Catch

TNA Salmigon10

Je dis dites-leur et dis-leur, de casser la gueule aux dealers, qui dans l'ombre attendent leur heure, l'horreur de minuit.

Serge Gainsbourg, Aux enfants de le chance

 

Il y a un an, nous attendions avec impatience le 4 janvier. Hulk Hogan avait signé à la TNA. Le 4, il y aurait une émission spéciale d'Impact (l'émission de la TNA), en direct, en face de RAW ! Nous rêvions déjà d'une nouvelle « guerre du lundi soir », nous qui regardons avec nostalgie les années d'affrontements entre Monday Night RAWet Monday Nitro. La TNA allait enfin mettre en danger la WWE ! La face du catch allait en être changée !

 

En fait, non.

 

 

« TNA 2010 », allégorie

 

Retour critique sur l'année 2010 de la TNA

 

 

Les audiences de la TNA sont toujours aussi faibles, par rapport à celles de la WWE. Depuis le 4 janvier, on ne peut plus prétendre que les fans de catch ne connaissent pas le produit : ils le connaissent, mais ils n'ont pas envie de le regarder.

 

Pourquoi donc ? Revenons sur une année d'erreurs (et rendez-vous en fin d'article pour la prédiction exclusive de l'année 2011).

 

Commençons début janvier 2010.  Les jours puis les heures se rapprochent du 4, l'attente augmente. On voit fleurir les noms de ceux qui participeront à l'aventure : Ric Flair, Eric Bischoff, et même Paul Heyman ! Pour le dernier, ce sera faux. La WWE a répliqué. A sorti l'artillerie lourde. L'arme de destruction massive. Le retour de Bret Hart.

 

 

This is bullshit

 

La TNA va devoir frapper fort. Pour attirer le public, l'Impact du 4 janvier durera trois heures, et commencera une heure plus tôt. Bonne idée.

 

Ca marche : la première heure (sans concurrence de RAW)  obtiendra 1.7 en « ratings » (score d'audience). Pour vous donner un ordre d'idée, c'est dans la moyenne de ce que fait Smackdown ces derniers mois, et la moitié de ce qu'obtient RAW dans les bonnes semaines.

 

Surtout, c'est environ 40% supérieur aux scores habituels. Un million de téléspectateurs en plus, dont la plupart n'a jamais regardé une seule émission de la TNA. Un million de téléspectateurs à scotcher. À impressionner tellement qu'ils hésiteront à changer de chaîne au début de RAW, même pour voir Bret Hart.

 

 

Ca tombe bien, Hogan pète le feu !

 

 

Et voici le premier match. X-Division Steel Asylum Match. 8 mecs (inconnus du public WWE) dans une cage arrondie en haut, le premier qui sort (par une petite ouverture au sommet) a gagné.

 

C'est mal filmé, on ne voit pas toujours bien ce qui se passe dans la cage. Homicide pète la gueule à tout le monde, la cloche retentit, le match est arrêté. Mais Homicide grimpe quand même sur la cage pour sortir. Ah. Non. Il ne sort pas. Toujours pas. Peut-être que… Ah, non. Non. Non. Ah ? Non. Pendant une minute, Homicide, fatigué par le match, tente désespérément d'atteindre le sommet. La foule ne l'encourage pas, au contraire. Exaspérée de voir ce match tourner à la farce, elle scande « This is bullshit ».

 

Voilà, cela fait à peine un quart d'heure que le show le plus important de l'histoire de la TNA a commencé. Et le propre public de la fédération scande que c'est de la grosse merde. Si le million de fans curieux ne l'avait pas déjà remarqué, c'est fait.

 

Bon, heureusement, une grosse surprise débarque : Jeff Fucking Hardy ! Et attaque Homicide. On croyait le triple champion du monde de la WWE hors des rings pour un bon moment, il n'aura pas tenu six mois. Il faut dire qu'être arrêté et inculpé dans des histoires de drogue, cela compromet les plans de télé-réalité sur MTV. Et qu'un avocat, cela se paye.

