Catch

The NXT big thing

Exception. Dites qu'elle confirme la règle. Ne vous risquez pas à expliquer comment.

Gustave Flaubert, Dictionnaire des idées reçues

 

D'exception, il est effectivement question cette semaine, avec cette quatrième saison de NXT qui, jusqu'à présent en tout cas, apparaît tout simplement comme la meilleure que le show ait connue. Un beau chant du cygne, en somme. Et heureusement, car dans le contexte actuel, la WWE a bigrement intérêt à rester dans les clous.

 

 

On a dit le cygne, crétin.


 

Nalyse de NXT du 21 décembre

 


Que cette émission aura fait couler d'encre! Après les sacres de Barrett et de Kaval, l'explosion annoncée au « plus haut niveau » de Bryan, elle avait coulé corps et biens, par la seule faute de la Fédération, lors d'une saison 3 misogyne et grotesque. Et, au moment où la saison 4 décolle, avec un casting sans réel vainqueur annoncé (mais un favori tout de même), des choses intéressantes dans le ring et un casting de pros non moins intéressant, la WWE tire une nouvelle fois une torpille du plus mauvais effet dans sa télé-réalité, d'autant plus regrettable qu'elle souligne quelques tares pénibles de VKM.

 

Rappel des faits: fin de la saison 2, Kaval remporte NXT et donc obtient son intégration au roster de Smackdown, ainsi qu'un title-shot de son choix. Quelques semaines plus tard, après une losing streak désespérante pour les amateurs, comme votre serviteur, du chauve bondissant, le 23 décembre dernier, Kaval reçoit le fatal « future endeavours »…

 

 

Pas grave, il reprend sa machine à traverser l'espace-temps et retourne sur Xuldor en 88567 pour y affronter une pieuvre radioactive de 400 mètres de haut dans un Neptune Cage Match!

 

 

Inexplicable? Pas si sûr. Tout le monde voyait, à raison, Kaval gravir les marches tel Bryan, plus lentement certes, mais d'aucuns pensaient que ce n'était qu'une construction différente pour le parcours d'un futur main-eventer de la fédération, car malgré cette streak cauchemardesque, Kaval avait montré beaucoup de choses dans le ring. Par conséquent, son départ précipité est un premier camouflet pour la WWE: c'est le vainqueur de NXT saison 2, donc soi-disant la fine fleur de la FCW, qui passe à la trappe.

 

Mais le motif est encore pire que le départ lui-même: la WWE n'aurait pas eu de plan pour Kaval. Avec un Mysterio qui catche sur une jambe, dans un registre spectaculaire quoique méprisé par McMahon, il n'y avait pas de plan? Really? REALLY? Comme par exemple une certaine ceinture intercontinentale pour laquelle la liste des prétendants s'amenuise comme peau de chagrin? La WWE offre ici un inhabituel exemple d'incompétence totale, en plus d'un désaveu consternant pour NXT, au moment encore une fois où l'on pouvait la penser décidée à relancer le show.

 

Mais il est très probable que la motivation soit toute autre. Et elle s'appelle Low-Ki. Low-Ki, le pseudonyme de Kaval à la TNA, le rival honni. Alors que l'on pensait la WWE décidée à mépriser son adversaire, Hogan et Flair ayant désormais droit de cité à Stamford, elle a renoué avec ses vieux démons. En dehors d'un Christian qui a porté la ceinture ECW, mais qui l'a perdue pour le dernier show et n'a jamais ne serait-ce qu'approché une ceinture sérieuse depuis, les Gail Kim, R-Truth et autres n'ont jamais rien eu à se mettre sous la dent, et il n'est pas exclu que la WWE ait délibérément, après l'avoir pourtant formé à la FCW pendant plus de deux ans, humilié Kaval avant de le balancer avec dédain, tout ancien champion de la X-Division qu'il ait pu être. Je vous passerai les commentaires désabusés des observateurs, de Ross à Helms, mais je ne vous cacherai pas que je partage sans réserve ces protestations.

 

 

Sale temps pour les chauves.

 

 

Ce râle de souffrance étant maintenant expiré, nous allons pouvoir passer au plat principal: NXT.

 

Grisham et Matthews sont nos hôtes du soir, plus de Cole donc, que nous mangerons en double ration ailleurs, pauvres de nous (ou de vous, surtout, étant à peu près le seul à suivre NXT, jusqu'ici je prenais le rab à votre place – rire sardonique -).

 

Début de l'émission, et premier concours, avec la redoutable épreuve de la… brouette. Plus d'Hornswoggle, mais l'aigle majestueux qui lui sert de dinde pour Thanksgiving, et victoire de Bateman, après un arbitrage qui brise le kayfabe à lui tout seul encore une fois. Précisons qu'en tant qu'épreuve physique, elle compte pour 2 points. Cette nouvelle règle n'étant pas du tout rétroactive, les vainqueurs des précédentes auront donc le plaisir d'aller se faire voir chez les Grecs. 8 minutes pour ça. Bref.

 

 

Déjà très pro, Curtis s'entraîne pour ce long voyage.

 

 

Premier match, Novak vs Curtis. Si votre mémoire est bonne, c'était aussi le match de la première émission. Si l'on peut regretter une redite, il n'en demeure pas moins qu'elle a été finalement assez bienvenue, dans la mesure où les deux catcheurs ont livré une prestation beaucoup plus solide, d'environ cinq minutes. Novak, en heel dominateur, a été assez présent, même si son déficit de charisme lui coutera certainement très cher à terme, et Curtis est tout à fait crédible en face en péril, et a plutôt été à son avantage dans le ring, malgré un moveset relativement répétitif. Le match a en tous cas permis clairement de mesurer une marge de progression, ce qui est louable dans ce type de programme, et la victoire de Novak grâce à l'intervention de son Pro (Ziggler) confirme que les relations entre Pros et Rookies seront sans doute, comme on pouvait le pressentir dans les shows précédents, au cœur de cette saison.

