alors qu'une feud au long entre le maître et l'élève pourrait nous entrainer vers un showstealer dns n'importe quel Pay Per View). Peu importe, ce match sentait bon la houppelande et les souplesses portées sur Regal tandis qu'il maintenait son adversaire dans un headlock, c'était beau à voir pour qui aime ça et pas trop pénible pour un fan plus casual.

 

Et le Smackdown de mardi/vendredi a débuté avec un rematch du main-event du Pay Per View : The Miz vs Randy Orton. Là, aussi c'était un bon match même si en cherchant un peu il y a matière à objections. D'abord sa place en opener du Show bleu, là où il n'avait rien à y faire. Ensuite, la structure même du combat qui ressemblait vraiment beaucoup à celui du dimanche en Pay Per View (mais sans les tables). Orton et Le Miz ont des movesets assez limités et leurs éventuels matchs ont tendance à tous se ressembler. Si on est fan de l'un ou de l'autre on adore, sinon il vaut mieux prévoir une petite liste des prises obligatoires. On la coche au fur et à mesure pour savoir quand arrivera le dénouement : Scoop Slam d'Orton, Running Clotheline dans le coin du Miz, Hangman DDT … Bingo ! Randy place son RKO mais une intervention d'Alex Riley entraîne la disqualification.

 

 

Pour Noël, Le Miz a eu un DVD des meilleurs promos du Rock. Manque de pot, il le connaissait déjà par coeur …

 

 

Mais le vrai cadeau de Noël est arrivé dans la hotte de Dolph Ziggler qui a eu droit, presque sans raisons préalables, à deux matchs contre John Cena (même si le second était un handicap match avec Vickie Guerrero). Si c'était un examen de passage (et ça l'était probablement), autant le dire tout de suite, Dolphie l'a réussi : c'était bien mené, spectaculaire et ça valait le coup, autant à RAW qu'à Smackdown. Evidemment, à chaque fois, au bout d'un quart d'heure, le résultat sera le même, victoire du poster-boy de la WWE; mais Dolph a vraiment réussi à se mettre au niveau du Marine, qui on le notera ne rechigne jamais à mettre les plus jeunes over et s'applique à éviter de les enterrer. On peut dire ce qu'on veut de Cena en tant que personnage, mais quand il s'agit de donner une chance aux plus jeunes, il est là. Depuis six mois qu'il est dans le vestiaire de RAW un des mecs dont le palmarès en fait un locker room leader naturel, il y a eu une tripotée de types qui ont eu leur chance : des membres du Nexus surexposés à Evan Bourne en Main event de RAW en passant par le Miz champion. Je ne veux pas dire du mal mais je ne suis pas sûr du tout qu'il y a un an quand Triple H et HBK faisaient la loi backstage et donnaient leurs avis sur tout le monde, autant de talents moins établis aient eu l'occasion de percer le plafond de verre.

 

Voilà pour l'essentiel de ces deux shows : l'immanquable. Le reste même excellent (le tag-team match entre Kofi/Rey & Swagger/Del Rio à SD) ou bon (le Miz/Riley/Sheamus vs Orton/JoMo/Lawler – cherchez les intrus dans ce match vous aurez la raison de mon jugement bien plus modéré) ne sortait en rien de l'ordinaire. Les deux matchs de Santino (avec Tamina contre Maryse & Ted DiBiase le lundi et contre Chavo le mardi) eux non plus n'avaient pas le goût d'un réveillon de gala (ou alors chez Flunch). Quant au squash infligé par Drew McIntyre à Kaval, il laisse d'autant plus dubitatif que c'était le dernier du World Warrior pour la WWE et qu'on y cherchera toujours, à tort ou à raison, la cause ou la conséquence de son départ.

 

 

Une buche. Une grosse buche…  Alberto Del Rio.

 

 

En revanche, le Smackdown était quand même assez proche d'une indigestion : surchargé de stars de RAW (Miz, Cena, Orton qui squatteront les stratégiques main-event et opener), il a complètement oublié de mettre en valeur ses propres talents. Le meilleur exemple en est qu'il a presque fallu une heure pour découvrir qui avait gagné le match pour le titre à TLC. Alors que c'est Edge qui en est quand même à son dixième titre de champion du monde (et ça ce n'est pas rien). Dans le même ordre d'esprit, alors que la WWE nous avait annoncé la semaine précédente l'arrivée dans le show bleu d'Ezekiel Jackson, cette semaine, on a juste eu droit à une promo avec la mention Coming Soon. Ce qui se traduit par : "Le jour où on aura une idée pour lui" et compte-tenu que c'est exactement ce que la WWE nous avait servi à son propos, il y a presque un an, une fois l'ECW terminée, il y a à craindre pour Big Zeke : son avenir s'annonce aussi radieux qu'une feud contre Tyler Reks (dont la WWE ne sait pas non plus quoi faire) à Superstars.

 

 

Ou alors Superstars, il connaît déjà la maison …

 

 

Non, s'il y avait vraiment à chercher un ou deux petits fours dans ces shows, il va falloir se tourner vers les femmes. Vickie Guerrero, d'abord, dont la heel heat est si insolemment gigantesque qu'au micro à RAW, elle a suscité plus de décibels que John Cena, ce qui est un véritable exploit puisque l'homme qui a éradiqué le Nexus (totalement absent en cette semaine de la nativité) a réussi à cette occasion à gagner un plus large soutien populaire. Et puis, on a revu, trêve de Noël oblige, un petit segment romantique, sentimental et comique entre Santino, Kozlov et Beth Phoenix. Si Glamarella II ne semble pas encore à l'ordre du jour, c'était un clin d'oeil on ne peut plus amusant et bienvenu.

 

Et puis j'avoue que j'ai bien aimé le Triple Threat de RAW pour le Number One Contendership. Natalya était loin d'être ridicule au micro et Melina dans le ring a livré un beau combat face à Eve et Alicia. Une partition impeccable, doublée d'un heel turn de la fiancée de JoMo réalisé avec une grande claque dans la face de la championne. Mine de rien, ce qu'a réussi Melina, là, c'est un petit exploit en terme d'interprétation. Sans storyline, raison valable ou préparation pour son personnage, elle fait le boulot : elle est rentrée dans le ring en babyface et en est sortie en heel convaincante, ce qui dans de telles conditions n'est pas facile.

 

 

Dis Horny, ça te dirait de voir Knucklehead ?

 

 

En conclusion, les shows étaient quand même extrêmement inégaux, le RAW assez sympathique dans sa conception, agrémenté de bons matchs et du départ d'une storyline entre John Cena et CM Punk. Mais le Smackdown, doté des mêmes ingrédients (des bons matchs, avec les mêmes superstars de RAW, essentiellement, le même commencement de feud entre Cena et Punk) était, lui beaucoup moins bon, la faute à la répétition de mêmes schémas à un jour d'intervalle, qui signifiait presque l'indigestion.

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