 

Une surprise ? Pas tellement. Tout téléspectateur s'étant branché sur Spike(la chaîne diffusant la TNA) cinq minutes en avance, aura vu, juste avant la publicité entre l'émission précédente et Impact, un teasingmettant en scène… Jeff Hardy arrivant sur le parking des studios. Certes, cette séquence donnait envie de mater l'émission. Mais, cela a gâché pour beaucoup la surprise du retour de l'énigme charismatique. Ils nous feront d'ailleurs à peu près le même coup cet automne avec Mickie James, le boule charismatique.

 

 

Coâ ? Coâ ?

 

 

Un record jamais battu

 

Ensuite, arrivée d'Hogan, match passable entre ODB et Tara (ex-Victoria de la WWE), arrivée de Flair. Et enfin, alors que RAW débute, le discours d'Hogan. Arrivées d'Eric Bischoff, de Kevin Nash, de Scott Hall, de Sean Waltman (oui, X-Pac, celui que vous avez tous vu dans 1 Night in Chyna). Reconstitution de ligue dissoute.

 

Presque trois millions de téléspectateurs pour ce segment. Record historique de la TNA, malgré le retour de Bret Hart à RAW.

 

Le problème est bien là. Jamaisla TNA n'attirera à nouveau tant de monde. L'audience commence déjà à chuter sitôt le discours fini. Rares seront les « nouveaux » téléspectateurs d'Impact qui verront le main-event. Dommage : AJ Styles-Kurt Angle sera un sacré grand match.

 

Mais la TNA a préféré mettre des matchs minables la première heure, quand les fidèles de RAW étaient là. Et n'y a même pas annoncé le main-event.  Informer les curieux que Kurt Angle, sextuple champion du monde à la WWE (rien que ça), allait affronter la petite perle de la TNA, pour la ceinture de championnat du monde que détenait ce dernier ? Inutile, apparemment, aux yeux des officiels de la fédération d'Orlando. Il leur semblait plus urgent de réunir sur le ring ceux que le grand public associe à la NWO, ce truc dont on avait déjà marre il y a dix ans.

 

 

 

Les mecs, vous allez incarner un groupe hostile qui veut prendre le contrôle de la TNA. Puis Hulk et moi vous rejoindrons. Révolutionnaire, non ?

 

 

Les semaines suivantes (le jeudi, dans le créneau habituel), la TNA creuse son tombeau. Changement radical de stratégie. Finie, l'alternative. Supprimées, les originalités comme le ring à six côtés. Placardisées, la X-division, et les lutteuses non-pouffiasses. Désormais, la TNA concurrencera la WWE sur son propre terrain. Elle fera la même chose… en moins bien.

 

Et Hogan ramène ses amis. Souvenez-vous de Bubba The Love Sponge. Dix jours qu'il était à la TNA et il clamait sur Twitter « Fuck Hati (sic) » alors qu'Haïti venait d'être victime d'un terrible tremblement de terre. Awesome Kong lui cassera la gueule, il répliquera par des propos racistes, et sera finalement viré… Aujourd'hui, l'éponge machin a été déprogrammée de Sirius, et Kong a signé à la WWE. Il y a une justice.

 

Si seulement le piston s'était limité aux coulisses…  Mais les catcheurs fidèles à la fédération d'Orlando sont écartés des rings. Il faut bien faire la place aux potes d'Hogan, ceux qui ont participé deux mois plus tôt à la tournée australienne Hulkamania (un four retentissant). Meilleur exemple : les Nasty Boys. Disparus depuis 15 ans, sans que personne n'ait jamais souhaité leur retour, les voici (à 45 ans !) à la TNA. Ils auront même un match de pay-per-view face à Team 3D (les Dudley)… qu'ils remporteront !

 

Le raisonnement d'Hogan et Bischoff est étonnamment simpliste : le public les a aimés en 1995, pourquoi ne les aimerait-il plus en 2010 ? Passés de mode ? Ringards ? Pourquoi dites-vous cela ?

 

 

On est toujours chébran, comme disent les jeunes ! On est trop bath !