 

Et puis, avec l'absence de Truth, le pro de Curtis était JTG ce soir, autant dire que l'issue du match ne laissait guère de doute. JTG Pro. On aura tout vu.

 

 

Vraiment tout.

 

 

Suivent deux vidéos, l'une sur Bateman qui le confirme en tant que débonnaire rigolard un peu fou, et l'autre sur O'Brien dans laquelle il confirme ses similitudes avec le rat, notamment son endurance. Comme souvent avec la WWE, les vidéos sont bonnes, et je dois avouer que la volonté d'O'Brien de lancer la Rattitude Era m'a bien amusé.

 

 

Give me a Hell Yeah!

 

 

Nouveau segment, où l'on voit un Bateman gonflé à bloc devant un Bryan désabusé par son branleur de poulain annoncer qu'il va remporter le quiz du soir pour son Pro, et pour un type assis dans le coin avec un chapeau d'elfe. Rien à comprendre de ce segment, mais cela confirme que Bateman est cinglé, et il faut dire que le côté Terry Gilliam/WTF de l'ensemble était assez plaisant.

 

Le quiz, justement, commence, avec un principe relativement original: un thème, les candidats répondent un par un, à tour de rôle, le premier qui se trompe est éliminé, et on passe à la question suivante. Les questions portaient sur la WWE (les adversaires du Taker à WM, les villes hôtes de WM, les PPV, etc), ce qui en faisait une épreuve plutôt cohérente, malgré quelques réponses ubuesques (saviez-vous que Pee Wee Herman avait été la ville hôte de WM? Selon O'Brian, c'est le cas…). A noter d'ailleurs que Novak a cité Hogan comme champion WWE, ce qui nous renvoie à mon propos liminaire. Bateman remporte cette épreuve, et fait donc la course de l'immunité en tête.

 

 

La course EN tête, pas A LA tête, Brodus.

 

 

Le principe de ce genre d'épreuves peut agacer, mais au moins on reste dans la thématique, c'est finalement assez ludique pour le spectateur qui peut participer, et chaque Rookie peut affirmer sa personnalité. Et à ce petit jeu, c'est d'ailleurs Saxton (ses camarades étant un peu lisses) qui a sans doute gagné, même si son positionnement, de type « je gonfle le public », pourrait curieusement ne pas être très porteur…

 

Nouveau segment en coulisses: Del Rio et son Rookie s'opposent, chacun affirmant qu'il sera le plus grand de tous les temps (bizarrement, l'un des deux me paraît plus désigné, je ne saurais dire pourquoi). Et alors qu'O'Brien demande un peu du fromage que son Pro est en train de manger, Del Rio lui promet tout le fromage du monde s'il gagne NXT. Bon. Je n'ai rien contre la gimmick du rat (même si elle ne mène nulle part). Mais j'ai senti, dans ce segment, poindre les vieilles pochades de NXT Saison 3, ce qui n'a pas été sans faire passer un frisson glacé le long de mon auguste colonne vertébrale…

 

Enfin, le dernier match était un 6-Mixt-Tag Team Match, reprenant les duos de la semaine dernière (Clay et DiBiase contre Masters et Saxton), mais en y ajoutant Maryse et Natalya. Une occasion, là encore, de voir les progrès accomplis par les rookies. De plus, on a droit à Natalya entre les cordes: voilà un programme alléchant, qui a par ailleurs tenu toutes ses promesses: Clay a enfin ouvert la moulin à souplesses, qu'il a exécutées avec un évident brio, Natalya a confirmé son talent en portant, dans tous les sens du terme, ses confrontations avec la translucide Québécoise, et Saxton obtient un tombé from out of nowhere dont il est le premier surpris.

 

Progrès perceptibles, construction des Rookies, bon match dans le match des Divas, les Pros qui laissent de bonne grâce les Rookies briller comme il se doit, on pourrait relever pour pinailler que Saxton n'a toujours absolument rien montré dans le ring en dehors d'un talent remarquable pour le selling, mais nous sommes dans NXT, ce qui implique de ne pas être trop exigeant, donc même si ce match n'est sans doute pas le meilleur de NXT (qui reste pour moi Bryan/Jericho, votez Y2J), il aura été un main-event tout à fait solide et efficace.

 

 

– T'as entendu ça, calice, je peux participer à un main-event de qualité!

– Participer, oui, Maryse, mais comment te dire?


 

Semaine après semaine, et malgré un contexte houleux et assez navrant, NXT s'impose progressivement, à force de travail de ses Rookies qui arrivent, par une bonne volonté évidente, à gommer les défauts d'un show dont l'épisode de ce soir était vraiment le meilleur de la saison, la meilleure preuve étant qu'il est passé fort vite, signe des bons moments. Je ne peux donc, en chroniqueur que je suis (non, Axl, ce n'est toujours pas sale), que vous recommander de vous pencher avec attention sur cette saison qui, si elle continue sur cette lancée, sera sans aucun doute le refuge discret d'excellentes surprises…

 

 

Ainsi, incroyable, un catcheur médiocre peut cacher une Diva de talent dans son anus.

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