 

 

Début mars, Impact re-débarque le lundi soir (cette fois de manière permanente), en concurrence frontale avec RAW.  En pleine Road to Wrestlemania, la période de l'année où les audiences de l'émission de la WWE sont les plus fortes. Une véritable boucherie.

 

Non seulement Impact ne pique pas d'auditeurs à RAW, mais elle en perd. Ceux qui suivaient les deux émissions ont choisi RAW… et attendent la rediffusion d'Impact le jeudi soir (son créneau original). Quand votre rediffusion est davantage regardée que votre direct, il y a de quoi s'interroger sur la pertinence de votre programmation.

 

Fin avril, le RAW spécial « draft » de la WWE porte le coup de grâce : Impact réalise son plus mauvais score depuis qu'il est arrivé sur Spike, cinq ans plus tôt. Le diffuseur ordonne d'arrêter les frais, et de revenir illico au jeudi. L'expérience n'aura duré que deux mois.

 

Débarquer le lundi soir, cela aurait-il pu marcher ? N'était-ce pas ce qu'avait fait la WCW en 1995, reléguant en deux ans la WWF à la quasi-faillite ? Avec déjà Hulk Hogan, Ric Flair, Sting, puis Kevin Nash et Scott Hall, d'ailleurs…

 

Mais la WCW de 1995 n'est pas la TNA de 2010 : le potentiel y était bien plus grand. Et l'audience de RAW était plus faible à l'époque. Lutter contre la WWF en 1995, c'était tout à fait jouable. Aller face à la machine de guerre WWE en 2010, c'est du pur suicide.

 

 

Déjà faite. Casse-toi !

 

 

La TNA a bien tenté le trash, les matchs sanglants, comme pour retrouver l'esprit de l'ère Attitude (ou de l'ECW). Mais c'était bien vite oublier que cette période doit tout au charisme de Steve Austin. Les foules ne se déplaceront pas pour voir Orlando Jordan s'asperger de liquide blanc.

 

 

Ça, c'est celui de Jeff Hardy ! J'ai bon ? Je peux rouvrir les yeux ?

 

 

La TNA ? Je connais, mais je ne regarde pas.

 

Dur d'encaisser la fin des lundis. Dans l'esprit des fans, la TNA a échoué. Remonter la pente, retrouver les audiences d'avant, ce sera dur.

 

Mais elle finit par y arriver. Malgré quelques conneries (EV2.0, gang de grabataires de l'ECW), le niveau s'améliore. Flair ressort le concept des Four Horsemen, avec Fourtune. La dernière fois qu'il avait fait cela, c'était l'Evolution, qui avait fait exploser Randy Orton et Batista. Autant dire que cela promet.

 

Bound For Gloryarrive. C'est le Wrestlemania de la TNA. Abyss, redevenu le psychopathe qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être (mieux vaut un sous-Mankind qu'un Casimir obtenant les pouvoirs d'Hogan grâce à sa bague du temple de la renommée de la WWE), nous promet une grande révélation lors du pay-per-view.

 

C'est rare : la TNA ne nous décevra pas. Jeff Hardy se retourne contre Mr. Anderson et Kurt Angle. On découvre alors un nouveau clan dominant, formé d'Hardy, Abyss, Hogan, Bischoff et Jarrett, qui sera nommé Immortal.

 

Au vu des histoires des mois précédents, c'est quand même bien tiré par les cheveux. Mais, soyons honnêtes, nous avons déjà vu bien pire. Donc, pourquoi pas, suspendons notre incrédulité.

 

Rendez-vous à l'épisode suivant d'Impact.

 

Arrêtons nous un instant celui-ci. Car Bryan Alvarez, journaliste du Wrestling Observer/Figure Four Online, prendra cette émission en exemple pour s'attaquer au mythe selon lequel la TNA souffre de n'être pas assez connue des fans de catch.

 

Jeff Hardy devenu champion en tournant du côté sombre de la force, cela intrigue, et pas qu'un peu. Les chiffres sont formels : Impact débute avec 600 000 téléspectateurs supplémentaires, ce qui assurera au programme sa meilleure audience depuis janvier. 600 000 amateurs du genre donnant une nouvelle chance à la TNA (comme il y en avait eu un million en janvier). À ne pas (encore) décevoir.

 

On a de l'espoir quand Flair arrive avec ses hommes, et fait mine de s'en prendre à Hogan. Mais c'était malheureusement une ruse. Les deux papys tombent dans les bras l'un de l'autre, Fourtune rejoint Immortal. Quinze minutes de la première émission depuis la fondation d'Immortal, et ce clan est déjà insupportable par sa domination.

 

Les 600 000 curieux auront tous disparu avant la fin d'Impact…

 

 

Same old shit.

 

 

Et ce n'est pas un épiphénomène. Chaque jeudi, l'audience tombe régulièrement pendant la seconde heure de l'émission. Certes, dans un show normal (comme RAW), l'audience baisse pendant la diffusion, mais elle remonte ensuite pour le dernier match !

 

Une part notable de l'audience d'Impact se fiche du main-event. Il semble bien que, dans l'inconscient collectif, le moment « à voir » de l'émission soit son début. Il n'y a rien d'autre à attendre de la fin d'Impact qu'un match… Rien qui puisse convaincre les fans de revenir. Très embêtant.

 

On tente un peu tout pour remédier à ce problème, mais cela échoue systématiquement. Dernièrement, ils ont osé le match en cage entre Tara et Mickie, aboutissement d'une belle rivalité. Audacieux, mais absolument inefficace à conjurer la malédiction du main-event.

 

Autre raté : TNA ReAction. Programme qui suivait Impact d'août à décembre, filmé façon « docu-réalité ». Incapable de retenir le public sur Spike. Le gonflage articiel des audiences, en faisant déborder le main-event d'Impact au début de ReAction, n'aura pu empêcher une déprogrammation rapide. Après avoir beaucoup investi sur la TNA, que ce soit financièrement ou en termes d'exposition, la chaîne câblée commence à faire marche arrière. Peu rassurant.

 

 

Si je ferme les yeux, je ne verrai pas le désastre. Ah ah, c'est qui la plus maligne ? C'est Tara !

 

 

Fin 2010, la TNA n'est pas devenue l'égale de la WWE. Pire, cette dernière a cessé de la considérer comme un concurrent sérieux.

 

Elle préférait garder ses talents, même inutilisés, pour éviter qu'ils aillent grossir les rangs d'Orlando ? Elle renvoie Shelton Benjamin, Mickie James. Et permet même à Matt Hardy, MVP, et plus récemment Kaval, de rompre leurs contrats.

 

Elle avait rayé la moindre référence à Hogan ou Flair de ses programmes (selon la rumeur, elle avait même demandé à ses lutteurs de ne plus faire d'atémis, trop associés au Naitch) ? Elle en parle à nouveau de manière totalement décomplexée, et les tacle sur l'échec de la WCW.

 

Mettons de côté un instant les audiences. En 2010, quelle fédération a su le mieux exploiter son potentiel, et mettre en avant de futures stars ? Beaucoup d'entre nous auraient prédit que la TNA ringardiserait une WWE engourdie.

 

Et nous nous serions trompés. Vince McMahon s'est réveillé, et a mis le turbo sur les jeunes pousses. Sheamus, Jack Swagger, The Miz sont devenus champions du monde. La rivalité de l'année a opposé John Cena à… Wade Barrett et son gang de rookies. Daniel Bryan et Alberto Del Rio impressionnent à chaque émission.

 

En face ? La TNA s'est auto-caricaturée : tous ses main-eventers (Jeff Hardy, Mr. Anderson, Kurt Angle, RVD) sont de vieilles gloires venues de la WWE. Certes, c'est plus vendeur à court terme. Mais cela conforte l'idée qu'on se rend à la TNA seulement quand on ne peut plus briller à la WWE, et qu'un lutteur estampillé WWE est toujours plus intéressant qu'un lutteur TNA. Pas terrible pour l'image.

 

Quand tous les mercenaires seront partis, quelle vedette sera capable de porter la fédération ?

 

Quoi ? Matt Morgan. Ha ha.

 

 

Monsieur ! Monsieur le heel ! Moi ! Je peux répondre ?

 

 

 

La nullité du pouvoir

 

Mais le problème majeur de la TNA  reste l'absence de chef. Officiellement, Dixie Carter remplit ce rôle. En pratique, notre MILF préférée après Stephanie McMahon s'en montre incapable.

 

Sa gestion du personnel est assez particulière.

 

Prenons le cas de Vince Russo. Lui qui écrivit les shows de la WWF (ère Attitude) puis de la WCW, a des défauts, certes. Sa religion du rebondissement permanent provoque parfois de belles conneries. Sa manie des turns(faisant d'un gentil catcheur un méchant, ou inversement) rend très peu lisible la TNA pour un téléspectateur occasionnel comme moi. Mais il reste un auteur de show de qualité.

 

Carter défend régulièrement (et fermement) Russo. Cela ne l'a pas empêchée de tenter pendant des mois de débaucher Paul Heyman, l'ex-patron de l'ECW, dont la première décision (si on lui confiait le pouvoir à la TNA) serait de virer Russo. Il y a mieux comme preuve de confiance envers ses employés.

 

Une signature ratée qui apprendra d'ailleurs à Dixie à ne pas promettre (plusieurs fois !) une surprise tant qu'on n'est pas sûr de sa concrétisation.

 

 

Pourquoi ai-je vendu ma fédération à cette cruche ?

 

 

Autre maladresse de gestion : après les anciens de la WCW, ce sont les loques de l'ECW (comme le Sandman) qui sont venus prendre beaucoup de temps d'antenne aux catcheurs fidèles à la fédération. Cela a permis des ventes de pay-per-view (HardCore Justice) moins catastrophiques que d'habitude, mais a aussi démoralisé les troupes, au moins temporairement. Pourquoi tout donner pour ce boulot, risquer la blessure, si c'est pour être moins considéré qu'un mec qui n'a pas fait un match sérieux depuis au moins cinq ans ?

 

Surtout, Carter ne parvient pas à imposer son autorité en coulisses. À la WWE, il y a un patron (Vince McMahon) par qui tout passe. Et des hommes à ses ordres chargés d'appliquer ses directives.

 

À la TNA, Dixie, qui n'est pas du sérail, n'a aucune crédibilité particulière, face aux gros noms expérimentés qu'elle a embauché. L'équipe créative (Vince Russo), le clan Bischoff-Hogan, etc., constituent autant de pôles de pouvoir concurrents de la direction officielle.

 

Le pouvoir est si dilué qu'il en devient inexistant. Samoa Joe, qui a perdu sa motivation, n'est plus que l'ombre du grand talent qu'il fût ? On laisse faire. Jeff Hardy lutte toujours défoncé ? On laisse faire. Il y aura toujours quelqu'un, parmi ceux qui se disputent le pouvoir, pour leur donner raison.

 

Comparons encore. Vince McMahon est devenu milliardaire en quelques années (puis l'est redevenu, après le fiasco XFL). Dixie Carter n'a toujours pas fait de la TNA une entreprise florissante. Certes, l'actionnaire majoritaire est le groupe Panda Energy, à la puissance financière bien plus grande que celle de la WWE (ce qui prouve une nouvelle fois, après la guerre sur le nom WWF, que les pandas sont vraiment les ennemis de la WWE). On pourrait croire que cela suffira à assurer la prospérité de la TNA.

 

 

Violé plusieurs fois par des pandas, Kurt Angle a du mal à contenir son émotion.

 

 

Détrompez-vous. Oui, Ted Turner était prêt à jeter l'argent par les fenêtres en débauchant les stars de la WWF, pour tuer sa rivale et récupérer sa mise (en 1997, cela avait pratiquement réussi). Mais pour les Carter, la TNA n'est qu'un investissement comme un autre. Pas de guerre à mort. Ils ont sauvé la TNA de Jarrett, l'ont remise d'aplomb. Après avoir ponctionné les résultats pendant des années pour obtenir le remboursement de leurs prêts, et stabilisé la fédération, ils pouvaient enfin espérer passer à la vitesse supérieure.

 

Mais Dix-Icare-ter s'est brûlé les ailes. À viser trop haut, à effectuer des dépenses trop ambitieuses (recrutements de Flair, Hogan, Bischoff, Jeff Hardy, RVD), elle a probablement gâché des millions. Les retombées économiques de ces investissements ne semblent pas énormes. Les pay-per-views se vendent toujours vingt fois moins que ceux de la WWE, l'audience d'Impact est toujours la même. Certes, Jeff Hardy est une bonne machine à vendre des produits dérivés. Et Hogan est une figure de la pop-culture qui attire davantage les annonceurs sur Spike. Mais après ?

 

On peut penser que la situation financière de la fédération est mauvaise. En l'absence de chiffres publics, cela restera au stade des supputations. Mais la répétition de rumeurs sur le non-renouvellement ou la renégociation à la baisse des contrats des catcheurs n'est tout de même guère rassurante.

 

 

Quoi, vous voulez m'enlever mon bonus beuh ?

 

 

 

Avant la TNA, Jeff va mourir

 

Terminons sur la question des drogues. Si l'affaire Chris Benoit a servi de leçon à la WWE, la TNA n'a rien changé : on ferme les yeux et on prie pour que rien de grave n'arrive.

 

On se donne bonne conscience en organisant des tests anti-drogues, mais on ne punit même pas les (nombreux) catcheurs positifs. Pire, plutôt que d'aider Jeff à se soigner, on préfère le presser comme un citron tant que la justice ne l'a pas rattrapé. La TNA a utilisé Scott Hall début 2010, mais ce dernier a dû se tourner vers la WWE pour avoir une cure de réhabilitation. À vrai dire, la seule action qu'ait jamais entreprise la TNA contre le dopage fut d'écarter Test en 2007 (et encore, uniquement parce que son cas était vraiment trop flagrant).

 

Qu'aucun catcheur de la TNA ne soit encore mort d'un abus de drogues pendant son contrat relève du miracle.

 

J'ai aimé Jeff Hardy. Ce sont ses Swanton Bombqui m'ont d'abord accroché au catch sur NT1. Aujourd'hui, il me fait peur. J'ai reparcouru l'année de la TNA en préparant cet article : j'ai été frappé par la rapidité avec laquelle l'état de Jeff (son apparence, son comportement) s'est dégradé en quelques mois.

 

Je ne voudrais pas qu'il soit le prochain sur la liste.

 

 

Pas de souci, Jeff Hardy a déjà prévu sa croix.

 

 

 

En exclusivité : l'année 2011 de la TNA

 

Genesis (janvier) :

Jesus he knows me (and he knows I'm right)

 

Against All Odds (février) :

Orlando Jordan et Eric Young remportent le titre par équipe de la fédération en une minute. Live Sex Celebration: première sodomie en direct de l'histoire du catch. À sec. Les rares acheteurs du PPV en ont pour leur argent.

 

Destination X (mars) :

Après le succès critique (sans précédent) de la performance de Jordan et Young, la TNA décide de modifier légèrement son produit. Chyna est nommée vice-présidente de la fédération. Sa première mission est d'annoncer aux lutteurs estampillés « X-Division » qu'ils sont désormais priés de lutter nus. Pour fêter cela, le pay-per-view accueille le premier « X-Division Full Metal Mayhem for the role of Samoa Joe's lover in the first ever sextape produced by TNA » (oui, les stipulations à rallonge, ils ont gardé).

 

Lockdown (avril) :

Titus O'Neil signe à la TNA.

 

Sacrifice (mai) :

La TNA, dénoncée au sénat américain par la ROH, doit cesser ses activités catchesques. Elle se consacrera désormais exclusivement à l'édition de DVD pornographiques gays, mais aussi lesbiens, puisque Chyna a convaincu Dixie de tourner avec elle. La fédération d'Orlando s'offre un suicide symbolique, sacrificiel : le dernier pay-per-view de son histoire se termine en tournante. Sur Kaval (qui venait de faire son retour à la TNA). Il voulait de la « total non stop action », il en a eu.

 

 

Prochainement en DVD TNA : le cunnilingus sur araignée.

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